22 octobre 2017 – 766

LUNDI.

           Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Javier Cercas, Soldados de Salamina, Debolsillo, 2016. 

           Lecture. La Madone des sleepings (Maurice Dekobra, Librairie Baudinière, 1925, rééd. Pocket n° 1255, 1997; 256 p., s.p.m.).
                         On s’attendait à devoir remuer la poussière en ouvrant ce classique de la littérature populaire, énorme succès des années 20, mais une agréable surprise est au rendez-vous. Le volet aventure, celui qui voit une riche héritière faire appel à son secrétaire, issu de l’aristocratie, pour éviter de voir disparaître sa fortune, est bien mené avec ce qu’il faut de péripéties et de rebondissements. Une partie du récit se déroule dans une U.R.S.S. naissante au sujet de laquelle Dekobra donne des pages pleines d’une lucidité qu’on chercherait en vain chez nombre de ses contemporains. Mais c’est par son écriture que l’auteur étonne le plus. Plutôt que d’éviter les clichés qui font l’ordinaire de ce genre de littérature, il les pousse au maximum, les gonfle à l’envi, les pervertit pour mieux les tourner en ridicule. Et c’est ainsi que l’héroïne offre “le stradivarius de [sa] sensibilité à l’archet de [ses] courtisans”, que le narrateur sourit machinalement “en calfatant de beurre les pores de [son] pain grillé” et y “cisèle des lunules” avant de passer à la salle de bains pour “badigeonner de mousse de savon l’hémisphère austral de [son] visage rugueux”. Ainsi, à tout moment, les épisodes dramatiques du récit se trouvent attaqués par des pointes d’humour bienvenu et l’heureux mélange qui en résulte explique aisément l’immense popularité de ce roman.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “18 octobre [1959]
Somptueux déjeuner chez Josette Day, avec les Chardonne, qui ne jurent plus que par elle. Salle à manger de château en plein Paris, maître d’hôtel aux cheveux de neige, plus digne qu’un ambassadeur, et des vins de toutes les couleurs, auxquels le maître résiste mal. En sortant de table, il me retient dans l’immense vestibule qui résonne comme une cathédrale, pour m’entretenir à haute voix des mérites de l’hôtesse. Cela tourne vite aux cocasses confidences sur “cette bergère épousée par un prince” – son mari, le richissime Solvay, que nous n’avons pas vu –, le tout hurlé devant elle, qui sourit.” (Mathieu Galey, Journal intégral 1953-1986)
JEUDI.
          Lecture. Snjór (Snjóblinda, Ragnar Jónasson, 2010 pour l’édition originale, La Martinière, 2016 pour la traduction française, rééd. Points Policiers P 4526, 2017, traduit de la version anglaise, d’après l’islandais, par Philippe Reilly; 360 p., 7,60 €).
                        Polar régionaliste islandais sans intérêt. On est loin d’Indridason.
VENDREDI.
                  Lecture. Du côté de chez Jacques-Émile Blanche (Collectif, Flammarion Skira, 2012; 146 p., 30 €).
                                Catalogue de l’exposition “Du côté de chez Jacques-Émile Blanche : Un salon à la Belle-Époque”, Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, Paris (Seine), 11 octobre 2012 – 27 janvier 2013.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Faits divers, Le Journal de la Haute-Marne, documents transmis par J.-F. Fournié.
  
Date inconnue / 19 août 2016
SAMEDI.
              Films vus pendant la semaine.
                                                               Chromosome 3 (The Brood, David Cronenberg, Canada, 1979)
                                                               Comancheria (Hell or High Water, David Mackenzie, É.-U., 2016)
                                                               Le plus sauvage d’entre tous (Hud, Martin Ritt, É.-U., 1963)
                                                               Le Tout Nouveau Testament (Jaco Van Dormael, Belgique – France – Luxembourg, 2015)
                                                               Deux grandes filles dans un pyjama (Jean Girault, France, 1974)
                                                               Dans les forêts de Sibérie (Safy Nebbou, France, 2016)
                                                               Last Chance for Love (Last Chance Harvey, Joel Hopkins, É.-U., 2008).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
Leurre à Barcelone (Catalogne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 7 janvier 2011
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 12 juillet 2015. 45 km. (29243 km).
766 (3)
43 habitants

   Pas de monument aux morts visible.

              Poil et pellicule.
Phantom of the Paradise (Brian De Palma, É.-U, 1974)
Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

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