20 septembre 2015 – 679

LUNDI.
           La vita è bella. La presse locale rend compte, avec abondance, d’une manifestation sportive “L’Infernal Trail” qui s’est tenue ces derniers jours à Saint-Nabord (Vosges). 4000 coureurs, pas moins, et tous auront leur nom dans le journal qui affiche le classement complet, c’est autant d’acheteurs potentiels. Tous ne concourent pas en même temps, il y a diverses épreuves. “La course de référence, le 160 km […] laissera la place à un 220 km l’an prochain”. Vache ! On suppose qu’à ce train, on en sera à 500 bornes dans dix ans. Les joggers du dimanche ont cédé la place aux runners du vendredi-samedi-dimanche, nettement plus ambitieux. Ceux-ci ont commencé par des coursettes, ont enchaîné avec des semi-marathons, des marathons, des super marathons, des trails, des triathlons, ils font aujourd’hui le tour du Mont-Blanc ou de l’île de la Réunion, demain ils feront le tour du monde, ce n’est pas la traversée d’un ou deux océans qui va faire peur à de tels gaillards. Moi qui ne cours que pour ne pas rater le dur, je ne peux que leur tirer mon chapeau. Mais l’allongement des distances ne leur suffit plus. A Saint-Nabord, à côté de l’Infernal Trail se court l’infernal Run (diable !) où il faut franchir des fossés de boue, gravir des amas de grumes et autres réjouissances. Le tout de nuit, à la lampe frontale et, s’il vous plaît, dans la bonne humeur obligatoire (déguisement souhaité). Qu’est-ce qu’on rigole. On se croirait dans La Vie est belle de Benigni avec des brimades et des tortures qu’on essaie de faire passer pour de l’amusement. Avec des volontaires. Comme disait Coluche en son temps, “si, pour une raison ou une autre, demain, c’était obligé, ils gueuleraient !” C’est là que je remets mon chapeau. Parce qu’aller faire l’andouille en tenue ridicule au pas de course dans les petits matins blêmes, j’ai déjà donné, comme les garçons de mon âge. Et que contrairement à certains, de plus en plus nombreux apparemment, la nostalgie du service militaire ne me taraude pas vraiment.
JEUDI.
          Lecture. Cadres noirs (Pierre Lemaitre, Calmann-Lévy, 2010, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche thriller n° 32253, 2011; 448 p., 7,60 €).
                        Comme d’habitude chez Pierre Lemaitre, la construction de l’ensemble est très soignée avec ici une structure ternaire. Trois temps, trois parties, avant, pendant, après avec un épisode social, un épisode carcéral et un final entièrement dévoué à l’action (poursuites, course contre la montre et contre la mort). Des trois volets, c’est le premier qui est le plus réussi avec la description d’une descente aux enfers du chômage vécue par un cadre de cinquante-sept ans mis au rebut. Dans le genre, Lemaitre réussit mieux son essai que le Marin Ledun des Visages écrasés et on se demande pourquoi les auteurs de polars français ne se plongent pas plus souvent dans le monde de l’entreprise qui recèle toutes les violences et cochonneries aptes à nourrir le genre. Ensuite, malgré un rythme soutenu, l’invraisemblance des situations (prise d’otages, procès à l’issue miraculeuse, magouilles financières) vient ternir un brin la chose : Pierre Lemaitre a fait mieux (beaucoup mieux même à mon goût dans Robe de marié) mais son savoir-faire reste indéniable.
VENDREDI.
                  De la presse et des grosses légumes. L’Équipe sort aujourd’hui dans son nouveau format, fortement réduit. Ses grandes pages, étalées sur la table de la cuisine, étaient les seules qui pouvaient encore autoriser le nettoyage d’un chou-fleur ou d’une belle laitue. Avec les format tabloïd et berlinois qui gagnent peu à peu l’ensemble de la presse, nous voici désormais limités aux Bruxelles et aux rattes de Noirmoutier.
                  Lecture. Schnock n° 10 (La Tengo, mars 2014; 176 p., 14,50 €).
                                Guy Bedos.
                  Football. SA Spinalien – RC Strasbourg 0 – 1.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Bilinguisme plus ou moins revendiqué à Dun-le-Palestel (Creuse), photos de l’auteur, 31 juillet 2015.
english spoken, dun-le-palestel 2, 679 english spoken, dun-le-palestel 1, 679
SAMEDI.
              Films vus. “Merci la vie” (Bertrand Blier, France, 1991)
                               Le Café du cadran (Jean Gehret, France, 1947)
                               Bagdad Café (Percy Adlon, R.F.A. – E.-U., 1987)
                               Une nuit (Philippe Lefebvre, France, 2012)
              L’Invent’Hair perd ses poils.
 barb'hair shop, cannes, 679 barber shop, saint-étienne, 679
Cannes (Alpes-Maritimes), photo de l’auteur, 23 avril 2010 / Saint-Etienne (Loire), photo de Régis Conraud, 29 juillet 2015
              Poil et pellicule.
repo man, 679
Repo Man (Alex Cox, E.-U., 1984)
Bon dimanche,
Philippe DIDION
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