3 janvier 2016 – 692

LUNDI.

Lecture. L’Horizon (Patrick Modiano, Gallimard, 2010, rééd. Gallimard, Quarto “Romans”, 1088 p., 23,50 €).

Cette fois, ce n’est pas le SAS Football qui me vient à l’esprit en lisant Modiano mais ce cher Ernest Gengenbach. A cela deux raisons : la présence d’un personnage aux allures de prêtre défroqué et l’évocation d’une “messe d’or” située dans un appartement parisien de la rue Bleue.

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manuscrit d’Ernest Gengenbach, bibliothèque de Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), photographie de l’auteur, 2 janvier 2014

MARDI.

Lecture. Elimination transcendantale (Solved by Inspection, Ronald A. Knox, 1925 pour l’édition originale, traduit de l’anglais par Isabelle Reinharez in « Mystères à huis clos », Omnibus, 2007; 1148 p., 27 €).

Voici incontestablement le meilleur texte figurant dans ce que j’ai lu (la moitié environ) de ce volume consacré aux meurtres en chambre close. La solution est véritablement inattendue et ingénieuse. On doit cette nouvelle à un personnage intéressant, le père Ronald Arbuthnot Knox (1888-1957), moins connu que Chesterton (qu’il fréquenta) mais proche de lui en de nombreux points : prêtre catholique, traducteur de la Bible, auteur de livres de théologie et de romans policiers, il fut l’un des premiers théoriciens de Sherlock Holmes. En 1937, les autorités ecclésiastiques lui interdirent de pratiquer la littérature policière. On est en droit de le regretter.

Indicateur des chemins de cœur (Tristan Tzara, éd. Jeanne Bucher, 1928, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

JEUDI.

Lecture. L’Herbe des nuits (Patrick Modiano, Gallimard, coll. Blanche, 2012; 192 p., 16,90 €).

“Non, je n’ai pas rêvé. La preuve, c’est qu’il me reste un carnet noir rempli de notes. […] Sur les pages du carnet se succèdent des noms, des numéros de téléphone, des dates de rendez-vous, et aussi des textes courts qui ont peut-être quelque chose à voir avec la littérature.” Au moment d’en finir avec Modiano, après avoir lu tous ses livres, ce qui est mon cas désormais, le lecteur se trouve dans la même situation que le narrateur de L’Herbe des nuits et de nombre de ses semblables apparaissant au fil des volumes précédents et à venir : il lui reste une trentaine de romans, qui sont autant de carnets noirs, eux aussi remplis d’innombrables notes. Les personnages, les lieux, les parcours, les histoires se mélangent dans son esprit, sans qu’il puisse déterminer avec précision ce qui appartient à la réalité ou à l’imagination. Comme un héros de Modiano, il peut à loisir piocher dans ses carnets, suivre un fil, déambuler, enquêter, revenir sur ses pas, se perdre. Le monde flou échafaudé page après page par le romancier est désormais le sien et il a plus que quelque chose à voir avec la littérature. Chez Modiano, comme chez Proust, le terme de l’œuvre n’est qu’un appel à la reprendre depuis le début. Et à s’intéresser à ce qu’on en a dit : les études sur l’auteur sont bien fréquentées – Denis Cosnard, Maryline Heck, Claude Burgelin… – et promettent quelques satisfactions.

VENDREDI.

Vie votive. Il fut un temps où envoyer des cartes de vœux ressemblait à une corvée. C’est maintenant le fait d’en recevoir qui en devient une avec l’appareillage électronique et l’utilisation du paresseux bouton “envoyer à tout le carnet d’adresses”.

Bilan annuel 2015.

* 124 livres lus (- 9 par rapport à 2014)

* 253 films vus (- 22)

* 403 abonnés aux notules version électronique, sans oublier les irréductibles abonnés papier de l’Aveyron (+ 3)

Remarque :

* Le fait d’avoir réussi à conserver une population notulienne stable, en dépit des désabonnements, des déménagements à la cloche de bois informatique et, malheureusement, des décès, est une sorte de performance dans la mesure où, en l’absence de site Internet depuis 2012, le renouvellement du public ne peut plus se faire que par le bouche à oreille. Dans un récent article sur la littérature fragmentée, un critique évoque rapidement nos notules et leur “envoi antédiluvien par mail”. A Dieu ne plaise : nous resterons antédiluvien jusqu’au prochain déluge. Les choses sont cependant en passe de changer puisque l’année qui s’ouvre devrait permettre une meilleure exposition avec l’arrivée d’un nouveau site sur lequel les archives seront rassemblées grâce à l’initiative et au travail d’Alain Nowak, ici remercié.

Chantiers littéraires :

* 5887 Souvenirs quotidiens notés (+ 365, le compte est bon)

* 474 volumes étudiés dans L’Atlas de la Série Noire (+ 13)

* 352 communes visitées (+ 29) d’Ableuvenettes (Les) à Petite-Fosse (La) dans le cadre de L’Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental

* 264 photos de Bars clos (+ 22)

* 1260 tableaux commentés dans la Mémoire louvrière (+ 69)

                                                * 556 publicités murales et enseignes peintes photographiées (+ 65)

* 2778 photographies de salons de coiffure pour l’Invent’Hair (+ 356)

                                                * 184 frontons d’école photographiés pour un Aperçu d’épigraphie républicaine (+ 17)

* 96 Lieux où j’ai dormi retrouvés ou ajoutés et photographiés (+ 13)

                                                Parutions :

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 66, juin 2015

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 67, décembre 2015

* Notes de lecture, Histoires littéraires n° 61, 62, 63, 2015

                                                * “Lautréamont, pour moi, désormais, c’est terminé”, Histoires littéraires n° 63, juillet-août-septembre 2015

* “Carpe diem, ou gardons l’espoir”, Les Refusés n° 17, septembre 2015

* ”Petites coupures. Perec et les petits papiers”, http://associationgeorgesperec.fr/IMG/pdf/pdidion.pdf

* “Le XIXe Colloque des Invalides”, http://histoires-litteraires.fr/philippe-didion-notules-sur-le-xixe-colloque-des-invalides/

Précision concernant la politique photographique des notules :

* Les notuliens contribuent de façon efficace à l’avancée des chantiers photographiques qui meublent nos livraisons dominicales : le cabinet de curiosités et l’Invent’Hair leur doivent beaucoup, sans parler des aptonymes, enseigne peintes ou bars clos. Merci. Une précision s’impose toutefois : ne sont acceptés que les clichés dûment localisés, pris “en vrai”, à l’aide d’un appareil idoine ou d’un téléphone de poche. Les photos issues de sites Internet ou de réseaux plus ou moins sociaux ne sont pas homologuées.

Appel :

* Le début de l’année est généralement propice aux bonnes résolutions. Si parmi ces résolutions figure celle de ne plus vous laisser importuner par des messages électroniques antédiluviens, pesants, inutiles, creux, mal écrits, pompeux, j’en passe, et si vous vous apercevez tout à coup que les notules correspondent à l’une des catégories précitées, inutile d’engorger les tuyaux pour rien : un simple mot « stop » en réponse à ce numéro mettra fin à votre abonnement.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Le bien nommé, maison paroissiale, place de l’Eglise du Vésinet (Yvelines), photo d’Alain Zalmanski, avril 2015.

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SAMEDI.

Lecture. Rosy & John (Pierre Lemaitre, LGF, coll. Le Livre de poche thriller n° 33423, 2014; 144 p., 5,90 €).

Films vus. Ginger et Fred (Ginger e Fred, Federico Fellini, Italie- France – R.F.A., 1986)

Cavalcade (Steve Suissa, France, 2005)

La Rançon de la gloire (Xavier Beauvois, France – Suisse – Belgique, 2014)

La Valse des pantins (The King of Comedy, Martin Scorsese, E.-U., 1982)

Charlot garçon de café (Caught in a Cabaret, Mabel Normand, E.-U., 1914)

A la vie (Jean-Jacques Zilbermann, France, 2014)

La Tendresse (Marion Hänsel, Belgique – France – Allemagne, 2013).

L’Invent’Hair perd ses poils.

anna belle, bavans, 692 (3)  ana coiff, épinal, 692

Bavans (Doubs), photo de l’auteur, 6 juin 2010 / Epinal (Vosges), photo du même, 27 octobre 2015

IPAD. 9 juin 2014. 124 km. (26400 km).

ménil-de-senones, 692

149 habitants

   A l’entrée du village, la flèche de granit gris se dresse adossée à une haie de thuyas, au centre d’un square miniature dont la grille métallique porte des médaillons représentant des Croix de Guerre. Le parterre est fleuri d’œillets d’Inde, de bégonias et de muscaris.

ménil-de-senones monument, 692

   Face :

A nos morts

Pour la Patrie

CURIEN E

DOLMAIRE R

FLEURETTE C

GRANDCOLAS L

GUIDAT E

NICOLLE E

NICOLLE L

NICOLLE L A

PETER J

ROCHE G

SIMON J

TRABACH L

ANDRE C CAPAL

COLLOTTE A CAPAL

DITER E BRIGIER

PETER A MAL DES LIS

VIRIOT L LIEUTNT

KRIEGER H.

COLIN. A.

Commune de Ménil

Guerre 1914-1918

   Au pied de la stèle, sur un cube minéral :

Ici a été déposé

de la terre de Dachau

22 novembre 1945

   Droite : une plaque porte les noms des victimes de 1939-1945

Poil et plume. “Rasé de près, les tifs coupés, la face massée, le Nantais sortit du merlan. Le soleil éclaboussa ses pompes sur mesure.” (Auguste Le Breton, Razzia sur la chnouf)

Bonne année,

Philippe DIDION

 

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