Juillet 2015

5 juillet 2015 – 670

DIMANCHE.
                   Lecture. James Cook : Le compas et la fleur (Anne Pons, Perrin, 2015).
                                J’ai une certaine affection pour le capitaine Cook depuis que j’ai vu un jour, au Musée du Quai Branly, un “couteau scarificateur des îles Sandwich, au sujet duquel on apprend que « c’est avec un couteau comme celui-ci que le capitaine Cook fut coupé en morceaux ». Ça ressemble à un cuir à aiguiser pour coiffeur, en bois avec des dents de requin sur le pourtour. Même si celles-ci sont affûtées, on est loin de Solingen : sûr qu’il a dû trouver le temps long, le brave pitaine” (notules 363, 24 août 2008). La biographie que lui consacre Anne Pons n’est certainement pas la plus complète sur le sujet mais il est bon parfois de s’éloigner des sommes détaillées pour ce genre d’ouvrage. Si l’histoire de Cook est accélérée et resserrée, elle n’en est pas moins documentée avec de constants emprunts à ses journaux de bord, à ceux de ses subordonnés et aux livres déjà parus sur le sujet. Lire le récit de ses voyages aux antipodes pour l’ouverture de la saison de chaise longue à Saint-Jean-du-Marché, horizon indépassable de mon exotisme étriqué, fut extrêmement rafraîchissant.
MERCREDI.
                  Vie lexicale. A chaque période de grande chaleur, on s’interroge sur la définition exacte du mot “canicule”. A mon tour d’en proposer une : on entre dans une période de canicule quand les journalistes remplacent le verbe “boire” par le verbe “s’hydrater”.
                  Lecture. Revue des Deux Mondes (janvier 2014; 176 p., 15 €).
                                “1914-1918 : La fin d’un monde”
                                La revue n’échappe pas à la déferlante occasionnée par l’anniversaire de la Première Guerre mondiale. On retiendra de ce numéro un entretien avec Laurence Campa, récente biographe d’Apollinaire, sur “La guerre des écrivains”. Où l’on s’éloigne des figures d’Apollinaire, Péguy, Barbusse et Dorgelès, constamment ressassées, pour s’intéresser à des noms moins connus comme ceux de Guy de Pourtalès, Léopold Chauveau, Louis Chadourne ou Albert-Paul Granier. Un petit article sur “Proust et la guerre” permet également de revisiter les passages de La Recherche consacrés au premier conflit mondial.
                               Le Secret du Père Brown (The Secret of Father Brown, Gilbert Keith Chesterton, 1927, rééd. in « Les Enquêtes du Père Brown », Omnibus 2008; traduction de Charles Barrière; 1212 p., 28 €).
                               On en est au quatrième recueil de nouvelles de ce volume et on a compris depuis longtemps que l’intérêt de ces enquêtes ne résidait pas dans leur dimension policière. Les cas soumis à la sagacité du Père Brown, ecclésiastique catholique égaré en terre anglicane, sont trop embrouillés, les solutions emberlificotées et peu convaincantes. Le plaisir se trouve ailleurs : d’abord dans la faculté qu’a le Père Brown de se trouver in medias res comme par enchantement et la façon qu’a Chesterton de l’y projeter (“… ce visiteur n’était encore qu’un petit point noir dans le lointain. Petit à petit, le point noir grandit en taille sans que sa forme changeât beaucoup; il demeura en effet, globalement, tout à la fois rond et noir”); ensuite dans la teneur de ses propos toujours empreints de philosophie et de religion. Maintenant, pour apprécier vraiment Chesterton dans son entièreté, peut-être vaut-il mieux se tourner vers son autobiographie, L’Homme à la clef d’or, qui vient d’être rééditée aux Belles lettres.
VENDREDI.
                  Vie familiale. Nous y voilà. Le notulographe est en vacances, les filles en ont terminé avec leurs épreuves académiques et Caroline avec ses voyages au long cours. Le premier va pouvoir enfin siester convenablement, profiter de la fraîcheur des eaux de Gérardmer en compagnie des deuxièmes, et la troisième exercer ses talents professionnels à proximité. Nous n’en sommes pas fâchés.
                   Le cabinet de curiosités du notulographe. Fantaisies boulangères.
   
Pézenas (Hérault), photo de Sylvie Mura, 24 mai 2014 / Epinal (Vosges), photo de l’auteur, 27 avril 2014
SAMEDI.
Films vus. Grace de Monaco (Grace of Monaco, Olivier Dahan, France – E.-U. – Belgique – Italie – Suisse, 2014)
Le Conformiste (Il conformista, Bernardo Bertolucci, Italie – France – R.F.A., 1970)
La Vie est belle (La vita è bella, Roberto Benigni, Italie, 1997)
Les Poings contre les murs (Starred Up, David Mackenzie, G.-B. – Irlande, 2013)
Quelques jours avec moi (Claude Sautet, France, 1988).
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 5 janvier 2014. 105 km. (24934 km).
316 habitants

   La stèle de pierre moche se dresse en contrebas de l’église, sur une esplanade pavée, devant un mur couvert de lierre. Elle est surmontée d’une croix chrétienne, décorée d’une Croix de Guerre encadrée par deux branches de gui.

A la mémoire

Des 58 militaires décédés à

L’hôpital compre n° 26

A ses enfants

La commune reconnaissante

J. MAGNIER 1891-1914          F. THIRION 1895-1915

M. FREMIOT 1884-1914          E. DURAND 1882-1915

C .COLLIN 1883-1914          C. VINCENT 1885-1916

A. COLLIN 1888-1914          F. RAOULT 1879-1916

L. ANTOINE 1887-1914          E. ANTOINE 1882-1917

M. MAGNIER 1882-1914          A. FRANCOIS 1891-1917

C. LAURENT 1886-1915          R. THOUVENIN 1884-1917

L. CLAUDE 1875-1915          A. VACHE 1879-1918

E. BOURGUIGNON 1884-1915          J. RICHARD 1897-1918

1939-1945

6 noms

             L’Invent’Hair perd ses poils.
Mâcon (Saône-et-Loire), photo de Marc-Gabriel Malfant, 27 mars 2010
Poil et plume.

PELLÉAS

Non, non, non !
Je n’ai jamais vu de cheveux comme les tiens, Mélisande !
Vois, vois, vois, ils viennent de si haut et ils m’inondent encore jusqu’au cœur;
Ils m’inondent encore jusqu’aux genoux !
Et ils sont doux, ils sont doux comme s’ils tombaient du ciel !
Je ne vois plus le ciel à travers tes cheveux.
Tu vois, tu vois ? Mes deux mains ne peuvent pas les tenir; il y en a jusque sur les branches du saule…
Ils vivent comme des oiseaux dans mes mains, et ils m’aiment, ils m’aiment plus que toi !

Maeterlinck, (Pelléas et Mélisande, acte 3, scène 1)

Bon dimanche,
Philippe DIDION
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12 juillet 2015 – 671
DIMANCHE.
Vie radiophonique. André Torrent présente aujourd’hui sa dernière émission sur RTL. Pour un certain nombre d’entre nous, André Torrent est l’homme du Hit-Parade que nous écoutions dans les années 1970, ce qui ne rajeunit personne et surtout pas André Torrent, né en 1945. Après avoir tenté de les virer sans prendre de gants, RTL est devenu très respectueux vis-à-vis de ses vieilles gloires : Philippe Bouvard (85 ans), écarté des Grosses têtes, continue à radoter tous les week-ends, jusqu’à ce jour André Torrent s’était vu allouer un placard avec la tranche 4 heures 30 – 7 heures du samedi et du dimanche (il y passait les mêmes galettes que du temps de sa splendeur, donnait les résultats de l’Euro Millions, conversait avec des lève-tôt, ce n’était pas passionnant mais ça permettait de patienter en attendant l’arrivée à l’antenne de l’excellent Bernard Poirette), quant à Georges Lang (67 ans, un bambin), plus malin, il s’est construit lui-même son placard nocturne et on n’a pas encore trouver le moyen de l’en déloger. Chez Radio France, on agit de façon plus brutale : en général, à la fin d’une saison, les indésirables apprennent en consultant la grille de rentrée qu’ils n’en font pas partie. Parfois, ça se passe sans heurts (Claude Villers, José Artur), parfois c’est tragique (Bertrand Jérôme, qui meurt quelques mois après avoir été viré par Laure Adler), souvent ça rue dans les brancards : Alain Veinstein (72 ans) se croyait à l’abri dans son bunker de minuit (que certains notuliens ont fréquenté), Ivan Levaï (78 ans) n’a pas compris que la lecture intégrale des journaux dont il parlait prenait moins de temps que l’écoute de sa revue de presse, et Daniel Mermet (72 ans) renauda sévèrement quand il fut prié d’aller voir là-bas s’il y était. Et en cette fin d’exercice, il se murmure ici ou là que Philippe Meyer (67 ans), qui lui rêve carrément de devenir Immortel, aurait du souci à se faire. Il est intéressant de noter que certains de ces indélogeables, adeptes du ton “donneur de leçon” très en vogue sur France Inter, se plaisaient à dauber sur l’âge des sénateurs et plissaient le front en évoquant le chômage des jeunes. Et Jean-Pierre Elkabbach, me direz-vous ? Jean-Pierre Elkabbach a 77 ans, il est sur Europe 1 et il va bien, merci.
Lecture. Le Cerveau à sornettes (In One Head and Out the Other, Roger Price, Simon & Schuster, 1951 pour l’édition originale, Club français du livre, 1952 pour la première traduction française, rééd. Wombat, coll. Les Insensés n° 21, 2015, traduit de l’américain par Frédéric Brument; 224 p., 18 €).
                                  Il y eut aussi, en 1967, une première réédition du texte en français – la traduction était alors de Jacques Papy – chez Julliard, pour laquelle Georges Perec écrivit une préface reprise ici. On ne peut, à la lecture du livre, s’étonner de l’intérêt de Perec pour Roger Price : l’humour et le goût du classement qu’on y trouve correspondent bien à la personnalité de l’auteur des Choses. Le Cerveau à sornettes est sous-titré “Traité de l’Evitisme”. Il se présente en effet comme un travail de chercheur, traité sur un mode comique et Perec saura s’en souvenir quand il écrira en 1974 son “Experimental Demonstration of the Tomatotopic Organisation in the Soprano” qui pousse le procédé parodique à l’extrême. Pas de cantatrice chez Roger Price, mais une succession d’études et d’expériences farfelues – et illustrées car il manie aussi le crayon – qui enseignent au lecteur la méthode pour devenir un parfait évitiste. Mais qu’est-ce que l’évitisme ? Il faut lire l’ouvrage pour en saisir toutes les facettes mais disons que c’est une sorte d’oblomovisme destiné à combattre la compulsion qu’a l’homme de “sans cesse se lancer dans des projets, des plans et des actions” plus stériles les uns que les autres. Roger Price nous apprend à ne rien faire et à savourer le bonheur qui découle de cette non-activité. Donc, non seulement c’est drôle, mais c’est sain.
Ivresse de la métamorphose (Rausch der Verwandlung, Stefan Zweig, 1982, traduit de l’allemand par Nicole Taubes, in “Romans, nouvelles et récits II”, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade n° 588, 2013; 1574 p., 65 €).
                                  Stefan Zweig se lance pour la première fois dans une tentative romanesque avec cette histoire qui conjugue les destins de deux personnages, une jeune fonctionnaire des postes et un ancien combattant de la Première Guerre mondiale, que la société autrichienne condamne à la misère. Stefan Zweig a en tête un roman social, politique, sentimental, policier aussi car les deux jeunes gens envisagent de s’enfuir avec la recette de la poste, un projet ambitieux qu’il ne mènera pas à terme. Le roman restera inachevé et ne sera publié qu’à titre posthume. Est-ce cette incapacité à finir qui fait que les pages de cette histoire semblent deux fois plus longues que celles des nouvelles ? Zweig semble en effet tirer à la ligne, se perd dans d’interminables considérations psychologiques qui tendent à prouver que, à ce stade de son existence (les premières pages datent de 1931), il n’est pas encore prêt à passer de la nouvelle au roman.
MERCREDI.
Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.
VENDREDI.
Le cabinet de curiosités du notulographe. Star à vendre dans un chef-lieu de canton de l’Auxois (Côte-d’Or), document transmis par Thierry Vohl, 1er semestre 2014.
SAMEDI.
Films vus pendant la semaine. Un shérif à New York (Coogan’s Bluff, Don Siegel, E.-U., 1968)
                                  Pandora (Pandora and the Flying Dutchman, Albert Lewin, G.-B., 1951)
                                  Le dernier diamant (Eric Barbier, France – Luxembourg – Belgique, 2014)
                                  Nos héros sont morts ce soir (David Perrault, France, 2013)
                                  Charlot aime la patronne (The Star Boarder, George Nichols, E.-U., 1914)
Que viva Mexico ! (Sergei M. Eisenstein, E.-U. – Mexique, 1932)
Pas son genre (Lucas Belvaux, France – Belgique, 2014).
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 19 janvier 2014. 92 km. (25026 km).
83 habitants

   Pas de monument aux morts visible.

              L’Invent’Hair perd ses poils.
Craponne (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 27 mars 2010 / Saint-Amand-Tallende (Puy-de-Dôme), photo de Philippe de Jonckheere, 28 novembre 2010
  Poil et plume. “Cette beauté me rend profondément heureux. Terriblement forte.
   Elle me fait oublier les choses vilaines. La mercerie un peu ennuyeuse. Les parlottes et le loto de Danièle et Françoise – les jumelles qui tiennent le salon Coiff’Esthétique voisin de la mercerie. […]
   Il y a douze ans, elles ont gagné de quoi ouvrir Coiff’Esthétique. Elles m’ont fait porter un bouquet de fleurs tous les jours qu’ont duré les travaux et depuis, bien que j’aie développé une féroce allergie aux fleurs, nous sommes devenus amies. […]
   Quand nous n’avons pas de clientes, elles me proposent toujours une manucure ou un brushing ou un masque ou une parlotte, comme elles disent. De mon côté, je leur tricote des bérets ou des gants qu’elles ne portent jamais. Grâce à elles, je suis ronde mais soignée, manucurée; je suis au courant des coucheries des uns et des autres, des problèmes de Denise de La Maison du Tablier avec la traîtresse Geneviève de Loos et ses 49° d’alcool, de la retoucheuse de chez Charles-Fournie qui a pris vingt kilos depuis que son mari s’est entiché du shampooineur de chez Jean-Jac, et nous avons toutes trois l’impression d’être les trois personnes les plus importantes du monde. […]
   … en 2003, Danièle s’est installée avec un représentant en shampooings, soins et colorations professionnels L’Oréal, un grand ténébreux à la voix de baryton, aux cheveux noir corbeau; un exotique. Elle avait succombé à l’odeur sauvage de sa peau mate, craqué pour les poils noirs des phalanges de ses longs doigts; elle avait rêvé d’amours animales.” (Grégoire Delacourt, La Liste de mes envies)
Bon dimanche,
Philippe DIDION
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19 juillet 2015 – 672
N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 9 août 2015.
DIMANCHE.
                   Courriel. Une demande de désabonnement aux notules.
                   Lecture. Kobra (Deon Meyer, Human & Rousseau, 2013 pour l’édition originale, Seuil, coll. Policiers, 2014 pour l’édition française, traduit de l’anglais par Estelle Roudet; 448 p., 22 €).
                                 Deon Meyer remet en scène son policier du Cap, Benny Griessel, à propos duquel il écrit, p. 155 : “Il n’avait jamais été fan de Joni Mitchell, on n’entendait pratiquement jamais de basse correcte dans ses morceaux.” Il s’avère que j’ai, pour ma part, toujours été fan de Joni Mitchell dont je pense posséder tous les enregistrements et connaître assez bien le répertoire. Une des constantes de Joni Mitchell fut de toujours savoir choisir ses musiciens : Wayne Shorter, Herbie Hancock, Pat Metheny, Phil Woods, Gerry Mulligan… Mariée un temps à un bassiste, Larry Klein, elle devait savoir à qui confier le manche de la bêche. En témoigne la présence à ses côtés de Stanley Clark ou du maître Jaco Pastorius. Si cela ne suffit pas, rappelons qu’elle a consacré un album entier à Mingus en 1979 et que le grand Charles lui-même participa à l’entreprise. De fait, affirmer que l’on n’entend jamais de basse correcte dans ses morceaux me paraît plutôt contestable. Alors Deon Meyer auteur de polar, c’est du bon, ce titre le prouve une fois encore, mais Deon Meyer critique musical, c’est moins fiable.
MERCREDI.
                  Lecture. Et si c’était la vérité ? Enquête sur les délires de l’Histoire (Christophe Bourseiller, Vuibert, 2015; 272 p., 17,90 €).
                                 En feuilletant Livres Hebdo, on s’aperçoit qu’il sort chaque semaine au moins un ouvrage consacré aux à-côtés de l’Histoire, du genre “Napoléon et ses hémorroïdes” ou “Comment Hannibal nourrissait-il ses éléphants”. A son tour, Christophe Bourseiller, amateur et connaisseur des extrêmes en tous genres (politique, littéraire, artistique) se lance dans ce domaine en rassemblant une liste de faits appartenant à ce qu’il appelle la “pseudo-histoire”, une discipline entretenue par des chercheurs isolés, des idéologues minoritaires, voire des auteurs conspirationnistes qui entendent révéler une face cachée de l’Histoire : ainsi, pour certains de ceux évoqués dans ces pages, Victor Hugo se serait converti à l’Islam, Napoléon serait né en Bretagne, le Titanic n’a jamais coulé et, bien sûr, Elvis Presley est toujours vivant. Christophe Bourseiller n’est pas le premier à s’aventurer sur ce terrain glissant (le négationnisme n’est parfois pas loin de certaines thèses émises) mais, avec lui, on peut être sûr que chaque sujet est bien documenté et bien présenté. Son vécu d’homme de radio transparaît dans la construction de ses chapitres avec le recours aux questions rhétoriques pour conserver l’attention du lecteur-auditeur. Certains des thèmes évoqués ici rappellent d’ailleurs des sujets qu’il traite régulièrement sur France Musique dans son émission Musicus politicus. Sa galerie de fous historiques n’est pas au niveau de celle qu’André Blavier établit jadis pour les fous littéraires mais donne à voir une belle brochette de farfelus et de doux (pas tous) dingues autrefois condamnés à la confidentialité mais à qui Internet offre désormais une tribune dont ils savent se servir.
VENDREDI.
Le cabinet de curiosités du notulographe. Moyenne historique obtenue par Alice Didion, collégienne à Epinal (Vosges), 2e trimestre 2014-2015.

  
SAMEDI.
              Lecture. Piège pour Cendrillon (Sébastien Japrisot, Denoël, 1963, rééd. in « Romans policiers », Gallimard, coll. Quarto, 2011; 1036 p., 25 €).
                            Trois semaines après avoir livré le manuscrit de Compartiment tueurs à Denoël, Sébastien Japrisot met le point final à Piège pour Cendrillon. Ce rythme de travail (18 heures par jour, paraît-il) est digne de Simenon et s’explique avant tout par la pression fiscale, les arriérés qu’il doit régler suite à ses travaux dans la publicité. Mais on est loin du travail bâclé : comme dans son premier roman policier, comme dans celui qui suivra (La Dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil), L’auteur fait preuve d’un grand soin dans la construction de son intrigue, d’une grande méticulosité dans le choix des titres de chapitres et d’une belle fidélité dans ses clins d’œil littéraires : après un coup de chapeau à Ulysse dans les dernières lignes de Compartiment tueurs, c’est ici l’ouverture du Portrait de l’artiste en jeune homme qui est évoquée dans la première page. L’histoire est assez embrouillée mais c’est à dessein puisque Japrisot joue sur une incertitude d’identité, celle de la narratrice dont on ne saura jamais si elle est l’instigatrice ou la victime de l’incendie criminel qui a failli lui coûter la vie. Après Costa-Gavras pour Compartiment tueurs, c’est André Cayatte qui réalisera Piège pour Cendrillon en 1965 (jamais vu, jamais réédité en DVD).
Films vus pendant la semaine. La grande attaque du train d’or (The Great Train Robbery, Michael Crichton, G.-B., 1978)
                                                                Les Amants de Montparnasse / Montparnasse 19 (Jacques Becker, France – Italie, 1958)
                                                                Débuts à Broadway (Babes on Broadway, Busby Berkeley, E.-U., 1941)
                                                                Mabel au volant (Mabel et the Wheel, Mabel Normand, Mack Sennett, E.-U., 1914)
                                                                Switch (Frédéric Schoendoerffer, France, 2011)
                                                                Charlot et le chronomètre (Twenty Minutes of Love, Charles Chaplin, Joseph Maddern, E.-U., 1914)
                                                                Le Maître de guerre (Heartbreak Ridge, Clint Eastwood, E.-U., 1986)
                                                                Week-ends (Anne Villacèque, France, 2014)
                                                                Avis de mistral (Rose Bosch, France, 2014).
    IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 2 février 2014. 106 km. (25132 km).
66 habitants

   Le monument se situe en bordure de la rue principale. Il est constitué de blocs de grès cimentés posés sur une dalle, il est entouré d’une barrière métallique basse sur trois côtés. Il porte un écusson de bois aux trois couleurs défraîchies, un drapeau européen et un drapeau français.

Aux enfants de Marey

Morts pour la France

1914-1918

Louis PERRARD

Notre Dame de Lorette 1915

André PERRARD

St Pol sur Ternoise 1916

Justin POTHIER

Auxonne 1918

Pierre TROUVIN

Bron 1938

    L’Invent’Hair perd ses poils.
  
Précy-sous-Thil (Côte-d’Or), photo de Thierry Vohl, 1er avril 2010 / Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 8 janvier 2012
    Poil et plume. “N’est-il pas toujours vain de vouloir décrire un visage ? Mais c’est une tentation à laquelle on ne résiste pas… Celui-là était de proportions parfaites; l’ovale n’en était ni trop long, ni trop large; le front, ni trop bas, ni trop haut. Les cheveux, où couraient déjà quelques fils d’argent, étaient noirs, séparés par une raie médiane; ils ondulaient naturellement de chaque côté des tempes, et se rassemblaient sur la nuque en une masse bouclée. Cette coiffure, depuis lors, est redevenue à la mode; mais, à cette époque, on ne la rencontrait que dans les œuvres des peintres ou des sculpteurs.”
(Olivia, par Olivia [Dorothy Bussy])
Bon dimanche,
Philippe DIDION
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