29 novembre 2015 – 688

DIMANCHE.
                   Rugby. RA Epinal-Golbey – Sarrebruck 43 – 10.
                               “Son cou est étroit mais le pied large. Il peut facilement tambouriner avec les doigts de pieds sur son ventre ovale qui a déjà servi de balle à quelques matches de rugby. Il n’est pas être car il est composé de morceaux. Les hommes simples se manifestent par une maison, les hommes importants par un monument.” (Tristan Tzara)
LUNDI.
           Lecture. Si le mort pouvait parler (If the Dead Could Talk, William Irish, nouvelles parues entre 1939 et 1956 pour l’édition originale, recueil publié en France en 1956, traducteurs divers, rééd. coll. Omnibus, vol. « Noir c’est noir », 1993; 1016 p., 135 F).
                         C’est un recueil assez riche dans lequel Irish se place systématiquement là où on ne l’attend pas. On croit à la facilité jusqu’à la fin de chaque récit où le coupable, le mobile ou la victime ne sont pas ceux que l’on croyait avoir aisément devinés. Le métier, il n’y a que ça de vrai.
                         Le Cœur à gaz (Tristan Tzara, éd. G.L.M., 1946, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).
MERCREDI.
                  Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Christian Jacq, La Tombe maudite, XO, 2014 et Françoise Bourdon, La Combe aux oliviers, Presses de la Cité, 2010.
JEUDI.
          Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Danielle Steel, Une grande fille, Presses de la Cité, 2011.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Une boisson d’homme, photo de Marc-Gabriel Malfant, mai 2014.
SAMEDI.
              Films vus pendant la semaine.
                                                               La French (Cédric Jimenez, France – Belgique, 2014)
                                                               Profil bas (Claude Zidi, France, 1993)
                                                               La Vallée des géants (The Big Trees, Felix E. Feist, E.-U., 1952)
                                                               Vie sauvage (Cédric Kahn, Belgique – France, 2014)
                                                               La Ciociara (Vittorio De Sica, Italie – France, 1960)
                                                               Skyfall (Sam Mendes, G.-B. – E.-U., 2012).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
  
Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 10 mai 2010 / Tain-L’Hermitage (Drôme), photo du même, 27 septembre 2011
                  IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 21 avril 2014. 127 km (26061 km).
68 habitants

La stèle essaie de se cacher au milieu des thuyas taillés en pointe ou en boule mais le drapeau tricolore qui lui pend au nez trahit sa présence. Elle porte sur le côté droit une plaque reproduisant l’appel “A tous les Français” du Général de Gaulle.

MORIZOT Léon

MOUGINOT Louis

MORIZOT Robert

PUCELLE Julie

LARCELET Louis

KOST Charles

MOUGINOT Gaston

OUDIN Émile

OKROSKE Camille

PUCELLE Paul

ROY Charles

KOST Louis

RUELLET Augustin

PEUDECOEUR Augustin

ROY Émile

PERRIN Paul

ROY Jules

Hommage

Aux enfants de Médonville

Morts pour la France

1914-1918

                  Poil et plume. “Que devons-nous dire si le coiffeur est notre amant ?

Si le coiffeur est notre amant, nous ne dirons pas : « Je vais chez le coiffeur ». Nous dirons: « Je vais au coiffeur ». (Pierre Desproges, L’Almanach)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

Publicités

22 novembre 2015 – 687

MARDI.

Lecture. Histoires à frémir debout (Alfred Hitchcock’s Murder-Go-Round, 1975, in « Alfred Hitchcock présente 100 nouvelles histoires extraordinaires », Collectif, Presses de la Cité, 1994; 1260 p., 145 F).

Nouvelles.

MERCREDI.

Vie professionnelle. Nous sommes consignés cet après-midi pour suivre une formation sur la réforme du collège qui doit démarrer à la rentrée prochaine. J’ai assez subi de réunions creuses au cours des dernières décennies pour saisir immédiatement l’ambiance qui y règne. L’assistance captive y montre parfois de l’intérêt, souvent une indifférence polie. Mais c’est la première fois, aujourd’hui, que j’y sens une véritable hostilité. Tant pis pour la fade inspectrice amenée à y faire face avec le maigre soutien des deux greluchonnes qui lui servent la soupe – il suffit de savoir que des carrières dépendent de telles personnes pour donner un léger sentiment de vertige. Toujours est-il que c’est assez intéressant à observer, les murmures qui enflent, les marques d’impatience, le ton des questions auxquelles on ne donne pas de réponses. Reflet de l’air du temps ou effet de la lassitude face à la vacuité des discours, ça renaude sec – et c’est assez revigorant.

Lecture. La vieille dette (Die spät bezahlte Schuld, Stefan Zweig, Die Presse, Vienne, 1951 pour l’édition allemande, traduit de l’allemand par Nicole Taubes, in “Romans, nouvelles et récits II”, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade n° 588, 2013; 1574 p., 65 €).

La deuxième aventure céleste de Monsieur Antipyrine (Tristan Tzara, éd. des Réverbères, 1938, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

JEUDI.

Lecture. Le Crépuscule (Zakat, Isaac Babel, Novy Mir, 1928 pour l’édition originale, traduit du russe par Sophie Benech, in « Œuvres complètes », Le Bruit du temps, 2011; 1312 p., 39 €).

On a une bonne illustration, dans ce texte théâtral, de ce que fut la langue de Babel, toute en verdeur et en spontanéité : c’est un mélange de Pagnol et de Frédéric Dard qu’on sent mieux ici dans les dialogues des personnages que dans les récits qui précédaient cette pièce dans le volume.

VENDREDI.

Football. SA Spinalien – CS Sedan Ardennes 0 – 2.

le football dans le poumon

                                    casse les vitres (insomnie)

                                    dans le puits on fait bouillir les nains

                                    pour le vin et la folie

                                    picabia arp ribemont-dessaignes

                                    bonjour

(Tristan Tzara)

Le cabinet de curiosités du notulographe. Héraldique urinaire à Paris (Seine), photo d’Eric Sellier, 4 janvier 2015.

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine.

Magic in the Moonlight (Woody Allen, E.-U., G.-B., 2014)

Lili Marleen (Rainer Werner Fassbinder, R.F.A., 1981)

Du goudron et des plumes (Pascal Rabaté, France – Allemagne, 2014)

Monsieur La Souris (Georges Lacombe, 1942)

Le dernier combat (Luc Besson, France, 1983)

Chotard et Cie (Jean Renoir, France, 1933)

L’Invent’Hair perd ses poils.

  

Thaon-les-Vosges (Vosges), photo de l’auteur, 7 mai 2010 / Paris (Seine), photo de Pierre Cohen-Hadria, 23 juillet 2011

                  IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 13 avril 2014. 78 km (25934 km).

221 habitants

   Le monument est dans le cimetière. C’est un bloc de pierre taillée auquel on a ajouté une flèche en ciment porteuse d’une croix chrétienne.

A nos morts

1914-1918

HALLY Félix

VOIRIN Paul

MACE François

JEANDEL Albert

POIROT Louis

PETITJEAN Gabriel

HALLY Léon

MARCHAL Pierre

MANGIN Louis

BAUDOIN Paul

MAUPIN François

MANGIN Maurice

TROMPETTE André

BASTIEN André

HALLY Georges

CASSIN René

Abbé POIROT

   Derrière, sur le mur, une plaque noire :

La commune de Mazirot

En souvenir de Mr Henri REMY, Maire

1892-1923

Poil et plume. “Le seul embêtement de la garde, c’est l’inspection au départ par l’adjudant de quartier. Gare aux cheveux ! Car la “crise de cheveux” est la grande comédie de la vie de caserne. Un beau jour, le colon n’ayant pas lu à l’Officiel qu’il passait général, sa déception commence à s’exhaler au rapport : “Il a été remarqué que les hommes portaient les cheveux beaucoup trop longs. Messieurs les commandants des compagnies voudront bien s’assurer, par des revues fréquentes, et inopinées, que les hommes ont les cheveux courts devant et ras derrière…” Le soir même, au poste, le sergent de garde fait découvrir tous les hommes qui désirent sortir. Et si les bonshommes ne présentent point une authentique tête de veau, à laquelle ne manquent que les touffes de persil dans les oreilles, ils s’entendent déclarer : “Demi-tour, allez vous faire couper les cheveux !” (Jean Galtier-Boissière, La Fleur au fusil)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

15 novembre 2015 – 686

DIMANCHE.
                   Lecture scolaire. Les Croix de bois (Roland Dorgelès, Albin Michel, 1919, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche n° 189, 2010; 288 p., 5,10 €).
                   Rugby. RA Epinal Golbey – Hayange 26 – 0.
LUNDI.
           Vie littéraire. Arrivée du dernier numéro d’Histoires littéraires, intitulé “Hommage à Jean-Jacques Lefrère”. Le notulographe figure au sommaire.
MARDI.
            Lecture. Alexis Zorba (Nikos Kazantzaki, 1946 pour l’édition originale, traduit du grec par René Bouchet, Cambourakis, 2015; 384 p., 24 €).
                          Il paraît que la célèbre adaptation cinématographique de Michael Cacoyannis avec Anthony Quinn dans le rôle de Zorba est très éloignée du roman. Je ne l’ai jamais vue, mais n’en suis pas surpris : le livre tel qu’il est, basé sur un échange dialectique entre le narrateur et Zorba, ne semble pas être un terrain très propice. Les péripéties y sont rares, peu passionnantes car traitées d’une façon négligée par l’auteur. Celui-ci s’est concentré sur le dialogue, la confrontation entre ses deux protagonistes qui véhiculent deux visions de la vie. Le narrateur est un intellectuel, il vit dans les livres, écrit sur Bouddha, quand Zorba est un viveur, un hédoniste pour qui la vie doit être consommée sans attendre. Les deux s’affrontent, s’enrichissent mutuellement, se rapprochent sans que l’un cède véritablement à l’autre. Ce cheminement est un peu longuet, souvent répétitif, mais recèle quelques beaux passages quand Zorba prend la parole et exprime sa conception de l’existence. Car des deux, c’est bien lui qui fait le plus envie.
VENDREDI.
                  Vie littéraire. Le thème du XIXe Colloque des Invalides auquel j’assiste aujourd’hui à Paris est “Oubliettes et revenants”. Pour ce qui est des revenants, c’est bien sûr le fantôme de Jean-Jacques Lefrère qui vient en premier hanter les lieux et les participants à cet événement qu’il a contribué à créer. Alain Zalmanski rappellera les communications faites par Lefrère lors des trois premières éditions du colloque et on apprendra que l’homme avait un temps songé à monter une maison d’édition, à l’enseigne de “La danseuse unijambiste”, avec Christophe Bourseiller. Mais pour ce qui concerne les oubliettes et leurs éventuels résidents, le problème est plus délicat. Car s’il est un cadre dans lequel il est risqué de parler d’écrivains oubliés, c’est bien le Colloque des Invalides. Lequel est peuplé de gens qui, lorsqu’ils vous auront entendu disserter sur l’auteur que vous avez choisi parce que vous le croyiez oublié, méconnu ou, mieux encore, inconnu, se feront un plaisir de vous démontrer qu’ils ne connaissent que lui, et bien mieux que vous. Vous faites une drôle de binette quand vous vous pointez avec votre Tartempion, frais déterré, et que vous constatez qu’un Zinszner ou un Walbecq n’ignorent rien du sbire en question et vous donnent en prime le nom du bougnat qui lui livrait le charbon. Pourtant, les efforts sont certains : s’attaquer à Glais-Bizoin, à Iwan Gilkin ou à Dubut de Laforest montre qu’on a su gratter dans les sous-couches mais l’assemblée a eu tôt fait de montrer quelques connaissances sur ces seconds couteaux sans lame. Il n’y aura guère que Beffroy de Reigny, exhumé par Elisabeth Chamontin, qui se sera avéré une bonne pioche. Cela dit, pour les béotiens de l’envergure d’un notulographe, il y a largement de quoi enrichir son dictionnaire d’histoire littéraire. Après la séance, direction la Faculté de médecine – au pas de course – où hommage est rendu à Jean-Jacques Lefrère. Des membres de sa famille et des milieux qu’il a fait progresser (la littérature et la médecine) prennent la parole “dans un amphithéâtre” comme le veut la chanson. On présente également le dernier numéro d’Histoires littéraires dont il a été question plus haut, on boit un coup et je photographie le monument aux morts.
                  Lecture. Aller simple pour Nomad Island (Joseph Incardona, Le Seuil, coll. Policiers, 2014; 272 p., 19 €).
                                Une famille aisée part en vacances sur une île paradisiaque où le séjour tourne au cauchemar. Thème éculé, écriture farcie de clichés, il n’y a rien à sauver dans ce roman qui n’enrichit pas la collection policière du Seuil et qui n’y serait sans doute pas entré à l’époque où Robert Pépin la dirigeait.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Urbanisme irrévérencieux à Wassy (Haute-Marne), photo de J.-F. Fournié, 18 mars 2009.

SAMEDI.
              Presse. […] Une association est née en mars 2015 dans le Val d’Oise : Solidhair. cette association récupère les mèches coupées qu’elle vend aux perruquiers. L’argent récolté permet de subventionner des personnes en difficultés financières afin qu’elles puissent s’acheter une perruque en cheveux naturels. […] Pour faire don de ses mèches prenez rendez-vous au salon ABCD’Hair, place de l’Eglise à Domèvre-sur-Avière.” (Vosges Matin du jour)
              Vie parisienne. Je suis au Louvre en matinée pour étudier, dans le cadre de ma Mémoire louvrière, la dernière salle de l’aile Richelieu, 2e étage, dont l’exploration m’occupe depuis le 27 août 2003. A mon rythme : une salle par visite, pas plus, inspection de chaque tableau avec prise de notes. C’est un peu long, c’est sûr, mais j’ai tendance à estimer qu’un travail de moins de dix ans n’est qu’une vague amusette. C’est un côté Bartlebooth que je possédais avant de lire La Vie mode d’emploi. Je peux désormais attaquer l’aile Sully dont je pense venir à bout avant la fin du siècle.
              L’Invent’Hair perd ses poils.
   
Tulle (Corrèze), photo de Benoît Howson, 30 décembre 2009 / Verson (Calvados), photo de Pierre Cohen-Hadria, 4 septembre 2015
              Films vus pendant la semaine. Saint Laurent (Bertrand Bonello, France – Belgique, 2014)
                                                                La Marque des anges – Miserere (Sylvain White, France – Belgique, 2013)
                                                                Elle l’adore (Jeanne Herry, France, 2014)
                                                                Jacquou le croquant (Laurent Boutonnat, France, 2007).
              Poil et plume.
DIMANCHE.
                   Lecture. Cinéma Calendrier du cœur abstrait Maisons (Tristan Tzara, collection Dada, Au Sans Pareil, 1920, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).
MARDI.
            Lecture. Entre ciel et terre (Himnariki og Helviti, Jon Kalman Stefansson, 2007 pour l’édition originale, Gallimard, coll. Du monde entier, 2010 pour la traduction française, traduit de l’islandais par Eric Boury; 240 p., 21,90 €).
                           Un qui ne doit pas s’ennuyer, c’est Eric Boury. Traducteur de l’islandais, un domaine dans lequel il a peu de concurrents, il est chargé des œuvres d’Indridason dont on a déjà dit ici tout le bien qu’on en pensait. En prime, on lui offre chez Gallimard la trilogie de ce Stefansson dont Entre ciel et terre est le premier volet. On n’ose imaginer le plaisir qu’il a pu prendre à traduire cette langue exceptionnelle, ces périodes d’une richesse peu commune, ces images insolites (“Quand [le vent] se tait et que nous pouvons mettre le nez dehors sans mourir, les rues sont recouvertes d’algues, comme si la mer nous avait éternué dessus”) qui font de ce Stefansson rien de moins qu’un Pierre Michon des fjords. Il y est question de la mer et de la terre, de la vie et de la mort, du Paradis perdu de Milton et de l’amour, toutes choses essentielles et bien difficiles à saisir pour le personnage central, “le gamin”, qui, en quelques jours, perd un ami dans une tempête, fait un long voyage à pied à travers la lande (celle où le frère d’Arnaldur, le policier des aventures d’Indridason, s’est un jour perdu à jamais), résiste à l’appel du suicide pour réapprendre à vivre dans un village de pêcheurs. On imagine que la suite concerne ce personnage et sa nouvelle existence entre les deux femmes qui dirigent la buvette locale et qui viennent de l’accueillir. On ne manquera pas de la lire car on est ici face à une œuvre de belle envergure.
                           Extrait. Deux matelots s’étaient noyés, leurs corps n’avaient jamais été retrouvés et ils étaient allés rejoindre la foule des marins qui errent au fond de la mer, se plaignant entre eux de la lenteur du temps, attendant l’appel suprême que quelqu’un leur avait promis en des temps immémoriaux, attendant que Dieu les hisse vers la surface et les attrape dans son épuisette d’étoiles, qu’il les sèche de son souffle tiède et les laisse entrer à pied sec au royaume des cieux, là, il n’y a jamais de poisson aux repas, disent les noyés qui, toujours aussi optimistes, s’occupent en regardant la quille des bateaux, s’étonnent du nouveau matériel de pêche, maudissent les saloperies que l’homme laisse dans son sillage, mais parfois aussi, pleurent à cause de la vie qui leur manque, pleurent comme pleurent les noyés et voilà pourquoi la mer est salée.”
MERCREDI.
                  Lecture. Impatience du cœur (Ungeduld des Herzens, Stefan Zweig, Bermann-Fischer Verlag, 1939 pour l’édition originale, traduit de l’allemand par Nicole Taubes, in “Romans, nouvelles et récits II”, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade n° 588, 2013; 1574 p., 65 €).
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Joyeuses pâtes à Paris, rue Beaubourg, photo de Pierre Cohen-Hadria, 4 août 2014.
                  Films vus pendant la semaine. Repas de famille (Pierre-Henry Salfati, France, 2014)
                                                                    Un château en Espagne (Isabelle Doval, France, 2007)
                                                                    Les Âmes noires (Anime nere, Francesco Munzi, Italie – France, 2014)
                                                                    Le Pactole (Jean-Pierre Mocky, France, 1985)
                                                                    Insoupçonnable (Gabriel le Bomin, France – Suisse, 2010).
                  L’Invent’Hair perd ses poils.
Tulle (Corrèze), photo de Benoît Howson, 30 décembre 2009
                  IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 6 avril 2014. 46 km (25856 km).
261 habitants
   A la porte de l’église, la stèle de granit gris, ornée d’une palme, est jouxtée de deux mâts à drapeau et entourée d’un parterre de rosiers.
A nos enfants
Morts pour la France
1914-1918
   Droite :
MIDOT Achille
REMY Albert
REMY Roger
DENET Camille
PETITJEAN Henri
GRANDJACQUOT Henri
THOMAS Paul
DUGRAVOT Albert
VALANCE Charles
   Gauche :
LAMBOTTE Joseph
LEC Marcel
LAURENT Albert
MERLIN Georges
BILQUE Pierre
BERNARDIN René
ETRE Paul
DUBOIS Camille
DIDENOT Paul
MIDOT Camille
1939-1945
L’HUILLIER André
THINET Emile
A.F.N.
MASSON Paul     1961

   Dans l’église, les noms des victimes figurent sur un mur, au-dessus d’un autel supportant une pietà sculptée. Ils sont rangés par années de décès et suivis par la date exacte de celui-ci. Albert Dugravot et Charles Valance sont absents, alors qu’on note la présence de quatre noms qui ne figurent pas sur le monument extérieur : Émile Remy, Joseph Marchal, Marcel Bernardin et Émile Mulot.

Poil et plume. “Chez les coiffeurs, il n’y a plus de livres de cow-boys. Oui, ces Kit Carson, ces Mustang, ces Nevada Smith petit format, couverture bariolée, intérieur noir et blanc, qui sentaient l’eau de fougère et la violette. […] Ah ! ces histoires qu’on vous refusait à la maison […] on préférait les déguster tout son soûl en attendant son tour chez le coiffeur. […] Quel crève-cœur quand il fallait abandonner l’Arizona pour passer sous la morsure glacée de la tondeuse !” (Philippe Delerm, Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

01 novembre 2015 – 685

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 15 novembre 2015. Entre-temps, le notulographe participera au XIXe Colloque des Invalides à Paris le vendredi 6 novembre (programme sur demande).

JEUDI.

Vie transfrontalière. Nous sommes aujourd’hui à Strasbourg (Bas-Rhin). Nous sommes venus en amis, je tiens à le préciser car depuis que les frontières des régions françaises sont appelées à bouger, on ne peut pas dire que l’Alsace se montre empressée de former une nouvelle entité avec la Lorraine et la Champagne, deux réservoirs à ploucs indignes à ses yeux de figurer sous le même drapeau. Le fait de savoir que l’on trouvera, aux élections régionales de décembre prochain, des bulletins de vote au nom de la liste “Unser Land” laisse quelque peu songeur, surtout quand on sait comment finissent les slogans qui commencent par le mot Land. De ces querelles de clochers à bulbe, Tristan Tzara aurait bien ri, lui qui disait vouloir, dans le Manifeste de Monsieur Antipyrine, “chier en couleurs diverses pour orner le jardin zoologique de l’art de tous les drapeaux des consulats”. Car si nous sommes à Strasbourg, c’est pour y saluer le créateur de Dada, mis à l’honneur dans une belle exposition au Musée d’art moderne de la ville. On trouve d’ailleurs, au milieu d’un tas de merveilles pour certaines déjà vues lors de la grande exposition Dada de Beaubourg en 2005, le manuscrit de ce Manifeste de Monsieur Antipyrine : les nombreuses ratures attestent que l’on est loin de l’écriture automatique… Parmi les découvertes, on peut voir des ébauches du travail – incompréhensible – auquel Tzara a consacré les dernières années de sa vie, à savoir la traque des anagrammes cachées dans les poèmes de François Villon. Voilà, c’était une belle journée à Strasbourg, au musée les gens étaient gentils et accueillants, après je me suis un peu énervé mais c’est toujours ainsi en Alsace, moi qui ne suis que mousse et pampre, je finis toujours par m’emporter contre quelqu’un ou quelque chose quand je me trouve dans cette contrée. Pour les élections, je voterai Dada.

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Féminisation à outrance dans L’Echo des Vosges du 9 juillet 2015.

SAMEDI.

Football. SA Spinalien – AS Béziers 1 – 1.

Films vus. Near Death Experience (Benoît Delépine & Gustave Kervern, France, 2014)

Tous peuvent me tuer (Henri Decoin, France – Italie, 1957)

On a marché sur Bangkok (Olivier Baroux, France, 2014)

Bethsabée (Léonide Moguy, France, 1947).

  Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 2700 salons, atteint le 19 septembre 2015.

Bilan géographique.                                                                                            

Classement général par pays.

  1. France : 2355 (+ 88)
  2. Espagne : 111 (+ 3)
  3. Royaume-Uni : 45 (=)
  4. Etats-Unis : 29 (=)
  5. Belgique : 19 (=)
  6. Canada : 17 (=)
  7. Portugal : 17 (=)
  8. Italie : 13 (+ 2)
  9. République tchèque : 13 (+ 3)
  10. Allemagne 12 (+ 1)

La République tchèque se hisse au niveau de l’Italie et chasse la Suisse du top 10.

Classement général par régions (France).

  1. Rhône-Alpes : 462 (+ 26)
  2. Île-de-France : 320 (+ 7)
  3. Languedoc-Roussillon : 195 (+ 18)
  4. Lorraine : 189 (+ 6)
  5. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 176 (+ 3)
  6. Midi-Pyrénées : 166 (+ 1)
  7. Bourgogne : 103 (+ 6)
  8. Pays de la Loire : 92 (=)
  9. Bretagne : 88 (=)
  10. Centre : 74 (+ 2)

Le Languedoc-Roussillon récupère la troisième place aux dépens de la Lorraine, seule mouvement de ce haut de tableau.

Classement général par départements (France).

  1. Seine (Paris) : 252 (+ 4)
  2. Rhône : 231 (+ 10)
  3. Vosges : 119 (+ 1)
  4. Loire : 78 (+ 2)
  5. Loire-Atlantique : 70 (=)
  6. Alpes-Maritimes : 67 (=)
  7. Pyrénées-Orientales : 67 (+ 2)
  8. Saône-et-Loire : 65 (=)
  9. Meurthe-et-Moselle : 55 (+ 5)
  10. Lot : 44 (=)
  11. Hérault 44 (+ 9)

L’Hérault gagne 4 places, les Pyrénées-Orientales rejoignent les Alpes-Maritimes. L’Isère, qui enregistre 10 nouveaux salons, passe de la 22e à la 13e place.

Classement général par communes.

  1. Paris : 252 (+ 4)
  2. Lyon : 104 (+ 3)
  3. Barcelone : 48 (=)
  4. Nantes : 46 (=)
  5. Nice : 33 (=)
  6. Epinal : 30 (+ 1)
  7. Nancy : 29 (+ 5)
  8. Villeurbanne 19 (+ 1)
  9. Roanne : 17 (=)
  10. Perpignan : 17 (+ 2)

Perpignan rejoint Roanne à la 9e place, seul mouvement à signaler en tête. Plus bas dans le classement, c’est Caen qui réalise la meilleure opération en passant de la 126e à la 22e place avec 9 salons (+ 6). 41 communes font leur entrée dans le corpus qui en compte désormais 1142. Parmi les nouveautés, signalons quelques beaux morceaux comme Saint-Etienne, Mulhouse ou Sète.

Bilan humain.

  1. Marc-Gabriel Malfant : 1073 (+ 40)
  2. Philippe Didion : 264 (=)
  3. Pierre Cohen-Hadria : 206 (+ 15)
  4. François Golfier : 104 (+ 17)
  5. Jean-Christophe Soum-Fontez : 97 (+ 1)
  6. Hervé Bertin : 77 (+ 3)
  7. Benoît Howson : 65 (=)
  8. Christophe Hubert 57 (=)
  9. Sylvie Mura : 54 (=)
  10. Philippe de Jonckheere : 43 (=)

François Golfier poursuit son ascension et dépasse Jean-Christophe Soum-Fontez. Bernard Cattin, avec 6 nouvelles photos et un total de 40 frappe à la porte du top 10.

Etude de cas. Salons multilingues.

   

Locarno (Suisse), photo d’Hervé Bertin, 27 août 2014 / Figueras/Figueres (Catalogne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 9 septembre 2014.

    

Tortosa (Catalogne), photo d’Hervé Bertin, Montreuil (Seine-Saint-Denis) / Paris (Seine), rue de Gramont, photo de Jean-Christophe Soum-Fontez, 19 mars 2015

L’Invent’Hair perd ses poils.

Montréjeau (Haute-Garonne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 20 avril 2010

Poil et plume. “Il est laid, c’est une tante, il ressemble à Donald Duck. personne ne peut le voir en peinture – excepté moi. Qu’est-ce que je dois faire ? Je l’ai envoyé comme apprenti chez un coiffeur de dames. On l’a foutu à la porte au bout de trois jours.” (James Leo Herlihy, Macadam Cowboy)

Bon dimanche,

Philippe DIDION