1er mars 2020 – 871

DIMANCHE.

                   Courriel. Deux demandes d’abonnement aux notules.

LUNDI.
           Lecture. Les Sœurs Vatard (Joris-Karl Huysmans, Charpentier, 1879; rééd. Robert Laffont, coll. Bouquins, “Romans I”, 2005; 1056 p., 30 €).
                         C’est le deuxième roman de Huysmans, après Marthe, et la poursuite de sa veine naturaliste. Pour exploiter celle-ci, Huysmans est poussé par Zola qui a besoin de textes pour illustrer son courant et il fournit. Les Sœurs Vatard peut être considéré comme un modèle de roman naturaliste avec ses excès et ses trouvailles. L’intrigue importe moins que la peinture d’un milieu, ouvrier en l’occurrence. C’est une succession de tableaux (l’atelier, le logis, la foire, le théâtre…) qui pourrait lasser mais que le style de Huysmans, son goût pour le vocabulaire, l’exagération et l’énumération, rendent encore lisible de nos jours. Bien sûr, c’est une peinture au bitume, sans couleur, sans lumière, aucun personnage positif ne se dégage, tous les aspects sociaux, le travail, la famille, la ville, sont noirs mais ça n’a pas trop mal vieilli. À noter que le deuxième volume de Huysmans en Bouquins – annoncé par le titre “Romans I” – n’est jamais paru.
                         
MERCREDI.
                  Éphéméride. “26 février [1945]
Revu Duhamel. Changement d’avis. La situation est décidément trop confuse. Je retire ma lettre. Je reste où je suis. On verra bien. Je m’accorde un sursis de trois ou quatre mois.
Duhamel tire des plans ingénieux. Il voudrait provoquer contre mes bâtonniers des concurrents qui les fassent échouer et j’arriverais tranquillement après. Il songe à Maritain qui revient d’Amérique et à Schlumberger. Mais il me demande le secret. Nous nous quittons en nous posant un doigt sur les lèvres.” (Maurice Garçon, Journal 1939-1945)
                  Lecture. Iris (Jean-Patrick Manchette, Gallimard, coll. Quarto, “Romans noirs”, 2005; 1344 p., 29,50 €).
                                Fragments inédits.
                                Après La Position du tireur couché, Manchette entreprend en 1981 l’écriture d’un roman dans “le même genre de compacité et de tension”. Dans son journal, il lui donne pour titre Kulturkampf et note ses progrès. L’histoire n’ira pas bien loin, quelques chapitres, trois tentatives d’ouverture publiées pour la première fois dans le revue Polar en 1997 et reprises ici. C’est assez frustrant quand on sait ce dont Manchette est capable mais cela a le mérite de revenir sur une question posée dans la rubrique Films vus des notules 869, au sujet des Jeunes Loups de Marcel Carné : “Mais que faisait Robert De Niro en France en 1968 pour apparaître comme figurant dans ce film ?” Sans donner de réponse à la question, Manchette confirme en ouverture de son premier fragment : “Luberzon avait choisi lui-même son nom, quand il avait envisagé de faire une carrière d’acteur. Et à présent, il se rappelait encore le petit bar où, dans les années 60, il avait bu un café avec Bob De Niro. Tous deux étaient des mômes, à cette époque. Ils cherchaient à faire de la figuration intelligente dans un film de Carné, Les Jeunes Loups.”
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Développement du vélo en ville.
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Copenhague (Danemark), photo de Jean-Damien Poncet, 11 septembre 2017 / Paris (Seine), boulevard de la Chapelle, photo de Pierre Cohen-Hadria, 18 juillet 2015
SAMEDI.
              Vie culturelle. Activité muséale intense ces jours-ci. Nous étions hier au Musée Pierre-Noël de Saint-Dié où Lucie terminait un stage de deux semaines et nous voilà aujourd’hui à Metz. L’objectif premier était de visiter l’exposition Eisenstein au Centre Pompidou (et de voir si Perec était mentionné au sujet de La Ligne générale) mais celle-ci a fermé il y a trois jours. On a le sens de l’organisation ou on ne l’a pas. Qu’importe, nous nous rabattons sur le Musée de la Cour d’Or, qui contient des choses que nous n’aurions peut-être pas eu l’idée de voir spontanément – archéologie, histoire locale – mais qui sont présentées de façon intéressante au long d’un riche parcours. Dans une librairie, j’achète le livre de François Chaslin sur Le Corbusier et m’aperçois, intrigué, que le titre de la version originale de 2015 (Un Corbusier) a été modifié pour la version poche de 2019 (Le Corbusier).
              Lecture. La Mort à Venise (Der Tod in Venedig, Thomas Mann, 1912 pour l’édition originale, Fayard, 1947 pour la traduction française, rééd. LGF, coll. Le Livre de poche, 1954, traduit de l’allemand par Félix Bertaux et Charles Sigwalt; 240 p., 5,60 €).
                             “Depuis quelques années déjà le choléra asiatique tendait à se répandre. […] il avait fait son apparition simultanément dans plusieurs ports de la Méditerranée, sa présence s’était révélée à Toulon, à Malaga; on l’avait plusieurs fois devinée à Palerme, et il semblait que la Calabre et l’Apulie fussent définitivement infectées.” Rien de tel qu’une bonne histoire d’épidémie en ces temps troublés sur le plan sanitaire.
              Films vus. Snowpiercer – Le Transperceneige (Bong Joon Ho, Corée du Sud – République tchèque, 2013)
                               La Sentinelle (Arnaud Desplechin, France, 1992)
                               Le Cas Richard Jewell (Richard Jewell, Clint Eastwood, É.-U., 2019)
                               Chacun pour tous (Vianney Lebasque, France, 2018)
                               Illusions perdues (That Uncertain Feeling, Ernst Lubitsch, É.-U., 1941).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Jaligny-sur-Besbre (Allier), photo de l’auteur, 11 juin 2011 / Bruxelles (Belgique), photo de Pierre Cohen-Hadria, 16 janvier 2012
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 13 janvier 2019. 115 km. (36 123 km).
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Commune de Plainfaing
   Pas de monument aux morts visible.
              Poil et pellicule.
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Le Corniaud, Gérard Oury (France – Italie- Espagne, 1965)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

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