21 avril 2019 – 834

MARDI.
            Lecture. Les Refusés n° 19 (2017; 176 p., 10 €).
                          Dossier “L’Air du temps”
                          Contient une contribution du notulographe consacrée à l’Invent’Hair : “L’Hair du temps : visite de chantier”.
MERCREDI.
                  Lecture. Les Fils de la poussière (Synir duftsins, Arnaldur Indridason, 1997 pour l’édition originale, Métailié, coll. Bibliothèque nordique/Noir, 2018 pour la traduction française, traduit de l’islandais par Éric Boury; 304 p., 21 €).
                                Voici enfin traduit le premier polar d’Indridason, devenu depuis un des phares du polar nordique. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’auteur n’y allait pas de main morte dans ce qui semble être une tentative de démolition dirigée contre son pays, l’Islande, et sa réputation de lieu préservé : drogue et violence y règnent comme au Chicago de la belle époque, et les multinationales profitent de son côté lointain et isolé pour s’adonner à des actions illégales. Tout cela est peut-être vrai mais manque un peu de finesse, comme le commissaire Erlendur, appelé à intervenir dans les autres romans d’Indridason. Il apparaît ici comme un butor efficace et devra attendre un peu avant de voir son caractère s’affirmer et s’affiner.
                  Éphéméride. 10 avril 1944
“L’Armée Rouge est entrée, le 8 avril, en Roumanie et en Tchécoslovaquie. Sa mission : pourchasser les armées allemande et roumaine jusqu’à leur déroute et leur capitulation complète.
Chant russe 
Sur des airs russes
Les Allemands sont perdus
Les nazis sont foutus
Goebbels est tout tordu
Et Goering est fondu.
L’armée rouge est partout
Hitler est aux cent coups
À forc’ de tirer d’sus
L’élastique s’est rompu.
***
Pour le Führer, en avant
En avant pour foutr’ le camp
Plus il en dégringolera
Moins il en rest’ra
Heil !” (Pierre Dac parle aux Français : Textes lus à la radio)
JEUDI.
          Vie morvandelle. Début d’un séjour champêtre dans le Haut-Morvan. Le hameau où nous atterrissons, Varin, commune d’Anost (Saône-et-Loire), abrite la maison de la nourrice de Francis Poulenc qui vint, paraît-il, passer ici ses vacances. Lieu perdu, comme on les aime, mais ça n’empêche pas le prestige. Je n’ai jamais écouté Francis Poulenc, ne l’ai peut-être même jamais entendu.
          Bestiolaire morvandiau. Identification d’une Punaise écuyère. C’est dire si la maison est bien tenue.
VENDREDI.
                  Vie morvandelle. Ravitaillement à Château-Chinon (Nièvre). J’en profite pour photographier l’Hôtel du Vieux Morvan (l’auvent du vieux mortel, Mitterrand oblige), un lieu où j’ai dormi en 1998.
                  Bestiolaire morvandiau. Identification d’un Méloé printanier et d’une Petite tortue.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Conjuguons nos efforts.
834 (2)-min  834 (1)-min
Épinal (Vosges), photo de l’auteur, 29 décembre 2013 / Paris (Seine), rue Saint-Jacques, photo de Martine Sonnet, 15 juillet 2018
SAMEDI.
              Films vus. La Belle et la belle (Sophie Fillières, France, 2018)
                               Australia (Baz Luhrmann, R.-U. – Australie – É.-U., 2008)
                               Le Bonheur (Agnès Varda, France, 1965).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
834 (3)-min  834 (4)-min
Montfrin (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Bruley (Meurthe-et-Moselle), photo de François Golfier, 11 juillet 2017
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 11 février 2018. 81 km. (33 731 km).
834 (5)-min
74 habitants

   Une stèle de fabrication récente se dresse devant l’église. Il faut déplacer une corbeille de végétaux (provenance : Baobab, à Mirecourt) pour lire les noms, en partie masqués.

834 (6)-min

1914-1918

Joseph DIDOT

Rémy DIDOT

Camille ST MICHEL

Georges ANTOINE

Georges MANGIN

              Poil et pellicule.

834-min
Marseille (Kad Merad, France, 2016)
              Vie morvandelle. Nous suivons la rive du lac des Settons, encore un lieu où j’ai dormi, jadis. Dans mon souvenir, nous campions dans un sous-bois, près du lac, et les gendarmes nous avaient délogés au bout de quelques jours. La récolte est maigre sur la plan ornithologique, à peine quelques grèbes huppés.
               Lecture. Mendiants et orgueilleux (Albert Cossery, Julliard, 1955 pour l’édition originale, rééd. Joëlle Losfeld, coll. Arcanes, 1999; 240 p., s.p.m.).
DIMANCHE.
                   Vie morvandelle. Reposons nos arpions fatigués et laissons la nouvelle auto nous conduire jusqu’à Saulieu (Côte-d’Or). En chemin, écoutons le “Concert champêtre” de Francis Poulenc, expérience moins redoutable que ce que je craignais. À Saulieu, on trouve d’autres animaux que le célèbre et défunt Loiseau, ceux sculptés par François Pompon, natif du lieu, rassemblés dans le petit musée qui lui est consacré. Où j’apprends, avec la satisfaction qu’on devine, que l’homme a aussi réalisé le monument aux morts de Cuy-Saint-Fiacre (Seine-Inférieure). Nous passons ensuite dans la Nièvre pour une halte littéraire à Alligny-en-Morvan. Poulenc, Pompon, c’est du hasard, on ne savait pas qu’ils avaient vu le jour ou vécu à quelques kilomètres de notre villégiature. Alligny, c’était prévu, souhaité car je savais de longue date que Jean Genet, placé par  l’Assistance publique, y avait passé son enfance. En septembre dernier, j’avais découvert, dans un film projeté à Guéret, le petit cimetière de Larache (Maroc) où il repose. Aujourd’hui, c’est la même émotion qui m’étreint en découvrant les lieux où tout a commencé : la maison des époux Régnier qui l’élevèrent, l’école voisine où il obtint son certificat d’études et où ses condisciples se nommaient Cullafroy, Querelle et Lefranc, le petit pont “à trois arches de pierre sur trois arches d’eau claire” évoqué dans Notre-Dame-des-Fleurs, l’église où il servit la messe, les rues, aujourd’hui désertes où il commit ses premiers larcins. “Je fus élevé dans le Morvan par des paysans. Quand je rencontre dans la lande des fleurs de genêt j’éprouve à leur égard une sympathie profonde”, dit la plaque dévoilée par Mitterrand (comment imaginer un de ses successeurs en ce lieu ?) en 1994.
LUNDI.
           Lecture. L’Arbre sur la rivière (Pierre Bergounioux, Gallimard, 1988; 204 p., 82 F).
                         Curieusement, c’est au moment où il s’apprête à abandonner le roman que Bergounioux donne son meilleur dans le genre. Toujours sous la forte influence de Faulkner, il ajoute ici, par rapport à ses titres précédents, une véritable dramaturgie qui touche parfois au suspense. Cette histoire de quatre garçons passant de l’enfance à l’âge adulte rassemble les thèmes connus de l’auteur et annonce quelques pages de La Mort de Brune et des Carnes de notes. On y trouve donc un Bergounioux connu, le peintre de la vie provinciale étouffante, l’observateur précis de la nature et des états d’âme, le pessimiste invétéré, mais aussi un écrivain d’action inattendu dans le récit, à couper le souffle, d’une escapade en DS le long de la Nationale 20.
MARDI.
            Vie morvandelle (fin). Nous regagnons les Vosges avec, pour ma part, la satisfaction du devoir accompli : les articles que je m’étais promis d’écrire sur place pour Jaligny (30e anniversaire du Prix René-Fallet) et pour Les Refusés (sur les papillons) sont quasiment bouclés et j’ai un peu de temps libre avant d’attaquer le prochain Bulletin Perec.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “17 avril [1950]. Comme on est bien, tout seul, ce soir, in the baraque. Radio, boulot et plénitude, pour une fois… Dormi toute la journée ? Celle-ci a commencé à 17 heures, heure française. Elle se terminera tard dans la nuit. Pourtant, pas un cul à se mettre sous la dent. Le R.C.P. joue la finale, beau 14 mai en perspective. Vive Fallet. J’ai repris la pièce. Elle se terminera, c’est ça qui est chouette. Et sera peut-être jouée, ce qui l’est encore plus.” (René Fallet, Carnets de jeunesse 3 : 9 septembre 1948 – 25 décembre 1950)
JEUDI.
          Lecture. Schnock n° 24 (La Tengo, septembre 2017; 176 p., 14,50 €).
                        Les Charlots.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Contrepèteries avec ou sans linge, Nancy (Meurthe-et-Moselle), photos de l’auteur.
834 (8)-min  834 (7)-min
10 septembre 2016 / 11 février 2016
SAMEDI.
              Lecture. Faune et flore du dedans (Blandine Fauré, Arléa, coll. 1er / mille, 2018; 208 p., 20 €).
                            Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2019.
              Films vus. Jusqu’à la garde (Xavier Legrand, France, 2017)
                               Être (Fara Sene, France – Belgique, 2014)
                               La Belle Verte (Coline Serreau, France, 1996)
                               Partir, revenir (Claude Lelouch, France, 1985)
                               Normandie nue (Philippe Le Guay, France, 2018).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
843 (1)-min  843 (2)-min
Aramon (Gard), photo de Marc-Gabriel Malfant, 12 avril 2011 / Lourmarin (Vaucluse), photo de Bernard Gautheron, 15 juillet 2015
              Poil et plume. Un chant d’oiseau ou le cri d’un marchand d’habits me jettent dans d’autres pensées. Un soldat qui salue respecte. La perruque donne aussitôt le sérieux au magistrat; la coiffure et l’aigrette effacent tout sérieux dans une femme parée pour le bal; supposez-lui des cheveux pendants et une robe de chambre, elle pensera d’autre manière.” (Alain, Esquisses de l’homme)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

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