17 décembre 2017 – 774

DIMANCHE.
                   Football. SA Spinalien – Le Blanc-Mesnil 2 – 1.
MERCREDI.
                 Éphéméride. “13 décembre [2004]
Nous sommes ancrés dans notre quotidien, dans des vies étriquées, sans grandeur, souvent assombries par la pensée de la mort, et pour échapper à l’ennui, au découragement, nous désirons nous projeter dans un espace sans limites, un espace où nous serions délivrés du temps et de notre condition. Parfois, nous accédons à l’intemporel, de rares moments de suave plénitude nous sont donnés, mais ils ne durent pas, et c’est alors la douloureuse retombée dans un quotidien où nous ne trouvons pas ce que nous attendons de la vie.” (Charles Juliet, Gratitude : Journal IX 2004-2008)
JEUDI.
          Vie commerciale. “Le gouvernement se réunit à Cahors pour parler de la désertification des centres urbains” (les radios). Samedi déjà, Le Monde publiait une enquête sur le sujet, notant que le pays atteignait désormais le taux de 11,3 % de vacance commerciale avec des sommets au-dessus de 25 % pour des villes comme Calais, Béziers, Châtellerault, Vierzon et Guéret. Des villes moyennes, comme la nôtre, qui perd peu à peu tous les atouts qui pouvaient motiver une installation en centre-ville. Le phénomène semble irréversible : je connais Guéret, je sais à quoi ressemblera Épinal dans quelque temps et je me dis que plus tard, ma foi, désert pour désert, la Creuse…  Ici, la ville s’éteint doucement, le cœur rongé par des zones commerciales où je n’ai jamais mis les pieds. Ses notables qui jouent les importants ne semblent pas se rendre compte qu’ils ne sont plus que des généraux d’une armée morte. Elle ne se réveille déjà plus que pour des manifestations ponctuelles propres à faire revenir pour quelques heures ceux qui sont partis s’empavillonner ailleurs, histoire de goûter au solennel emmerdement de la ruralité. La disparition des commerces de centre-ville est regrettable mais ne doit pas donner lieu à une nostalgie aveugle. Surtout quand on est assez vieux pour avoir connu l’épicier copie conforme du Poissonnard de Dutourd, le boucher qui mouille le jambon, la libraire qui fait la gueule quand le lycéen vient commander le petit classique Larousse prescrit par son prof, la boulangère qui ignore le gamin qui attend depuis un quart d’heure pour s’empresser de servir Maître Tartempion, bâtonnier du barreau de la ville, en un mot l’honneur de Pédonzigue. Ceux-là, il n’y a pas lieu de les regretter.
          Vie ferroviaire. Vendredi dernier, une contrôleuse s’est fait agresser sur une ligne de Moselle et ses collègues ont fait valoir leur droit de retrait. Depuis, plus de trains ou presque sur les lignes de la région Lorraine, j’ai eu de la chance mardi où j’ai pu rentrer par le 21 heures 03. Ce matin, on espérait un retour à la normale mais la nuit a été venteuse, des arbres sont tombés sur la voie, c’est coupé. Si jamais un contrôleur a pris une branche sur le coin de la casquette, on en a pour six mois.
VENDREDI.
                Le cabinet de curiosités du notulographe. Dégâts collatéraux de l’invasion touristique à Palma de Majorque (Espagne), photo de Francis Pierre, 11 avril 2016.

774

SAMEDI.
              Films vus pendant la semaine. La Danseuse (Stéphanie Di Giusto, France – Belgique – République tchèque, 2016)
                                                                Les Mystères de Paris (André Hunebelle, France – Italie, 1962)
                                                                Une vie (Stéphane Brizé, France – Belgique, 2016)
                                                                20 ans d’écart (David Moreau, France, 2013)
                                                                La File de Brest (Emmanuelle Bercot, France, 2016).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
774 (2)  774 (3)
Prades (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 17 février 2011 / Lyon (Rhône), photo du même, 19 décembre 2012
               Poil et pellicule.
774 (4)
In girum imus et consumimur igni (Guy Debord, France, 1978)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

 

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