9 octobre 2016 – 724

 
LUNDI.
           Courrier. Je reçois mon premier chèque de droits d’auteur. J’en tairai le montant pour ne pas entacher de ridicule la légère fierté dont je me sens devenir la proie.
MARDI.
            Lecture. Histoires à vous faire dresse les cheveux sur la tête (Presses Pocket n° 2115, 1983, rééd. in « Alfred Hitchcock présente 100 nouvelles histoires extraordinaires », Collectif, Presses de la Cité, 1994; 1260 p., 145 F). 
                          Nouvelles.
MERCREDI.
                  Lecture. Quarante chansons et déchansons (Tristan Tzara, Fata Morgana, 1972, rééd. in “Poésies complètes”, Flammarion, coll. Mille & une pages, 2011; 1760 p., 35 €).
                 Éphéméride. À Alfred Vallette
“Laval, 5 octobre [1907]
 
Monsieuye,
 
Nous partons huit jours plus tard que nous ne l’avions projeté, mais pensons nous mobiliser lundi. Tout va bien pour le retour : Thadée Natanson et Mirbeau nous ont fait parvenir un peu plus que nous n’avions jugé nécessaire, ce qui nous permettra d’attendre Fasquelle. Nous serions déjà en route si nous n’avions poissé un rhume remarquable avec quasi-aphonie, ce qui était d’ailleurs déjà notre coutume en notre enfance, à pareille époque dans ces mêmes tripodes lavallois. Enfin, nous n’en décéderons point encore cette fois, et même vous rapportons de cette ville de froid sec et venteux , des rillettes. Il y en a petitement, mais plus authentiquement mayennaises que celles de M. Pigier. Nous vous expédions tout en outre que ci-joint un Collière vierge, voire en carton postal et sur lequel nous lui aurions écrit à lui-même si nous nous étions souvenu de son adresse.
À bientôt, et bien cordialement. (Alfred Jarry, Correspondance) 
 
JEUDI.
          Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Pierre Benoit, La Châtelaine du Liban, Le Livre de poche, 1964.
          Lecture. Pierre Michon (Agnès Castiglione, INA/Culturesfrance/Textuel, 2009; 136 p., 19 €).
                        En 5 chapitres et 65 pages (les autres sont consacrées à des extraits, à des photos, à la bibliographie, il y a même un CD d’entretiens), Agnès Castiglione parvient à faire ce que d’autres, sur des distances beaucoup plus longues, n’ont pas réussi : un panorama juste et éclairant de l’œuvre de Pierre Michon. Sans afféteries et sans jargon, elle en extrait la moelle en utilisant les ingrédients qui, à mes yeux, forment l’écrivain de calibre supérieur : la géographie, l’enfance, le dialogue avec les morts. Ailleurs, point de salut, et ce n’est pas Bergounioux, qui déclarait dès 1994 écrire “pour les morts”, qui me contredira là-dessus.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Rubrique “y a pas que les coiffeurs”, Paris (Seine), rue du Dragon, photo de Martine Sonnet, 1er novembre 2015.
724
 SAMEDI.
              Films vus. Les Caprices d’un fleuve (Bernard Giraudeau, France, 1996)
                               Une enfance (Philippe Claudel, France, 2015)
                               Franc jeu (Gambling Lady, Archie Mayo, E.-U., 1934)
                               On voulait tout casser (Philippe Guillard, France, 2015)
                               Les Gorilles (Jean Girault France, 1964)
                               Floride (Philippe Le Guay, France, 2015).                              
 
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Fécamp (Seine-Maritime), photo de Bernard Cattin, 6 mars 2010 / Pont-en-Royans (Isère), photo d’Hervé Bertin, 6 septembre 2014
                Poil et plume. Il trouva un emploi dans un salon de coiffure modeste mais propret où travaillaient, à part lui, deux jeunes employés inexpérimentés (…). Il avait appris à couper les cheveux à Berlin et pourtant, fait remarquable, il s’y prenait exactement de la même manière que les barbiers de Russie, forts enclins, comme l’on sait, à faire absolument cliqueter leurs ciseaux dans le vide, en pure perte; ils cliquettent frénétiquement, visent, puis coupent une mèche ou deux, puis font à nouveau vrombir les ciseaux dans l’air avec une extrême rapidité, comme s’ils étaient mus par leur propre élan. C’était précisément ce preste vrombissement qui lui valait le respect de ses collègues. De toute évidence, les ciseaux et les rasoirs sont des armes, et d’une certaine manière, l’âme guerrière d’Ivanov prenait plaisir à ce constant crissement métallique.” (Vladimir Nabokov, « Le Rasoir », in La Vénitienne et autres nouvelles).
 
Bon dimanche, 
 
Philippe DIDION
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