31 janvier 2016 – 695

LUNDI.

Courriel. Une demande de désabonnement aux notules.

MERCREDI.

Lecture. Le Braconnier du lac perdu (The Chessmen, Peter May, traduit de l’anglais par Jean-René Dastugue, Rouergue, 2012, rééd. Actes Sud, coll. Babel Noir n° 101, 2013; 368 p., 8,70 €).

Peter May boucle ici sa trilogie écossaise sur l’île de Lewis, qui se révèle, au bout du compte, une parfaite réussite. Le défi tenait dans sa capacité à tenir la distance dans un cadre inattendu, celui des Hébrides battues par les vents et la pluie, après en avoir épuisé les caractéristiques exotiques dans le premier épisode. On craint un moment, à l’ouverture du récit, que l’auteur soit tombé dans la facilité en faisant de son héros, l’ancien policier Fin Macleod, un traqueur de braconniers au service d’un propriétaire terrien, ce qui nous conduisait vers les romans de C.J. Box à la sauce écossaise. Mais cette occupation passe vite au second plan – avant de s’évanouir complètement – quand une découverte inattendue, celle d’une épave d’avion contenant les restes d’un ami de jeunesse disparu depuis des années, vient remettre Macleod sur une piste policière. Celle-ci, comme les deux précédentes, est avant tout un prétexte pour plonger le héros dans les souvenirs de sa jeunesse passée sur l’île. Des intrigues ébauchées dans les volumes précédents trouvent ici leur conclusion au bout du triptyque. La nostalgie est parfois appuyée, quelques tics d’écriture sont à déplorer (le product placement, le “langage corporel” déchiffré par le narrateur) mais ce ne sont que broutilles en comparaison du plaisir pris à lire cet ensemble.

JEUDI.

Presse. Le Monde du jour publie une page entière sur l’Imagerie d’Épinal et ses aventures économiques. L’article est dû à un notulien “envoyé spécial” à Épinal. Renseignements pris auprès de l’intéressé, il ne s’agissait pas d’une sanction disciplinaire.

Lecture. Où boivent les loups (Tristan Tzara, éd. des Cahiers libres, 1932, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

VENDREDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Joël Dicker, Le Livre des Baltimore, de Fallois, 2015 à l’aller et Timur Vermes, Il est de retour, Belfond, 2014 au retour, justement.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Aperçu de la collection ducassienne de Marc-Gabriel Malfant.

lautréamont loterie (2)

SAMEDI.

Films vus. Un illustre inconnu (Matthieu Delaporte, France – Belgique, 2014)

Clara et les méchants (Raoul André, France, 1958)

L’étrange aventure de Benjamin Button (The Curious Case of Benjamin Button, David Fincher, E.-U., 2008)

The Gambler (Rupert Wyatt, E.-U., 2014)

La Vie d’une autre (Sylvie Testud, France – Luxembourg – Belgique, 2012)

A Most Violent Year (J.C. Chandor, E.-U. – Emirats arabes unis, 2014)

Au revoir Charlie (Goodbye Charlie, Vincente Minnelli, E.-U., 1962).

L’Invent’Hair perd ses poils.

coiffure mixte, belvès, 695  mix'tifs, firminy, 695

Belvès (Dordogne), photo de Patrick Chartrain, 8 juillet 2010 / Firminy (Loire), photo de Marc-Gabriel Malfant, 15 juillet 2012

Poil et plume. “Je quittai la maison le 15 janvier 1941 pour aller gagner ma vie à Marseille. Voilà ce que j’écrivais dans la micheline qui m’emmenait : « Je saute le Rubicon ! Je suis assis à l’arrière sur ma valise. Je regarde le drapeau jaune et noir qui flotte près des tampons. Jamais je ne reviendrai, jamais je ne crierai grâce, jamais je n’accepterai une petite vie tranquille. Papa m’a dit ce matin, d’un air mauvais : “Alors, on revient dans huit jours, les cheveux dans le cou ?” Certes, j’aurai mes cheveux dans le cou – depuis le temps que je veux les laisser pousser et qu’il m’en empêche ! -,  mais revenir, jamais, jamais, jamais ! Plutôt crever. »

Je voulais porter les cheveux longs. Il ne voulait pas. Aujourd’hui, je les porte très courts, presque à ras. Il serait content s’il me voyait !

Dans le fond, à tout bien considérer, c’était le mot d’un esprit fort et d’un homme intelligent, bien qu’insensible, cette référence à ma chevelure au moment de la séparation. Qui sait s’il ne voulait pas seulement cacher son émotion ? » (Roger Rudigoz, Saute le temps)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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