31 mars 2019 – 832

LUNDI.
           Lecture. La Vérité sort de la bouche du cheval (Meryem Alaoui, Gallimard, 2018; 272 p., 21 €).
                         Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
MARDI.
            Lecture. Trouble dans les andains (Boris Vian, La Jeune Parque, 1966, rééd. in « Œuvres romanesques complètes I », Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 562, 2010; 1312 p., 57,50 €).
                          Comme le Conte de fées à l’usage des moyennes personnes, ce texte était à l’origine destiné à un public restreint, amical et familial. Sa publication posthume intéressera ceux qui souhaitent voir à quel point Napoléon perçait sous Bonaparte, autrement dit déceler dans ces pages de potache la promesse de l’œuvre à venir. Pour l’instant, Vian fait ses gammes, à l’ombre de l’Almanach Vermot et de L’Os à moelle, il aligne les jeux de mots et les galipettes verbales, il est doué pour ce sport, c’est indéniable. Notons la présence, parmi les protagonistes de l’histoire, de Jacques Loustalot, alias le Major, personnage important de la jeunesse de Vian partant ici à la recherche d’un objet imaginaire nommé, ça ne s’invente pas, “le barbarin fourchu”.
MERCREDI.
                  Lecture. Europe n° 1039-1040 (novembre-décembre 2015; 352 p., 20 €).
                                Les frères Goncourt – Jules Renard – Remy de Gourmont.
                  Vie littéraire. Je reçois mes exemplaires d’Espis, un nouveau Lourdes ?, réédition de deux textes de Gengenbach, fruit d’un travail de longue haleine accompli en compagnie de Marc-Gabriel Malfant, éditeur du volume. Cela fait plus d’un an en effet que j’en ai rédigé la présentation mais la recherche des textes remonte à plus loin encore. Il avait fallu remettre la main sur une thèse qui contenait une lettre du surréaliste vosgien, thèse perdue, introuvable – et qui se trouvait quasiment sous mon nez. Malfant avait, de son côté déniché, là aussi presque par miracle, sur une édition d’Espis, parue à compte d’auteur en 1949. Il a fallu ensuite composer le texte, l’imprimer, lire et relire maintes fois des épreuves où les coquilles semblaient renaître aussitôt la liasse reposée. Il y a un mois, les cinq cents exemplaires sortirent des presses… pour être mis instantanément au pilon : les notes avaient sauté, la force satanique du vieil Ernest avait encore frappé. Les exemplaires ordinaires attendent encore une jaquette et nous pourrons enfin souffler.
                  Éphéméride. “27. III. 70
Mon Cher Pia,
La biographie et les O[euvres] C[omplètes] en fac-similé doivent sortir en même temps, le 15 avril.
Les O[euvres] C[omplètes] seront livrées à la T[able] R[onde] le lundi 6. Je vous les ferai porter le plus vite possible.
Je pense qu’Hubert Juin veut faire qque chose dans le “Magazine” (il rentre à Paris le 1er avril mais Brochier est peut-être au courant ?).
Je n’ai pas vu Nadeau. J’ai remis ma note (déjà parue) à Erval. Il ne m’a parlé de rien. Peut-être Nadeau  a-t-il envie d’y jeter un coup d’œil, je n’en sais rien.
Brrr…
… Queneau vous a-t-il en fin de compte donné ses érotica ? Il faudrait normalement commencer à demander ou à forcer les autorisations le 15 avril. Ce ne sont pas les représentants Hachette qui vendront ce livre, mais sans doute d’autres, plus sérieux, qui demandent un “matériel” de vente assez vite pour ne pas rater leur coup (si j’ose dire).
Je vais m’attaquer aux biographies d’Allais et de Raymond Roussel. Sauvagement.
Bien amicalement
Fr. Caradec”
(François Caradec & Pascal Pia, Correspondance 1957-1979)
JEUDI.
          Vie automobile. Nous prenons possession de notre nouvelle auto. J’ai hâte de cingler à son bord vers des monuments aux morts encore inconnus de l’IPAD. Depuis la création de ce chantier, j’ai bien dû crever quatre ou cinq véhicules, ce devrait être facile à vérifier car ils apparaissent de temps en temps sur les photos des pancartes derrière lesquelles je me suis garé. Le kilométrage est soigneusement noté : j’en suis à 34 000 kilomètres parcourus. J’en étais à 33 000 lorsque j’ai présenté, l’an dernier, l’IPAD dans un article de revue. Plusieurs lecteurs s’étaient alors émus devant la quantité de carburant utilisée à ces fins futiles, devant l’argent dépensé, la pollution occasionnée par mes facéties. Maintenant, que se serait-il passé si l’envie m’avait pris d’effectuer, en lieu et place de ces pérégrinations stériles, un beau voyage à l’autre bout du monde ? J’aurais pris un vol pour Melbourne, loué sur place un gros véhicule tout-terrain pour partir à la découverte du bush, j’aurais pris soin, précédemment, de me munir d’un téléphone de poche dernier cri avec lequel j’aurais inondé des réseaux plus ou moins sociaux de photos et vidéos exotiques et je serais rentré couvert de “likes” sans que personne n’ait l’idée de me chercher des poux dans la tonsure au sujet des 40 000 bornes que j’aurais parcourues. Les kilomètres n’ont pas la même valeur, selon qu’ils vous séparent des kangourous de l’hémisphère sud ou des défunts Poilus de Circourt-sur-Mouzon.
VENDREDI.
                  Obituaire. “Je me souviens qu’Agnès Varda était photographe au T.N.P.” (Georges Perec, Je me souviens).
                 Le cabinet de curiosités du notulographe. Présence de Clet Abraham (ou de ses émules) sur les trottoirs de Paris (Seine), photos de l’auteur.

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place Jean-Baptiste-Clément, rue de Dunkerque, rue de l’Épée-de-Bois, 26 août 2017 / rue du Château-Landon, 23 décembre 2015
SAMEDI.
              Films vus. Viva la vie (Claude Lelouch, France, 1984)
                               Détective (Jean-Luc Godard, France – Suisse, 1985)
                               Garde alternée (Alexandra Leclère, France, 2017)
                               Passion (Brian De Palma, France – Allemagne, 2012)
                               Le Passage du Rhin (André Cayatte, France – Italie – R.F.A., 1960)
                               Le Plus Beau Jour de ma vie (Julie Lipinski, France – Belgique, 2004)
                               L’Œil écarlate (Dominique Roulet, France 1993).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Vincennes (Val-de-Marne), photo de Philippe de Jonckheere, 11 avril 2011 / Montrouge (Hauts-de-Seine), photo de Pierre Cohen-Hadria, 24 août 2015
              Poil et plume. “Ses cheveux sautant dans la boutique du coiffeur, c’est vraiment la première chose qui me vienne à l’esprit avec quelque force. Nous allions chez le coiffeur, en général, après deux enregistrements, c’est-à-dire tous les quinze jours, en sortant de l’école. Le coiffeur avait sa boutique au coin de Broadway et de la 108e Rue : elle s’y nichait “vertement” (hum… il est temps d’arrêter ça !) entre un restaurant chinois et une épicerie fine. Si nous avions oublié de déjeuner ou, chose plus probable, si nous avions perdu notre déjeuner quelque part, nous achetions parfois pour quinze cents de salami et quelques pickles; nous mangions tout cela sur le fauteuil du coiffeur, en attendant que nos cheveux commencent à tomber. Les coiffeurs s’appelaient Mario et Victor. Ils ont dû mourir, depuis si longtemps que je ne les ai revus, d’un excès d’ail, ce qui est la cause de mortalité la plus répandue parmi les coiffeurs de New York.” (J.D. Salinger, Seymour, une introduction)
Bon dimanche,
Philippe DIDION
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