21 octobre 2018 – 811

MARDI.
            Lecture. Rébus (Paul Gégauff, Minuit, 1957, rééd. Le Passeur, 1998; 208 p., 82 F).
                          C’est sous sa couverture des Éditions de Minuit qu’apparaît Rébus dans le Fahrenheit de Truffaut : il fait partie des livres brûlés par les pompiers pyromanes. Il y aurait d’ailleurs une étude à faire au sujet de ces livres, ou au moins une liste à établir, car ils n’ont sans doute pas été choisis au hasard. Truffaut n’a pas montré Rébus par amitié pour Paul Gégauff, avec qui il avait peu d’affinités. Gégauff a travaillé comme scénariste pour toute la Nouvelle Vague, Rohmer, Chabrol, Godard, mais pas avec Truffaut. Celui-ci, qui savait lire, a choisi Rébus pour son contenu, pas pour son auteur. La deuxième partie du roman, digne de Kafka, présente une société totalitaire proche de celle de Fahrenheit et l’ensemble du livre reflète un talent, une originalité et une intelligence redoutables. Rébus est une énigme, indéchiffrable, une histoire incompréhensible, qui ne pouvait que séduire Jérôme Lindon, alors à la tête de Minuit : Gégauff, pilier de la Nouvelle Vague, aurait pu être aussi un élément du Nouveau Roman.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “Samedi 17 [octobre 1914]
Départ de Villers-Cotterêts le matin, pour aller à la Ve armée, Gal de Franchet d’Esperey, que je trouve à Romigny. Continué par route vers la IVe armée, Gal de Langle de Cary, que je trouve à Châlons. Le général m’envoie sur la ligne de feu, dans les tranchées du côté de la Ferté-Hurder.
Rentré à la nuit à Châlons, où je couche.” (Pierre Loti, Soldats bleus : Journal intime 1914-1918)
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Toilettes de campagne.

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Brethenay (Haute-Marne) photo de Jean-François Fournié, 6 mars 2016 / Ecot-la-Combe (Haute-Marne), photo du même, 23 juillet 2016

SAMEDI.
              Films vus. Le Mouton enragé (Michel Deville, France – Italie, 1974)
                               Going to Brazil (Patrick Mille, France, 2016)
                               Seul contre tous (Gaspar Noé, France, 1998)
                               Or noir (Black Gold, Jean-Jacques Annaud, France – Italie – Qatar – Tunisie, 2011)
                               The Square (Ruben Östlund, Suède – Allemagne – France – Danemark, 2017)
                               Les Fantômes d’Ismaël (Arnaud Desplechin, France, 2017)
                               Incognito (Éric Lavaine, France, 2009)
                               Embrasse-moi ! (Océan Michel & Cyprien Vial, France, 2017).
               Football. SA Spinalien – Croix 1 – 2.
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Saint-Jean-Pla-de-Corts (Pyrénées-orientales), photo de Marc-Gabriel Malfant, 28 mars 2011 / Le Boulou (Pyrénées-Orientales), photo du même, 29 juin 2011
              Poil et plume. À l’unique coiffeur de notre petite ville, je demandai de mettre de côté, à l’occasion, quelques mèches de cheveux foncés de la longueur voulue… Ceci, lui avais-je dit, aux fins d’expériences sans grande importance. Je n’étais pas pressé.
   Un jour le coiffeur remit à ma femme un paquet : c’étaient deux mèches, longues et fournies, de très beaux cheveux châtains.
   À B…, tout le monde se connaît. Nous sûmes qu’il s’agissait des cheveux de la petite Ève J…, une fillette de onze ans de qui la maman avait décidé de faire couper les nattes.” (Jacques Yonnet, Enchantements sur Paris)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

             
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