3 décembre 2017 – 772

MARDI.
             Lecture. Feu sur le juge ! (The Third Bullett, John Dickson Carr, Hodder & Sloughton, Londres, 1937 pour l’édition originale, Le Sillage, 1952 pour la traduction française, traduit de l’anglais par Maurice-Bernard Endrèbe, rééd. in « Mystères à huis clos », Omnibus, 2007; 1148 p., 27 €).
                           Ce volume a beau recueillir la fine fleur des spécialistes des histoires de chambre close – et John Dickson en est un fameux – je n’y ai pas encore trouvé une histoire qui arrive à la cheville du Mystère de la chambre jaune. Il est vrai que le roman de Gaston Leroux valait par bien d’autres éléments que celui du huis-clos alors que John Dickson Carr et ses semblables cherchent à rivaliser d’inventivité dans ce seul domaine. Feu sur le juge ! présente une construction certes ingénieuse mais au détriment d’autres aspects littéraires (richesse des personnages, du décor, de la langue) dont l’absence laisse le livre au niveau d’un bel exercice gymnique.
MERCREDI.
                 Éphéméride. “Mardi 29 novembre 1898
[…] Les journaux donnent le compte rendu de la séance d’hier à la Chambre. Le Ministre a triomphé des interpellations qu’on lui adressait, lui signifiant d’avoir à inviter le conseil de guerre à ne se réunir pour juger Picquart qu’après la clôture de l’enquête faite par la Cour de Cassation sur la demande en révision du procès Dreyfus. La séance a été sensationnelle. Un ancien ministre R[aymond] Poincaré, ministre au moment du procès Dreyfus [en] 1894, a, en pleine Chambre, dénoncé la façon d’agir du pouvoir militaire à cette époque, qui ne daigna prévenir le pouvoir civil de l’arrestation du Capitaine que quinze jours après ladite arrestation. Où allons-nous ?” (Jehan-Rictus, Journal quotidien 21 septembre 1898 – 26 avril 1899)
JEUDI.
Obituaire. Le Monde du jour annonce le “décès brutal” de Tristan Bastit. L’avis signale qu’il était artiste peintre. Ajoutons, une ligne ici est moins chère que dans le Carnet du quotidien, qu’il était aussi notulien, et ce depuis des lustres. Envoyons nos pensées à ses proches et remarquons, ce départ faisant suite à ceux de Michel Arrivé et de Philippe Rahmy, que l’année 2017 aura été cruelle pour la notulie. Portez-vous bien.
VENDREDI.
                  Vie automobile. Retour au bercail du véhicule familial après sept ou huit semaines d’immobilisation (grosse panne de moteur, facture élyséenne) qui ne sont pas pour rien dans le galbe avantageux récemment acquis par nos mollets (“La fesse ferme, le mollet rond – de Ravel”, chantait Ramon Pipin). Nous allons enfin pouvoir reprendre nos valses autour des monuments aux morts.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Balance ton porc – et ses dérivés – au magasin Simply Market de Golbey (Vosges), photo d’Alice Didion, 20 octobre 2015.

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                  Lecture. Augustus Carp esq. par lui-même ou l’autobiographie d’un authentique honnête homme (Augustus Carp , Esq., by Himself: Being the Autobiography of a Really Good Man, Henry Howarth Bashford, 1924 pour l’édition originale, Phébus, 2003 pour la traduction française, traduit de l’anglais par Éric Wessberge, rééd. L’Arbre vengeur, coll. Exhumérante, 2016; 288 p., 18 €).

SAMEDI.
               Films vus pendant la semaine. Polina, danser sa vie (Valérie Müller, Angelin Preljocaj, France, 2016)
                                                                 Le Voleur de Bagdad (The Thief of Bagdad, Ludwig Berger, Michael Powell, Tim Whelan, R.-U., 1940)
                                                                 Bridget Jones Baby (Bridget Jones’s Baby, Sharon Maguire, Irlande – R.-U. – France – É.-U., 2016)
                                                                 Anton Tchékhov 1890 (René Féret, France, 2015)
                                                                 Paterson (Jim Jarmusch, É.-U. – France – Allemagne, 2016)
                                                                 Le Banni (The Outlaw, Howard Hughes, É.-U., 1943).
               L’Invent’Hair perd ses poils.
hairmonia, barcelone, 772  hairmony, buenos aires, 772
Barcelone (Catalogne), photo de Marc-Gabriel Malfant, 27 janvier 2011 / Buenos Aires (Argentine), photo de Danielle Constantin, 19 mars 2012
               Poil et plume. Le coiffeur pinça la poire de son flacon de poudre et saupoudra de blanc le menton de M. Harry Fabian. Lorsque, avec un petit déclic, sa chaise reprit la position verticale, le client se mira complaisamment dans les glaces de face et d’arrière. S’il y avait au monde une image qu’Harry Fabian préférât à la réflexion de son visage, c’est bien celle de sa nuque. Aussi exhala-t-il un “Ah” de parfaite béatitude.” (Gerald Kersh, Les Forbans de la nuit)
Bon dimanche,
Philippe DIDION
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