Octobre 2014

5 octobre 2014 – 637

MERCREDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Joël Dicker, La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, De Fallois poche, 2014.

JEUDI.

Vie ordinaire. Le jeudi, je commence les cours à 14 heures. Je n’ai pas l’habitude d’être libre en matinée et ce manque d’habitude rend la chose peu confortable. Je ne sais comment occuper ce temps libre, ayant peur de m’embarquer dans quelque chose de trop accaparant. Alors je meuble, je m’accorde dix minutes de grasse matinée, concentre les rendez-vous, médecin, dentiste, coiffeur, je fais du courrier, je fais des commissions, je lis les journaux mais à toute vitesse car j’ai peur de rater le train. Curieusement, j’ai plus peur de rater le train de midi que celui de 7 heures 38 les autres jours de la semaine. J’essaie donc de trouver des activités qui ne risquent pas de prendre trop de temps. Ce matin, par exemple, j’ai acheté une auto. Ainsi, j’aurais pu l’utiliser si j’avais raté le train, mais je n’en ai pas eu besoin : j’ai pu partir à midi et poursuivre le programme du jour. Le jeudi, quand j’arrive à Châtel-sur-Moselle, je m’arrête croûter chez Ahcène. Ahcène tient un bistrot, une réserve d’indiens comme je les aime. Il ya là son aide, personnage issu d’un roman feuilleton du XIXe siècle tendance Les deux orphelines, un ancien boucher que j’ai connu dans des rades plus louches du chef-lieu, le correspondant de la presse locale, le buraliste qui surveille son commerce situé de l’autre côté de la rue et s’y précipite quand un client en franchit le seuil, des ouvriers du chantier voisin quand il y a un chantier dans le voisinage, un ou deux emmerdeurs, des anciens qui cochonnent les tables en buvant salement et en grattant des bouts de carton, parfois un ou deux collègues qui me rejoignent pour la croûte. Quand c’est le cas, Ahcène nous installe dehors, en terrasse, « à cause des mouches ». Quand je suis solo, il me met au fond, ça ne le dérange apparemment pas que les mouches m’enquiquinent. J’y lis Le Canard enchaîné de la veille, je file à Ahcène les journaux lus le matin, il m’entretient de la situation politique, il aime ça. A l’heure de la sieste, il faut monter au bahut et faire le guignol sur l’estrade pendant quatre heures. J’en sors lessivé, bon pour la déchetterie. Je ne sais pas encore si j’aime le jeudi.

VENDREDI.

Lecture. Temps Noir n° 15 (Joseph K., juin 2012; 320 p., 18 €).

« La Revue des Littératures Policières »

Deux auteurs occupent la majorité des pages du numéro : David Peace, dont je n’ai encore rien lu, et Jean Amila dont je connais assez bien l’oeuvre en Série Noire mais dont il me reste à découvrir ce qu’il a publié sous le nom de Jean Meckert au début de sa carrière. Par ailleurs, Michel Chlastacz se penche sur ce que l’on pourrait appeler le polar collabo, présent dans les collections « Rouge-Gorge » et « Plume & corde » entre 1942 et 1944 – une étude qu’il serait bon de mettre en regard avec l’anthologie que Vincent Platini vient de consacre au Krimi allemand de la même époque. On trouve aussi un portrait convaincant d’Adamsberg, le héros des romans de Fred Vargas, en émule de Maigret, un article sur le cinéma criminel de Jean-Pierre Melville mais les notes de lecture, dans lesquelles on avait l’habitude de puiser pour alimenter sa connaissance du polar contemporain, ont malheureusement disparu.

Football. SA Spinalien – Vendée Luçon Football 0 – 0.

Le cabinet de curiosités du notulographe. A l’américaine, photo d’origine inconnue.

  

SAMEDI.

Films vus. Jacquot de Nantes (Agnès Varda, France, 1991)

La Disparue (The Vanishing, George Sluizer, E.-U., 1993)

Le Corsaire rouge (The Crimson Pirate, Robert Siodmak, E.-U. 1952)

Les Saveurs du Palais (Christian Vincent, France, 2012)

Psycho (Gus Van Sant, E.-U., 1998).

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 11 août 2013. 10 km. (23156 km).

949 habitants

       A proximité de l’église, de la Mairie et du cimetière, le monument est dressé au bout d’une allée gravillonnée. C’est la stèle classique en deux parties séparées par une corniche, décorée de façon non moins classique d’une palme et d’une Croix de Guerre. Aux quatre coins, deux jardinières de géraniums et deux drapeaux sur de hauts mâts. Le monument est signé P. CAVALLI.

    Face :

Aux enfants de Lépanges

Morts pour la France

1914-1918

17 noms d’ANDRE Charles à DIDIER Jean

    Droite :

1939-1945

Militaires

9 noms

Déportés

3 noms

Afrique du Nord

3 noms

17 noms de DURAND Paul à HOFFERT Alphonse

    Dos :

17 noms de HOUBERDON Félicien à PERRIN Justin

    Gauche :

1939-1945

Civils 13 noms

1870-1871

6 noms

17 noms de PIERRE Julien à VOINQUEL Louis

             L’Invent’Hair perd ses poils.

  

Hancané (Pérou), photo de Sylvain Mathieu, 28 mai 2009 / Dallas (Texas, Etats-Unis), photo de Benoît Howson, 19 juillet 2012

 Poil et plume. « Je me souviens des queues de cheval.

[…]

Je me souviens de la coupe Cherokee. » (Joe Brainard, I Remember, traduit de l’américain par Marie Chaix, Actes Sud, 1997).

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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12 octobre 2014 – 638

DIMANCHE.

Drôle de genre. « J’ai appris hier

(il faut croire que je retarde, ou peut-être n’est-ce qu’un faux bruit, l’un de ces sales ragots comme il s’en colporte entre évier et latrines à l’heure de la mise aux baquets des repas une fois de plus ingurgités),

j’ai appris hier

l’une des pratiques officielles les plus sensationnelles des écoles publiques américaines

et qui font sans doute que ce pays se croit à la tête du progrès.

Il paraît que, parmi les examens ou épreuves que l’on fait subir à un enfant qui entre pour la première fois dans une école publique, aurait lieu l’épreuve dite de la liqueur séminale ou du sperme,

et qui consisterait à demander à cet enfant nouvel entrant un peu de son sperme afin de l’insérer dans un bocal

et de le tenir ainsi prêt à toutes les tentatives de fécondation artificielle qui pourraient ensuite avoir lieu. »

Ce qui précède n’est pas une déclaration de Farida Belghoul ou d’un de ses émules qui défilent aujourd’hui à Paris mais le début de Pour en finir avec le jugement de Dieu d’Antonin Artaud (1948).

LUNDI.

 Vie économique. Le Monde l’annonce dans son supplément « TéléVisions » : ledit supplément cesse de paraître. « Désormais, les critiques seront proposées tous les jours dans une page quotidienne et sur Lemonde.fr. » Cela me chagrine un brin, j’aimais bien le supplément : il présentait les programmes radio, ce qui avait pour principal mérite de ne pas avoir à acheter Télérama. Mais c’est dans l’air du temps. Ici, en ville, deux succursales d’une banque au nom qui fleure bon la ruralité viennent de fermer. Sur la porte de chacune, une affichette : « Pour mieux vous satisfaire, notre organisation évolue : une nouvelle implantation de nos agences, des conseillers plus nombreux et plus disponibles, des compétences renforcées ». Dans les deux cas, la même rhétorique faux-derche : on réduit la voilure, on ramasse l’offre mais c’est pour mieux vous servir mon enfant. On y croit, on y croit.

MARDI.

Lecture. Je suis Pilgrim (I Am Pilgrim, Terry Hayes, 2012 pour l’édition originale, Jean-Claude Lattès, 2014 pour l’édition française, traduit de l’américain par Sophie Bastide-Foltz; 654 p., 22,90 €).

Il y a un certain danger à se lancer dans un pavé de ce calibre quand on sait qu’on n’a pas de goût prononcé pour les histoires d’espionnage et qu’on manque souvent du courage nécessaire à admettre qu’on s’est trompé et qu’il vaut mieux ne pas insister dans telle ou telle lecture. Celle-ci, on le sait au départ, prendra au moins deux semaines, deux semaines au cours desquelles s’accumuleront les livres achetés et les livres reçus, obligés d’attendre leur tour qui ne viendra peut-être jamais. Eh bien ce furent deux semaines de grand plaisir à suivre les parcours distincts d’un agent secret américain et d’un terroriste jusqu’à leur point de rencontre. Venu du cinéma, Terry Hayes se montre habile dans l’art du montage parallèle et meuble son schéma, somme toute très banal, d’une foule de lieux, de personnages, de faits, de rebondissements qui ne laissent pas un moment de répit au lecteur. L’écriture est assez épurée et comporte peu de scories, au rang desquelles on rangera les incises du genre « en tant qu’agent secret, je savais qu’il fallait ou ne fallait pas faire telle ou telle chose » qui font partie des poncifs du genre. L’exercice, périlleux pour l’auteur comme pour le lecteur, se révèle une parfaite réussite. On ne sera pas surpris d’apprendre qu’un film va être tiré du bouquin. Terry Hayes, c’est son boulot, s’est attelé au scénario, mais si la chose est mise entre les mains d’un réalisateur qui ne possède pas sa finesse, cela peut donner un navet redoutable.

Citation. « Je vais être honnête avec vous : mon livre sur les techniques d’investigation était assez obscur, le genre d’ouvrage qui, pour ce que j’en savais, était un défi à toutes les règles de l’édition : une fois posé, la plupart des gens ne pouvaient plus le reprendre. »

VENDREDI.

Lecture. Le Correspondancier du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 8e série, n° 25 (15 septembre 2013, 128 p., 15 €).

« Beautés de la Science, Beautés de l’Administration ».

Le cabinet de curiosités du notulographe. On l’appelait, le Père Huc, il était l’aumônier des coiffeurs. Hommage de Marc-Gabriel Malfant, Caylus (Tarn-et-Garonne), le 8 mars 2013.

  

SAMEDI.

 Films vus. L’Amant (Jean-Jacques Annaud, France – Hongkong – Vietnam, 1992)

Hammett (Wim Wenders, E.-U., 1982)

Villa Amalia (Benoît Jacquot, France – Suisse, 2009)

No et moi (Zabou Breitman, France, 2010)

Sans laisser de traces (Grégoire Vigneron, France – Belgique, 2010)

Gibraltar (Julien Leclercq, France – Canada, 2013)

Un mauvais garçon (Jean Boyer, France, 1936).

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 18 août 2013. 56 km. (23212 km).

481 habitants

   Nous sommes au sommet du village, sur le parvis de l’église. Des cœurs en papier multicolores jonchent le sol, reliefs d’un mariage qui s’est déroulé ici hier. Au milieu d’un parterre de fleurs entouré d’une grille se dresse une stèle grise simple portant une Croix de Lorraine en bas-relief.

   Face :

A nos enfants

Morts pour la France

1914-1918

LAPROVOTE Ch     A-J

ZORO A     ST-M

SION P     BR

DUHOUX E     CAL

CADORE L     CAL 

   Une plaque ajoutée porte les noms des sept victimes de 1939-1945.

Gauche :

BOYE M

RENARD H

TAVERNE P

DUVOID A

BOURGUIGNON H

VALANTIN G

M IRE A

BALAUD B

PY E

JEANMICHEL L

CADORE V

DORIDANT G

BLOT G

   Droite :

ANTOINE J

ANTOINE G

CALBAT E

BIRGIN C

VANCON L

POIROT C

BALAUD L

BALAUD A

BLOT A

MUNIERE J

POIROT L

BALAUD R

             L’Invent’Hair perd ses poils.

  

(SDF) Darnieulles (Vosges), photo de l’auteur, 6 décembre 2009 / Trévoux (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 février 2012

(leurre) Aubusson (Creuse), photo de l’auteur, 3 août 2013            

             Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 2300 salons, atteint le 11 juillet 2014.

Bilan géographique.     

                                     Classement général par pays.

1. France : 2025 (+ 55)
2. Espagne : 89 (+ 28)
3. Royaume-Uni : 37 (+ 2)
4. Etats-Unis : 29 (=)
5. Canada : 15 (=)
6. Portugal : 12 (+ 7)
7. Belgique : 11 (=)
8. République tchèque : 10 (+ 6)
9 .Allemagne : 9 (+ 1)
10. Maroc 8 (=)

Le Portugal et la République tchèque entrent dans le top 10.

Classement général par régions (France).

  1. Rhône-Alpes : 406 (+ 14)
  2. Île-de-France : 275 (+ 7)
  3. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 164 (+ 1)
  4. Midi-Pyrénées : 161 (=)
  5. Lorraine : 155 (+ 2)
  6. Languedoc-Roussillon : 138 (+ 2)
  7. Pays de la Loire : 85 (+ 1)
  8. Bretagne : 83 (+ 7)
  9. Bourgogne : 81 (=)
  10. Aquitaine : 69 (=)

Seul mouvement : la Bretagne passe devant la Bourgogne. Plus loin dans le classement, les 8 salons engrangés par le Limousin permettent à cette région de passer de la 14e à la 12e place.

Classement général par départements (France).

1. Paris : 224 (+ 3)
2. Rhône : 204 (+ 13)
3. Vosges : 98 (+ 1)
4. Loire : 75 (+ 1)
5. Loire-Atlantique : 69 (+ 1)
6. Alpes-Maritimes : 66 (=)
7. Pyrénées-Orientales : 61 (+ 2)
8. Saône-et-Loire : 50 (=)
9. Lot : 44 (=)
« . Meurthe-et-Moselle : 44 (+ 1)

Seul mouvement : la Meurthe-et-Moselle rejoint le Lot. Plus loin, la Creuse (+ 8) passe de la 34e à la 20e place.

Classement général par communes.

1. Paris : 224 (+ 3)
2. Lyon : 95 (+ 8)
3. Barcelone : 48 (+ 6)
4. Nantes : 45 (=)
5. Nice : 33 (=)
6. Epinal : 25 (+ 1)
7. Nancy : 21 (+ 1)
8. Roanne : 17 (=)
9. Cahors : 14 (=)
« . Perpignan : 14 (=)

Barcelone et Nantes échangent leurs positions. Avec 13 salons, Villeurbanne (+ 3), Marseille (+ 1) et Mandelieu-La Napoule (=) sont aux portes du top 10. Au total, 980 communes sont représentées, l’entrée la plus spectaculaire étant celle d’Aranda de Duero qui prend d’emblée la 23e place.

                                     Bilan humain.

1. Marc-Gabriel Malfant : 935 (+ 44)
2. Philippe Didion : 231 (+ 17)
3. Pierre Cohen-Hadria : 166 (+ 1)
4. Jean-Christophe Soum-Fontez : 82 (+ 12)
5. François Golfier : 65 (+ 7)
« . Benoît Howson : 65 (=)
7. Hervé Bertin : 61 (+ 3)
8. Christophe Hubert 53 (=)
9. Philippe de Jonckheere : 40 (=)
10. Sylvie Mura : 37 (=)

                                     La vraie vie des coiffeurs (suite). Les coiffeurs soignent leur alimentation, l’éducation de leurs enfants et ne craignent pas les ennuis judiciaires.

  

Barcelone (Catalogne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 14 octobre 2013 / Paris, boulevard Magenta (?), photo du même, 6 novembre 2013 / Epinal (Vosges), photo de l’auteur, 13 avril 2014

Poil et plume. « Je soulève mon fils pour l’installer dans le fauteuil de barbier et j’explique à la coiffeuse que je désire une coupe masculine. Il n’y a pas d’autres clients en ce premier jour d’après les fêtes.

– Vous êtes sûre de vouloir les couper ? demande-t-elle, enroulant les boucles blondes sur son doigt après avoir remonté le siège. » (Audur Ava Olafsdottir, L’Exception, Zulma, 2014)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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19 octobre 2014 – 639

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 2 novembre 2014. Entre-temps, le notulographe participera au XVIIIe Colloque des Invalides à Paris le vendredi 24 octobre (programme sur demande).

DIMANCHE.

Rugby. R.A. Epinal – Golbey – Mutzig O.M. 10 – 16.

LUNDI.

Lecture. La Vie comme une fête : entretiens (Marcel Jouhandeau, Jean-Jacques Pauvert, 1977; 320 p., s.p.m.).

A la pluie de louanges qui a accompagné le récent décès de Jean-Jacques Pauvert, on n’ajoutera pas nos remerciements pour la précision éditoriale de ce recueil d’entretiens par lui publié. Jouhandeau s’y dit âgé de 90 ans – il est né en 1888 – ce qui est peut-être une anticipation de sa part, ou alors les entretiens ont été réalisés après leur publication ce qui interloque quelque peu. Réalisés par qui ?  « Ont collaboré à ces entretiens, à des titres divers : Régine Deforges, Jean Falgor, Chantal Noetzel, Béatrice Shalit ». Que signifient ces « titres divers », nul ne le sait. De même, on aurait aimé connaître les conditions de réalisation de cette discussion, qui apparaît continue alors qu’il s’agit sans doute d’éléments recueillis à divers moments puis raboutés. Ce ne sont là que broutilles de pinailleur, l’essentiel étant bien entendu dans les propos tenus par l’auteur. Lequel, nonagénaire ou en voie de l’être, se révèle d’une clarté d’esprit et d’une fraîcheur remarquables. La liberté de ses propos est même surprenante. Il discourt sans fard et sans pudeur sur son homosexualité, sur sa vie conjugale mouvementée, se montre toutefois plus discret et plus rapide quand il s’agit d’évoquer ses articles antisémites et son voyage à Weimar en 1941. Le plus intéressant concerne son oeuvre autour de Chaminadour, alias la ville de Guéret dont il a mis en scène les habitants sous une forme qui lui vaudra une détestation durable de la part de certains d’entre eux. Voici comment il explique la construction de ses personnages : « Je prenais mes modèles dans mon entourage et j’en faisais des personnages à ma guise, jamais je n’ai su d’ailleurs si on m’en voulait davantage pour ce qui ressemblait à la personne ou pour ce qui lui était étranger. Presque partout j’introduisais quelque chose d’étranger pour justement masquer l’authenticité et c’était là l’occasion d’un double reproche qu’on me faisait pour une double faute que j’avais commise. » De Jouhandeau, je me rappelle avoir lu, près de Guéret bien sûr, La Jeunesse de Théophile et Les Pincengrain. Aujourd’hui, je lirais volontiers Le Journal du coiffeur.

MARDI.

Lecture. La Nuit fantastique (Die phantastische Nacht, Stefan Zweig, 1922, traduit de l’allemand par Marie-Ange Roy, In « Romans, récits et nouvelles I », Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade n° 587, 2013; 1462 p., 65 €).

VENDREDI.

 Le cabinet de curiosités du notulographe. Rampe d’escalier phalloïde, Hôtel de Moulceaux, Pézenas (Hérault), photo de Sylvie Mura, 24 mai 2014.

SAMEDI.

  Films vus. La Roulotte du plaisir (The Long, Long Trailer, Vincente Minnelli, E.-U., 1953)

Le Fauteuil 47 (Fernand Rivers, France, 1937)

Tip Top (Serge Bozon, Luxembourg – France – Belgique, 2013)

Cherchez Hortense (Pascal Bonitzer, France, 2012)

Landes (François-Xavier Vives, Belgique – France, 2013).

             L’Invent’Hair perd ses poils.

  

Lyon (Rhône), photo de Bernard Gautheron, 19 avril 2009 / Revel (Haute-Garonne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 16 février 2014

Poil et plume. « De fait, au bout d’un moment, quand le coiffeur frappa à la porte, le colonel Aureliano Buendia se réveilla avec l’impression qu’il s’était assoupi malgré lui, pendant quelques brèves secondes, et n’avait eu le temps de rêver à rien.

Pas aujourd’hui, dit-il au coiffeur. On se verra vendredi.

Il avait une barbe de trois jours toute mouchetée de flocons blancs, mais il ne jugeait pas nécessaire de se raser s’il devait se faire couper les cheveux le vendredi suivant et pouvait parer à tout en même temps. » (Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude, Seuil, 1968)

Bon dimanche,

Philippe DIDION