6 mai 2018 – 792

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 20 mai 2018, à un horaire indéterminé.

DIMANCHE.

Lecture. La Place forte (Quentin Lafay, Gallimard, 2017; 240 p., 18 €).

Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2018.

MERCREDI.

Éphéméride. “Il m’arrive souvent de penser au prolétariat; mais j’avoue qu’il ne m’apparaît jamais sous l’aspect d’un garçon de café. Je me laisse tromper par le tablier blanc, par le plastron immaculé et par le sourire professionnel. Il faut dire aussi que leur travail ne les empêche pas d’observer autour d’eux, et que les clients leur donnent toute la journée la comédie.

Que de petits drames se jouent au café. Cet inventeur, qui argumente avec des gestes vifs, en enlevant et remettant son binocle, va-t-il émouvoir l’homme sérieux qui l’écoute en regardant ailleurs ? La grosse dame peinte et le monsieur à tête de bouc vont-ils enfin se rejoindre, comme l’exigent les lois de la gravitation universelle ? À quelle adresse le jeune amoureux, qui griffonne depuis une demi-heure, va-t-il envoyer le chasseur ?” (Alain, Propos d’un Normand, 25 avril 1907)

Lecture. Encore vivant (Pierre Souchon, Rouergue, coll. La Brune, 2017; 256 p., 19,80 €).

Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2018.

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Listes de commissions.

792 (1)-min  792 (2)-min  792 (3)-min  792 (4)-min

Châtel-sur-Moselle (Vosges), recto verso, 28 septembre 2017 / Épinal (Vosges), recto verso, 28 septembre 2017

   La première liste est intéressante par son contenu, l’expression “manger boulot” que j’ai immédiatement adoptée pour mes propres pense-bête quand il s’agit de désigner le casse-croûte à emporter au chagrin. La seconde vaut par son support, une fiche de bibliothèque recyclée.

SAMEDI.

Films vus. Roberta (William A. Seiter, É.-U., 1935)

Rock’n roll (Guillaume Canet, France, 2017)

La Faute à Voltaire (Abdellatif Kechiche, France, 2000)

  Moonrise Kingdom  (Wes Anderson, É.-U., 2012)

  Un plan parfait (Pascal Chaumeil, France, 2012)

Canicule (Yves Boisset, France, 1984).

              L’Invent’Hair perd ses poils.

792 (6)-min  792 (5)-min

Vauvert (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 16 mars 2011 / Utrecht (Pays-Bas), photo de Jean-François Fournié, 12 mai 2015

Poil et plume. “Dans la rue de l’Autrichien, acheta un gigot chez Klein, le boucher, un pantalon en velours côtelé chez Tannebaum, une carte postale à la poste tandis que la petite le suivait pas à pas, d’un magasin à l’autre et aussi dans la boutique de Fiete Semmelweis, salon de coiffure pour hommes et dames, rasages. Et la petite vit comment Cresspahl se faisait enlever un reste de cheveux quinze jours seulement après sa dernière coupe. Cresspahl avait murmuré quelque chose à Semmelweis pour qu’il ne lui rase pas carrément le crâne, Semmelweis fut très touché, assez enthousiasmé même, et la petite vit que cette histoire de coupe de cheveux était pour les deux hommes quelque chose d’amusant, de drôle, à la séance suivante elle se laissa dérober un peu de cheveux sans résister, considérant cela d’ailleurs comme un cadeau pour Cresspahl. Car si elle fuyait devant les ciseaux de Lisbeth, elle allait vers ceux de Cresspahl.” (Uwe Johnson, Une année dans la vie de Gesine Cresspahl)

Vie vacancière. Départ pour une semaine de villégiature à Gérardmer où je compte abattre du boulot : articles à écrire, tapuscrits à annoter, épreuves à relire et corriger. Pourvu que le mauvais temps soit de la partie.

DIMANCHE.

Entomologie. Identification d’une Raghie inquisitrice.

Lecture. Tablée (Pierre Michon, Carnets de l’Herne, 2017; 80 p., 8,50 €).

MARDI.

Extrait de mon journal de bord. Mardi 1er mai 2018, Gérardmer, 18 heures 03. Mis Films vus à jour hier soir, ainsi que les notules. Recopié les notes prises à Retournemer pour l’IPAD et classé des photos jusqu’à l’heure de la soupe. Regardé le Jarmusch diffusé sur ARTE, un peu fade mais tout paraît fade après Paterson. Raconté l’anecdote livrée par MGM dans sa dernière lettre, l’histoire des deux cafés dans deux tasses qui apparaît dans The Limits of Control. Lucie m’indique que, dans Mystery Train, Steve Buscemi achète dans un magasin deux bouteilles de whisky et se voit réclamer une somme qui n’est pas divisible par deux. Mystère de la parité chez Jim Jarmusch, joli sujet. Au lit avec Portnoy, éteint après minuit. Nuit parfaite, la troisième de suite. Levé à 7 heures 30, temps bouché, 6°. Enregistré le Jarmusch dans Films vus, ouvert une grille de Laclos, relu la lettre de Gengenbach à Dallospedale, fait du courrier. Poursuivi la rédaction de l’article pour Les Refusés, qui n’avance pas assez vite à mon gré. Descendu en ville en auto, pas de journaux, trouvé du pain. Encaissé les gains de Lens – Paris FC, engagé un pari sur Real – Bayern. Appelé les parents au retour. Préparé un gratin de chou-fleur patates avec Caroline, repris le tapuscrit d’Y., épluché Livres Hebdo, lu Portnoy. Croûté, siesté. Je me demande où je trouve la force de faire la sieste avec les nuits que je passe ici. Partis en balade du côté des Xettes, un chemin tranquille, reposant après ce qu’on s’est appuyé les jours précédents. Les brimbelles promettent d’être abondantes. Souvenir d’une conversation avec Y., la semaine dernière, qui me parlait du bruit unique, inoubliable, de la première brimbelle tombant au fond du pot de camp un matin de cueillette, la première musique des enfants d’ici. Sur la route pentue où nous avons parqué l’auto, un type et ses deux gamins à vélo. Lui, allure sportivo-militaire, coup de pédale martial. Les mômes ahanent. “Allez Jules, allez Tao (Théo ?)… On y croit… On va au bout… On lâche rien…” T’as raison mon gars, faut en faire des compétiteurs, des premiers de cordée, ils te remercieront plus tard. Marché près de deux heures, bu mon thé, au boulot.

MERCREDI.

Vie commerciale. Courses au Match. L’homme devant nous, à la caisse, a acheté deux flacons de William Peel, rien d’autre. Verdict de la caissière : 15,97 €. Il faut inviter Jim Jarmusch au prochain festival du film de Gérardmer.

Lecture. La Plainte de Portnoy (Portnoy’s Complaint, Philip Roth, Random House, New York, 1969, Gallimard, 1970 pour la traduction française, traduit de l’américain par Henri Robillot, rééd. in “Romans et nouvelles 1959-1977”, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 625, 2017, traduction revue par Paule Lévy; 1208 p., 64 €).

Éphéméride. “Dimanche et lundi 2 et 3 Mai 1920

Travaillé à mon paysage classique, dans la salle à manger des Colombières.” (Ferdinand Bac, Livre journal 1920)

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe.

792 (8)-min  792 (11)-min

Metz (Moselle), photos de Laurent Lagarde, 31 décembre 2016

SAMEDI.

Films vus. Only Lovers Left Alive (Jim Jarmusch, Allemagne – R.-U. – France – Grèce – É.-U. – Chypre, 2013)

Le Reptile (There Was a Crooked Man, Joseph L. Mankiewicz, É.-U., 1970)

Monsieur Verdoux (Charles Chaplin, É.-U., 1947).

             L’Invent’Hair perd ses poils.

 792 (12)-min  792 (13)-min

Baillargues (Hérault), photo de Marc-Gabriel Malfant, 16 mars 2011 / Saint-Priest (Rhône), photo du même, 9 mars 2012

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 5 mai 2016. 78 km. (30932 km).

792 (10)-min

1845 habitants

   Une large plaque de granit gris est accolée au mur de l’église sous un écusson RF agrémenté de trois drapeaux tricolores. A droite et à gauche, deux fagots de manches de haches de sapeur, dont l’un est muni de son fer et surmonté d’une tête de bélier. En avancée, une banquette grillagée supporte une gerbe défraîchie entre deux canons miniatures. Une plaque : “Les médaillés militaires à leurs camarades”. Les noms sont rangés sur quatre colonnes, en lettres dorées.

792 (9)-min

Plombières

A ses enfants

1914-1918

   Colonne 1 : 22 noms de J. ANDRE à P. DESGRANDCHAMPS

Colonne 2 : 22 noms d’E. CORNU à A. LHUILLIER

Colonne 3 : 21 noms de M. JEANVOINE à P. REDDET

Colonne 4 : 22 noms de J. RICHARD à H. WEHRLE

Suivent 9 noms concernant 1939-1945 et celui d’une victime d’Indochine.

Sur le mur de l’église, à droite, on a ajouté 3 plaques avec les noms des victimes civiles de 1939-1945 et d’Algérie.

À l’intérieur de l’église, les noms des morts de la paroisse sont alignés sur des plaques de marbre blanc, de chaque côté de la porte d’entrée, derrière les statues de Jeanne d’Arc et de saint Georges.

792 (7)-min

             Poil au cul du bus.

792-min

Genève (Suisse), photo de l’auteur, 19 août 2016

 Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

 

 

 

 

 

 

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