26 juin 2016 – 714

DIMANCHE.

Lecture. De mémoire d’homme (Tristan Tzara, Bordas, 1950, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

MARDI.

Lecture. Amateur d’insolite et scribe de miracles : Jacques Bergier (1921-1978) (Marc Saccardi, Les éditions de l’Œil du Sphinx, coll. La Bibliothèque d’Abdul Alhazred, vol. 9, 2008; 204 p., 20 €).

Au début de ce mois, François Angelier consacrait son émission Mauvais genres (France Culture) au “réalisme fantastique”, un territoire presque totalement ignoré de mes services, si j’excepte mes lectures de deux numéros de La Gazette fortéenne. Ce n’est pas l’émission qui m’aura beaucoup éclairé, tout est resté assez vague, mais j’y ai reconnu quelques noms : Charles Fort, donc, Gurdjieff, Jacques Bergier et Louis Pauwels. De Bergier, je savais posséder une biographie, qu’il était temps d’ouvrir. Mais là aussi, peu de lumière : issue d’un travail universitaire, mal écrite, mal éditée, peu développée (70 pages de texte, 130 pages d’annexes), elle ne témoigne que de l’incroyable complexité du personnage. Jacques Bergier est né à Odessa en 1912, il est mort à Paris en 1978, voilà pour les certitudes. Pour ce qu’il y a entre ces deux dates, Bergier a si bien brouillé les pistes en multipliant les déclarations, les publications, les pseudonymes et les canulars qu’il est quasiment impossible de s’y retrouver. Bergier a été chimiste, espion, résistant, torturé, déporté, agent secret, capitaine, ingénieur,correspondant de Lovecraft (c’est lui qui le dit), capitaine, marié, personnage de Tintin (dans Vol 714 pour Sydney), éditeur, journaliste, écrivain… entre autres. De ces activités ressortent deux faits littéraires : l’écriture du Matin des magiciens en collaboration avec Pauwels et la création de la revue Planète. Pour le reste, c’est très touffu, comme le montre la lecture de sa bibliographie qui comporte des titres comme La Guerre secrète du pétrole, Les Extra-terrestres dans l’Histoire, La troisième guerre mondiale est commencée, La Guerre secrète de l’occulte et autres joyeusetés qui témoignent qu’en tout cas on ne devait pas s’ennuyer en sa compagnie.

MERCREDI.

Éphéméride. « 22 juin [1931].

Journée stupide de veille de départ. Travail haché. Préparatifs. Apéritif d’adieux avec le chef de gare, ce qui met le comble au sinistre… » (Michel Leiris, L’Afrique fantôme)

VENDREDI.

Vie brexitante. “Le Royaume-Uni quitte l’Europe” (les journaux). La question principale, désormais, est de savoir si je pourrai toujours faire le plein de baked beans Heinz en conserve, essentiels à mon équilibre alimentaire, dans les supermarchés creusois où j’ai coutume de m’approvisionner, ou si l’embargo menace.

Vie littéraire. Parution du Bulletin de l’Association Georges Perec n° 68, concocté par mes soins.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Notes remarquables, collection de l’auteur.

 

note palindrome, Epinal (Vosges), 6 décembre 2014 / note bègue, Le Faou (Finistère), 9 juillet 2014

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Le Talent de mes amis (Alex Lutz, France, 2015)

La Fille dangereuse (Bufere, Guido Brignone, Italie-France, 1953)

En équilibre (Denis Dercourt, France, 2015)

La Péniche de l’amour (Moontide, Archie Mayo, E.-U., 1942)

Journal d’une femme de chambre (Benoît Jacquot, France-Belgique, 2015).

L’Invent’Hair perd ses poils.

Glasgow (Écosse, R.-U.), photo de Benoît Howson, 7 août 2010 / Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 14 mars 2011

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 5 octobre 2014. 144 km. (27226 km).

101 habitants

   Pas de monument aux morts visible. Celui-ci, me dit un autochtone, se trouve dans l’église, fermée.

Poil et plume. “Parmi les nombreux artistes et les personnes exerçant des professions distinguées dans la marine, il n’en est pas qui soient tenues en plus haute estime que les barbiers, et aucun ne jouit d’un métier plus lucratif. Il est, en effet, facile d’imaginer que les cinq cents têtes chevelues et les cinq cents barbes d’une frégate ont de quoi fournir un certain travail à ceux aux soins attentifs desquels elles sont confiées.” (Herman Melville, Vareuse-Blanche)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

Publicités

19 juin 2016 – 713

MERCREDI.

Éphéméride. “8 juin.

* Alfred Jarry, seize ans et demi, compose le premier et seul acte de sa pièce Alcoolisés, opéra-chimique.

* Jacques Prevel arrive chez Artaud avec l’intention de le réconcilier avec Breton. Artaud prend le flacon de Prevel et se verse quelques gouttes de laudanum.

* Bashô gravit le Bassan. Il monte huit lieues dans la brume, la glace, la neige. Quand il arrive au sommet, le soleil s’est couché, et la lune luit. Il est trop tard pour redescendre. Bashô attend l’aube sur un lit de bambous nains.” (Michelle Grangaud, Calendrier des poètes : Année folle I)

JEUDI.

Lecture. Les Ombres de Katyn (A Man Without Breath, Philip Kerr, Quercus, Londres, 2013 pour l’édition originale, Le Masque, 2015 pour la traduction française, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche policier n° 34079, 2016, traduit de l’anglais par Philippe Bonnet; 672 p., 7,30 €).

On ne pensait pas s’ennuyer un jour au récit des aventures de Bernie Gunther, voilà qui est fait. La série de Philip Kerr occupe désormais une dizaine de volumes dans lesquels son héros endosse divers uniformes et diverses responsabilités au coeur de l’Allemagne nazie. Le voici envoyé en Russie par le Bureau des crimes de guerre, chargé d’enquêter sur la présence de fosses communes récemment découvertes dans la forêt de Katyn. Contrairement aux épisodes précédents qui présentaient des événements fictifs, on est ici face à un épisode connu de la Seconde Guerre mondiale, ce qui conduit Philip Kerr à intégrer à son roman un grand nombre de personnages historiques. Ce n’est pas cela qui est gênant, mais plutôt la matière du récit, constitué principalement de dialogues interminables et vaguement pimenté par une idylle convenue entre Gunther et une souris grise. Pire, ledit Gunther a même perdu tout son humour. Il faut dire qu’il y a de quoi, vu l’endroit où il se trouve. Cette faiblesse inattendue est peut-être la marque d’une certaine lassitude vis-à-vis du personnage et du cadre historique dans lequel il évolue. Et si un nouvel épisode est déjà sorti, on sait que Philip Kerr a entamé une nouvelle série centrée sur un entraîneur de football. Ça doit le reposer.

VENDREDI.

Lecture. Revue des Deux Mondes, septembre 2014 (192 p., 15 €).

Le 17 novembre 1912, Curnonsky écrivait à Paul-Jean Toulet : “J’ai acheté la Revue des deux Mondes ! Ça coûte trois francs le numéro mais c’est ennuyeux pour 150 fr[anc]s.” Les prix ont changé mais la proportion est restée la même, du moins pour ce qui concerne cette livraison.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Couvre-chef de chantier à Nantes (Loire-Inférieure), photo de Claudine Bourcier, 9 juin 2014.

SAMEDI.

Vie littéraire. J’avais le choix aujourd’hui entre trois manifestations littéraires : une journée Perec à la Sorbonne, un événement concernant Régis Messac à la Bilipo et les Journées littéraires du Bourbonnais à Jaligny-sur-Besbre. Les aléas auxquels la SNCF soumet ces temps-ci les voyageurs et la force du tropisme creusois dont je suis la proie – et qui concerne également les départements limitrophes – m’ont poussé à choisir, comme chaque année, une virée automobile dans l’Allier. Encore que, pendant un moment, j’ai bien cru que la menace pesant sur les ravitaillements en carburant m’obligerait à rester at home à ronger mon frein. Auquel cas j’aurais été fort marri de manquer un événement auquel je suis attaché depuis une bonne quinzaine d’années pour les raisons précitées, d’avoir lu pour rien les six romans sélectionnés pour le Prix René-Fallet remis ce jour à Jaligny, et de passer l’occasion, qui ne se reproduirait pas de si tôt, d’écouter les dix heures d’émission sur Lautréamont diffusées par France Culture en août 1996 et gravées sur gidouille numérique pour agrémenter mon long voyage. Mais ce matin, l’auto est remplie de gazole jusqu’à la gueule et le voyage se passe admirablement en compagnie de Maldoror. Le soleil est même de la partie, comme d’habitude, une fois la Loire franchie. Comme d’habitude aussi, je commence par un arpentage du bourg, histoire de compter les survivants. Un commerce, un de plus, a fermé ses portes : le libraire d’ancien a déménagé à Moulins, mais il est présent dans la salle qui abrite les festivités. J’ai vu à son catalogue le Métrobate de Maurice Pons que je rapporterais bien dans mes bagages mais il l’a vendu hier, me dit-il, par Internet. Nous parlons de Maurice Pons, je lui dis qu’il doit avoir quatre-vingt-dix ans passés, qu’il est toujours vivant, à Strasbourg. De retour at home, j’apprends en ouvrant Le Monde du jour que Maurice Pons vient de mourir, et pas à Strasbourg mais en Normandie, au Moulin d’Andé, un lieu qu’il avait fait découvrir à Georges Perec. Que l’on m’interdise de parler à quiconque des auteurs âgés que l’on affectionne : ma parole peut leur être fatale.

Films vus pendant la semaine. Terre battue (Stéphane Demoustier, France – Belgique, 2014)

La Mandarine (Édouard Molinaro, France – Italie, 1972)

Graziella (Mehdi Charef, France, 2015)

Pasteur (Sacha Guitry et Fernand Rivers, France, 1935)

Suite française (Saul Dibb, R.-U. – France – Canada – Belgique, 2014).

Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 3000 salons, atteint le 27 mars 2016.

Bilan géographique.              

Classement général par pays.

  1. France : 2595 (+ 80)
  2. Espagne : 128 (+ 5)
  3. Royaume-Uni : 49 (+ 2)
  4. Etats-Unis : 29 (=)
  5. Belgique : 23 (+ 1)
  6. Portugal : 20 (=)
  7. Italie : 18 (+ 3)
  8. Canada : 17 (=)

“. Suisse : 17 (=)

10. Maroc : 15 (+ 7)

Trois salons suffisent à l’Italie pour dépasser le Canada et la Suisse. Le Maroc chasse la République tchèque du top 10.

Classement général par régions (France).

  1. Rhône-Alpes : 519 (+ 19)
  2. Île-de-France : 368 (+ 16)
  3. Languedoc-Roussillon : 232 (+ 16)
  4. Lorraine : 205 (+ 5)
  5. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 183 (+ 4)
  6. Midi-Pyrénées : 169 (+ 1)
  7. Bourgogne : 109 (=)
  8. Pays de la Loire : 99 (+ 3)
  9. Bretagne : 98 (=)
  10. Centre : 82 (=)

Les Pays de la Loire ravissent la 8e place à la Bretagne, seul changement en tête. Plus loin, Champagne-Ardenne et Haute-Normandie gagnent 5 salons mais cela n’influe pas sur leur position (18e et 19e sur 27 régions classées).

Classement général par départements (France).

  1. Seine (Paris) : 291 (+ 14)
  2. Rhône : 272 (+ 15)
  3. Vosges : 132 (+ 5)
  4. Loire : 78 (=)
  5. Loire-Atlantique : 77 (+ 3)
  6. “. Pyrénées-Orientales : 77 (+ 2)
  7. Alpes-Maritimes : 70 (+ 3)
  8. Saône-et-Loire : 68 (=)
  9. Hérault 57 (+ 6)
  10. Meurthe-et-Moselle : 56 (=)

On s’agite derrière le trio de tête : la Loire-Atlantique rattrape les Pyrénées-Orientales, les Alpes-Maritimes dépassent la Saône-et-Loire et l’Hérault double la Meurthe-et-Moselle. Derrière, la Nouvelle-Calédonie continue sa progression avec 2 salons qui lui font gagner 12 places (61e).

Classement général par communes.

  1. Paris : 291 (+ 14)
  2. Lyon : 129 (+ 11)
  3. Barcelone : 53 (=)
  4. Nantes : 51 (+ 2)
  5. Epinal : 34 (+ 2)
  6. Nice : 33 (=)
  7. Nancy : 30 (=)
  8. Villeurbanne 24 (+ 3)
  9. Perpignan : 18 (+ 1)
  10. Roanne : 17 (=)

“.  Strasbourg : 17 (=)

Epinal passe devant Nice et Perpignan réussit à se décoller de Roanne et Strasbourg. Plus loin, Le Havre réussit la meilleure opération avec 5 salons qui font passer la ville de la 100e à la 24e place. Marrakech fait son entrée, avec 6 salons, directement à la 78e place – sur 1218 communes tout de même.

Bilan humain.

  1. Marc-Gabriel Malfant : 1167 (+ 33)
  2. Philippe Didion : 283 (+ 3)
  3. Pierre Cohen-Hadria : 212 (+ 2)
  4. François Golfier : 131 (+ 3)
  5. Jean-Christophe Soum-Fontez : 110 (=)
  6. Hervé Bertin : 82 (=)
  7. Benoît Howson : 65 (=)

“. Sylvie Mura : 65 (+ 8)

  1. Christophe Hubert 60 (+ 2)
  2. Bernard Cattin : 52 (+ 3)

Pas de nouveaux noms dans le top 10 mais deux places de gagnées pour Sylvie Mura. Jean-Damien Poncet s’annonce un concurrent redoutable avec 21 salons et un total de 27 qui le propulsent de la 42e  à la 16e place.

Etude de cas. Nous en étions restés à 6 dans notre précis d’arithmétique capillaire. Poursuivons.

Paris (Seine), passage du Prado, photo de Marc-Gabriel Malfant, 6 novembre 2013 / Lyon (Rhône), photo du même, 1er janvier 2014 / Figueres (Espagne), photo du même, 27 mars 2016

Mâcon (Saône-et-Loire), photo du même, 27 mars 2010 / Barbaira (Aude), photo du même, 22 août 2014

L’Invent’Hair perd ses poils.

Steventon (Angleterre, R.-U.), photo de Benoît Howson, 24 juillet 2010 / Dundee (Ecosse, R.-U.), photo du même, 5 août 2010

Poil et plume. “J’ai commencé à écrire une scène où une astronaute se brosse les cheveux le matin du départ.

C’est plus important qu’on ne pense, les cheveux.

J’ai lu, il y a quelques semaines, que c’est grâce à ses cheveux, très bien conservés, et longs d’une vingtaine de centimètres, qu’on avait pu raconter l’histoire des dernières années d’une jeune femme préhistorique découverte dans le petit village danois d’Egtved.

L’analyse chimique des cheveux, ai-je appris, permet, grâce à ce qu’on appelle des techniques de traçage, de révéler la mobilité d’un individu. Voici comment on procède : on divise le cheveu en plusieurs segments, et on dose pour chacun de ces segments le niveau de strontium, de carbone, de nitrogène, de protéines, etc., puis on examine les variations (ou la stabilité des constantes) d’un segment à l’autre. On compare le dosage de chaque segment avec ce qu’on sait de la géologie, en particulier, et, en gros, l’affaire est faite, on devient capable de vous donner l’emploi du temps du propriétaire des cheveux, de vous énumérer ses déplacements les plus récents. En l’occurrence, disait l’étonnant biographe, un voyage, depuis la Forêt-Noire vers le Danemark, où madame aurait passé neuf mois, puis un retour vers sa région natale (cette fois, pour un séjour de quatre à six mois), puis un retour au Danemark – madame circulait pas mal, mais il paraît que de tels voyages n’étaient pas rares à l’époque (je vous parle de ça, c’était l’âge du bronze).

Plus besoin même d’archives, pour écrire la vie de ceux qui nous ont précédés : il suffira désormais d’un cheveu, qu’on décryptera dans l’ordre, de l’extrémité jusqu’à la racine, comme le témoin tranquille d’une existence linéaire. Vos cheveux sont comme un journal de vos jours, que n’importe quel savant peut venir lire, se penchant sur vos voyages, détaillant vos menus, décrivant les paysages que vous avez traversés.” (Christine Montalbetti, “Les Astronautes”, (L’Humanité, jeudi 2 juillet 2015)

LUNDI.

Lecture. Djibouti (Pierre Deram, Buchet/Chastel, coll. Qui vive, 2015; 120 p., 11 €).

MARDI.

            Lecture. Parler seul (Tristan Tzara, éd. Maeght, 1948-1950, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

MERCREDI.

Éphéméride. “15 [juin 1901]. Rue d’Ulm. Ennuis d’argent; obligé de vendre quelques livres. Dîné avec M. de Marty et M. Poncet (du théâtre de Cluny) remarquables causeurs. Commencé à recopier Elsa.” (Valery Larbaud, Journal)

Lecture. Cousus ensemble (Pierre Bergounioux, Galilée, coll. Lignes fictives, 2016; 72 p., 14 €).

Vous achetez un livre de Bergounioux, vous vous dites que vous le lirez un peu plus tard et à peine avez vous le temps de vous retourner après l’avoir rangé dans la pile d’instance qu’il en a déjà sorti deux autres. Celui-ci part du constat établi par “un vizir droit sorti de l’imagination d’un écrivain des Lumières” selon lequel “les moments heureux qu’il a eux, cousus ensemble, feraient à peine une matinée.” Bergounioux sort sa boîte à ouvrage et entreprend de faire lui-même l’expérience : l’incorrigible optimisme du bonhomme fait qu’il arrive au bout de ses travaux d’aiguille avant d’avoir couvert cinquante pages. Les moments de bonheur de Bergounioux sont connus : ils concernent quelques personnes, quelques poissons, quelques cailloux, quelques insectes et quelques livres. Philippe Delerm aurait rempli là-dessus deux cents pages insipides, il l’a d’ailleurs sûrement fait. On est ici dans une dimension autre.

Extrait. “… on y trouve encore une épicerie, avec des bocaux de bonbons, des barriques, des tonnelets d’huile, La Dépêche du Midi sur un présentoir et une pompe à essence munie, au sommet, d’un récipient en verre où le carburant est d’abord chassé avant de se déverser dans le réservoir des voitures.”

Magnat-l’Étrange (Creuse), photo de l’auteur, 29 juillet 2009

JEUDI.

Vie ferroviaire. La grève s’étiole, je retrouve avec un immense plaisir ma place dans le dur. Après avoir grimpé à pinces les deux bornes qui séparent la gare d’arrivée du collège sous une pluie battante et dû me changer de pied en cap, le plaisir se trouve, à son tour, fort étiolé et je finis par me dire que l’automobile avait aussi de bons côtés.

VENDREDI.

Lecture. Adieu l’ami (Sébastien Japrisot, Denoël, 1968, rééd. in « Romans policiers », Gallimard, coll. Quarto, 2011; 1036 p., 25 €).

Il s’agit de la novélisation du film de Jean Herman (alias Jean Vautrin) sorti lui aussi en 1968 avec Alain Delon et Charles Bronson. Une histoire de hold-up en huis-clos qui tient la route en tant que roman : je l’ai d’ailleurs prise au départ, avec le choix de privilégier l’action et les dialogues au détriment de l’analyse psychologique, pour une tentative béhavioriste de Japrisot.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Avec des si…, Guillestre (Hautes-Alpes), photo de Vincent Garcia, 4 août 2015.

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Meurtre mystérieux à Manhattan (Manhattan Murder Mystery, Woody Allen, E.-U., 1993)

Un moment d’égarement (Jean-François Richet, France – Belgique, 2015)

Rive droite, rive gauche (Philippe Labro, France, 1984)

Les Gorilles (Tristan Aurouet, France, 2015)

Charlot grande coquette (The Masqueraders, Charles Chaplin, E.-U., 1914)

Charlot garde-malade (His New Profession, Charles Chaplin, E.-U., 1914)

Charlot et Fatty en bombe (The Rounders, Charles Chaplin, E.-U., 1914)

Charlot concierge (The New Janitor, Charles Chaplin, E.-U., 1914)

Charlot rival d’amour (Those Love Pangs, Charles Chaplin, E.-U., 1914).

L’Invent’Hair perd ses poils.

Glasgow (Écosse, R.-U.), photo de Benoît Howson, 26 juillet 2010 / Agde (Hérault), photo de Marc-Gabriel Malfant, 11 décembre 2015

Poil et plume. “Si un homme perd les cheveux de son crâne, c’est la calvitie du crâne, il est pur. Si c’est sur le devant de la tête qu’il perd ses cheveux, c’est une calvitie du front, il est pur. Mais s’il y a au crâne ou au front un mal blanc-rougeâtre, c’est qu’une lèpre prolifère sur le crâne ou le front de cet homme. Le prêtre l’examinera et, s’il constate au crâne ou au front une tumeur banc-rougeâtre, de même aspect que la lèpre de la peau, c’est que l’homme est lépreux; il est impur. Le prêtre devra le déclarer impur, il est atteint de lèpre à la tête.” (Ancien Testament, Lévitique, 13)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

5 juin 2016 – 712

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 19 juin 2016.

DIMANCHE.

Lecture. La petite barbare (Astrid Manfredi, Belfond, 2015; 160 p., 15 €).

Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2016.

LUNDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Vladimir Fédorovsky, Le Roman de l’âme slave : voyage en pays russe, Points, 2010.

MARDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Liane Moriarty, Le Secret du mari, Le Livre de poche, 2016.

MERCREDI.

Ephéméride. “1er juin 1856. Nous avons été prendre Gavarni pour dîner. Il nous a fait voir son jardin, remanié, rebâti, réaccidenté. Il a fait des appartements pour Baston, un terre-neuve noir de montagne, élevé des ponts, fait des ravins. Il nous a montré des cyprès de toute sorte et des houx de toute espèce.

Nous avons dîné au restaurant qu’il aime, la Poissonnerie anglaise. En route, il a déploré la mort de la Grisette, avec laquelle on s’amusait tant avec du cidre et des marrons ! “Mais les Lorettes !… C’est avec l’esprit de la Grisette que j’ai fait mes Lorettes !” (Edmond et Jules de Goncourt, Journal : Mémoires de la vie littéraire)

VENDREDI.

Lecture. Pas de lecture, justement. Les livres en cours n’avancent pas : j’ai dû, ces trois derniers jours, me déguiser en automobiliste pour cause de grève SNCF, d’où un temps de lecture amputé de quelques heures précieuses. Je n’aime pas ça. Je veux bien risquer ma vie et celle des autres au volant pour aller monumenter le dimanche ou pour partir en vacances, pas pour aller au boulot. L’automobile, l’informatique, la téléphonie mobile – à laquelle je n’exclus pas de m’adonner quand j’aurai quitté le monde professionnel et serai dès lors assuré d’être à l’abri dudit – sont des inventions trop précieuses pour qu’on les utilise à des fins triviales.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Présence de Marc-Edouard Nabe sur les murs de Paris (Seine), photos de l’auteur.

       

rue de Babylone, 3 avril 2007 / place de l’Odéon, 25 octobre 2014

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. Si elle dit oui… je ne dis pas non (Claude Vital, France, 1983)

Enfant 44 (Child 44, Daniel Espinosa, République tchèque – R.-U. – Roumanie – Russie – E.-U., 2015)

Les Nuits moscovites (Alexis Granowsky, France, 1934)

Les Nuits d’été (Mario Fanfani, France, 2014)

Une corde pour te pendre (Along the Great Divide, Raoul Walsh, E.-U., 1951).

L’Invent’Hair perd ses poils.

  

Croydon, Londres (Angleterre, R.-U.), photo de Benoît Howson, 23 juillet 2010 / Saint-Laurent-de-la-Salanque (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 21 mars 2011

Poil et plume. “Lorsque les bruits de sirène annonçaient la reprise du travail, le débit se vidait en quelques instants.

Il ne restait que les feignants, les rentiers, ou un vieillard impotent comme le père Deborger.

“On s’en va, mais on vous laisse le merlan et la merlande”, criaient les ouvriers en claquant la porte.

Les Ramillon, en effet, demeuraient accoudés au comptoir. Un drôle de ménage, Ramillon était garçon coiffeur, sa femme modiste.” (Eugène Dabit, Hôtel du Nord)

Bon dimanche,

Philippe DIDION