1er septembre 2019 – 847

DIMANCHE.
                   Bestiolaire de Saint-Jean-du-Marché. Identification d’une Guêpe germanique.
                   Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.
LUNDI.
           Lecture. Trompe-l’œil (Marcel F. Lanteaume, Éditions S.E.P.E., coll. Le Labyrinthe, 1946 pour la première édition, rééd. in in « Mystères à huis clos », Omnibus, 2007; 1148 p., 27 €).
           Vie touristique. Derniers feux des vacances à Dijon (Côte-d’Or) pour la visite du Musée des Beaux-Arts, récemment rénové. C’est l’occasion d’agréables retrouvailles avec Pompon, qui occupe une belle salle, et d’un clin d’œil à la Creuse avec une vue de Crozant peinte par Guillaumin. Si l’on suit, comme dans tout musée de province, l’ordre chronologique suggéré, on prend mesure du temps qu’il a fallu, dans le domaine de la peinture, pour arriver à l’audace, à l’éclatement des codes, à la variété, voire à l’absence des sujets. Comme en littérature d’ailleurs, avec la différence que la rupture semble plus brutale et définitive en peinture : les artistes ont moins tendance à regarder en arrière que les écrivains qui, pour certains, se plaisent encore à endosser les oripeaux d’hier.
MERCREDI.
                  Éphéméride. “Samedi 28 août 1971
À quelques dizaines de pages de la fin de La Proie facile, je piétine sur des questions de rythme. Il faut soudain poser le personnage de Fuentès d’une façon frappante. C’est malaisé.
J’ai lu les deux romans de Silverberg. Silverberg semble être un auteur ultra-prolifique, riche de beaucoup de métier et d’une culture éclectique et qui se plaît à réaliser deux œuvres au goût du jour. L’Homme dans le labyrinthe, sur un sujet de short-story, énonce une philosophie fort courue sur la solidarité humaine. Les personnages sont stéréotypés mais l’énumération baroque des difficultés rencontrées dans le labyrinthe rend le livre prenant. Les Masques du temps est une fable à la Sheckley fortement pornographique et parfois hilarante. Silverberg est un faiseur sachant faire. Bravo, mais sans plus.
Je suis soucieux de finir La Proie facile assez vite pour boucler A Long Way to Fall et The Nature of Animals en septembre. Oui, je suis soucieux.” (Jean-Patrick Manchette, Journal 1966-1974)
JEUDI.
          Lecture. Le Meilleur de l’absurde (Sébastien Bailly, Mille et une nuits n° 531, 2007; 96 p., 2,50 €).
          Brèves de trottoir.

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  • Antoine Doinel (Jean-Pierre Léaud) dans Baisers volés (François Truffaut, France, 1968)
VENDREDI.
                  Lecture. Le Publicateur du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 9e série, n° 17 (8 septembre 2018, 96 p., 15 €).
                                “L’esprit de l’escalier B”
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Gros mots.
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Hérault, photo de Laurent Lagarde, 12 mai 2018 / Épinal (Vosges), photo de l’auteur, 2 avril 2018
SAMEDI.
              Films vus. Le Monde est à toi (Romain Gavras,, France, 2018)
                               Hôtel Woodstock (Taking Woodstock, Ang Lee, É.-U., 2009)
                               Low Blow (court métrage, Márcio Nicolosi, Gabriel Nóbrega, Rodrigo Paulicchi, Brésil, 2018)
                               Frankie (Ira Sachs, France – Portugal, 2019)
                               L’Apparition (Xavier Giannoli, France – Belgique – Jordanie, 2018)*
                               Kill Bill : Volume II (Kill Bill : Vol. 2, Quentin Tarantino, É.-U., 2004)
                               Le Vent tourne (Bettina Oberli, Suisse – France, 2018).
* Impossible de ne pas penser à Gengenbach en découvrant ce film dans lequel Vincent Lindon interprète un journaliste chargé d’enquêter, comme l’Ernest à Espis, sur des phénomènes d’apparition mariale dans le sud de la France : le cadre, le thème et certains personnages sont pratiquement les mêmes. Ainsi, Gengenbach ne m’aura pas quitté de tout l’été. L’an passé, il avait fallu établir le texte, fabriquer le bouquin; ces derniers temps, il a fallu le faire connaître, voire le vendre, et pour cela contacter la presse, alerter les sites spécialisés, envoyer des exemplaires tous azimuts. Les retours sont plutôt satisfaisants, à part du côté des libraires, même locaux, qui ne semblent pas intéressés. Tant pis, la postérité, elle, est assurée : l’ouvrage figure désormais dans les collections de la Bibliotheca Apostolica Vaticana à Rome et de la Library of Congress à Washington.
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Saint-Valery-en-Caux (Seine-Inférieure), photo de Charles-Édouard de Pontalba, 4 septembre 2010 / Saint-Dié-des-Vosges (Vosges), photo de l’auteur, 2 janvier 2014
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 3 juin 2018. 134 km. (34 634 km).
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27 habitants
   Pas de monument aux morts visible.
              Poil et plume. L’initiation intensive pour devenir commissaire-priseur a duré un mois et a eu lieu chaque jour de quinze heures à vingt et une heures dans l’arrière-boutique de Hair Charisma, un coiffeur nippo-coréen de la Calle Londres. Le professeur – japonais d’origine – se faisait appeler Maître Oklahoma, car c’est là-bas qu’il avait appris le métier de commissaire-priseur. Son vrai nom était Kenta Yushimito et son nom occidental Carlos Yushimito. C’était un homme d’une grande largesse d’esprit, élégant, distingué; la discrétion incarnée. […]
Lors de notre premier rendez-vous, Maître Oklahoma était assis devant un siège de coiffeur et, pour illustrer la méthode parabolique, a mis aux enchères une paire de ciseaux. Il a réussi à la vendre en racontant une histoire simple et brève au sujet de son origine. Nous avions beau être tous là, assis devant lui, cahiers et crayons à la main, tout à fait conscients d’être ses élèves et non pas un quelconque groupe d’acheteurs, car nous nous étions déjà acquittés du prix exorbitant du cours, notre grand maître a pris la paire de ciseaux sur le comptoir et nous a travaillés au corps jusqu’à ce qu’un des élèves, M. Morato, sorte son portefeuille et paye 750 pesos pour la paire de ciseaux.”
(Valeria Luiselli, L’Histoire de mes dents)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

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