Janvier 2015

4 janvier 2015 – 648  

DIMANCHE.

Lecture. L’Île des chasseurs d’oiseaux (The Blackhouse, Peter May, Editions du Rouergue, 2009 pour la première édition, rééd. Babel Noir n° 51, 2011; 432 p., 9,70 €).

L’inspecteur Fin Macleod revient sur son île natale de Lewis, dans les Hébrides, dans le but d’enquêter sur un meurtre qui vient d’y être commis. Ce retour au pays le conduit à retrouver son passé, peuplé d’amis, de fantômes, de souvenirs. C’est l’occasion, pour Peter May, de renouer lui aussi avec ses racines écossaises puisqu’il est installé en France depuis plusieurs années. Dans les années 1990, il a séjourné à plusieurs reprises sur l’île de Lewis où il a emmagasiné la matière de trois polars, une trilogie écossaise, dont celui-ci est le premier volet. L’aspect policier n’y sert que de prétexte, l’essentiel tenant dans la peinture du milieu insulaire avec ses histoires de naufrages, sa chasse aux fous de Bassan, ses feux de tourbe et ses personnages complexes. C’est passionnant de bout en bout, c’est très bien écrit, c’est une telle réussite qu’on se demande si on va se plonger dans la suite de peur que Peter May, en allongeant la sauce, ne l’ait rendue plus fade.

MARDI.

Lecture. lunapark n° 7 / nouvelle série (Luna-Park Transédition, printemps 2013; 192 p., 19 €).

J’ai eu beaucoup de mal à me procurer cette revue, signalée à l’époque par un billet de Pierre Assouline. Comme beaucoup de ses semblables, elle est majoritairement le fruit du travail d’un seul homme dont l’omniprésence dans ses pages ne s’étend pas au domaine de la diffusion. Cet homme, c’est Marc Dachy, dont les connaissances en matière dadaïste sont inversement proportionnelles à son savoir-vivre comme j’ai pu le constater à plusieurs reprises. C’est ce que Jean-Jacques Lefrère, qui l’a fréquemment accueilli dans les pages d’Histoires littéraires ou au Colloque des Invalides, me décrivit un jour, au vu de la stature du bonhomme et de ses manières, comme son “côté Depardieu”. Un côté qu’on oublie rapidement quand on lit ses ouvrages ou sa revue. Ce qui m’attirait dans ce numéro, c’est la traduction de quelques pages de Joyce, tirées de l’intraduisible Finnegans Wake. Il s’agit de deux fragments parus initialement dans La Nouvelle Revue française en 1931, traduits, “en collaboration avec l’auteur”, par Samuel Beckett, Alfred Perron, Ivan Goll, Eugène Jolas, Paul L. Léon, Adrienne Monnier et Philippe Soupault. Un mot sur Ivan Goll (parfois Yvan), que j’ai découvert récemment au cours de mes recherches sur Gengenbach. Comme celui-ci, Goll est né dans les Vosges et a été lié au groupe surréaliste. La bibliothèque de Saint-Dié, outre le fonds Gengenbach, détient un important fonds Claire (son épouse, que Marcel Bénabou m’a dit avoir bien connue) et Yvan Goll dans lequel j’irai bien fouiner un jour. Je ne connais pas la traduction française intégrale de Finnegans Wake due à Philippe Lavergne et publiée par Gallimard en 1982 mais les quelques pages qui sont données ici sont d’une telle fluidité, d’une telle beauté, qu’on ne peut que regretter que l’entreprise collective de 1931 n’ait pas été plus loin. Le reste de ce que propose la revue, s’il n’a pas la même importance historique, est loin d’être négligeable : on y parle de Raoul Hausmann à Ibiza, de Kurt Schwitters aux Deux Magots, du fameux livre sur Cravan, Rigaut et Vaché Trois suicidés de la société (un 10-18 sur lequel j’aimerais mettre un jour la main), de Breton et, bien sûr, de Tzara dans des articles clairs et documentés.

JEUDI.

  Bilan annuel 2014.

* 133 livres lus (+ 27 par rapport à 2013)

* 244 films vus (+ 31)

* 400 abonnés aux notules version électronique, sans oublier les irréductibles abonnés papier de l’Aveyron (+ 13)

Chantiers littéraires :

* 5887 Souvenirs quotidiens notés (+ 365, le compte est bon)

* 461 volumes étudiés dans L’Atlas de la Série Noire (+ 13)

* 323 communes visitées (+ 29) d’Ableuvenettes (Les) à Moriville dans le cadre de L’Itinéraire patriotique alphabétique départemental

* 242 photos de Bars clos parfois commentées (+ 28)

* 1191 tableaux commentés dans la Mémoire louvrière (+ 50)

                                            * 491 publicités murales et enseignes peintes photographiées (+ 91)

* 492 numéros de téléphone récoltés dans des films en vue d’un travail à venir (+ 4)

* 2422 photographies de salons de coiffure pour l’Invent’Hair (+ 637)

                                            * 167 frontons d’école photographiés pour un Aperçu d’épigraphie républicaine (+ 11)

* 83 Lieux où j’ai dormi retrouvés ou ajoutés et photographiés (+ 12)

                                            Parutions :

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 64, juin 2014

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 65, décembre 2014

* Notes de lecture, Histoires littéraires n° 57, 58, 59-60, 2014

                                            * “Les faux de Sionne”, Les Refusés n° 16, septembre 2014

Appel :

* Le début de l’année est généralement propice aux bonnes résolutions. Si parmi ces résolutions figure celle de ne plus vous laisser importuner par des messages électroniques pesants, inutiles, creux, mal écrits, pompeux, j’en passe, et si vous vous apercevez tout à coup que les notules correspondent à l’une des catégories précitées, inutile d’engorger les tuyaux pour rien : un simple mot « stop » en réponse à ce numéro mettra fin à votre abonnement.

Courriel. Une demande de désabonnement aux notules. Ce qui s’appelle devancer l’appel.

VENDREDI.

Lecture scolaire. No et moi (Delphine de Vigan, Jean-Claude Lattès, 2007, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche n° 31277, 2009; 264 p., 6,10 €).

Lecture. L’Education d’Alphonse (Alphonse Boudard, Grasset, 1987, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche, 1999; 352 p., s.p.m.).

Dans son style coloré, à mi-chemin entre San-Antonio et Céline, Boudard livre ses souvenirs relatifs aux années 1946-47. Il est alors employé dans une librairie d’ancien, rue de Seine, un endroit où il rencontre des personnages pittoresques, dont un certain Professeur qui fera son éducation littéraire. Mais c’est dans un café des environs qu’il va croiser notre ami l’abbé Gengenbach auquel il consacre plusieurs pages. Plus tard, dans Madame… de Saint-Sulpice, Boudard fera de l’abbé un personnage de fiction aisément reconnaissable mais c’est ici le véritable Gengenbach qui est présenté dans une de ses nombreuses époques de mouise au cours de laquelle il en est même réduit à partager un seul et même pantalon avec un certain marquis de Beaumont. Je n’ai pas réussi à identifier ce dernier personnage mais pour ce qui est de Gengenbach, Boudard se montre plutôt bien renseigné, évoquant ses relations avec André Breton et celles, mois connues, avec Lydie Bastien.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Célébration du bicentenaire (+ 1) de la mort du marquis de Sade (1740-1814), photo de Marc-Gabriel Malfant, lieu oublié, 1er juillet 2007.

SAMEDI.

Lecture. Schnock n° 8 (La Tengo, septembre 2013; 176 p., 14,50 €).

Pierre Richard.

Une longue interview de l’acteur, le top 10 de ses films, le point de vue de son compositeur attitré (Vladimir Cosma) mais aussi, plus inattendu, l’histoire du magazine Absolu, dirigé par Claude François, celle du Téléchat de Topor, et puis Mort Shuman (que l’on n’écoute plus), Georges Lang (que j’écoute toujours), Auguste Le Breton sont au sommaire d’un numéro moins enlevé que les précédents mais toujours agréable à parcourir. Sans oublier le Bissell dont on roulait les mécaniques dans les années 70 sans savoir que Melville R. Bissell l’avait inventé en 1876.

Films vus. Pour gagner sa vie (Making a Living, Henry Lehrman, E.-U., 1914)

Simone Barbès ou la vertu (Marie-Claude Treilhou, France, 1980)

Charlot est content de lui (Kid Auto Races at Venice, Cal., Henry Lehrman, E.-U., 1914)

Le Jugement de Dieu (Raymond Bernard, France, 1952)

Charlot à l’hôtel (Mabel’s Strange Predicament, Mabel Normand, E.-U., 1914)

Josette (Christian-Jaque, France, 1937)

Charlot et le Parapluie (Between Showers, Henry Lehrman, E.-U., 1914)

La Folie des hommes (Vajont – La diga del disonore, Renzo Martinelli, France – Italie, 2001)

Charlot danseur (Tango Tangle, Mack Sennett, E.-U., 1914)

L’Amour est un crime parfait (Arnaud et Jean-Marie Larrieu, France – Suisse, 2013)

Casse-tête chinois (Cédric Klapisch, France – E.-U., Belgique, 2013).

  L’Invent’Hair perd ses poils.

  

Maureillas-las-Illas (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 19 avril 2009 / Saint-Marcel-lès-Valence (Drôme), photo du même, 1er avril 2012

Poil et plume. “L’odeur des coiffeurs me fait pleurer à cris.” (Pablo Neruda, « Walking Around », in Résidence sur la terre, 1935)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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11 janvier 2015 – 649

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 25 janvier 2015.

DIMANCHE.
Football. SA Spinalien – FC Metz 1 – 2.

LUNDI.
Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Michel Bussi, Gravé dans le sable, Presses de la Cité, 2014.

MERCREDI.
Lecture. La Ferme (The Farm, Tom Rob Smith, Grand Central Publishing, 2014 pour l’édition originale, Belfond, coll. Littérature étrangère, 2014 pour la traduction française, traduit de l’anglais par Elisabeth Peellaert; 308 p, 22,50 €).
Comme dans Dernière conversation avec Lola Faye de Thomas H. Cook, c’est au fil d’une discussion que sont dévoilés au lecteur les éléments de l’histoire. Ici, la discussion est presque un monologue, celui d’une femme qui confie à son fils les soupçons, ou plutôt les certitudes, qu’elle nourrit sur quelques membres de son entourage. Ceux-ci, qui appartiennent à une petite communauté suédoise, se livreraient à des trafics pédophiles et voudraient faire interner celle qui a découvert leur manège. Vérité ou délire paranoïaque, le fils, et, à sa suite, le lecteur, balance entre les deux comme le spectateur de Soupçons d’Alfred Hitchcock. Le suspense est un peu trop délayé pour tenir en haleine de bout en bout mais cela ne justifie pas de descendre du train en route : le livre se termine en effet par un mot de l’auteur qui révèle les liens qui existent entre son roman et sa propre vie, apportant un éclairage autobiographique saisissant à son œuvre.

Lecture. La Compagnie des zincs (François Caradec, Ramsay, coll. Demi-mots, 1986; non paginé, 69 F).
Deux ans avant Jean-Marie Gourio, François Caradec se livrait déjà au jeu des brèves de comptoir, même si ce qu’il recueille ici est parfois plus consistant. Il y a des brèves, donc, mais aussi des conversations plus nourries, des souvenirs, des impressions, des rencontres qui remplissent un recueil pétillant et gouleyant à souhait.

VENDREDI.
Lecture. Histoires littéraires n° 54 (Du Lérot éditeur, avril-mai-juin 2013; 192 p., 25 €).
Le Grand Meaulnes.
Le dossier du trimestre est consacré au roman d’Alain-Fournier, étudié sous des perspectives autobiographiques (“Jeanne Bruneau, la Valentine du Grand Meaulnes”) et bibliophiliques. Dominique Noguez livre trois mois de son Journal de 1980, Marcel Bénabou se confie dans un entretien et sa presque homonyme Noëlle Benhamou fait revivre le duo Erckmann-Chatrian. Dans sa “chronique des ventes et des catalogues”, Jean-Paul Goujon signale une lettre de Gengenbach à Pierre Béarn (à 120 €, ce qui reste abordable). Le notulographe, quant à lui, chronique des ouvrages sur l’Oulipo et sur la volupté littéraire du tabac.

Le cabinet de curiosités du notulographe. A qui confieriez-vous votre voiture ?

 
Biécourt (Vosges), photo de Jean-Claude Febvre, 19 septembre 2014 / Baccarat (Meurthe-et-Moselle), photo de Denis Garcia, 15 octobre 2014

SAMEDI.
Films vus pendant la semaine. Tel père telle fille (Olivier De Plas, France, 2007)
Je fais le mort (Jean-Paul Salomé, France, 2013)
Gervaise (René Clément, France, 1956)
Animal crackers, l’explorateur en folie (Animal Crackers, Victor Heerman, E.-U., 1930)
L’Assassinat du Père Noël (Christian-Jaque, France, 1941)
La Lectrice (Michel Deville, France, 1988).

L’Invent’Hair perd ses poils. Initiales énigmatiques.

 

Montréal (Québec), photo de François Bon, 3 juin 2009 / Torello (Catalogne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 22 juin 2012

Poil et plume. « Les conversations de coiffeur sont la preuve irréfutable que les têtes sont là à cause des cheveux. »
« Quand je me fais couper les cheveux, j’ai peur que le coiffeur me tranche une idée. »
« Quand on est coupé par le barbier, on est toujours soi-même responsable. Moi, par exemple, je sursaute quand le barbier parle politique, et les autres deviennent nerveux quand il ne parle pas politique. En aucun cas, la faute n’en incombe au barbier, quand on est coupé. »
« Le coiffeur raconte des nouveautés quand il doit simplement coiffer. Le journaliste est spirituel quand il doit simplement raconter des nouveautés. En voilà deux qui visent plus haut. »
« Les feuilletonistes et les coiffeurs ont également à faire avec les têtes. / Écrire un feuilleton consiste à faire des boucles sur une calvitie. » (Karl Kraus, Dits et contredits, traduit de l’allemand par Roger Lewinter, Ivrea, 1993)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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25 janvier 2015 – 650

DIMANCHE.

                   Lecture. Une main encombrante (Handen, Henning Mankell, Leopard Forlag, Stockholm, 2013 pour l’édition originale, Le Seuil, coll. Policiers, 2014 pour la traduction française, traduit du suédois par Anna Gibson; 182 p., 17,50 €).

                                Le commissaire Wallander a bien du mal à quitter la scène. A peine Henning Mankell a-t-il présenté L’Homme inquiet comme étant la dernière enquête de son personnage emblématique que le voilà qui plonge dans ses tiroirs pour en exhumer un inédit, un texte à mi-chemin entre la longue nouvelle et le court roman. Wallander y enquête sur l’identité de deux squelettes découverts dans la maison qu’il s’apprêtait à acheter pour y abriter ses vieux jours. De plus, Mankell, dans une postface où il explicite ses liens entre lui et son héros, n’exclut pas de faire de Linda, la fille du commissaire,, l’héroïne d’une série de romans à venir. Bref, Mankell a beau se moquer de la façon dont Conan Doyle a peiné pour se défaire de son Sherlock, il semble lui aussi bien emprunté au moment de prendre congé de sa créature. Le lecteur, qui se voit ainsi convié à ne pas désespérer, s’en trouvera fort aise, car la série n’a jamais connu de faiblesse.

MERCREDI.
                  Presse. C’est vrai que je m’y suis pris un peu tard, que j’aurais dû prendre mes dispositions pour être sûr d’en trouver un exemplaire. J’étais pourtant à la gare à 7 heures 15. Il n’y en avait plus, la kiosquière s’était déjà fait copieusement enguirlander et s’apprêtait à passer une journée difficile. A Monoprix, nib, je ne sais même pas s’ils le reçoivent d’habitude. J’ai fini par trouver le numéro convoité place des Vosges, il n’en restait plus qu’un. Vraiment, j’en ai bavé aujourd’hui pour acheter Midi Olympique, “Le journal du rugby’”, rebaptisé pour l’occasion Charlie Olympique.
VENDREDI.
                  Football. SA Spinalien – RC Strasbourg 2 – 2.
                 Lecture. Soumission (Michel Houellebecq, Flammarion, 2015; 304 p., 21 €).
                               “La France, ce n’est pas la soumission, ce n’est pas Houellebecq”, a déclaré Manuel Valls au lendemain des meurtres de Charlie Hebdo. Comme beaucoup de commentateurs, le Premier ministre donne à Houellebecq une dimension qu’il n’a pas : celle d’un visionnaire, d’un sociologue, d’un grand témoin de l’époque. Or, même si Houellebecq, avec un brin de complaisance ou de naïveté, ne refuse pas ce rôle dans les prises de parole qui lui sont offertes, il est avant tout un romancier et ne devrait être jugé que comme tel. La France, ce n’est pas Houellebecq, de même que l’Algérie ce n’est pas Camus, le Mexique n’est pas Lowry, Tours n’est pas Balzac et Rouen n’est pas Flaubert. Laissons chaque créateur libre de sa création, même si bien sûr, dans ce cas précis, l’actualité entre en résonance avec le propos de Houellebecq qui imagine une France dirigée par un président musulman et en proie à un changement radical. Une projection dans l’avenir traitée de façon peu convaincante si l’on se souvient qu’elle est due à un homme qui reconnaît en Lovecraft une de ses influences majeures. Car si l’on se propose, comme on l’a dit, de ne traiter Houellebecq que comme un romancier, force est de constater que c’est un romancier en sévère perte de vitesse. On a dit ici assez de bien d’Extension du domaine de la lutte et des Particules élémentaires pour ne pas constater que depuis Plateforme, Houellebecq a sérieusement baissé de régime. Sa vision du monde moderne, aussi intéressante qu’elle soit, est mise au service de personnages désormais stéréotypés qui portent toujours le même discours. Les pages interminables de philosophie politique qui constituent l’essentiel de l’ouvrage en rendent la lecture bien fastidieuse. Heureusement, Houellebecq a fait de son personnage un universitaire spécialiste de Huysmans et c’est lorsqu’il parle de cet auteur qu’il est le plus intéressant. Heureusement, aussi, il reste l’humour, bien rare dans ce livre mais féroce à souhait, qui lance quelques éclairs dans un paysage bien morne.
SAMEDI.
              Vie parisienne. J’arrive à Paris en début de matinée, me débarrasse aussitôt de mes bagages et métrotte jusqu’à Saint-Michel. Sur le boulevard, j’achète Charlie Hebdo (j’ai terminé mon Midi Olympique), ce que je n’avais pas fait depuis que Siné en avait été viré (la liberté d’expression a parfois souffert, chez Charlie). Je fais un tour à la librairie Compagnie, m’enferme ensuite à la Bilipo pour travailler sur mon Atlas de la Série Noire. L’après-midi, c’est l’Assemblée générale de l’Association Georges Perec qui me conduit à l’Arsenal, une assemblé rondement menée pour une association ma fois en bonne santé avec des adhérents qui se comptent désormais par centaine, même si ne n’est qu’au singulier. Les événements perecquiens à venir sont importants avec un colloque à Cerisy cet été et des publications prestigieuses en perspective (Pléiade, Cahier de l’Herne). Mais comme souvent, c’est la suite informelle de la réunion, au café voisin, qui se révèle le moment le plus intéressant : c’est là qu’il faut être si l’on veut apprendre des choses sur Catherine Binet, sur Paul Otchakovsky-Laurens ou sur la santé de Jacques Roubaud.
              Films vus pendant la semaine. Au service de Sa Majesté (O.H.M.S., Raoul Walsh, E.-U., 1937)
                                                                La Soupe au canard (Duck Soup, Leo McCarey, E.-U., 1933)
                                                                Voir la mer (Patrice Leconte, France, 2011)
                                                                Quai d’Orsay (Bertrand Tavernier, France, 2014).
             IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental).
76 habitants
   Le monument se trouve au bord de la rue principale, en surplomb de l’église. C’est une stèle surmontée d’une sorte de chapiteau. La pierre n’est pas noble mais elle est propre et bien entretenue, à l’instar des abords fleuris avec soin. On trouve les bas-reliefs habituels, casque, gerbe, drapeau, Croix de Guerre. Une autre Croix de Guerre, en métal, est incrustée dans la pierre entre les dates 1914-1918. Un Christ aux bras étendus, sorte de Christ en croix sans croix, a été ajouté.

1914 – 1918

Gloire à notre France éternelle

Gloire à ceux qui sont morts pour elle

LARIVIERE Just

BAUDOIN Amédée

THOUVENOT Abel

PARISOT Albert

1939 – 1945

MOUGIN Marcel

Mort martyr à

Flossenburg Allemagne

A l’âge de 35 ans

              L’Invent’Hair perd ses poils.

   

Muzillac (Morbihan), photo de Philippe de Jonckheere, 25 octobre 2009 / Le Tréport (Seine-Maritime), photo de Bernard Cattin, 16 avril 2013

              Poil et plume. “Je m’inquiète de la façon dont ils vont faire ma “toilette”. Les infirmières peignent les gens n’importe comment. Tu sais que je peux être ridicule avec cet épi sur la tempe gauche qui s’épanouit en toupet si l’on n’y prend garde mais aussi comme les cheveux trop plaqués me font la figure d’un danseur de tango.” (Paul Guimard, Les Choses de la vie)

DIMANCHE.

                    Rugby. RA Epinal-Golbey – AS Chalampé 58 – 12.

MARDI.

             Lecture. La Rigole du Diable (Sylvie Granotier, Albin Michel, 2011, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche thriller n° 33188, 2013; 432 p., 7,60 €).

                           2015 s’annonce comme une année sans Creuse (en écrivant cette parole, à peu que le coeur ne me fend) et donc, pour moi, difficile à vivre. Pour compenser cette béance, je me suis tourné vers Sylvie Granotier, qui a choisi cette région comme lieu de résidence et comme cadre de plusieurs de ses polars. La déception est au rendez-vous, sur le plan géographique et sur le plan littéraire. On ne dépasse pas ici les limites d’un téléfilm régionaliste très moyen dans lequel la Creuse apparaît comme un territoire de ruraux cachant bien entendu un cœur d’or sous des dehors bourrus et détenteurs de secrets de famille insoupçonnables. Si l’on veut lire creusois, autant revenir à Pierre Michon ou à Pierre Bergounioux, son voisin de Corrèze.

MERCREDI.

                  Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.

VENDREDI.

                  Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Nicolas Mathieu, Aux animaux la guerre (Actes Sud, 2014).

                  Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.

                   Le cabinet de curiosités du notulographe. Pont du Cens, Nantes (Loire-Atlantique), photo de Christophe Hubert, 16 septembre 2014.

SAMEDI.

              Films vus pendant la semaine. Malavita (The Family, Luc Besson, E.-U. – France, 2013)

                                                                La Belle et la Bête (Christophe Gans, France – Allemagne, 2014)

                                                                Tendrement vache (Serge Pénard, France, 1979)

                                                                Les Soeurs Soleil (Jeannot Szwarc, France, 1997)

                                                                Les Ambitieux (Catherine Corsini, France, 2006)

                                                                Monsieur Personne (Christian-Jaque, France, 1936).

              L’Invent’Hair perd ses poils.

Saint-Maixent-l’Ecole (Deux-Sèvres), coupure procurée par Sylvain Mathieu, 28 mai 2009

              Poil et plume. Les cheveux sales sont souvent de mèche. » (Bruno Roy, Les Mots conjoints, XYZ, 1999)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

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