29 octobre 2017 – 767

MARDI.
            Lecture. Les Histoires de Pat Hobby (The Pat Hobby Stories, F. Scott Fitzgerald, Charles Scribner’s Sons, New York, 1962 pour l’édition originale, in “Romans, nouvelles et récits” II, Gallimard, 2012, Bibliothèque de la Pléiade n° 582, traduit de l’américain par Agnès Derail-Imbert et Cécile Roudreau; 1780 p., 70 €).
                          Les dix-sept nouvelles qui constituent ce recueil ont été publiées dans Esquire entre janvier 1940 et mai 1941. Certaines l’ont été à titre posthume puisque Fitzgerald est mort en décembre 1940. On pouvait s’attendre à un Fitzgerald crépusculaire, sombre, mais c’est surtout l’urgence qui domine dans ces textes : ils sont courts, enlevés, pour répondre au besoin d’argent de l’auteur qui doit payer les soins de sa femme et les études de sa fille. Ils tournent tous autour de Pat Hobby, un scénariste qui connut son heure de gloire à Hollywood à l’heure du muet et qui peine à survivre dans ce qu’est devenue l’industrie cinématographique à l’aube de la Seconde Guerre mondiale. Hollywood, que Fitzgerald connaît bien, est un monde ingrat, peuplé de médiocres et d’arrivistes. Pat Hobby, le double de l’auteur, ne vaut pas mieux que les autres mais son cynisme lucide finit par le rendre sympathique. Il permet en tout cas à Fitzgerald de faire bouillir la marmite pour travailler sur son dernier roman, qu’il ne parviendra pas à terminer.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “25 octobre [1939]
Donc aujourd’hui, je suis entré dans le saint des saints, j’entends à l’hôtel Continental, dans l’empire de monsieur Giraudoux chargé d’entretenir le moral de la France et de propager au loin la vérité française. C’est un curieux bastion.
On y entre non par la rue de Rivoli mais par la rue Rouget-de-Lisle rendue à sens unique pour l’occasion. Si l’on vient en voiture, il faut s’arrêter à plus de cent mètres de l’entrée tant de véhicules officiels ou non stationnent aux alentours. Tout le monde a sa voiture là-dedans et ceux qui n’en ont pas de personnelle s’en sont fait distribuer de réquisitionnées. On les reconnaît, outre qu’elles sont plus belles, à ce qu’on a peint sur la carrosserie, de grands numéros blancs.
Dès l’entrée, on est arrêté devant une grande table, qui barre le chemin près de la place habituelle du portier. Ce n’est point un concierge qui trône là, reconnaissable aux deux clefs brodées en croix sur le revers de la veste, mais deux officiers et un nombre incroyable de soldats. C’est à croire qu’on ne sait pas quoi faire des militaires. Au-dessus de leur tête, une grande pancarte porte que tout visiteur doit d’abord justifier de son identité avant d’adresser la parole au lieutenant.” (Maurice Garçon, Journal 1939-1945)
JEUDI.
          J’ai tué Hemingway. Ces jours-ci doit venir à la librairie du coin un auteur qui me rappelle des souvenirs. Il y a quelques années, il avait écrit un livre d’inspiration autobiographique plutôt réussi que j’avais chroniqué dans la défunte Liberté de l’Est. Las, j’y avais, à ses yeux, montré trop peu d’enthousiasme et il m’avait pour cette raison agoni. J’étais tout simplement jaloux de son talent et cette jalousie m’avait conduit à vouloir étouffer le Hemingway qui sommeillait en lui. Bigre. Depuis, il a changé son stylo d’épaule et, comme il est prof, il fait des livres de prof sur son métier de prof : souvenirs, expériences, et, lie de l’encre, perles d’élèves. S’il doit encore un titre à son éditeur, il finira par recopier les menus de la cantine.
            Lecture. Retour à Tillary Street (The Black Curtain, William Irish, 1941 pour l’édition originale, Ditis, 1945 pour la première traduction française, rééd. Presses de la Cité, coll. Omnibus, vol. « Nuit noire », 1994, d’après la traduction de P. Desplanches; 948 p., 135 F).
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Le mot est juste.
767
Bouillargues (Gard), photo de Sylvie Mura, 2 mai 2016
SAMEDI.
              Football. SA Spinalien – Saint-Priest 3 – 2.
              Films vus pendant la semaine. The Nice Guys (Shane Black, É.-U., 2016)
                                                                L’Assaut (Pierre-Jean Ducis, France, 1936)
                                                                Victoria (Justine Triet, France, 2016)
                                                                L’Ami américain (Der Amerikanische Freund, Wim Wenders, R.F.A. – France, 1977)
                                                                Toril (Laurent Teyssier, France, 2016).                                                              
              L’Invent’Hair perd ses poils. Pour le concours de l’enseigne la plus courte.
767 (2)
Étival-Clairefontaine (Vosges), photo de l’auteur, 19 janvier 2011
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 19 juillet 2015. 104 km. (29347 km).
767 (3)
234 habitants

   Planté au sommet des marches qui mènent à l’église, le monument est dressé au milieu d’un carré entouré d’une chaîne métallique. Les quatre coins sont matérialisés par des obus coniques. Le parterre est semé de graviers. En bas-relief, un motif héraldique (les armes de la ville ?) et divers motifs végétaux. Une composition de plantes grillées a été mise à l’écart, peut-être par un coup de vent. Deux écussons RF sont fixés à la chaîne, côté face et côté gauche.

767 (1)

Hommage

des habitants de Norroy

Aux enfants de la commune

Morts pour la France

1914-1918

STIN Émile – 1922

RICHARD Paul – 1922

MOUCHET Léon – 1924

   Gauche :

MOUCHET Charles 1914

RICHARD Félix 1914

BECLIER Henri 1914

EVROT Louis 1915

   Plaque :

RICHARD Jean

Mort pour la France

juin 1940

   Dos :

POIRSON Henri 1914

MOUCHET Augustin 1915

THIEBAUT André 1916

GRANDMANGIN Émile 1917

   Plaque :

A mon époux

Adrien HATIER

   Droite :

GARILLON Abel 1915

HATIER Adrien 1915

MOUCHET Victor 1915

MAIRERICHARD Fernand 1915

              Poil et plume. “Le dix-septième jour, il se rend chez un coiffeur. Corto, se borne-t-il à demander. Pero non demasiado corto. Le coiffeur semble se contenter de ce peu. Il sourit. Ce n’est pas, au bout du compte, ce qu’il a voulu dire par corto mais il n’ose pas intervenir pendant la coupe.” (Christophe Fourvel, Le Mal que l’on se fait)
Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

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