21 février 2016 – 698

LUNDI.

Bergounews (suite). Mon autorité fait merveille, j’ai beau être en vacances, on se croirait au boulot. J’ai dit hier que je ne voulais pas entendre parler de Bergounioux avant l’été, total, toute la notulie m’en parle : celui-là l’a vu, celui-là l’a lu, celle-là le lit, celui-là l’a ouï, celui-là l’a fui, etc. Ça crépite comme sur un forum dédié au dernier Marc Levy.

Vie des sportifs. “Un footballeur mis à pied pour avoir insulté son entraîneur et ses coéquipiers” (les journaux). Allons, ne jouons pas les dragons de vertu : qui n’a jamais médit plus ou moins vertement de sa hiérarchie ou de ses collègues ? Seulement, nous, petites gens, nous faisons ça en tête à tête, en petit comité, à l’abri, dans le cadre strict de la fraternité de comptoir ou dans le huis clos de nos masures. Le footballeur lui, fait ça sur un réseau social (il va bientôt saisir la saveur de l’épithète), au vu et su de tous, puis feint de s’étonner de l’écho donné à ses propos fleuris. Le footballeur est un être rafraîchissant.

Lecture. L’Antitête (Tristan Tzara, éd. des Cahiers libres, 1933, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

MERCREDI.

Lecture. Revue des Deux Mondes (juillet-août 2014; 176 p., 15 €).

Un gros dossier sur Gérard de Villiers, créateur de la série SAS, occupe la majeure partie de ce numéro. Le nombre de pages et la notoriété des contributeurs (Serge Brussolo, Hubert Védrine…) ne parviendront pas à réhabiliter le bonhomme et à faire oublier le sexisme rance de ses productions. Plus intéressant, un entretien avec Roger Grenier, pilier de la NRf, pour ceux du moins qui ont échappé à la continuelle récitation de ses souvenirs, régulièrement égrenés sur les ondes de Radio France.

Vie musicale. Concert de Boulevard des airs ce soir dans une salle locale. Un groupe de Tarbes avec une belle énergie, une bonne section de cuivres et un horizon musical un peu répétitif.

VENDREDI.

Lecture scolaire. Angelo, tyran de Padoue (Victor Hugo, 1835; Jean-Jacques Pauvert, Le Cercle du bibliophile, 1963).

Football. SA Spinalien – CA Bastia 1 – 1.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Monument aux morts emballé par Alain Mathieu et Florent Barbier, photo d’Alain Mathieu, Les Forges (Vosges), mai 2010.

698

SAMEDI.

Films vus.

Kingsman : Services secrets (Kingsman : The Secret Service, Matthew Vaugh, R.-U. – E.U., 2014)

Malec forgeron (The Blacksmith, Buster Keaton & Malcolm St. Clair, E.-U., 1922)

Femmes d’un été (Racconti d’estate, Gianni Franciolini, Italie – France, 1958)

Fatty cuisinier (The Cook, Roscoe ‘Fatty’ Arbuckle, E.-U., 1918)

Big Eyes (Tim Burton, E.-U. – Canada, 2014)

Le Garage de Fatty (The Garage, Roscoe ‘Fatty’ Arbuckle, E.-U., 1920)

L’Epouvantail (The Scarecrow, Edward F. Cline & Buster Keaton, E.-U., 1920)

Descente aux enfers (Francis Girod, France, 1984).

L’Invent’Hair perd ses poils.

coup'tif, concarneau, 698  coup'tif, jujurieux, 698 (2)

Concarneau (Finistère), photo de Francis Henné, 10 juillet 2010 / Jujurieux (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 4 avril 2011

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 17 août 2014. 76 km. (26567 km).

ménil-sur-belvitte, 698

310 habitants

   Nous sommes au pied des escaliers qui mènent à l’église, dans un petit enclos matérialisé par un muret surmonté d’une grille métallique peinte en noir à l’avant et une haie de thuyas à l’arrière. Le sol est semé de graviers, la stèle, parallélépipède à deux étages – celui du dessus orné d’une palme et d’une Croix de Guerre – séparés par une corniche, est en granit gris.

ménil-sur-belvitte monument

   Face :

Ménil sur Belvitte

A ses enfants

Morts pour la France 1914-1918

JACQUOT Paul 1915

JACQUOT Joseph

MONDAIN Jules

LEMIRE Auguste 1916

DIDIER Paul

CAILLOUX Louis

   En avancée, une plaque de marbre blanc inclinée porte les noms des morts de 1939-1945. La plupart ont été “victimes des mines allemandes”, ce que confirmera une visite du cimetière local.

Gauche :

SAGARD Joseph 1914

RELOT René

CHEVILLOT Auguste

FERRY Félix

MONDAIN Joseph

   Droite :

HENRY Paul 1917

GENAY Charles

CAILLOUX Henri

LECOMTE Georges

LEVÊQUE Lucien

CUNY Gaston

Victimes civiles 1914

CAILLOUX Charles COMTE Victor

MANGIN Constant

   A l’entrée de l’église, à gauche, se trouve une plaque intitulée “Nécrologe de guerre” qui s’ouvre sur ces mots :

Où sont’ ils nos enfants ?

Où sont’ ils !?… Ils sont morts

Pour que nous restions français

ménil-sur-belvitte église

   Le premier nom de la liste est un certain ANCEL Célestin qui n’apparaît pas sur le monument extérieur. DIDIER Paul, lui, est manquant. Et FERRY Félix est devenu Félicien. Les cinq derniers noms sont ceux des “Morts dans leurs Foyers”. Les trois victimes civiles citées à l’extérieur n’y figurent pas.

A l’extérieur du village, on trouve un cimetière militaire dominé par un monument de taille.

ménil-sur-belvitte cimetière militaire

Poil et plume. “A première vue, il s’agissait de l’agrandissement d’une photo d’identité. Un enfant d’environ sept ans, aux cheveux courts tels qu’on les coiffait au début des années cinquante, mais cela pouvait être aussi un enfant d’aujourd’hui. On vivait une époque où toutes les modes, celles d’avant-hier, d’hier et d’aujourd’hui se confondaient et l’on était peut-être revenu, pour les enfants, à cette coupe de cheveux d’autrefois. Il faudrait qu’il tire cela au clair et il avait hâte d’observer la coupe de cheveux des enfants, dans la rue.” (Patrick Modiano, Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s