31 mars 2019 – 832

LUNDI.
           Lecture. La Vérité sort de la bouche du cheval (Meryem Alaoui, Gallimard, 2018; 272 p., 21 €).
                         Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
MARDI.
            Lecture. Trouble dans les andains (Boris Vian, La Jeune Parque, 1966, rééd. in « Œuvres romanesques complètes I », Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 562, 2010; 1312 p., 57,50 €).
                          Comme le Conte de fées à l’usage des moyennes personnes, ce texte était à l’origine destiné à un public restreint, amical et familial. Sa publication posthume intéressera ceux qui souhaitent voir à quel point Napoléon perçait sous Bonaparte, autrement dit déceler dans ces pages de potache la promesse de l’œuvre à venir. Pour l’instant, Vian fait ses gammes, à l’ombre de l’Almanach Vermot et de L’Os à moelle, il aligne les jeux de mots et les galipettes verbales, il est doué pour ce sport, c’est indéniable. Notons la présence, parmi les protagonistes de l’histoire, de Jacques Loustalot, alias le Major, personnage important de la jeunesse de Vian partant ici à la recherche d’un objet imaginaire nommé, ça ne s’invente pas, “le barbarin fourchu”.
MERCREDI.
                  Lecture. Europe n° 1039-1040 (novembre-décembre 2015; 352 p., 20 €).
                                Les frères Goncourt – Jules Renard – Remy de Gourmont.
                  Vie littéraire. Je reçois mes exemplaires d’Espis, un nouveau Lourdes ?, réédition de deux textes de Gengenbach, fruit d’un travail de longue haleine accompli en compagnie de Marc-Gabriel Malfant, éditeur du volume. Cela fait plus d’un an en effet que j’en ai rédigé la présentation mais la recherche des textes remonte à plus loin encore. Il avait fallu remettre la main sur une thèse qui contenait une lettre du surréaliste vosgien, thèse perdue, introuvable – et qui se trouvait quasiment sous mon nez. Malfant avait, de son côté déniché, là aussi presque par miracle, sur une édition d’Espis, parue à compte d’auteur en 1949. Il a fallu ensuite composer le texte, l’imprimer, lire et relire maintes fois des épreuves où les coquilles semblaient renaître aussitôt la liasse reposée. Il y a un mois, les cinq cents exemplaires sortirent des presses… pour être mis instantanément au pilon : les notes avaient sauté, la force satanique du vieil Ernest avait encore frappé. Les exemplaires ordinaires attendent encore une jaquette et nous pourrons enfin souffler.
                  Éphéméride. “27. III. 70
Mon Cher Pia,
La biographie et les O[euvres] C[omplètes] en fac-similé doivent sortir en même temps, le 15 avril.
Les O[euvres] C[omplètes] seront livrées à la T[able] R[onde] le lundi 6. Je vous les ferai porter le plus vite possible.
Je pense qu’Hubert Juin veut faire qque chose dans le “Magazine” (il rentre à Paris le 1er avril mais Brochier est peut-être au courant ?).
Je n’ai pas vu Nadeau. J’ai remis ma note (déjà parue) à Erval. Il ne m’a parlé de rien. Peut-être Nadeau  a-t-il envie d’y jeter un coup d’œil, je n’en sais rien.
Brrr…
… Queneau vous a-t-il en fin de compte donné ses érotica ? Il faudrait normalement commencer à demander ou à forcer les autorisations le 15 avril. Ce ne sont pas les représentants Hachette qui vendront ce livre, mais sans doute d’autres, plus sérieux, qui demandent un “matériel” de vente assez vite pour ne pas rater leur coup (si j’ose dire).
Je vais m’attaquer aux biographies d’Allais et de Raymond Roussel. Sauvagement.
Bien amicalement
Fr. Caradec”
(François Caradec & Pascal Pia, Correspondance 1957-1979)
JEUDI.
          Vie automobile. Nous prenons possession de notre nouvelle auto. J’ai hâte de cingler à son bord vers des monuments aux morts encore inconnus de l’IPAD. Depuis la création de ce chantier, j’ai bien dû crever quatre ou cinq véhicules, ce devrait être facile à vérifier car ils apparaissent de temps en temps sur les photos des pancartes derrière lesquelles je me suis garé. Le kilométrage est soigneusement noté : j’en suis à 34 000 kilomètres parcourus. J’en étais à 33 000 lorsque j’ai présenté, l’an dernier, l’IPAD dans un article de revue. Plusieurs lecteurs s’étaient alors émus devant la quantité de carburant utilisée à ces fins futiles, devant l’argent dépensé, la pollution occasionnée par mes facéties. Maintenant, que se serait-il passé si l’envie m’avait pris d’effectuer, en lieu et place de ces pérégrinations stériles, un beau voyage à l’autre bout du monde ? J’aurais pris un vol pour Melbourne, loué sur place un gros véhicule tout-terrain pour partir à la découverte du bush, j’aurais pris soin, précédemment, de me munir d’un téléphone de poche dernier cri avec lequel j’aurais inondé des réseaux plus ou moins sociaux de photos et vidéos exotiques et je serais rentré couvert de “likes” sans que personne n’ait l’idée de me chercher des poux dans la tonsure au sujet des 40 000 bornes que j’aurais parcourues. Les kilomètres n’ont pas la même valeur, selon qu’ils vous séparent des kangourous de l’hémisphère sud ou des défunts Poilus de Circourt-sur-Mouzon.
VENDREDI.
                  Obituaire. “Je me souviens qu’Agnès Varda était photographe au T.N.P.” (Georges Perec, Je me souviens).
                 Le cabinet de curiosités du notulographe. Présence de Clet Abraham (ou de ses émules) sur les trottoirs de Paris (Seine), photos de l’auteur.

832 (1)-min  832 (2)-min  832 (3)-min  832 (4)-min

place Jean-Baptiste-Clément, rue de Dunkerque, rue de l’Épée-de-Bois, 26 août 2017 / rue du Château-Landon, 23 décembre 2015
SAMEDI.
              Films vus. Viva la vie (Claude Lelouch, France, 1984)
                               Détective (Jean-Luc Godard, France – Suisse, 1985)
                               Garde alternée (Alexandra Leclère, France, 2017)
                               Passion (Brian De Palma, France – Allemagne, 2012)
                               Le Passage du Rhin (André Cayatte, France – Italie – R.F.A., 1960)
                               Le Plus Beau Jour de ma vie (Julie Lipinski, France – Belgique, 2004)
                               L’Œil écarlate (Dominique Roulet, France 1993).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
832 (5)-min  832 (6)-min
Vincennes (Val-de-Marne), photo de Philippe de Jonckheere, 11 avril 2011 / Montrouge (Hauts-de-Seine), photo de Pierre Cohen-Hadria, 24 août 2015
              Poil et plume. “Ses cheveux sautant dans la boutique du coiffeur, c’est vraiment la première chose qui me vienne à l’esprit avec quelque force. Nous allions chez le coiffeur, en général, après deux enregistrements, c’est-à-dire tous les quinze jours, en sortant de l’école. Le coiffeur avait sa boutique au coin de Broadway et de la 108e Rue : elle s’y nichait “vertement” (hum… il est temps d’arrêter ça !) entre un restaurant chinois et une épicerie fine. Si nous avions oublié de déjeuner ou, chose plus probable, si nous avions perdu notre déjeuner quelque part, nous achetions parfois pour quinze cents de salami et quelques pickles; nous mangions tout cela sur le fauteuil du coiffeur, en attendant que nos cheveux commencent à tomber. Les coiffeurs s’appelaient Mario et Victor. Ils ont dû mourir, depuis si longtemps que je ne les ai revus, d’un excès d’ail, ce qui est la cause de mortalité la plus répandue parmi les coiffeurs de New York.” (J.D. Salinger, Seymour, une introduction)
Bon dimanche,
Philippe DIDION
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24 mars 2019 – 831

LUNDI.

Lecture. Les Mal Partis (Sébastien Japrisot, Robert Laffont, 1950, rééd. France Loisirs, 2000 ; 272 p., s.p.m.).
Le premier roman de Sébastien Japrisot, écrit dans sa prime jeunesse et signé de son vrai nom (Jean-Baptiste Rossi), n’annonce en rien l’œuvre à suivre, axée sur le policier et le romanesque. Japrisot raconte une histoire d’amour improbable, mais pas impossible, entre un jeune collégien et une nonne. Histoire d’abord secrète mais trop choquante pour le rester longtemps. La famille, la religion, les convenances, l’Histoire même (on est dans les derniers moments de l’Occupation) s’insurgent, s’opposent, agissent pour éloigner les deux auteurs du scandale. Roman inattendu, qui m’a fait penser, sans que je sache pourquoi, au Moderato cantabile de Marguerite Duras.
MARDI.
            Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Brad Watson, Le Paradis perdu de Mercury, Le Livre de poche, 2018.
            Lecture. Le Lambeau (Philippe Lançon, Gallimard, 2018 ; 512 p., 21 €).
Il y des livres nécessaires, aussi bien pour un auteur que pour ses lecteurs. Celui-ci en est un, aucun doute là-dessus. Nécessaire à Lançon pour revenir sur l’attentat de Charlie Hebdo dont il fut un des rares rescapés et raconter ce que fut sa vie ensuite, nécessaire pour, utilisons le mot pour une fois dans son véritable sens, se reconstruire. Nécessaire au lecteur pour comprendre, dans la mesure du possible, ce qui s’est passé, savoir ce qu’est Lançon devenu, ce qu’il a traversé. Le livre a sa raison d’être, il réussit là où les chroniques hospitalières que Lançon donna à Charlie pendant son séjour à la Salpêtrière avaient échoué. Il fut justement salué à sa sortie, on réclama pour lui le Goncourt et autres lauriers mais un livre nécessaire n’est pas forcément un chef-d’œuvre. Le Lambeau a ses défauts, ses longueurs, ses répétitions, elles aussi nécessaires. Au-delà de sa nécessité, le livre présente un intérêt sociologique : il montre comment un homme reste, quoi qu’il lui arrive, attaché à son milieu. Lançon est un intellectuel parisien, il est tout le temps fourré au théâtre, va plus souvent à l’Opéra que nous autres à Monoprix, fréquente des danseuses argentines et des dissidents cubains, se trouve aussi à l’aise à New York qu’un Didion en Creuse. Eh bien quand il est à l’hôpital, rien ne change : son infirmière est passionnée d’art lyrique, il se fait couper les douilles au son de Jean-Sébastien Bach, il lit Proust sur sa civière, il parle d’art chinois ou de je ne sais quoi avec son anesthésiste et quand on le visite, on lui offre un recueil de poèmes persans. Nous, quand on va chez le coiffeur, la radio est bloquée sur RFM, quand on va à l’hôpital, on nous parle de dépassement d’honoraires, et quand on nous visite, on a des chocolats.
MERCREDI.
                  Éphéméride. Jeudi 20 mars [1941]
Le vers de Sully-Prudhomme : “Tu m’appartiens dès le passé” est un vers admirable.
Amené à connaître dans le privé mes professeurs, j’ai pu constater quels hommes charmants, serviables ils étaient. Mais je ne juge pas ici des hommes, mais des professeurs.” (Jacques Brenner, Journal, tome I : Du côté de chez Gide 1940-1949)
JEUDI.
Presse.
831-min
photo de Pierre Gleizes, AP
       Extraordinaire photo publiée dans Libération de ce matin. On y voit Georges Courtois, “célèbre pour avoir séquestré durant trente-quatre heures la cour d’assises de Nantes”. L’affaire date de 1985 et montre qu’à cette époque on fumait vraiment partout et en toutes circonstances. La question est : comment Courtois va-t-il allumer sa clope avec un flingue dans chaque main ? À moins que l’homme de gauche, qui n’est autre que le président de la cour d’assises, ne s’apprête à lui donner du feu ? Georges Courtois est mort, nous apprend l’article, le 16 mars dernier. Dans un incendie.
          Lecture. Assurance sur la mort (Double Indemnity, James M. Cain, 1936 pour l’édition originale, Gallimard, 1948 pour la première traduction française ; rééd. Gallmeister, coll. Totem n° 77, 2017, traduit de l’américain par Simon Baril ; 160 p., 8,60 €).
Tous les éléments obligatoires du roman noir sont réunis : un homme happé par une femme fatale, un mari encombrant, une belle somme en jeu, sans oublier la fille de la femme fatale promise à une belle carrière dans la même discipline. On pourrait donc dire qu’on a vu et lu ça cent fois mais James M. Cain se distingue par le rythme qu’il sait donner à son texte, un rythme particulièrement sensible dans des dialogues qui vont de suite à l’essentiel, sans incises ni verbes de parole.
VENDREDI.
                  Lecture. Europe n° 1038 (octobre 2015; 352 p., 20 €).
                                Patrick Modiano.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Ciné flipper.
831 (1a)-min  831 (2a)-min
À mort l’arbitre (Jean-Pierre Mocky, France, 1984) / À nous deux (Claude Lelouch, France – Canada, 1979)
SAMEDI.
              Films vus. Non-Stop (Jaume Collet-Serra, R.-U. – France – É.-U. – Canada, 2014)
Les Tuche 3 (Olivier Baroux, France, 2018)
Quatre garçons pleins d’avenir (Jean-Paul Lilienfeld, France, 1997)
La Montagne entre nous (The Mountain Between Us, Hany Abu-Assad, É.-U., 2017)
U.S. Marshals (Stuart Baird, É.-U., 1998)
Les Stances à Sophie (Moshé Mizrahi, France – Canada, 1971)*
Derrière le miroir (Bigger Than Life, Nicholas Ray, É.-U., 1956).
* Film absent  des encyclopédies du cinéma et des dictionnaires spécialisés, intéressant pourtant à plusieurs titres : Bernadette Lafont en est l’interprète principale, dans son registre habituel de femme rebelle, on y voit et entend l’Art Ensemble of Chicago, et Jacques Robiolles (l’ami de Jean-Pierre Léaud dans Domicile conjugal) y tient un petit rôle non crédité (merci à Lucie qui l’a reconnu).
              Lecture. Histoires littéraires n° 69 (Du Lérot éditeur, janvier – février – mars 2017; 192 p., 25 €).
                            Où l’on apprend au détour d’une note qu’André Jacquemin, gloire locale, participa aux illustrations d’un ouvrage d’hommage au Maréchal Pétain, Paris au Maréchal. Dans les “Livres reçus”, le notulographe s’est occupé de Michel Braudeau et de Muriel Gilbert.
              L’Invent’Hair perd ses poils.
831 (1)-min  831 (2)-min
Saint-Nicolas-de-Redon (Loire-Inférieure), photo de Philippe de Jonckheere, 11 avril 2011 / Lambesc (Bouches-du-Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 10 juillet 2017
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 25 janvier 2018. 54 km. (33562 km).
831 (5)-min
197 habitants

   Le monument, récent, est un disque tronqué de granit gris adossé à une haie de thuyas taillée au carré. Les dalles portant les noms sont collées sur le disque, en avancée, sous une Croix de Lorraine. La colonne centrale et celle de droite sont occupées par les fusillés du 9 septembre 1944, celle de gauche porte les noms des victimes de la première Guerre.

831 (4)-min

1914-1918

BADONNEL Joseph

BEDEL Léon

COLNEL Albert

DORIDANT Albert

GEORGES Léon

HAOUY Charles

LECOMTE Émile

PERRIN Alfred

RIVAT Albert

RIVAT Charles

VELON Hippolyte

Morts au champ d’honneur.

   Plus loin, à la sortie du village, un autre stèle de même facture rappelle les fusillés de 1944, parmi ceux-ci figurent le maire de l’époque et un de ses adjoints. On apprend sur Internet que 10 hommes ont été fusillés à cet endroit le 9 septembre 1944, suite à l’attaque d’un véhicule allemand par le maquis de Beauménil.

            Poil et pellicule.
831 (3)-min
Tout ça… pour ça ! (Claude Lelouch, France – Canada, 1993)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

17 mars 2019 – 830

LUNDI.
           Vie notulaire. Les notules, nées le 11 mars 2001, atteignent aujourd’hui leur majorité. Pour l’occasion, ARTE a choisi de programmer cette semaine La Vie domestique, film d’Isabelle Czajka.
           Vie littéraire. Nous voilà ramené à notre immaturité : le Prix René-Fallet aura trente ans cette année et Jaligny me demande une contribution pour un recueil célébrant l’événement.
MARDI.
             Lecture. Tandis que j’agonise (As I Lay Dying, William Faulkner, 1930, Gallimard, 1934 pour la première traduction française, rééd. in Œuvres romanesques I, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 269, 1977; traduction de l’américain par Maurice-Edgar Coindreau, revue par le traducteur en collaboration avec Michel Gresset, édition présentée et annotée par Michel Gresset; 1620 p., 57,50 €€).
                           Que serait l’écrivain sans sa légende ? Faulkner connaissait son boulot dans ce domaine et pour raconter la genèse de Tandis que j’agonise, il n’y était pas allé de main morte : le livre avait été écrit d’une traite, sur une brouette renversée, dans la cave à charbon d’une usine qui l’employait comme gardien de nuit. Oui madame. Restons sérieux. Le travail qu’il a fallu fournir pour aligner et relier les 59 monologues intérieurs qui constituent le bouquin a dû être d’une autre envergure. En tout cas, celui que doit faire le lecteur pour assembler les morceaux et leur donner un sens est considérable. Que faire de ces phrases qui s’interrompent brusquement, de ces chapitres qui répètent la même scène vue par des yeux différents, de ces ellipses inattendues, de ces changements soudains de point de vue, de temps, de lieu, que faire de ces pronoms qui surgissent sans qu’on sache s’ils désignent un homme, un chapeau, une vache, une rivière , le soleil… Débrouille-toi, lecteur… Le père Coindreau a dû s’amuser… C’est Valery Larbaud qui a préfacé sa première traduction, en 1934. On n’est pas surpris de le trouver là : il était déjà aux premières loges quelques années plus tôt pour la traduction d’Ulysse et comme Joyce, Faulkner exige énormément de ses lecteurs. Il crée un univers géographique, linguistique et et stylistique qui réclame un arpentage patient, attentif, répété. Dommage qu’on n’ait plus vraiment le temps de l’effectuer.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “Toutes les fois que Josef Florian, qui est un pauvre parmi les pauvres, trouve quelques francs, il me les envoie. C’est à pleurer de voir ce que fait cet indigent, contre ma volonté et malgré ce que j’ai pu lui dire. Il m’a répondu, en diverses lettres prodigieuses, que le fait de me donner ce qu’il possède est pour lui une manière de gagner sa vie et d’assurer l’abondance dans sa maison. En lisant ça, on se sent à plusieurs milliards de lieues des chrétiens modernes.(Léon Bloy, Le Vieux de la montagne, 13 mars 1908)
                  Lecture. Chanson de gestes (The Meaning of the Act, Margery Allingham, nouvelle parue dans The Strand, septembre 1939 pour l’édition originale, Mystère Magazine n° 31, août 1950 pour la traduction française, rééd. in « La Maison des morts étranges et autres aventures d’Albert Campion », Omnibus, 2010; 1024 p., 26 €).
                                Le Publicateur du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 9e série, n° 16 (15 juin 2018, 80 p., 15 €).
                                “Correspondance Pia & Latis”
VENDREDI.
                  Lecture. Les Dix Vœux d’Alfréd (Maude Mihami, NiL, 2018; 254 p., 18 €).
                                Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Cave canem. La collection n’est pas passionnante. Les panonceaux “Chien méchant”, achetés dans le commerce, sont vite répétitifs. Pour regagner un peu d’intérêt, il faut s’intéresser à ce qu’il y a autour, élargir le champ, comme dans cet exemple où l’on se demande quelle est la créature la plus féroce.

830-min

Rainville (Vosges), photo de l’auteur, 12 mars 2017
   Comme à Rainville, la photo du chien accompagne souvent la mise en garde écrite. Le “coup du roi” consiste à photographier le modèle à côté de son image, un exploit réalisé une seule fois  à ce jour, à grand renfort de “susucre” et “nonos”.
830 (3)-min
Charmes (Vosges), photo de l’auteur, 4 juillet 2017
SAMEDI.
              Vie culturelle. Visite de l’exposition “Peindre la nuit” au Centre Pompidou de Metz (Moselle). Pour moi, peindre la nuit, c’était une image : Kirk Douglas coiffé d’un chapeau orné de bougies, palette et pinceaux à la main, battant la campagne dans le Van Gogh de Minnelli. Image fausse sans doute – pensez, un chapeau de paille – mais image magique que j’aurais aimé retrouver ici. Ce ne fut pas le cas, même si le cinéma n’est pas négligé dans le parcours où “la nuit” est davantage utilisé comme complément d’objet direct que comme complément circonstanciel de temps.
              Films vus. Santa & Cie (Alain Chabat, France – Belgique, 2017)
                               Alice et Martin (André Téchiné, France – Espagne, 1998)
                               Hitman & Bodyguard (The Hitman’s Bodyguard, Patrick Hughes, É.-U. – Hong Kong – Bulgarie – Pays-Bas, 2017)
                               Exotica (Atom Egoyan, Canada, 1994)
                               La Prière (Cédric Kahn, France, 2018)
                               Boomerang (François Favrat, France, 2015)
                               Broadway by Light (William Klein, France, 1958)
                               La Deuxième Étoile (Lucien Jean-Baptiste, France, 2017).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
830 (1)-min  830 (2)-min
Pipriac (Ille-et-Vilaine), photo de Philippe de Jonckheere, 10 avril 2011 / Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 9 avril 2012
              Poil et plume. Il n’y a pas de meilleure preuve de l’imperfection du monde que les coiffeurs qui vous font la conversation.” (Dominique Noguez, Pensées bleues : aphorismes)
830 (4)-min
Dominique Noguez (12 septembre 1942 – 15 mars 2019) au Colloque des Invalides (Paris), photo de l’auteur, 31 octobre 2008
Bon dimanche,
Philippe DIDION

10 mars 2019 – 829

MERCREDI.
                  Éphéméride. “6 mars [1951] .”Dot, Francis et moi avons passé la matinée à nettoyer et à organiser les placards. Il nous a fallu plus d’une demi-heure pour marcher jusqu’à l’auberge, en sueur sous la chaleur. Épuisée mais ne voulant pas que Dot s’attelle toute seule au dîner, j’ai essayé de l’aider un peu à la cuisine, jusqu’à ce que Francis nous prie de nous reposer pour ne pas nous rendre malades. J’étais très déprimée, comme lui.” (Katherine Biddle, Journal 1940-1970)
                  Lecture. Les Chemins de la haine (Long Way Home, Eva Dolan, 2014 pour l’édition originale, Liana Levi, 2018 pour la traduction française, rééd. Points Policier P 4918, 2019 ; traduit de l’anglais par Lise Garond ; 528 p,, 8,30 €).
                               Quand il est passé, à la rentrée de septembre, de RTL à Europe 1, l’excellent Bernard Poirette a emporté avec lui sa chronique hebdomadaire consacrée au roman policier. Elle s’appelait « C’est à lire », aujourd’hui, c’est « Le polar de Poirette » mais le contenu n’a pas changé. Poirette s’y montre souvent de bon conseil, mais il n’est pas infaillible. On peut se demander ce qui a suscité son enthousiasme devant ces Chemins de la haine, chroniqués en février dernier. Eva Dolan imagine une enquête sur la mort d’un travailleur clandestin étranger brûlé vif dans l’abri de jardin qui lui servait de refuge. L’histoire se passe dans une ville de province, Peterborough, qui rassemble tous les aspects sinistres de l’Angleterre d’aujourd’hui : immigration, racisme, délinquance, violence, chômage, pauvreté, aucun personnage n’est épargné par l’un de ces fléaux, à part les deux enquêteurs. C’est vite caricatural, et c’est vite répétitif, filandreux, long, beaucoup trop long. Samedi, avouant à demi-mot son erreur, Poirette a dit que le deuxième roman d’Eva Dolan, qui vient de sortir, était de loin supérieur au premier. On ne demande qu’à le croire.
VENDREDI.
                  Vie en raccourci. Dans le 7 heures 43, une gendarme de la brigade cynophile envoie son molosse baveux renifler mon cartable. De retour at home, je trouve au courrier une lettre de la mutuelle dont je dépends m’invitant à un “forum séniors”. Le matin, je suis un jeune drogué, le soir, un vieillard. Ça va vite.
                  Lecture. L’Été circulaire (Marion Brunet, Albin Michel, 2018; 270 p., 18 €).
                                Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Pointures.

829-min  829 (2)-min

Salins-les-Bains (Jura), photo de Jean-Damien Poncet, 21 août 2017 / Le Havre (Seine-Inférieure), photo du même, 19 mai 2018
SAMEDI.
              Films vus. Le Garde du corps (François Leterrier, France, 1984)
                               The Passenger (Jaume Collet-Serra, France – É.-U., 2018)
                               L’Extravagant Mr. Ruggles (Ruggles of Red Gap, Leo McCarey, É.-U., 1935)
                               Les Aventures de Spirou et Fantasio (Alexandre Coffre, France – Belgique, 2018)
                               Libre comme le vent (Saddle the Wind, Robert Parrish, É.-U., 1958)
                               Carnivores (Jérémie & Yannick Renier, France – Belgique, 2018)
                               Rain Man (Barry Levinson, É.-U., 1988).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
829 (1)-min  829 (3)-min
Pipriac (Ille-et-Vilaine), photo de Philippe de Jonckheere, 10 avril 2011 / Paris (Seine), rue René-Boulanger, photo de Sylvie Mura, 17 septembre 2016
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 18 janvier 2018. 56 km. (33508 km).
829 (5)-min
331 habitants

   Je me dépêche, il fait un temps exécrable et je ne veux pas m’attarder ici, je connais trop de monde. Je travaillerai à partir des photos, elles aussi prises à la hâte. Résultat : l’une est floue et rend les noms difficiles à lire et à retranscrire, source d’erreurs possibles. Le monument est sur le côté de l’église, en surplomb de la rue qui descend vers la Mairie. Les ogives d’obus, habituellement au sol, sont ici sur une corniche qui sépare la base de la flèche.

829 (4)-min

Aux enfants

de

Rehaincourt

Morts

Pour la France

Pro Deo

Et Patria

Semper

   Droite :

1916

HUMBERT Georges

?OINE Alphonse

NOLL Auguste

TERRAUX Jean

1917

MOREL Georges

PIERRON Xavier

VOITOT Auguste

1918

BROCART Paul

COSSERAT Émile

MICHEL Delphin

ROL Hyacinthe

VARRIER Charles

   Gauche :

1914

BRABAN Jacques

LAURENT Antoine

ROCHET Paul

1915

ANTOINE Léon

BOURGON Émile

CHOLEZ Aimé

DANYS Henri

GORIDAT Joseph

JACQUETTE Maximilien

MOREL Paul

THOMAS Henri

VILLAUME Henri

   Plus bas dans le village, un monument plus massif et plus récent rappelle un épisode tragique de la Seconde Guerre mondiale qui fit l’objet d’un ouvrage sur lequel j’eus pour la première fois le plaisir de lire mon nom imprimé (j’en avais seulement corrigé les épreuves) : Rehaincourt septembre 1944 – Mai 1945 : Chronique d’une population déchirée (Christian Remy, Imprima, 1995).

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              Poil et pellicule.

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Joy (David O. Russell, É.-U., 2015)

Bon dimanche,
Philippe DIDION

3 mars 2019 – 828

LUNDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Douglas Kennedy, Cet instant-là, Pocket, 2013.

MERCREDI.

Éphéméride.

Je 27.2.1992

Le brouillard se dissipe vers midi et laisse place au soleil. Toujours à chercher un prolongement aux trois pages du chapitres deux. La tâche est d’une rudesse extrême. Je suis contre la muraille, pèse de toutes mes forces, suis tenté, continuellement, d’arrêter, de souffler et dois lutter aussi contre la tentation. Je remplirai, assez tard, une page et demie peu prometteuse.

Jacques Réda m’appelle en début d’après-midi. Le manuscrit que j’avais adressé à Pascal Quignard – le rapport mortel que mon père a cru devoir instaurer entre nous – sera publié à l’automne.” (Pierre Bergounioux, Carnet de notes 1991-2000)

JEUDI.

Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Tatiana de Rosnay, Le Cœur d’une autre, Le Livre de poche, 2009.

Lecture. Au Rendez-vous des Mariniers (Frédéric Vitoux, Fayard, 2016, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche n° 35206; 360 p., 7,40 €).

Installé sur un quai de l’île Saint-Louis, à Paris, le café-restaurant Au Rendez-vous des Mariniers fut actif de 1904 à 1953, gouverné par trois propriétaires successifs. Frédéric Vitoux, qui a toujours habité le quartier, entreprend d’en raconter l’histoire. Le projet est plus qu’intéressant puisqu’il se trouve que l’établissement a été fréquenté par plusieurs écrivains plus ou moins renommés. L’enquête de Frédéric Vitoux prend comme support les témoignages oraux des rares survivants de l’époque, les photographies et les écrits. La mention du café dans un roman, dans un journal ou, plus fréquemment, dans une lettre l’amène à rechercher en quelles circonstances son auteur a pu connaître ce café. Il y a dans tout cela plus de doutes que de certitudes et Vitoux n’hésite pas à supposer, à imaginer, à rêver pourquoi et comment Jean de La Ville de Mirmont, Dos Passos, Hemingway, Malraux, Cendrars et d’autres ont atterri dans cet établissement. L’exercice est plaisant, donnant lieu entre autres à un très bon chapitre sur Simenon, un marinier d’expérience. Le style est châtié, Frédéric Vitoux, n’est-ce pas, “de l’Académie française”, a un rang à tenir, il ne va pas nous faire une vie imaginaire à la Pierre Michon. Dommage que le tableau soit terni par la complaisance dont l’auteur fait preuve face aux positions de Drieu La Rochelle pendant l’Occupation – mais au moins celles-ci sont évoquées, alors que le passé de collaborateur de Ramon Fernandez est totalement passé sous silence.

VENDREDI.

Lecture. Revue des Deux Mondes, mai 2017 (192 p., 15 €).

“L’écrivain face au pouvoir”

Le cabinet de curiosités du notulographe. Vitalité du petit commerce à Chambon-sur-Voueize (Creuse), photos de l’auteur 7 août 2013.

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SAMEDI.

Films vus. Tulip Fever (Justin Chadwick, R.-U. – É.-U., 2017)

À l’heure des souvenirs (The Sense of an Ending, Ritesh Batra, R.-U., 2017)

Quatre garçons dans le vent (A Hard Day’s Night, Richard Lester, R.-U., 1964)

The Secret Man – Mark Felt (Mark Felt : The Man Who Brought Down the White House, Peter Landesman, É.-U., 2017)

Total Recall (Paul Verhoeven, É.-U., 1990)

Le Retour du héros (Laurent Tirard, France – Belgique, 2018)

Docteur Folamour, ou : Comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr. Strangelove or : How I Learned to Stop Worrying  and Love the Bomb, Stanley Kubrick, É.-U. – R.-U., 1964).

L’Échange des princesses (Marc Dugain, France-Belgique, 2017).

              Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 4400 salons, atteint le 20 juillet 2018.

Bilan géographique.    

Classement général par pays.

  1. France : 3 666 (+ 80)
  2. Espagne : 169 (=)
  3. Royaume-Uni : 86 (+ 4)
  4. Belgique : 62 (+ 3)
  5. Italie : 51 (=)
  6. États-Unis : 45 (=)
  7. Portugal : 37 (=)
  8. Danemark : 34 (=)
  9. Allemagne : 30 (=)
  10. Suisse : 29 (+ 3)

Pas de changement en tête. À l’étranger, c’est l’Irlande qui fait le meilleur score avec 7 salons, passant de la 28e à la 18e place.

Classement général par régions (France).

1. Rhône-Alpes : 647 (+ 2)
2. Île-de-France : 577 (+ 22)
3. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 283 (+ 2)
“. Languedoc-Roussillon : 283 (+ 4)
5. Lorraine : 275 (+ 4)
6. Midi-Pyrénées : 222 (=)
7. Bretagne 158 : (+ 17)
8. Pays de la Loire : 147 (+ 6)
9. Bourgogne : 135 (+ 1)
10. Centre : 126 (+ 2)

Le Languedoc-Roussillon rejoint PACA sur le podium mais la Lorraine reste en embuscade.

Classement général par départements (France).

  1. Seine (Paris) : 465 (+ 19)
  2. Rhône : 326 (=)
  3. Vosges : 155 (+ 3)
  4. Loire-Atlantique : 112 (+ 1)
  5. Pyrénées-Orientales : 92 (=)
  6. Loire : 91 (=)
  7. Meurthe-et-Moselle : 85 (+ 1)
  8. Alpes-Maritimes : 76 (=)
  9. Hérault : 75 (+ 4)
  10. Bouches-du-Rhône : 74 (+ 2)

L’Hérault revient dans le top 10 aux dépens de la Saône-et-Loire. 14 salons de mieux pour l’Ille-et-Vilaine qui gagne 10 places (24e).

Classement général par communes.

1. Paris : 465 (+ 19)
2. Lyon : 150 (+ 1)
3. Nantes : 58 (+ 1)
4. Barcelone : 55 (=)
5. Nancy : 48 : (+ 1)
6. Épinal : 43 (+ 2)
7. Nice : 36 (=)
8. Marseille : 31 (+ 2)
9. Copenhague : 24 (=)
“. Villeurbanne : 24 (=)

Pas de changement dans le top 10 mais Le Havre (+ 7), Strasbourg (+ 4) et Toulouse (=), qui comptent 22 salons, sont à ses portes. Saint-Malo fait la bonne opération de cette centaine avec 13 salons de mieux sur un total de 16 et un bond de la 230e à la 19e place.

Bilan humain.

Nous nous étions arrêtés à la 30e place. Poursuivons notre exploration des étages inférieurs.

31. Sibylline : 18 (=)
32. Élisabeth Chamontin : 12 (=)
33. Lucie Didion : 12 (=)
34. Clotilde Eav : 12 (=)
35. Alain Zalmanski : 10 (+ 1)
36. Damien Didier-Laurent : 10 (=)
37. François Bon : 9 (=)
38.Denis Garcia : 8 (=)
“. Vincent Garcia : 8 (=)
“. Thierry Vohl : 8 (=)

Étude de cas. Exotisme à portée de séchoir.

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Paris (Seine), avenue Stephen-Pichon, photo de Jean-Damien Poncet, 24 avril 2016 / idem, boulevard Davout, photo de Jean-Christophe Soum-Fontez, 6 décembre 2016

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Marseille (Bouches-du-Rhône), photo de Jean-Damien Poncet, 29 décembre 2016 / Lyon (Rhône), photo de Marc-Gabriel Malfant, 13 février 2017

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 14 janvier 2018. 51 km. (33452 km).

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   88 habitants

   Le monument commun aux villages de Madegney et de Regney et décrit le 11 novembre 2013 a changé de place. Précédemment situé au cœur du cimetière, il est maintenant sur le côté de l’église Saint-Martin.

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              Poil et pellicule.

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Le Nouveau Stagiaire (The Intern, Nancy Meyers, É.-U., 2015)

Bon dimanche,

Philippe DIDION