17 février 2019 – 826

MERCREDI.
                  Éphéméride. À Madame Aupick
“[Paris.] Vendredi 13 février 1857
Hélas ! Ma chère mère, c’est moi maintenant qui vous prie de ne pas venir, même de quelques jours. On ne veut pas me donner un sol au Moniteur avant que la dernière ligne du dernier chapitre ne soit écrite. Je n’ai que jusqu’à mercredi – cinq jours pour une besogne qui en demande quinze – c’est à perdre la tête. Dans ces conditions, vous ne m’en voudrez pas si je m’enferme – vraiment vous êtes pleine de tourments et je suis désolé de vous en apporter toujours ma part.
Charles.
Ayez la bonté de payer cet homme; il vient de la rue du Four.” Charles Baudelaire (Correspondance)
                  Lecture. Professeur de désir (The Professor of Desire, Philip Roth, Farrar, Straus & Giroux, New York, 1977, Gallimard, 1979 pour la traduction française, traduit de l’américain par Henri Robillot, rééd. in “Romans et nouvelles 1959-1977”, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 625, 2017, traduction revue par Brigitte Félix; 1208 p., 64 €).
                                On retrouve dans ce roman David Kepesh, protagoniste du Sein, avant sa métamorphose mammaire. Avec lui comme avec Zuckerman, Philip Roth joue à faire rebondir son personnage contre diverses surfaces plus ou moins rugueuses : la judéité, la famille, le couple, la psychanalyse, la littérature, chacun de ces thèmes semblant d’abord être une bouée de sauvetage pour tirer l’homme de sa dépression avant de se révéler la source d’un nouveau naufrage. Si le schéma reste le même, la façon de la traiter est ici moins folle, moins débridée que dans Portnoy et les autres titres rassemblés dans ce volume. L’humour, dont on appréciait le côté ravageur, y est moins présent, les pages y sont plus ternes. À l’exception d’un très beau passage qui envoie Kepesh sur les traces de Kafka à Prague, pèlerinage accompli auparavant par Roth lui-même : car de toutes les bouées évoquées précédemment, c’est bien celle de la littérature qui reste la mieux gonflée.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Plaisanteries de garçons de café.

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Paris (Seine), rue de Charenton, photo de Jean-Damien Poncet, 11 juillet 2018 / même ville, rue du Pot-de-Fer, photo du même, 3 décembre 2016
SAMEDI.
              Films vus. Il est minuit, docteur Schweitzer (André Haguet, France, 1952) *
                               Silence (Martin Scorsese, Mexique – Taïwan – R.-U. – É.-U. – Japon – Italie, 2016)
                               Strictement personnel (Pierre Jolivet, France, 1985)
                               Sinon, oui (Claire Simon, France – Canada, 1997)
                               Tueurs (Jean-François Hensgens & François Troukens, Belgique – France, 2017).
* On connaît, à juste titre, l’accent marseillais de Pierre Fresnay dans Marius et ses suites. On connaît moins, et c’est bien dommage car ça vaut le détour, son accent alsacien dans le rôle du docteur Schweitzer.
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Toulouse (Haute-Garonne), photo de Clotilde Eav, 14 avril 2011 / La Rochelle (Charente-Maritime), photo de Marc-Gabriel Malfant, 22 mars 2014
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 24 décembre 2017. 142 km. (33292 km).
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266 habitants

   La stèle courte, en marbre poli, se situe dans le bas du village, entre deux mâts de drapeau. Seul ornement : une palme dorée.

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À la mémoire

Des enfants de Rebeuville

Morts pour la France

1914-1918

1939-1945

   Gauche :

BARDOT Paul

MAIRE Jules

CONRAUD René

THUUS Marius

THUUS Louis

THIRION Henri

MATHURIN Alfred

CHAMPAGNE Marcel

CHAMBRÉ Paul

DIDIER René

VILLAIN Paul

MORTAL Roger

   Droite :

THOMAS Raymond

HENRION Maurice

THUUS Aimé

PIERRE Hubert

LHUILLIER Germain

THIRION René

THOMAS Lucien

HUGUENEL Jules

ADAM Pierre

MONET Victor

             Poil et plume. “25 août [1954]. Jouy
   Chez le coiffeur.
   “Pourriez-vous me couper les cheveux sans employer la tondeuse ?
   – Ah ! non, monsieur ! Ce que vous demandez là, c’est de l’art. Moi, monsieur, au prix que je vous prends, je ne peux faire que mon métier.”
   Il porte perruque “parce que, vous comprenez bien, monsieur, qu’un coiffeur sans cheveux c’est ridicule !”
   Son travail terminé, il m’époussette, me regarde dans le miroir et déclare : “Avec cette barbe, monsieur, vous me rappelez un soldat gréco-romain (sic)…” (Mathieu Galey, Journal intégral 1943-1986)
Bon dimanche,
Philippe DIDION
 
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