8 septembre 2019 – 848

DIMANCHE.
                   Lecture.Journal. Mémoires de la vie littéraire III. 1887-1896 (Edmond et Jules de Goncourt, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1989; 1476 p., 120 F.).
                                 Les dix dernières années du Journal des Goncourt ne sont pas des plus passionnantes. Edmond, seul aux commandes, vieillit, s’aigrit, se racornit. Certes, il n’a jamais été très jovial mais les échecs qu’il rencontre au théâtre et les ennuis que lui apporte la publication des premières années de son journal n’arrangent pas son caractère. Ces dernières pages sont marquées par des jalousies de plus en plus marquées (à l’égard de Zola notamment), des critiques de plus en plus acerbes, un isolement de plus en plus flagrant et qui serait total sans la fidélité de son dernier ami, Alphonse Daudet.
LUNDI.
           Lecture. California Girls (Simon Liberati, Grasset, 2016 pour l’édition originale, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche n° 34706, 2017; 320 p., 7,30 €).
                         Comme Quentin Tarantino réécrit l’histoire de Sharon Tate dans son dernier film, il était nécessaire de se rafraîchir la mémoire au sujet de celle-ci, notamment sur les circonstances de sa fin tragique. Bien sûr, le livre de Simon Liberati n’est pas un ouvrage historique, c’est un roman qui s’inspire de faits réels pour reconstituer la tuerie de 1969 perpétrée par les émules de Charles Manson. L’auteur brode, reconstitue les dialogues, imagine, bouche les trous laissés par les témoignages livrés lors des procès mais donne un aperçu crédible et saisissant de l’affaire, notamment dans le récit de la vie quotidienne du Spahn Ranch, siège de la Manson Family.
MARDI.
             Vie professionnelle. J’entame mon antépénultième tour de piste avec la tristesse et l’appréhension qui m’accompagnent fidèlement à ce stade de l’année. C’est parti pour de longs mois à officier en salle 23, tout en rêvant d’échappées vers le département pareillement numéroté.
MERCREDI.
                  Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Liz Rigbey, Totale éclipse, Le Livre de poche, 2008.
                  Lecture. Qui a tué l’homme-homard ? (J.M. Erre, Buchet-Chastel, 2019; 368 p., 19 €).
                                Ceci n’est pas une biographie de François de Rugy mais un polar rural tendance parodique comme ADG a pu en écrire pendant ses bons jours à la Série noire. Fort de la tendance du polar moderne à présenter des enquêteurs affectés de tares diverses, J.M. Erre prend comme héroïne une jeune fille privée de la parole et de l’usage de ses membres, rien que ça. Son enquête en fauteuil s’accompagne de digressions, de commentaires et d’adresses au lecteur dans la tradition de San-Antonio. C’est assez réussi, souvent drôle mais beaucoup trop long. Dans la même veine, J.M. Erre livre à Fluide glacial des nouvelles beaucoup plus digestes.
                  Éphéméride.
                                        « 4 septembre [1897]
Qu’il était délicieux de lire, hier presqu’au bord des étangs de Comelle, à Chantilly, les Mémoires de Mme d’Épinay ! Un vrai roman où le cynisme est à peine déguisé ! Ce XVIIIe siècle manquait de sens moral. Ce d’Épinay qui rend malade sa femme, laquelle à son tour, rend malade Dupin de Francueil… Horreur ! Ça doit encore aujourd’hui se passer de même. Ce que j’aime dans ce monde, c’est le cadre, les noms, les belles demeures, la réunion des beaux esprits, le contact des célébrités…” (Abbé Mugnier, Journal 1879-1939)
JEUDI.
          Épinal – Châtel-Nomexy (et retour). Toni Morrison, Playing in the Dark, Christian Bourgois, 2007 à l’aller, J.M. Coetzee, Disgrace, Vintage, 2000 au retour.
          Brèves de trottoir.

848-min 848 (2)-min*

* Avant-hier, pour une raison inconnue, un bus de ville a raté son virage et est venu défoncer la devanture de l’échoppe voisine du Tassigny Café, l’établissement qui expose ces brèves de trottoir. Grand fracas, grosse frousse, on n’est pas passé loin du balayage de terrasse façon niçoise. Du coup, D., le bistrot, est devenu beaucoup plus tolérant à l’égard des trottinettes.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Home sweet home.
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Légéville-et-Bonfays (Vosges), photo de l’auteur, 14 février 2016 / Gérardmer (Vosges), photo de l’auteur, 14 avril 2017
SAMEDI.
               Lecture.Miss Harriet (Guy de Maupassant, éditions Victor Havard, 1884, rééd.  in « Contes et nouvelles », Robert Laffont/Quid, coll. Bouquins, 1988, vol. 1; 1160 p., 120 F).
                            Nouvelles.
              Football. SA Spinalien – Mulhouse 0 – 1.
              Films vus. My father, ce héros (My Father the Hero, Steve Miner, É.-U., 1994)
                               La Fête des mères (Marie-Castille Mention-Schaar, France, 2018)
                               Rendez-vous avec la peur (Night of the Demon, Jacques Tourneur, R.-U., 1957)
                               Per tutta la vita (court métrage, Roberto Catani, France – Italie, 2018)
                               Fête de famille (Cédric Kahn, France, 2019)
                               Cornélius, le meunier hurlant (Yann Le Quellec, France – Belgique, 2017)
                               Roulez jeunesse (Julien Guetta, France, 2018).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Saint-Valery-en-Caux (Seine-Inférieure), photo de Charles-Édouard de Pontalba, 4 septembre 2010 / Gérardmer (Vosges), photo de Caroline Didion, 24 juillet 2011
             IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 12 août 2018. 142 km. (34 776 km).
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311 habitants

   Le monument est adossé à une belle église romane. Il porte en bas-relief une croix, une couronne et une palme. Les noms figurent sur une plaque de marbre blanc rivetée à la base de la flèche.

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Aux morts

De la Grande Guerre

1914-1918

La commune reconnaissante

POTIER Gaston    ADT

BLOND Édouard    SERGT

GALAND Henri    SERGT

PETITJEAN René    SERGT

ANTOINE JosephAbbé

AURY Henri

AURY Pierre

BOGARD Pierre

BOGARD Hubert

BLONDEL Émilien

CHAMBRÉ Jules

COURRIÈRE Camille

ÉMERAUX Jules

GEORGES Ernest

HENRY Émile

JACQUOT Louis

TROUCHARD Camille

AURY Léon 1944

CHARRETTE Ernest 1944

MAUCOTEL Paul 1945

              Poil et plume. “Je me souviens en particulier d’un salon de coiffure au sol en damier, où je m’étais aventuré au cœur de la résidence, que tenaient trois jeunes filles riantes, joyeuses, complices, les jambes recouvertes de leggings turquoise aux motifs fleuris, qui riaient de bon cœur chaque fois que je disais une phrase en chinois. Assis dans mon fauteuil de coiffeur, une cape de barbier en nylon verdâtre autour du cou, je leur expliquais que j’étais Belge (wo shi bilishiren, leur disais-je en chinois). Je leur faisais signe de la main pour dire “attendez, attendez, ce n’est pas tout”. Je suis écrivain, ajoutais-je (wo shi zuodjia), et LOL des trois filles qui s’esclaffaient de plus belle. Elles étaient pliées en deux à chaque fois que j’ouvrais la bouche. Je reprenais mon souffle, j’avais déjà épuisé presque tout mon répertoire. Je lâchais alors ma dernière cartouche. J’aime les champignons, disais-je (wo xihuan mogu), et c’était le bouquet final, l’apothéose dans l’étroite officine (je me demande encore aujourd’hui ce que je faisais dans un salon de coiffure).” (Jean Philippe Toussaint, Made in China)

Bon dimanche,
Philippe DIDION

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