8 mai 2016 – 709

MARDI.

En feuilletant Livres Hebdo. Dans la rubrique “Bande dessinées, Mangas” : “Takeshi Ohmi, Anus beauté. 1, Kurokawa, 2016; 176 p., 8,90 €. A 16 ans, Mitsuki Yakushiji serait parfaitement heureux si des hémorroïdes ne lui gâchaient pas l’existence. Il cache son problème mais Shiori Miura, une camarade de classe frappée du même mal que lui, le démasque. Elle connaît tout sur cette maladie et est bien décidée à aider Yakushiji à la combattre. Au fil des pages, l’auteur donne des conseils pour prévenir et soigner les hémorroïdes.”

Lecture. Nymphéas noirs (Michel Bussi, Presses de la Cité, 2011, rééd. Pocket, 2013; 502 p., 7,80 €).

Après un début de carrière confidentiel, Michel Bussi est devenu, avec ce titre et ceux qui l’ont suivi, un gros vendeur. Comme beaucoup de ses collègues qui occupent les sommets des palmarès, il ne se distingue pas par son style, use d’une écriture sans relief, ce qui est préférable à une recherche de style ratée. Cependant, il n’attire pas les sarcasmes à la manière des Musso, Levy, Pancol et consorts. Il semblerait d’ailleurs que les gros vendeurs de littérature policière à style plat, les Grangé, les Thilliez, soient plutôt ménagés par la critique comme si, au fond, le fait d’appartenir à un genre mineur les autorisait à des platitudes que l’on refuse aux autres. Après tout, c’est du polar, donc c’est normal, ce n’est pas grave. Le joli coup réussi par Michel Bussi avec ses Nymphéas repose sur deux atouts : la Normandie qu’il habite et son habileté à construire et mener une intrigue complexe reposant sur le mélange des points de vue et des époques. Le premier lui permet d’utiliser de façon remarquable un cadre original, le village de Giverny, devenu une sorte de musée impressionniste à ciel ouvert envahi par les touristes. L’évocation du culte de Monet et des dérives auquel il donne lieu constitue d’ailleurs le meilleur du livre. Car le deuxième atout, l’intrigue, débouche sur un final un peu décevant qui n’est pas tout à fait à la hauteur des espérances du lecteur, baladé tout de même sur plus de quatre cents pages. Une balade agréable, certes, mais ledit lecteur n’en aurait pas voulu à l’auteur si celui-ci lui avait fait prendre quelques raccourcis.

                          Phases (Tristan Tzara, éd. Pierre Seghers, 1949, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

MERCREDI.

Ephéméride.Di. 4.5.1986

   Ciel voilé, matin frais. Penché sur les épreuves jusqu’à midi.

Après déjeuner, tous les quatre en promenade jusque sur le versant opposé de la vallée. L’air est tiède. Le taillis, au-delà de Vaugondran, a été éclairci, le chemin défoncé par les engins de débardage. Il reste, sur le terrain, de belles billes de chêne et de frêne. Charmes et bouleaux ont été débités en rondins. Certains, d’un diamètre respectable, se prêteraient à la sculpture. Un brouillard vert de feuilles neuves enveloppe les bois. Le sol est bleu d’endymions. Le coucou chante. La chaleur énerve. Sur le plateau, le blé vert s’étend à perte de vue. Il est relevé, au loin, de haies fleuries. Toujours, sur ce rebord, sensation délicieuse d’être hors du monde. Nous redescendons en longeant l’interminable mur de meulière de la grande propriété à l’abandon. De légions de petits cerisiers en fleur parfument l’air qu’on respire.

Pas la force de reprendre la plume, au retour. Je passe sur la terrasse et attaque la grosse bûche d’if que m’a apportée Cl. La dureté de ce bois est une surprise toujours renouvelée. Armé de la scie canadienne, je dégage les volumes, une tête, un tronc. Il me faut ensuite délarder profondément pour trouver, sous l’aubier, le duramen luisant, orangé.

En soirée, je lis L’Afrique vivante, de Pierre Béarn, qui est poète, aussi, et cela se sent, agréablement.” (Pierre Bergounioux, Carnet de notes 1980-1990)

Lecture. Nouvelle du jeu d’échecs (Schachnovelle, Stefan Zweig, 1942, traduit de l’allemand par Bernard Lortholary, in “Romans, nouvelles et récits II”, Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade n° 588, 2013; 1574 p., 65 €).

JEUDI.

Sinéraire amphore. J’ai acheté ce matin Siné Mensuel. J’achète Charlie Hebdo par solidarité, je lis Siné Mensuel par plaisir. Le mois dernier, la chronique de Siné était manquante, pour cause de santé chancelante de son rédacteur. J’ai donc été rassuré de la retrouver dans ce numéro, c’était plutôt bon signe. Et puis j’apprends ce soir, par le canal notulien, que Siné vient de mourir. L’été dernier, lors d’une visite au cimetière Montmartre, j’avais cherché la tombe de Siné, sachant qu’il avait pris ses dispositions et fait ériger un monument aisément reconnaissable en prévision de sa fin. Chou blanc. En désespoir de cause, je m’étais adressé au conservateur qui n’avait pas voulu me renseigner : “On ne donne pas l’emplacement des tombes des personnes vivantes” (sic). J’avais alors entrepris un arpentage systématique qui fut finalement couronné de succès. J’avais mis ces photos en réserve, espérant les utiliser le plus tard possible.

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Paris (Seine), photos de l’auteur, 19 août 2015

VENDREDI.

Lecture. Le Voyage d’Octavio (Miguel Bonnefoy, Rivages, 2015; 128 p., 15 €).

Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2016.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Enseigne dumasienne à Mantes-la-Jolie (Yvelines), photo de Sylvie Mura, 30 août 2015.

709

SAMEDI.

Films vus. La Nuit des généraux (The Night of the Generals, Anatole Litvak, R.-U. – France, 1967)

Loin des hommes (David Oelhoffen, France, 2014)

La Faute à Fidel (Julie Gavras, Italie – France, 2006)

Les Recettes du bonheur (The Hundred-Foot Journey, Lasse Hallström, Inde – Emirats arabes unis – E.-U., 2014)

L’Inconnu de Las Vegas (Ocean’s Eleven, Lewis Milestone, E.-U., 1960)

Phoenix (Christian Petzold, Allemagne – Pologne, 2014)

Le Secret de la pyramide (Young Sherlock Holmes, Barry Levinson, E.-U., 1985).

L’Invent’Hair perd ses poils. Hommage à George Sand.

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Felletin (Creuse), photo de l’auteur, 31 juillet 2010 / Étival-Clairefontaine (Vosges), photo du même, 9 janvier 2011

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 14 septembre 2014. 148 km. (26954 km).

moncel-sur-vair, 709
218 habitants

   Pas de monument extérieur visible. Une des deux églises est ouverte. J’y trouve, sur le mur du fond, un cadre doré avec des dessins (drapeaux, croix, rameaux) et des inscriptions (parfois effacées) faits à la main. On y trouve les noms des morts originaires des deux villages réunis pour former la commune de Moncel-sur-Vair.

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Paroisses de Happoncourt et de Gouécourt

A la mémoire de ceux qui sont tombés au champ d’honneur

1914-1918

MAGRON Henri Célestin mort des suites de ses blessures à St-Julien (Belgique) le 21 octobre 1914

HENRY Camille Lucien mort des suites de ses blessures à l’hôpital de Dieuze 1914

VOGT Louis Joseph tué à l’ennemi à Burchoote (Belgique) le 17 janvier 1915

CLAUDOT Edmond Maurice tué à l’ennemi à ?

COLIN Émile Nicolas tué à l’ennemi à Carency (Pas-de-Calais) le 19 mai 1915

LOMONT Gabriel Raymond tué à l’ennemi à Neuville-St-Vaast (Pas-de-Calais) le 23 mai 1915

VOGT Étienne Auguste tué à l’ennemi au nord de ? le 28 juin 1915

VARNIER Louis Charles Émile tué à l’ennemi à Ablaincourt (Somme) le ?

AUBRIOT Harmand Georges Émile tué à l’ennemi à ?

GENIN Nestor Charles disparu au combat du plateau des Courières (Meuse) le 8 septembre 1917

              Poil et plume. “Ces petites gens de la campagne n’ont pas perdu toutes les habitudes paysannes; ils font encore deux ou trois métiers en même temps. Mais les buralistes de campagne ont très souvent une petite occupation en plus et je n’y avais absolument pas pensé jusqu’à ce que je voie le menton de Vaudrey. Neuf fois sur dix, on parle de “bureau de tabac”, mais il s’agit aussi d’une boutique de coiffeur et de barbier. Il s’était coupé la main et il ne pouvait pas se raser lui-même : alors il est venu ici.” (Gilbert Keith Chesterton, Le Secret du Père Brown)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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