23 octobre 2016 – 726

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 6 novembre 2016. 

DIMANCHE.     

Courriel. Une demande de désabonnement aux notules.

MARDI.

Lecture. Le Roi des aulnes (Michel Tournier, Gallimard, 1970; 400 p., s.p.m.).                          N’en déplaise à Philippe Le Guillou qui fait de lui un portrait flatteur dans un récent numéro de la NRf, Michel Tournier n’était pas un homme particulièrement sympathique. Cela ne l’empêche pas d’avoir écrit, au-delà de son Vendredi ou la vie sauvage qui fut la fade tarte à la crème dont on gava les collégiens à la fin de siècle dernier, un roman particulièrement riche et ambitieux avec ce Roi des aulnes. Lors d’un première lecture en 1989, si j’en crois mes notes de l’époque,  j’avais été sensible à la théorie des signes développée par son héros, Abel Tiffauges, à sa propension à les traquer, à les provoquer et à les interpréter. Je remarque davantage aujourd’hui l’influence germanique dont Tournier est la proie : on retrouve dans son livre des traces de Goethe, qui projette son ombre partout et pas seulement sur le titre, mais aussi de Musil (celui des Désarrois de l’élève Törless dans le récit d’enfance au pensionnat), de Siegfried Lenz, de Süskind… Le Roi des aulnes annonce aussi Les Bienveillantes de Jonathan Littell par sa description du Mal absolu dans lequel un personnage cherche la pureté et finit par en devenir un des éléments. De même, en mêlant personnages fictifs et personnages réels, historiques (Göring par exemple dont Tiffauges devient l’employé), Tournier ouvre une voie dans laquelle se sont engouffrés nombre de romanciers contemporains avec plus ou moins de bonheur.

Curiosité. Un épisode du roman se déroule à quelques pas d’ici, autour de Thaon-les-Vosges, Girmont et Zincourt (Vosges), ce village devant être, le jour venu, le point d’arrivée de l’IPAD.

MERCREDI.

Éphéméride. “19 octobre [1945]

AL* a téléphoné au moment du dîner. Il a été très touchant en me faisant des compliments sur ma tenue d’hier soir. Il était rentré tôt à pied. En passant devant chez nous, il avait vu ma lampe allumée. Voilà le genre d’intimité que nous avons souvent au téléphone !” (Katherine Biddle, Journal)

* AL : Alexis Leger, dit Saint-John Perse

VENDREDI.

Vie littéraire. Je reprends le texte que je dois lire au prochain colloque des Invalides, auquel je n’avais pas touché depuis le séjour en Creuse. Comme on le sait, les communications aux Invalides sont limitées à cinq minutes. Alice chronomètre ma lecture. Verdict : 12’ 33’’. Il va falloir sabrer, et pas qu’un peu.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Aléas de la signalisation routière en Creuse, photos de l’auteur.

SAMEDI.

Football. SA Spinalien – Raon-l’Étape 2 – 1.

 

  

La Celle-sous-Gouzon, Loubier, La Celle-sous-Gouzon, Montalchier, 26 juillet – 4 août 2016

SAMEDI.

Football. SA Spinalien – Raon-l’Étape 2 – 1. 

Films vus. Do Not Disturb (Yvan Attal, France, 2012)

 L’Homme irrationnel (Irrational Man, Woody Allen, E.-U., 2015)

                               Le Mépris (Jean-Luc Godard, France – Italie, 1963)

                               Régression (Regression, Alejandro Amenabar, Espagne – Canada, 2015)

                               Headhunters (Hodejegerne, Morlen Tyldum, Norvège – Suède – Danemark – Allemagne, 2011)

                               Le Labyrinthe du silence (Im Labyrinth des Schweigens, Giulio Ricciarelli, Allemagne, 2014)

                               Un cœur pris au piège (The Lady Eve, Preston Sturges, E.-U., 1941).    

L’Invent’Hair perd ses poils. Hommage à Victorio Palmas, notulien.

Séville (Espagne), photo d’Hervé Bertin, 17 juillet 2010 

              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 11 novembre 2014. 76 km. (27620 km). 

Sur le mur, au fond d’une place nue qui sert de parking, une plaque récente a été fixée. Un drapeau tricolore fiché dans un bloc de pierre la surplombe et on a déposé ce matin une gerbe de chrysanthèmes. J’ai oublié de prendre le monument en photo.

55 habitants

Aux enfants de Montmotier

Morts pour la France

1914-1918

Léon LHUILLIER 21 août 1914

Georges MOUREY 16 septembre 1914

Émile CHARLOIS 24 septembre 1914

Constant FREY 5 mai 1915

1939-1945

Pierre HENNEMAND 16 juin 1940

              Poil et plume. “Mais, Arias, ce n’était pas une prouesse de couper les cheveux à Picasso”, cela je l’ai entendu tant et plus. “Il n’en avait presque pas.” Ce à quoi je répondais toujours : “ Vous vous trompez. C’est bien plus difficile de couper les cheveux à quelqu’un qui n‘en a presque pas parce qu’il faut d’abord trouver les rares qui lui restent.” (Monika Czernin & Melissa Müller, Le Coiffeur de Picasso)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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16 octobre 2016 – 725

DIMANCHE.
                   Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.
                   Vie cinématographique. On a appris hier la mort de Pierre Tchernia, qui n’aura survécu que quelques semaines à Claude-Jean Philippe, son presque contemporain. Les deux hommes ont toujours été associés dans ma vie et dans mon esprit car je leur dois les deux versants de mon intérêt pour le cinéma. Pour faire court, l’un m’a appris Orson Welles et la Nouvelle Vague, l’autre m’a appris Darry Cowl et les Branquignols. Avec Claude-Jean Philippe, ce fut un long compagnonnage, depuis les nocturnes à guetter son Ciné-club télévisé jusqu’aux séances de l’Arlequin le dimanche matin quand je pouvais m’y rendre. C’était l’apprentissage des grands noms, des grands films de l’âge classique. Le cinéma était un art assez récent et comme toutes les formes artistiques du XXe siècle (bande dessinée, jazz, rock, polar) on pouvait, en naissant dans les années 60, remonter le temps, refaire son retard et, tout en gardant un œil sur l’actualité, espérer en posséder la totalité – illusion, bien sûr. Tchernia, dans ses émissions, ses scénarios et ses films, présentait un cinéma plus actuel et plus populaire qui m’intéressait tout autant. C’est en fréquentant ces deux hommes que j’ai pris depuis des lustres l’habitude, en résistant à la mode des séries, de regarder un film par jour, du pire nanar au plus pur chef-d’œuvre, avec le même intérêt sinon le même plaisir et en remerciant tantôt l’un, tantôt l’autre.
 
MARDI.
            Lecture. La Pomme de discorde (Wax Apple, 1970 pour l’édition originale, Payot & Rivages, coll. Rivages/Noir n° 990, 2015 pour la présente édition, traduit de l’américain par Denise May, traduction revue et augmentée par Marc Boulet; 256 p., 7 €).
                          Les éditions Rivages ne s’en vantent pas mais c’est dans le panier de la Série Noire qu’elles sont allées cueillir cette Pomme de discorde, parue en 1970 sous le titre Alerte aux dingues et signée Tucker Coe, un des pseudonymes de Westlake. La traduction a été revue, ce qui n’empêche pas des laideurs comme “Vous y irez cet après-midi”, et doit être plus conforme à l’original – on sait la désinvolture de la Série Noire sur ce sujet. L’histoire est intéressante : un psychiatre invite un ancien policier, viré de son boulot, à enquêter dans sa clinique où se produisent des accidents en série. Se faisant passer pour un malade, l’ex-policier mène une enquête en vase clos qui vaut son pesant d’Agatha Christie mais présente l’originalité d’une situation inversée : au lieu d’avoir un pensionnaire qui se révèle enquêteur, c’est l’enquêteur qui se découvre malade et trouve de quoi soigner son malaise psychique tout en résolvant l’énigme pour laquelle il a été engagé. Dans le moindre de ses polars alimentaires, Westlake trouve toujours comme ici le moyen de s’élever au-dessus de la mêlée.
                         Poèmes roumains (Tristan Tzara, La Quinzaine littéraire, 1974, traduit du roumain par Serge Fauchereau, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €). 
 
MERCREDI.
                  Éphéméride. “12 octobre [1911]
Hier soir, j’ai travaillé chez Max à mon journal parisien. Dans la pénombre de la Rittergasse, Mlle R., que nous n’avions jamais vue que vêtue de sa blouse d’été et d’une mince veste bleue, vêtements finalement pires que la nudité pour une fille dont le physique n’est pas tout à fait sans défauts, me paraît grosse et chaude dans son costume d’automne. En été, on voyait plus que jamais son grand nez dans un visage exsangue dont on aurait pu longtemps presser les joues sans y faire apparaître de rougeur, le fort duvet blond amassé sur sa joue et sa lèvre supérieure, la poussière du train qui s’était logée dans les coins de son nez et le blanc maladif de sa peau dans l’échancrure de la blouse. Mais aujourd’hui, nous l’avons suivie pleins de respect, et, après avoir dû prendre congé d’elle à l’entrée d’un passage, devant la Ferdinandstrasse, parce que je n’étais pas rasé et que j’avais de toute façon un air minable, j’ai ressenti pour elle quelques petites poussées de penchant. Et quand je me suis demandé pourquoi, je n’ai trouvé à me donner que cette raison : elle était si chaudement vêtue !” (Franz Kafka, Journaux)
VENDREDI.
                  Football. SA Spinalien – Paris FC 0 – 0.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Enseigne modèle SMS à Lyon (Rhône), photo de Bernard Gautheron, 23 septembre 2015.
SAMEDI.
              Vie musicale. Concert de Kyle Eastwood à Saint-Dié-des-Vosges (Vosges). Le jazz est rare dans nos contrées. Le NJP (Nancy Jazz Pulsations) ne se préoccupe plus guère du J de son nom et quand on voit que Francis Marmande couvre (de louanges) le concert parisien de Renaud pour Le Monde, on se dit que les bonnes choses à se mettre dans l’oreille sont précieuses. Aussi ne fallait-il pas laisser passer l’occasion d’entendre le fils Eastwood, désormais plus fréquentable que le père. On le connaissait en big band, on le découvre en quintet de fort bonne tenue, musicien accompli, loin des “fils et filles de” désœuvrés qui s’adonnent à une activité artistique pour meubler leurs loisirs.
              Films vus. Le Goût de la cerise (Ta’ me guilass, Abbas Kiarostami, Iran – France, 1997)
                               Enragés (Éric Hannezo, France – Canada, 2015)
                               Le Renard s’évade à trois heures (Caccia alla volpe, Vittorio De Sica, Italie – R.-U., 1966)
                               Orage (Fabrice Camoin, France, 2015).                              
 
              L’Invent’Hair perd ses poils.
  
Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), photo de Philippe Mauger, 13 juillet 2010 / Jarnages (Creuse), photo de l’auteur, 26 juillet 2015
                Poil aux maths.
El Nou, 26 septembre 2014
 
Bon dimanche, 
 
Philippe DIDION

9 octobre 2016 – 724

 
LUNDI.
           Courrier. Je reçois mon premier chèque de droits d’auteur. J’en tairai le montant pour ne pas entacher de ridicule la légère fierté dont je me sens devenir la proie.
MARDI.
            Lecture. Histoires à vous faire dresse les cheveux sur la tête (Presses Pocket n° 2115, 1983, rééd. in « Alfred Hitchcock présente 100 nouvelles histoires extraordinaires », Collectif, Presses de la Cité, 1994; 1260 p., 145 F). 
                          Nouvelles.
MERCREDI.
                  Lecture. Quarante chansons et déchansons (Tristan Tzara, Fata Morgana, 1972, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).
                 Éphéméride. À Alfred Vallette
“Laval, 5 octobre [1907]
 
Monsieuye,
 
Nous partons huit jours plus tard que nous ne l’avions projeté, mais pensons nous mobiliser lundi. Tout va bien pour le retour : Thadée Natanson et Mirbeau nous ont fait parvenir un peu plus que nous n’avions jugé nécessaire, ce qui nous permettra d’attendre Fasquelle. Nous serions déjà en route si nous n’avions poissé un rhume remarquable avec quasi-aphonie, ce qui était d’ailleurs déjà notre coutume en notre enfance, à pareille époque dans ces mêmes tripodes lavallois. Enfin, nous n’en décéderons point encore cette fois, et même vous rapportons de cette ville de froid sec et venteux , des rillettes. Il y en a petitement, mais plus authentiquement mayennaises que celles de M. Pigier. Nous vous expédions tout en outre que ci-joint un Collière vierge, voire en carton postal et sur lequel nous lui aurions écrit à lui-même si nous nous étions souvenu de son adresse.
À bientôt, et bien cordialement. (Alfred Jarry, Correspondance) 
 
JEUDI.
          Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Pierre Benoit, La Châtelaine du Liban, Le Livre de poche, 1964.
          Lecture. Pierre Michon (Agnès Castiglione, INA/Culturesfrance/Textuel, 2009; 136 p., 19 €).
                        En 5 chapitres et 65 pages (les autres sont consacrées à des extraits, à des photos, à la bibliographie, il y a même un CD d’entretiens), Agnès Castiglione parvient à faire ce que d’autres, sur des distances beaucoup plus longues, n’ont pas réussi : un panorama juste et éclairant de l’œuvre de Pierre Michon. Sans afféteries et sans jargon, elle en extrait la moelle en utilisant les ingrédients qui, à mes yeux, forment l’écrivain de calibre supérieur : la géographie, l’enfance, le dialogue avec les morts. Ailleurs, point de salut, et ce n’est pas Bergounioux, qui déclarait dès 1994 écrire “pour les morts”, qui me contredira là-dessus.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Rubrique “y a pas que les coiffeurs”, Paris (Seine), rue du Dragon, photo de Martine Sonnet, 1er novembre 2015.
 SAMEDI.
              Films vus. Les Caprices d’un fleuve (Bernard Giraudeau, France, 1996)
                               Une enfance (Philippe Claudel, France, 2015)
                               Franc jeu (Gambling Lady, Archie Mayo, E.-U., 1934)
                               On voulait tout casser (Philippe Guillard, France, 2015)
                               Les Gorilles (Jean Girault France, 1964)
                               Floride (Philippe Le Guay, France, 2015).                              
 
              L’Invent’Hair perd ses poils.
  
Fécamp (Seine-Maritime), photo de Bernard Cattin, 6 mars 2010 / Pont-en-Royans (Isère), photo d’Hervé Bertin, 6 septembre 2014
                Poil et plume. Il trouva un emploi dans un salon de coiffure modeste mais propret où travaillaient, à part lui, deux jeunes employés inexpérimentés (…). Il avait appris à couper les cheveux à Berlin et pourtant, fait remarquable, il s’y prenait exactement de la même manière que les barbiers de Russie, forts enclins, comme l’on sait, à faire absolument cliqueter leurs ciseaux dans le vide, en pure perte; ils cliquettent frénétiquement, visent, puis coupent une mèche ou deux, puis font à nouveau vrombir les ciseaux dans l’air avec une extrême rapidité, comme s’ils étaient mus par leur propre élan. C’était précisément ce preste vrombissement qui lui valait le respect de ses collègues. De toute évidence, les ciseaux et les rasoirs sont des armes, et d’une certaine manière, l’âme guerrière d’Ivanov prenait plaisir à ce constant crissement métallique.” (Vladimir Nabokov, « Le Rasoir », in La Vénitienne et autres nouvelles).
 
Bon dimanche, 
 
Philippe DIDION

2 octobre 2016 – 723

DIMANCHE.

Courriel. Une demande de désabonnement aux notules.

MERCREDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Brandon Sanderson, La Voie des rois, Orbit, 2015.

Éphéméride. “28 [septembre 1914]

Au lieu de céder sans cesse à Marcel, j’ai pris parti de lui tenir tête, et m’en suis assez bien trouvé. Encore un peu et rien n’eût plus été possible entre nous que les calembours. Je ne pouvais plus rien dire qu’il ne mît en doute ou n’accueillît d’un “ah ! oui” indulgent et distant, comme celui qu’on aurait pour un enfant ou un fou. Mais vraiment j’étais à bout de patience et si j’ai regimbé ç’a d’abord été malgré moi. Aussi bien j’ai le plus grand soin de ne rien avancer sans preuves et témoignages sur lesquels pouvoir m’appuyer. C’est mettre mon esprit, trop volontiers flottant, à bon régime.

Il me semble du reste que Marcel me sache plutôt gré de me fâcher, et que cela le rebute moins que de ne pas sentir devant lui de résistance.” (André Gide, Journal)

Lecture. Les Disparus du phare (Coffin Road, Peter May, 2016 pour l’édition originale, Éditions du Rouergue, coll. Rouergue noir, 2016 pour la traduction française, traduit de l’anglais par Jean-René Lastugue; 320 p., 22,50 €).

La réussite de la trilogie écossaise de Peter May tenait principalement à son cadre exotique, une île presque déserte, et aux histoires immémoriales qui s’y déroulaient, des histoires de pêcheurs marquées par la mémoire des lieux et de leur passé. Si aujourd’hui l’auteur retourne sur l’île de Lewis, ce n’est que pour donner un point de départ à une intrigue plus marquée par l’actualité. Il y est question d’un complot de l’industrie agro-alimentaire destiné à  masquer la catastrophe écologique que constitue la disparition massive des abeilles. De ce point de départ, l’histoire se disperse ensuite entre Édimbourg, Glasgow et Londres et revient à Lewis pour le dénouement. Le résultat est bien sûr de moindre qualité que les romans de la trilogie mais les pages consacrées à Lewis et le métier de Peter May donnent au final un polar assez plaisant, qui ne décevra pas trop ceux qui savent que son auteur a été capable de mieux.

                                Juste présent (Tristan Tzara, La Rose des vents, 1961, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).

JEUDI.

  Lecture. Chemins de Michon (Jean-Pierre Richard, Verdier, coll. Verdier poche, 2008; 96 p., 7,71 €).

De ce recueil d’articles publiés dans diverses revues et plaquettes, on retiendra les considérations sur Vies minuscules et Rimbaud le fils qui apportent quelques éclairages intéressants sans être éblouissants. Le reste (sur Maîtres et serviteurs et Vie de Joseph Roulin) est plus indigeste et jargonnant et donne au final l’impression – déjà ressentie à la lecture des actes du colloque de Cerisy-la-Salle – que la lecture de Michon se suffit à elle-même et que la glose ne fait que l’appesantir.

VENDREDI.

Lecture. Garçonnes et Philosophes (Flappers and Philosophers, F. Scott Fitzgerald, Charles Scribner’s Sons, New York, 1920, traduit de l’américain par Marc Amfreville et Antoine Cazé in “Romans, nouvelles et récits I”, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 581, 2012; 1570 p., 70 €).

Nouvelles.

Citation : “A dix-huit ans, nos convictions sont des collines du haut desquelles nous regardons le monde; à quarante-cinq, des cavernes où nous nous cachons.”

Le cabinet de curiosités du notulographe. Siège bien nommé, aire d’autoroute non déterminée, photo d’Antoine Fetet, 4 mai 2015.

 

SAMEDI.

Films vus. La belle saison (Catherine Corsini, France – Belgique, 2015)

Un crime dans la tête (The Mandchurian Candidate, John Frankenheimer, E.-U., 1962)

Jurassic World (Colin Trevorrow, E.-U., 2015)

Michael Clayton (Tony Gilroy, E.-U., 2007)

Dheepan (Jacques Audiard, France, 2015)

Une étoile est née (A Star Is Born, George Cukor, E.-U., 1954)

While We’re Young (Noah Baumbach, E.-U., 2014).

L’Invent’Hair perd ses poils.

 

New Malden (Angleterre, R.-U.), photo de Cecilia Howson, 15 novembre 2009

              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 9 novembre 2014. 92 km. (27544 km).

 
936 habitants

   Le Poilu braillard d’Eugène Bénet, couleur caramel, est ici agrémenté d’un demi-gisant signé J. Déchin, 1919, un soldat jeune, tête nue, qui porte la main gauche à son cœur. La composition est située au-dessus d’une volée de marches, sur une esplanade semée de cailloux blancs et d’éléments métalliques plus consistants peints en gris : deux vasques, quatre ogives d’obus et deux petits canons. Une chaîne et une rambarde entourent le tout. N’oublions pas le mât surmonté d’un drapeau tricolore.

 

   Face :

Monthureux s/S.

A ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

20 noms de DUBOIS Léon à LECOT Lucien, dont 2 LAGUERRE

   Droite :

22 noms de FLAGEOLLET Auguste à MARTIN Paul

   Gauche :

20 noms de BALAT Maurice à DROUHIN Ferdinand

   Dos :

1939-1945

14 noms de BOTTINI André à VILMINOT Marcel

   L’église est ouverte et contient un souvenir patriotique, sous une effigie de Jeanne d’Arc.

 

              Poil et chanson.

 

Bon dimanche,

Philippe DIDION