1er juillet 2018 – 798

DIMANCHE.

Lecture. L’Homme qui marchait sur la Lune (The Man Who Walked to the Moon, Howard McCord, 1997 pour l’édition originale, Gallmeister, 2008 pour la traduction française, rééd. coll. Totem n° 10, 2017, traduit de l’américain par Jacques Mailhos; 128 p., 7 €).

En 2016, la revue La Femelle du requin consacrait un dossier à Howard McCord, auteur américain, ancien soldat de la guerre de Corée, alors inconnu de nos services. Il y était longuement question de L’Homme qui marchait sur la Lune, qualifié de roman exceptionnel et inclassable. La chose est effectivement intéressante, elle débute comme un exercice de nature writing avec un narrateur qui entreprend l’ascension de la Lune, un sommet du Nevada. Peu à peu, au fur et à mesure que le voyage progresse, le personnage dévoile son passé et l’excursion se transforme en chasse à l’homme. Ce qui donne effectivement un texte original, sans qu’il y ait besoin de crier au chef-d’œuvre.

                                  Le Retour de l’enfant prodige (Pierre Véry, première parution dans Marianne n° 245, 30 juin 1937; rééd. in « Les Intégrales du Masque », tome 1, Librairie des Champs-Élysées, 1992; 1024 p., s.p.m.).

Nouvelle.

Vie culturelle. Visite de l’exposition “Couples modernes” au Centre Pompidou-Metz (Moselle). Le musée ne possède pas de collection permanente, ce qui laisse un espace immense aux expositions temporaires qui s’y succèdent. Celles-ci sont d’une richesse démesurée, on en prend plein la vue, on en sort à genoux. “Couples modernes” n’échappe pas à la règle. Y sont présentées “plus de quarante rencontres entre des créateurs qui  ont participé à l’évolution des formes et des enjeux esthétiques, de la pensée et des mœurs”. On y trouve des associations attendues, Picasso et Dora Maar, Frida Kahlo et Diego Rivera, les Delaunay, les Mahler, mais il y a aussi beaucoup de figures moins connues, chez nous tout au moins, sur lesquelles il sera urgent de se documenter. En particulier Marianne von Werefkin, Alexej von Jawlensky et Gabriele Münter, ces artistes qui investirent, autour de Kandinsky, le village de Murnau en Bavière dans les années 1900 pour y créer des tableaux remarquables. L’exposition présente également les premiers films de Joris Ivens, associé alors non pas à Marceline Loridan, mais à sa première femme, la photographe Germaine Krull.

MARDI.

Lecture. Alabama Song (Gilles Leroy, Mercure de France, 2007; 192 p., 15 €).

Comme Derniers feux sur Sunset, de Stewart O’Nan, qui raconte les dernières années de Scott Fitzgerald, Alabama Song, consacré à la vie de sa femme Zelda, est un roman dont on peine à saisir l’utilité. À quoi bon ajouter, comme le fait Leroy, des épisodes à une vie suffisamment romanesque dans la réalité ? À quoi bon ajouter un récit de vie réelle, si souvent racontée, quand on n’a pas une écriture nouvelle pour le porter ? Pour réhabiliter Zelda ? La biographie d’André Le Vot, que je lis en parallèle, lui rend parfaitement justice en racontant les pillages effectués par Scott dans sa correspondance et dans son journal pour nourrir son œuvre. On ne comprend pas non plus la démarche de Gilles Leroy qui conserve le nom réel de certains protagonistes (Maxwell Perkins, Gertrude Stein…) et dépeint Hemingway sous un nom d’emprunt. Le livre a été écrit à l’occasion d’un séjour en Alabama et en Géorgie offert à l’auteur par les Missions Stendhal du ministère des Affaires étrangères. C’est cher payé.

VENDREDI.

Lecture. Jusqu’à l’impensable (The Crossing, Michael Connelly, Hieronymus Inc., 2015 pour l’édition originale, Calmann-Lévy, 2017 pour la traduction française, traduit de l’américain par Robert Pépin, rééd. LGF, coll. Le Livre de Poche policier n° 34920, 2018; 480 p., 8,20 €).

Le personnage central des polars de Michael Connelly vieillit et l’auteur n’en finit pas de trouver des subterfuges aptes à maintenir Harry Bosch en activité alors qu’il devrait être à la retraite depuis lurette. Il semble y être pour de bon cette fois – mais on imagine qu’il sera rappelé dans un futur épisode – et travaille donc comme enquêteur indépendant au service de son demi-frère, l’avocat Mickey Haller. Problème de conscience : Bosch, qui a passé sa vie à traquer les criminels, est désormais au service de la défense. Ce qui ne va pas sans certaines réticences, on n’est pas loin du cas de conscience. C’est la seule chose nouvelle à noter dans cette énième aventure car pour le reste rien ne change : une intrigue complexe que l’on suit sans difficulté grâce au métier de Connelly dont l’atout maître est la fluidité : tout s’enchaîne parfaitement, clairement et les moments faibles (ceux qui concernent les relations de Bosch avec sa fille) sont vite oubliés.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Aux marches du palais.

798 (1)-min  798 (2)-min

Hasselt (Belgique), photo de J.-F. Fournié, 20 novembre 2016 / Le Val-d’Ajol (Vosges), photo de Caroline Didion, 15 novembre 2016

SAMEDI.

Films vus pendant la semaine. L’Égyptien (The Egyptian, Michael Curtiz, É.-U., 1954)

Le Joli Cœur (Francis Perrin, France, 1984)

Spartacus (Stanley Kubrick, É.-U., 1960)

Les Maudits (René Clément, France, France, 1947)

Rhapsodie en août (Hachi-gatsu no rapusodi, Akira Kurosawa, Japon, 1991).

L’Invent’Hair perd ses poils.

798-min

Saint-Laurent-de-la-Salanque (Pyrénées-Orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 21 mars 2011

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 25 septembre 2016. 99 km. (31403 km).

798 (3)-min

264 habitants

   Le Poilu braillard d’Eugène Bénet (dû aux Établissements Métallurgiques [illisible] de Paris), est à l’écart de la route principale, j’ai failli partir sans le voir après avoir arpenté en vain les alentours de la Mairie. Il est peint en vert pâle, posé sur un socle de granit gris.

798 (4)-min

À nos enfants

Morts pour la Patrie

SERGENT Paul Caporal

MOUGEOLLE Louis id

HAUBERDON Edmond Soldat

TOUSSAINT Émile id

CLAUDE Edmond id

TOUSSAINT Adrien id

LEJAL Albert id

BALLAND Camille id

MARCOT Eugène id

COLIN Irénée id

LEJAL Cyprien id

CLAUDEL Auguste id

LEMOINE Émile id

1914

1918

   À la base, une plaque avec les victimes civiles de 1939-1945 et la cocarde du Souvenir Français.

Le caporal Sergent est donc mort avant d’être promu au grade correspondant à son nom.

Poil & plume. “C’était un homme élégant et délicat que tous les habitants de Dombreville soupçonnaient d’une haute ascendance russe ou polonaise. Monsieur Pontiakov ne démentait pas. Il se contentait de sourire et d’incliner légèrement la tête vers le côté, lorsque ses clients et clientes lui demandaient pourquoi, maintenant que le communisme était tombé, il ne cherchait pas plus activement à récupérer ses datchas et tous ses biens confisqués. Monsieur Pontiakov les laissait parler, puis reprenait imperturbablement son manège : les doigts glissés dans une mèche, le ciseau posé sur la tablette, un coup d’œil dans le miroir pour juger du résultat; car il était coiffeur et son salon, au cours des trente dernières années, n’avait jamais perdu un seul client. Même les morts trouvaient des remplaçants.” (Camille de Toledo, Vies potentielles)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

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