12 novembre 2017 – 769

DIMANCHE.
                   Vie des livres. Plusieurs boîtes à livres ont fait leur apparition dans la ville cet été. Dont une dans le quartier, que je visite assez fréquemment. Cela a l’air de bien marcher, la rotation est satisfaisante et j’y trouve parfois des choses intéressantes. Mais je la nourris surtout, et plus souvent qu’à mon tour, par des dépôts quasi quotidiens. Ce matin, j’y abandonne un Steinbeck moyen (Travels with Charley) et y récolte le dernier tome du Journal de Charles Juliet.
MARDI.
            Vie littéraire. Actualité Michon abondante des jours-ci. L’homme se multiplie sur les écrans et les ondes pour accompagner la sortie de deux inédits et d’un Cahier de l’Herne à lui consacré. J’ai regardé sa prestation la semaine dernière à la télévision et je crois que je n’irai pas au-delà. Le discours que tient Pierre Michon de façon régulière depuis un moment m’est devenu pénible. Selon lui, Vies minuscules – puisqu’il faut bien toujours en revenir à cette ouverture magistrale – serait un livre mal lu, mal compris et les raisons pour lesquelles on le tient en haute estime ne seraient pas les bonnes. Quant à La Grande Beune, ce n’est rien d’autre qu’un livre de commande, etc. Bref, Michon semble considérer qu’il n’a pas les lecteurs qu’il mérite. Cela me gêne, me vexe un peu même puisque la lecture qu’il juge erronée est celle que j’ai faite. J’ai publié à ce sujet deux ou trois petits trucs mais dès que j’ai essayé de les développer et de les proposer ailleurs, cela n’a rien donné. Je me trompe donc et m’en trouve marri d’autant que, si j’entretiens de bonnes relations avec Agnès Castiglione, spécialiste de l’auteur, ceux et celles qui gravitent autour de lui – Lafon, Riboulet, Désérable… – m’agacent un peu et ne me semblent pas moins fautifs que moi. Mais si la posture de magot chinois de Michon me gêne, je m’incline respectueusement devant son œuvre et demanderai à chroniquer les publications de l’Herne, ne serait-ce que pour montrer que je sais être têtu.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “8 novembre [1858]
Lu dans le Dictionnaire des contemporains : “Goncourt, Edmond et Jules Huot, dits de “ etc. Cette contestation de notre particule, si enviée, il paraît, devait nous venir. Nous l’attendions par un duel; nous sommes très contents d’en finir par un procès en diffamation, que nous allons faire aux nommés Hachette et Vapereau.” (Edmond et Jules de Goncourt, Journal : Mémoires de la vie littéraire)
                  Lecture. Stahr (F. Scott Fitzgerald, in “Romans, nouvelles et récits” II, Gallimard, 2012, Bibliothèque de la Pléiade n° 582, traduit de l’américain par Philippe Jaworski; 1780 p., 70 €).
                                Fitzgerald a laissé au moment de sa mort un roman inachevé, ou plutôt un roman en chantier, dont les feuillets ont d’abord été ordonnés et publiés par Edmund Wilson sous le titre The Last Tycoon (Le Dernier Nabab) en 1941. En 1993, Matthew J. Bruccoli en procura une version différente intitulée The Love of the Last Tycoon. A Western. Pour la Pléiade, Philippe Jaworski a pris l’initiative de livrer sa propre version, Stahr, d’après le nom du personnage principal, producteur à Hollywood. On pourrait multiplier les versions et les titres à l’infini car les projets de Fitzgerald concernant la forme de son roman n’étaient pas arrêtés au moment où il dut l’abandonner. Seuls les spécialistes sauront si le travail de Jaworski est meilleur que celui de ses prédécesseurs. Ce qui dominera chez le lecteur moyen sera le regret d’être à jamais privé du texte fini, tant ces bribes, tout de même agencées de façon à donner une histoire suivie et presque complète, laissent présager un roman de la force de Gatsby. En 1939-40, l’inspiration et le talent de Fitzgerald n’étaient pas taris, comme le prouvaient d’ailleurs les Histoires de Pat Hobby dont la rédaction était contemporaine de Stahr.
VENDREDI.
                  Lecture. Le Petit Bleu de la côte ouest (Jean-Patrick Manchette, Gallimard, coll. Série Noire n° 1714, 1976, rééd. in Jean-Patrick Manchette « Romans noirs », Gallimard, coll. Quarto, 2005; 1344 p., 29,50 €).
                        Relecture.
                        Extrait. “L’homme avait subi une trachéotomie et diverses opérations. Il demeurait invalide et ses cordes vocales étaient détruites. Des moyens existaient de lui rééduquer scientifiquement la voix, mais Hodeng n’était pas en mesure de se les payer. Toutefois, en s’aidant des instructions contenues dans un livre américain, il commença de pouvoir à nouveau produire des sons organisés, grâce à de complexes contractions du diaphragme et de la trachée. Le résultat, rauque, flûté et pneumatique, rappelait à la fois François Mauriac et Roland Kirk.”
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Fête des voisins.

769  769 (2)

Blainville-sur-l’Eau (Meurthe-et-Moselle), photo de Francis Henné, 1er mai 2014 / Épinal (Vosges), photo de l’auteur, 19 octobre 2015
SAMEDI.
              Football. SA Spinalien – CS Moulien 6 – 2.
              Vie des livres. Lucie rentre, heureuse d’avoir déniché un Steinbeck dans la boîte à livres. C’est celui que j’ai déposé dimanche. Il y a comme un défaut de communication au sein de cette famille.
              Films vus pendant la semaine. Genius (Michael Grandange, R.-U. – É.-U., 2016)
                                                                Marinella (Pierre Caron, France, 1936)
                                                                Tour de France (Rachid Djaidani, France, 2016)
                                                                1984 (Nineteen Eighty-Four, Michael Radford, R.-U., 1984)
                                                                Ma vie de chat (Nine Lives, Barry Sonnenfeld, France – Chine –Canada, 2016)
                                                                Après la guerre (Jean-Loup Hubert, France, 1989).                                                                                                           
              L’Invent’Hair perd ses poils.
769 (3)  769 (4)
Plouescat (Finistère), photo de François Golfier, 19 janvier 2011 / Laroque-des-Albères (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 28 mars 2011
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 6 septembre 2015. 90 km. (29509 km).
769 (5)
282 habitants

   L’obélisque ordinaire est entouré d’une grille haute peinte en rouge brique. Beaucoup de couleurs dans le parterre de fleurs situé en avancée.

769 (1)

DIDELOT René 1914     BASTIEN Émile 1915

SECRET Paul 1914     MULOT Eugène 1915

BRAUX Jules 1914     BEURDOUCHE Jean 1915

BOUTON Camille 1914     POINCELOT Louis 1915

BLONDIN Henri 1914     BOTT Pierre 1915

MOUGENOT Émile 1914     RAMBAUT Théodore 1916

SCHNEBERGER Louis 1914     SPEDER Jean 1917

EURY Henri 1914     BOUTON Lucien 1918

GUILLEREY Paul 1915     MENNEGAND Louis 1926

DAUTREY Lucien 1944

CANARD René 1944

MULOT Abel 1945

MATHIEU Henri 1946

              Poil et plume. Entièrement éployée, sa chevelure, blonde et superbe, tendait à s’élever au-dessus d’elle, sans toutefois atteindre la surface. Au moindre mouvement, chaque cheveu, entouré d’une sorte de mince fourreau aqueux, vibrait sous le frottement des nappes fluides, et la corde ainsi formée engendrait, selon sa longueur, un son plus ou moins haut. Ce phénomène expliquait la séduisante musique entendue aux approches du diamant. ” (Raymond Roussel, Locus Solus)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

 

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