7 février 2016 – 696

DIMANCHE.

Rugby. RA Epinal-Golbey – Villers 12 – 17.

LUNDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Stephen King, Carrie, J’ai lu, 2010.

MARDI.

Obituaire. “Mes parents travaillaient tous les deux, et aussi ma grand-mère. Dans la journée, c’était Fanny qui s’occupait de moi. Elle m’amenait souvent boulevard Delessert où habitaient ma tante et sa fille Ela. Je suppose que nous prenions le métro à Couronnes et que nous changions à Etoile pour descendre à Passy. C’est boulevard Delessert qu’Ela aurait entrepris de me faire monter sur une bicyclette et que mes cris auraient ameuté tout le voisinage.” (Georges Perec, W ou le souvenir d’enfance). Ela Bienenfeld, dite Lily, est morte hier soir. Je peux reprendre à mon compte les mots que m’envoie un pereco-notulien à l’annonce de cette triste nouvelle : “À force de l’avoir croisée dans les séminaires Perec des années 1990 et d’avoir entendu parler de cette cousine préférée, j’avais presque le sentiment de faire partie de la famille…”

MERCREDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Bernard Clavel, Les Fruits de l’hiver, Robert Laffont, 1999.

Vie professionnelle. Je passe l’après-midi au collège pour une formation concernant la réforme dudit collège, et principalement les EPI à mettre en place à la rentrée. Un jour, quand j’en aurai le courage, je demanderai à un collègue – que je choisirai parmi les moins moqueurs de la troupe – ce que signifient les initiales EPI. Pour l’instant, je ne vois qu’Endormissement Profond Instantané dû à un Ennui Particulièrement Intense.

JEUDI.

Vie météorologique. Un temps de cochon aujourd’hui. Au bout de mes deux kilomètres de marche, j’arrive au boulot trempé comme une soupe. Heureusement, l’expérience m’a appris à être prévoyant et je garde, au fond de mon armoire, de quoi me changer de pied en cap. Le soir venu, je quitte les lieux avec à la main un sac plastique dans lequel j’ai serré mes effets dégoulinants. Le sac fourni par le brave pédagogue au mouflet de maternelle qui a mouillé son bénard et que celui-ci essaie de dissimuler à l’heure de la sortie devant les parents assemblés.  Pour moi, le rouge de la honte en moins, toutefois.

VENDREDI.

Football. SA Spinalien – Vendée Luçon Football 2 – 2.

Lecture. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (To Kill a Mockingbird, Harper Lee, J.B. Lippincott & Co., 1960 pour l’édition originale, de Fallois, 2005 pour cette traduction de l’américain par Isabelle Stoïanov revue par Isabelle Hausser, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche, 2006; 450 p., 6,60 €).

To Kill a Mockingbird partage avec Wuthering Heights le privilège d’avoir connu plusieurs titres français au fil des différentes traductions : ce fut d’abord Quand meurt le rossignol, puis Alouette, je te plumerai avant d’arriver à cet oiseau moqueur plus conforme à la version originale. Et ne parlons pas du cinéma, qui en fit Du silence et des ombres… en 1962. Ce livre est devenu un classique de la littérature américaine, au renom rehaussé par le fait que son auteur resta muette après ce coup de maître réalisé en 1960. Car c’est un coup de maître, une vraie réussite que cette histoire d’enfance qui a pour cadre une petite bourgade de l’Alabama en 1935. Harper Lee réussit à donner la parole à une enfant de neuf ans, Scout, qui prend en charge le récit, sans tomber dans le piège de la mièvrerie. L’histoire commence par une succession d’anecdotes familiales : vie domestique, vie scolaire (hilarante scène de rentrée des classes), jeux et ris, peurs enfantines, c’est un peu les souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol (Mark Twain serait peut-être plus approprié mais je ne l’ai pas assez lu pour l’affirmer) transposés dans le Sud profond. Et puis, petit à petit, la réalité sociale de cette région devient de plus en plus présente et c’est Faulkner qui vient frapper à la porte : un Noir est accusé de viol, Scout assiste au procès dans lequel son père est avocat de la défense. Ce père, nommé Atticus, passe alors au premier plan et devient le porteur des valeurs de l’auteur : égalité, bonté, justice, tolérance, il endosse toutes les vertus de l’humanité sur ses épaules fatiguées et, une fois encore, Harper Lee s’en sort sans tomber dans le prêchi-prêcha. Une magnifique révélation finale vient conclure l’histoire et aviver les regrets du lecteur de n’avoir plus rien à lire d’Harper Lee. Jusqu’à ces derniers temps où est apparu un inédit, une sorte de “Vingt ans après” qui, selon Lucie qui m’a conseillé cette lecture, ne vaut pas le Mockingbird mais qu’on lira tout de même, histoire de ne pas quitter définitivement Scout et sa famille.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Enseignes diverses.

696  696 (2)

La Chartre-sur-le-Loir (Sarthe), photo de Bernard Bretonnière, 5 avril 2011 / Lyon (Rhône), photo de Bernard Gautheron, 14 octobre 2015

SAMEDI.

Films vus. Samba (Olivier Nakache & Eric Toledano, France, 2014)

David et Madame Hansen (Alexandre Astier, France, 2012)

La Clinique de l’amour ! (Artus de Penguern, France – Luxembourg – Belgique, 2012)

La Famille Bélier (Eric Lartigau, France, 2014)

Frou-Frou (Augusto Genina, France – Italie, 1955)

Big Game (Jalmari Helander, Finlande – R.-U. – Allemagne, 2014).

L’Invent’Hair perd ses poils.

l'hair unique, chalon-sur-saône, 696  l'hair unique, craponne, 696

Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), photo de Paul-Antoine M., 18 juillet 2010 / Craponne (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 28 mai 2012

Poil et plume. “Il est arrivé que, trop haut perché sur le côté d’un tracteur entrant trop vite dans la grange, un paysan heurte du crâne le linteau de basalte. Porté un peu plus bas, le coup aurait pu l’assommer ou le tuer. Un peu plus haut, la casquette seule aurait volé. Mais la pierre était passée au ras de la tête, le scalpant net. Ses cheveux ne tenaient plus au crâne mis à nu que par une bande de peau à l’arrière. Ils lui pendaient sur la nuque comme une capuche. Le sang roulait. Comme on lui faisait remarquer la nature exacte du problème, il se contenta de se recoiffer, d’un geste simple. Il fallut tout de même aller à l’hôpital, le panache ne suffit pas.” (Pierre Jourde, Pays perdu)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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