14 juillet 2019 – 842

 N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 4 août 2019.
DIMANCHE.
                   Bestiolaire de Saint-Jean-du-Marché. Identification d’une Piéride du chou, d’un Gendarme et d’un Citron.
LUNDI.
           Lecture. À la feuille de rose : Maison turque (Guy de Maupassant, Mille et une nuits n° 573, 2010; 64 p., 2,50 €).
                        “Comédie de mœurs (mauvaises) en un acte et en prose, représentée pour la première fois à Paris en 1875”.
           Vie musicale. Concert de ZZ Top à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Où l’on voit que si le trio a su conserver son public (la salle est pleine comme un œuf), il n’a pas réussi à le renouveler : ça grisonne et ça bedonne rondement dans les travées. Il faut dire qu’asteure il faut une certaine assise sociale pour assister à un concert d’envergure : les artistes ne vendent plus de disques, gagnent des clopinettes sur les plates-formes de téléchargement et se refont la cerise en pratiquant des tarifs de concert démesurés. Ici, le moindre rockaillon de banlieue change de guitare tous les deux ou trois morceaux pour montrer qu’il en a en stock et quand il accède à une certaine notoriété, c’est à chaque titre qu’il se fait livrer un nouvel instrument par un stage hand dévoué. Au Texas, quand on tient un manche – de hache, de pioche, de guitare – on ne le lâche pas et Billy Gibbons jouera l’intégralité du concert sur les mêmes six cordes, à part pour un intermède en slide. Gibbons présente d’ailleurs, guitare oblige, une particularité anatomique intéressante : sa barbe lui arrivant au nombril, il est obligé de tenir son instrument au niveau des rotules pour éviter de mêler poils et cordes. Pour l’atteindre, il s’est donc fait pousser les bras et c’est merveille de le voir sortir de scène en évitant habilement de se marcher sur les doigts. Et la musique dans tout ça ? Disons que si vous la jouez régulièrement dans votre jardin, vous ne serez plus enquiquiné par la Processionnaire du chêne pendant un bon moment.
MARDI.
            Lecture. Évasion (Old Lonesome, Benjamin Whitmer, 2018 pour l’édition originale, Gallmeister, coll. Americana, 2018 pour la traduction française, traduit de l’américain par Jacques Mailhos; 416 p., 23,80 €).
                          Il y a des auteurs exigeants, qui sont une source de plaisir pour le lecteur cherchant à tracer son chemin dans une intrigue pleine de fausses pistes ou dans une écriture pleine de pièges. C’est le modèle de Benjamin Whitmer, qui aimerait être quelque chose comme un Faulkner des temps modernes. Mais Whitmer ne parvient qu’à être fatigant par sa recherche incessante de la formule choc, de la métaphore tordue, et par son soin à ôter toute clarté et toute continuité à son histoire d’évasion. Je m’étais déjà fait avoir par Cry Father (2014), du même auteur, cette deuxième tentative n’aura pas été plus concluante. 
MERCREDI.
                  Éphéméride. “Jungborn, le 10 juillet 1912
Mon très cher Max, je te réponds tout de suite parce que ta lettre me fait tellement plaisir qu’elle me brûle les mains. Ton poème restera l’ornement de ma cabane et quand je me réveillerai la nuit, ce qui arrive souvent, car je ne suis pas encore habitué aux bruits de l’herbe, des arbres et de l’air, je le lirai à la lueur de ma chandelle. Peut-être serai-je à même un jour de le réciter par cœur, dans ce cas j’en serai soulevé, fût-ce dans le secret de mon âme quand je suis méconnu, attablé devant mes noix.” (À Max Brod, Franz Kafka, Lettres à sa famille et à ses amis)
JEUDI. 
En feuilletant Livres Hebdo. Collectif, L’Accordeur de piano dans la littérature et au cinéma, Éditions universitaires de Dijon, 2019; 100 p., 12 €. Et pourquoi pas le coiffeur ?
         Brèves de trottoir.
 842 (1)-min  842 (3)-min*
 * Tiré de Les Murs ont la parole : mai 68, citations recueillies par Julien Besançon, Tchou, 1968.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Pictogrammes canins.
 842 (4)-min  842-min
Breuvannes-en-Bassigny (Haute-Marne), photo de Jean-François Fournié, 7 avril 2004 / Épinal (Vosges), photo d’Alice Didion, 5 mars 2018
SAMEDI.
              Lecture. Schnock n° 25 (La Tengo, décembre 2017; 176 p., 14,50 €).
                            Renaud.
                            Pseudo (Émile Ajar, Mercure de France, 1976; 222 p., s.p.m.).
              Films vus pendant la semaine. Cléopâtre (Cleopatra, Joseph L. Mankiewicz, Suisse – R.-U. – É.-U., 1963)
                                                                Je vais mieux (Jean-Pierre Améris, France, 2017)
                                                                Microcosmos, le peuple de l’herbe (Claude Nuridsany & Marie Pérennou, France – Suisse – Italie, 1996)
                                                                Bécassine (Bruno Podalydès, France, 2018)*
                                                                Au pieu ! (Quentin Duposte), non, Au poste ! (Quentin Dupieux, France, 2018)
                                                                Susie et les Baker Boys (The Fabulous Baker Boys, Steve Kloves, É.-U., 1989)
Un oiseau rare (Richard Pottier, France, 1935).
* Où l’on découvre que Bécassine a d’étranges lectures :
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              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Antibes (Alpes-Maritimes), photo de l’auteur, 6 mai 2011 / Neuville-les-Dames (Ain), photo de Marc-Gabriel Malfant, 15 août 2014
IPAD (Itinaraire Patriotique Alphabétique Départemental). 8 avril 2018. 100 km. (34235 km).
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76 habitants
   C’est un modèle réduit de monument, planté sur une petite place pavée envahie par la mousse. À La base de la flèche, un cerclage métallique présente les supports destinés à accueillir les drapeaux lors des cérémonies.
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Morts pour la France
1870

G. NOIRIEL 1871 Belfort

1914 à 1918

Sergt NOIRIEL 1914 Morhange

   Droite :

A. LARCHER 1914 Morhange

G. LARCHER 1914 Morhange

H. COLLIN 1914 Champinoux*

M. CHAMBRE 1914 Ste Menehould

   Gauche :

Adjdt E. POIGNANT 1916 Belloy

G. GRANDIDIER 1916 Vertuzey

C. LAHAYE 1917 Regnéville

C. COLLIN 1918 Mannheim

* J’ai lu Champinoux mais il doit s’agir de Champenoux, commune de Meurthe-et-Moselle où eurent lieu de violents combats en 1914.

              Poil et plume. “Après lui avoir passé les ciseaux sur la nuque, le coiffeur proposa :
   – Vous devriez vous faire aplatir les cheveux. Vous avez exactement la nature de cheveux qui convient, fournis et épais.
   – Vous n’y arriverez jamais. C’est de la paille de fer, fit Jimmy.
   – Pensez-vous. Plus ils sont crépus à l’arrivée, plus ils sont raides à la sortie, riposta le coiffeur. Je vous promets des cheveux lisses comme de la soie.
   – Vous croyez ?
   – J’vous le garantis.
   – Et ça coûte combien ?
   – Sept dollars, répondit le coiffeur.” (Chester Himes, Dare-dare)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

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