4 mars 2018 – 784

MARDI.

            Lecture. La Course du lièvre à travers les champs (Sébastien Japrisot, Denoël, 1972, rééd. in « Romans policiers », Gallimard, coll. Quarto, 2011; 1036 p., 25 €).  
                          C’est encore un dialogue de film (tourné par René Clément) mais contrairement aux deux autres textes de ce genre figurant dans le volume (Adieu l’ami et Le Passager de la pluie), il ne se suffit pas à lui-même : l’histoire, traitée en montage parallèle, ne peut être saisie qu’au moyen des images. Mais il est intéressant de constater combien l’écriture de Japrisot, ainsi réduite au strict nécessaire, ressemble à celle de Manchette.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “28 février [1898]
Le moineau piquant graines et insectes : on ne vit pas seulement de pain.
Vive l’armée ! Avec ça, que les officiers la connaissent ! S’ils entendaient deux ou trois dialogues de chambrée, ils frissonneraient.
Nous, nous sommes à peu près garés. Je plains les jeunes qui viennent.
Je déteste l’émotion : c’est trop long, beaucoup plus long que la joie et le rire.
La cascade de son rire sous les vannes de ses dents.” (Jules Renard, Journal)
                  Lecture. Histoires littéraires n° 65 (Du Lérot éditeur, janvier-février-mars 2016; 176 p., 25 €).
                                Dossier Baudelaire II.
VENDREDI.
                 Vie sanitaire. Première séance d’ostéopathie. L’homme de l’art est un ancien élève. Encore un. Comme dit Bergounioux, ils sont partout. Celui-ci me vend une auto, celui-là un ordinateur, celle-ci me coupe les cheveux, celle-là s’occupe de nos contrats d’assurance… Il y en a un qui parfois pilote le train qui me mène au boulot et il s’en trouvera bien un pour me conduire en terre. En attendant, seul l’ostéopathe peut faire rigoler les autres en racontant qu’il a mis son prof en slip.
                  Lecture. Vivre à Madère (Jacques Chardonne, Grasset, 1953, rééd. coll. Les Cahiers Rouges, 2004; 176 p., 7,70 €).
                 Le cabinet de curiosités du notulographe. Transports littéraires.
784 (1)-min  784 (2)-min
Autoroute A7, 11 décembre 2014 / Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), été 2015, photos de Marc-Gabriel Malfant
SAMEDI.
             Films vus pendant la semaine. Meurtre d’un bookmaker chinois (The Killing of a Chinese Bookmaker, John Cassavetes, É.-U., 1976)
                                                               Nocturama (Bertrand Bonello, France – Allemagne – Belgique, 2016)
                                                               Pyromaniac (Pyromanen, Erik Skjoldbærg, Norvège, 2016)
                                                               L’Odyssée (Jérôme Salle, France – Belgique, 2016)
                                                               Paradis perdu (Abel Gance, France, 1940)
                                                               L’Histoire de l’amour (The History of Love, Radu Mihaileanu, France – Belgique – Canada – Roumanie, 2016).
             L’Invent’Hair perd ses poils.
784-min   784 (3)-min
Dagneux (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 14 mars 2011 / Saint-Pierre-d’Entremont (Orne), photo de Pierre Cohen-Hadria, 11 août 2014
             IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 21 décembre 2015. 164 km. (30274 km).
784 (5)-min
189 habitants

   C’est un monument ouvragé avec buste de Poilu, posé face à l’église sur une esplanade qu’on imagine volontiers convertie en terrain de pétanque au retour des beaux jours. Il est signé WALSER – LIFFOL, où l’on semble apprécier les traits d’union.

784 (4)-min

La commune de Pargny

A ses héros

Morts pour-la France

1914-1918

MOREL-Auguste

1893-1914

FLOQUET Eugène

1884-1915

DINE-Louis

1881-1915

SIMONET Auguste

1892-1916

HAFF-Lucien

1895-1916

HUSSON-Louis

1895-1916

MILLOT Pierre

1883-1917

MANGIN André

1898-1918

MARCHAL Marcel

1895-1918

              Poil et plume. « Cette nuit-là, les Boches bombardèrent Bus pour la première fois depuis le début de la guerre et le premier obus tomba en plein sur la voiture de la 6e Cie, qui débouchait sur la place du Marché. Le cheval, le cocher et Lang furent écrabouillés. On ramassa deux, trois écuellées de petits débris et les quelques gros morceaux furent noués dans une toile de tente. C’est ainsi que furent enterrés Lang, le cocher et de la bidoche de cheval. Et l’on planta une croix de bois sur le tumulus.

Mais en revenant du cimetière quelqu’un remarqua la moustache de Lang qui flottait dans la brise du matin. Elle était collée contre la façade, juste au-dessus de la boutique du coiffeur. Il fallut dresser une échelle, aller détacher ça, envelopper cette touffe sanglante dans un mouchoir, retourner au cimetière, faire un trou et enterrer ces poils absurdes avec le reste. Puis nous remontâmes en ligne, dégoûtés. » (Blaise Cendrars, La Main coupée)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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