28 avril 2019 – 835

MERCREDI.

Éphéméride.

À Edmond et Jules de Goncourt

“Croisset, 24 avril [1860]

Ci-inclus 1° une lettre pour M. Jules Cloquet; 2° une lettre pour le d[octeur] Dumont.

Je suis convaincu que ces deux Esculapes (style Prudhomme) vous recevront très bien.

De plus, j’ai parlé de vous au docteur Forget qui demeure rue de Trévise 8, 18 ou 28 ? (car j’ai perdu son adresse) et vous pouvez vous présenter chez lui, si vous n’obtenez pas, de mes deux amis, les renseignements désirables.

Adieu, mille cordialités, bonne pioche et pas trop d’emmerdements.

À vous.

Dites-moi si vous avez besoin d’une lettre pour un médecin de l’hôpital Saint-Antoine.” (Gustave Flaubert, Correspondance)

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Reliques de saint Crépin en terre limousine, photos de l’auteur.

835-min  835 (6)-min

Guéret (Creuse), 25 juillet 2017 / Ussel (Corrèze), 29 juillet 2017

SAMEDI.

Films vus. L’Amour avec des si (Claude Lelouch, France, 1964)*

La Petite Prairie aux bouleaux (Marceline Loridan-Ivens, France – Allemagne – Pologne, 2003)

Douze hommes en colère (12 Angry Men, Sydney Lumet, – É.-U., 1957)

La Tribu (Yves Boisset, France, 1991)

Le Voyage en douce (Michel Deville, France, 1980)

Le Fauve est lâché (Maurice Labro, France, 1959).

* Où l’on peut voir, dans une courte séquence, I Brutos, groupe italien de comiques grimaçants au sein duquel officiait Aldo Maccione – sa célèbre démarche chaloupée faisait déjà partie du personnage. Maccione devait retrouver Lelouch quelques années plus tard dans L’Aventure c’est l’aventure.

Lecture. Les Enchanteurs (Romain Gary, Gallimard, 1973, rééd. in « Romain Gary – Émile Ajar, Légendes du je », Gallimard, coll. Quarto, édition établie et présentée par Mireille Sacotte; 1428 p., 29,90 €).

J’ai essayé de finir ce livre hier soir – ou plutôt ce matin – mais je revenais d’une java carabinée, les lignes dansaient la gigue, les mots disparaissaient et se mélangeaient sans prévenir. Je l’ai repris aujourd’hui. Une gueule de bois de plusieurs stères m’empêche d’en faire un compte rendu circonstancié. C’est en tout cas un livre magnifique, ce que Gary a fait de mieux au moins sous son nom.

   Invent’Hair, bilan d’étape. Bilan établi au stade de 4 500 salons, atteint le 12 août 2018.

Bilan géographique.        

Classement général par pays.

  1. France : 3 739 (+ 73)
  2. Espagne : 169 (=)
  3. Royaume-Uni : 86 (=)
  4. Belgique : 69 (+ 7)
  5. Italie : 53 (+ 2)
  6. États-Unis : 45 (=)
  7. Portugal : 37 (=)
  8. Danemark : 34 (=)
  9. Allemagne : 30 (=)
  10. Suisse : 29 (=)

Hors de France, c’est l’Irlande qui fait la meilleure opération avec 13 salons de mieux, ce qui porte son total à 22 et l’amène à la 11e place du classement. Deux nouveaux pays apparaissent  : les Émirats arabes unis et la Slovénie.

Classement général par régions (France).

  1. Rhône-Alpes : 654 (+ 7)
  2. Île-de-France : 582 (+ 5)
  3. Languedoc-Roussillon : 305 (+ 22)
  4. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 287 (+ 4)
  5. Lorraine : 276 (+ 1)
  6. Midi-Pyrénées : 223 (+ 1)
  7. Bretagne 167 : (+ 9)
  8. Pays de la Loire : 150 (+ 3)
  9. Bourgogne : 138 (+ 3)
  10. Centre : 129 (+ 3)

Le meilleur score de la centaine est pour le Languedoc-Roussillon, ce qui lui permet de décrocher PACA. 19 régions sur 27 progressent.

Classement général par départements (France).

1. Seine (Paris) : 469 (+ 4)
2. Rhône : 330 (+ 4)
3. Vosges : 155 (=)
4. Loire-Atlantique : 115 (+ 3)
5. Pyrénées-Orientales : 92 (=)
6. Loire : 91 (=)
7. Meurthe-et-Moselle : 85 (=)
8. Hérault : 77 (+ 2)
9. Alpes-Maritimes : 76 (=)
“. Bouches-du-Rhône : 76 (+ 2)
“. Gard : 76 (+ 13)

L’Hérault dépasse les Alpes-Maritimes et le Gard entre dans le top 10.

Classement général par communes.

1. Paris : 469 (+ 4)
2. Lyon : 154 (+ 4)
3. Nantes : 59 (+ 1)
4. Barcelone : 55 (=)
5. Nancy : 48 : (=)
6. Épinal : 43 (=)
7. Nice : 36 (=)
8. Marseille : 31 (=)
9. Strasbourg 24 (+ 2)
“. Copenhague : 24 (=)
“. Villeurbanne : 24 (=)

Strasbourg arrive dans le top 10. Les belles prises de la centaine sont étrangères : Dublin (7), Dubaï et Turin (1).

Bilan humain.

Nous nous étions arrêtés à la 40e place. Poursuivons notre exploration des étages inférieurs.

41. Anonyme : 8 (+ 1)

“. Ronan Céron : 8 (=)

“. Patrick Chartrain : 8 (=)

“. Denis Cosnard : 8 (=)

“. Jean Prod’hom : 8 (=)

46. Patrick Flandrin : 7 (=)

“. Michèle Henné : 7 (=)

“. Yves Lambert : 7 (=)

“. Catherine Stavrinou : 7 (=)

“. Anne-Marie Émery : 7 (=)

Étude de cas. Faux salons, de plus ou moins bon goût, dénichés sur des réseaux divers.

835 (1)-min  835 (7)  835 (2)-min  

Facebook, transmis par Francis Pierre, 20 avril 2016 / idem, transmis par Suzanne Chapuis, 8 mars 2018 / Clémentine Mélois, transmis par Flavie Najean, 11 janvier 2015

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?, transmis par Alain Girard-Daudon, 30 janvier 2017 / ?, transmis par Jean-Christophe Soum-Fontez, 21 novembre 2018 / ?, 22 janvier 2017

Poil et plume. “D’abord se délivrer de la mode qui nous cache l’homme, le faire au saut du lit; donner à ses cheveux le mouvement naturel; et, pour cela, composer une des chevelures humaines. Il y a peut-être dix mouvements naturels des cheveux; il faudrait les étudier, les travailler d’avance, en marbre et en bronze; il y a les cheveux d’Homère, les cheveux de Cicéron, les cheveux de Septime Sévère.” (Alain, Préliminaires à l’esthétique)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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21 avril 2019 – 834

MARDI.
            Lecture. Les Refusés n° 19 (2017; 176 p., 10 €).
                          Dossier “L’Air du temps”
                          Contient une contribution du notulographe consacrée à l’Invent’Hair : “L’Hair du temps : visite de chantier”.
MERCREDI.
                  Lecture. Les Fils de la poussière (Synir duftsins, Arnaldur Indridason, 1997 pour l’édition originale, Métailié, coll. Bibliothèque nordique/Noir, 2018 pour la traduction française, traduit de l’islandais par Éric Boury; 304 p., 21 €).
                                Voici enfin traduit le premier polar d’Indridason, devenu depuis un des phares du polar nordique. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur n’y allait pas de main morte dans ce qui semble être une tentative de démolition dirigée contre son pays, l’Islande, et sa réputation de lieu préservé : drogue et violence y règnent comme au Chicago de la belle époque, et les multinationales profitent de son côté lointain et isolé pour s’adonner à des actions illégales. Tout cela est peut-être vrai mais manque un peu de finesse, comme le commissaire Erlendur, appelé à intervenir dans les autres romans d’Indridason. Il apparaît ici comme un butor efficace et devra attendre un peu avant de voir son caractère s’affirmer et s’affiner.
                  Éphéméride. 10 avril 1944
“L’Armée Rouge est entrée, le 8 avril, en Roumanie et en Tchécoslovaquie. Sa mission : pourchasser les armées allemande et roumaine jusqu’à leur déroute et leur capitulation complète.
Chant russe 
Sur des airs russes
Les Allemands sont perdus
Les nazis sont foutus
Goebbels est tout tordu
Et Goering est fondu.
L’armée rouge est partout
Hitler est aux cent coups
À forc’ de tirer d’sus
L’élastique s’est rompu.
***
Pour le Führer, en avant
En avant pour foutr’ le camp
Plus il en dégringolera
Moins il en rest’ra
Heil !” (Pierre Dac parle aux Français : Textes lus à la radio)
JEUDI.
          Vie morvandelle. Début d’un séjour champêtre dans le Haut-Morvan. Le hameau où nous atterrissons, Varin, commune d’Anost (Saône-et-Loire), abrite la maison de la nourrice de Francis Poulenc qui vint, paraît-il, passer ici ses vacances. Lieu perdu, comme on les aime, mais ça n’empêche pas le prestige. Je n’ai jamais écouté Francis Poulenc, ne l’ai peut-être même jamais entendu.
          Bestiolaire morvandiau. Identification d’une Punaise écuyère. C’est dire si la maison est bien tenue.
VENDREDI.
                  Vie morvandelle. Ravitaillement à Château-Chinon (Nièvre). J’en profite pour photographier l’Hôtel du Vieux Morvan (l’auvent du vieux mortel, Mitterrand oblige), un lieu où j’ai dormi en 1998.
                  Bestiolaire morvandiau. Identification d’un Méloé printanier et d’une Petite tortue.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Conjuguons nos efforts.
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Épinal (Vosges), photo de l’auteur, 29 décembre 2013 / Paris (Seine), rue Saint-Jacques, photo de Martine Sonnet, 15 juillet 2018
SAMEDI.
              Films vus. La Belle et la belle (Sophie Fillières, France, 2018)
                               Australia (Baz Luhrmann, R.-U. – Australie – É.-U., 2008)
                               Le Bonheur (Agnès Varda, France, 1965).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Montfrin (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Bruley (Meurthe-et-Moselle), photo de François Golfier, 11 juillet 2017
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 11 février 2018. 81 km. (33 731 km).
834 (5)-min
74 habitants

   Une stèle de fabrication récente se dresse devant l’église. Il faut déplacer une corbeille de végétaux (provenance : Baobab, à Mirecourt) pour lire les noms, en partie masqués.

834 (6)-min

1914-1918

Joseph DIDOT

Rémy DIDOT

Camille ST MICHEL

Georges ANTOINE

Georges MANGIN

              Poil et pellicule.

834-min
Marseille (Kad Merad, France, 2016)
              Vie morvandelle. Nous suivons la rive du lac des Settons, encore un lieu où j’ai dormi, jadis. Dans mon souvenir, nous campions dans un sous-bois, près du lac, et les gendarmes nous avaient délogés au bout de quelques jours. La récolte est maigre sur la plan ornithologique, à peine quelques grèbes huppés.
               Lecture. Mendiants et orgueilleux (Albert Cossery, Julliard, 1955 pour l’édition originale, rééd. Joëlle Losfeld, coll. Arcanes, 1999; 240 p., s.p.m.).
DIMANCHE.
                   Vie morvandelle. Reposons nos arpions fatigués et laissons la nouvelle auto nous conduire jusqu’à Saulieu (Côte-d’Or). En chemin, écoutons le “Concert champêtre” de Francis Poulenc, expérience moins redoutable que ce que je craignais. À Saulieu, on trouve d’autres animaux que le célèbre et défunt Loiseau, ceux sculptés par François Pompon, natif du lieu, rassemblés dans le petit musée qui lui est consacré. Où j’apprends, avec la satisfaction qu’on devine, que l’homme a aussi réalisé le monument aux morts de Cuy-Saint-Fiacre (Seine-Inférieure). Nous passons ensuite dans la Nièvre pour une halte littéraire à Alligny-en-Morvan. Poulenc, Pompon, c’est du hasard, on ne savait pas qu’ils avaient vu le jour ou vécu à quelques kilomètres de notre villégiature. Alligny, c’était prévu, souhaité car je savais de longue date que Jean Genet, placé par  l’Assistance publique, y avait passé son enfance. En septembre dernier, j’avais découvert, dans un film projeté à Guéret, le petit cimetière de Larache (Maroc) où il repose. Aujourd’hui, c’est la même émotion qui m’étreint en découvrant les lieux où tout a commencé : la maison des époux Régnier qui l’élevèrent, l’école voisine où il obtint son certificat d’études et où ses condisciples se nommaient Cullafroy, Querelle et Lefranc, le petit pont “à trois arches de pierre sur trois arches d’eau claire” évoqué dans Notre-Dame-des-Fleurs, l’église où il servit la messe, les rues, aujourd’hui désertes où il commit ses premiers larcins. “Je fus élevé dans le Morvan par des paysans. Quand je rencontre dans la lande des fleurs de genêt j’éprouve à leur égard une sympathie profonde”, dit la plaque dévoilée par Mitterrand (comment imaginer un de ses successeurs en ce lieu ?) en 1994.
LUNDI.
           Lecture. L’Arbre sur la rivière (Pierre Bergounioux, Gallimard, 1988; 204 p., 82 F).
                         Curieusement, c’est au moment où il s’apprête à abandonner le roman que Bergounioux donne son meilleur dans le genre. Toujours sous la forte influence de Faulkner, il ajoute ici, par rapport à ses titres précédents, une véritable dramaturgie qui touche parfois au suspense. Cette histoire de quatre garçons passant de l’enfance à l’âge adulte rassemble les thèmes connus de l’auteur et annonce quelques pages de La Mort de Brune et des Carnes de notes. On y trouve donc un Bergounioux connu, le peintre de la vie provinciale étouffante, l’observateur précis de la nature et des états d’âme, le pessimiste invétéré, mais aussi un écrivain d’action inattendu dans le récit, à couper le souffle, d’une escapade en DS le long de la Nationale 20.
MARDI.
            Vie morvandelle (fin). Nous regagnons les Vosges avec, pour ma part, la satisfaction du devoir accompli : les articles que je m’étais promis d’écrire sur place pour Jaligny (30e anniversaire du Prix René-Fallet) et pour Les Refusés (sur les papillons) sont quasiment bouclés et j’ai un peu de temps libre avant d’attaquer le prochain Bulletin Perec.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “17 avril [1950]. Comme on est bien, tout seul, ce soir, in the baraque. Radio, boulot et plénitude, pour une fois… Dormi toute la journée ? Celle-ci a commencé à 17 heures, heure française. Elle se terminera tard dans la nuit. Pourtant, pas un cul à se mettre sous la dent. Le R.C.P. joue la finale, beau 14 mai en perspective. Vive Fallet. J’ai repris la pièce. Elle se terminera, c’est ça qui est chouette. Et sera peut-être jouée, ce qui l’est encore plus.” (René Fallet, Carnets de jeunesse 3 : 9 septembre 1948 – 25 décembre 1950)
JEUDI.
          Lecture. Schnock n° 24 (La Tengo, septembre 2017; 176 p., 14,50 €).
                        Les Charlots.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Contrepèteries avec ou sans linge, Nancy (Meurthe-et-Moselle), photos de l’auteur.
834 (8)-min  834 (7)-min
10 septembre 2016 / 11 février 2016
SAMEDI.
              Lecture. Faune et flore du dedans (Blandine Fauré, Arléa, coll. 1er / mille, 2018; 208 p., 20 €).
                            Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
              Films vus. Jusqu’à la garde (Xavier Legrand, France, 2017)
                               Être (Fara Sene, France – Belgique, 2014)
                               La Belle Verte (Coline Serreau, France, 1996)
                               Partir, revenir (Claude Lelouch, France, 1985)
                               Normandie nue (Philippe Le Guay, France, 2018).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
843 (1)-min  843 (2)-min
Aramon (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Lourmarin (Vaucluse), photo de Bernard Gautheron, 15 juillet 2015
              Poil et plume. Un chant d’oiseau ou le cri d’un marchand d’habits me jettent dans d’autres pensées. Un soldat qui salue respecte. La perruque donne aussitôt le sérieux au magistrat; la coiffure et l’aigrette effacent tout sérieux dans une femme parée pour le bal; supposez-lui des cheveux pendants et une robe de chambre, elle pensera d’autre manière.” (Alain, Esquisses de l’homme)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

7 avril 2019 – 833

 N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 21 avril 2019.

DIMANCHE.
                      Lecture. Morts en eaux troubles (Cause of Death, Patricia Cornwell, G.P. Putnam’s Sons, 1996 pour l’édition originale, Le Masque, 1996 pour la traduction française, traduit de l’américain par Hélène Narbonne; rééd. in « Patricia Cornwell 2, Quatre romans », éditions du Masque, coll. Intégrales, 2001; 1240 p., s.p.m.).
Volume terminé, et c’est tant mieux, il reste un titre après celui-là, Mordoc, mais déjà lu en 2000. Les histoires mettant en scène Kay Scarpetta sont de moins en moins intéressantes et ce qui constituait leur nouveauté, le point de vue du personnage médecin légiste, est totalement éventé. Il reste des enquêtes poussives, agrémentées de considérations tartignoles sur les liens de Scarpetta avec son entourage familial, professionnel et sentimental. Il était temps que prenne fin cette plongée dans la littérature américaine de grande distribution.

MERCREDI.
                     Éphéméride.Trois avril [1978]

Que de morts enfouis et combien chèrement nous payons nos pauvres courtes joies. Trouvez-vous vraiment, mes frères, que ce monde soit bien fait, et n’est-il pas absurde que nous arrivions ici, en bas, sur cette terre, avec tant d’espoirs et de rires enfantins, que nous venions pour disparaître, que nous naissions pour mourir, que nos rires soient toujours pères des pleurs de demain, et que moi et toi soyons assurés, si assurés d’avance, d’une affreuse grimace à l’heure de notre mort, lorsque nos mains encore vivantes écarteront les draps, creuseront, grifferont nos poitrines pour en ôter la mort qui entre ?” (Albert Cohen, Carnets 1978)

JEUDI.
            Lecture. Les Déraisons (Odile d’Oultremont, É ditions de l’Observatoire/ Humensis, 2018; 224 p., 18 €).
Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.

VENDREDI.
                    Lecture. À la demande générale (André Blanchard, Le Dilettante, 2013; 256 p., 18 €).
Carnets 2009-2011.
“En ces temps où donner ses coordonnées tient du réflexe, et de ces réflexes que les marchands savent exciter, le prestige, c’est d’être injoignable.”
Si l’on m’avait dit un jour que j’en arriverais à citer, sans pouffer, une phrase de Blanchard… Même si, pour l’occasion, je préfère parler de confort que de privilège.

                   Le cabinet de curiosités du notulographe. Aperçu d’une collection de cocottes.

833-min  833 (2)-min  833 (1)-minFontenay (Vosges), document Françoise Cuenin, septembre 2018 / Épinal (Vosges), photo de l’auteur, 16 février 2016 / Ahun (Creuse), photo du même, 2 août 2014

SAMEDI.
                Films vus. La Revanche d’une blonde (Legally Blonde, Robert Luketic, É.-U., 2001)
                                   La Pointe-Courte (Agnès Varda, France, 1955)
                                   Le Château des amants maudits (Beatrice Cenci, Riccardo Freda, France – Italie, 1956)
                                   Les Sorcières de Salem (Raymond Rouleau, France – R.D.A., 1957)
                                   Le Chat à neuf queues (Il gatto a nove code, Dario Argento, Italie – France – R.F.A., 1971)
                                   Platoon (Oliver Stone, É.-U. – R.-U, 1986)*
                                   Coup dur chez les mous (Jean Loubignac, France, 1956).

* Qui bénéficie d’un joli carton en guise d’image finale :

833 (8)-min
                L’Invent’Hair perd ses poils.

833 (4)-min  833 (3)-minRemoulins (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Pourrain (Yonne), photo de Bernard Cattin, 16 avril 2017

               IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 4 février 2018. 88 km. (33 650 km).

833 (6)-min
215 habitants

   Le monument se trouve dans la rue qui mène à la Mairie, au centre d’un parterre planté de rosiers situé derrière un portail métallique. Métallique aussi la chaîne à gros maillons qui l’entoure. À ses pieds la gerbe du 11-novembre dans laquelle seule une branche de sapin a survécu. Coulés dans le sol, des spots pour l’éclairage électrique. Les noms sont inscrits sur des plaques de marbre blanc.

833 (7)-min

Relanges

À ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

PROTOIS Charles

MICHEL Hubert

AUBERTIN Albert

SUPRIN Eugène

AUBERTIN Eugène

MORQUIN Ernest

SUPRIN Émile

PROTOIS Henri

AUBERTIN Émile

La neige tombe et mouille mon papier qui va devenir illisible si je poursuis. J’arrête là.

               Poil et pellicule.

833 (5)-min
                                            Un + une (Claude Lelouch, France, 2015)

Bon dimanche,

Philippe DIDION