7 juin 2020 – 885

LUNDI.
           Lecture. The Asphalt Jungle (William R. Burnett, Knopf, 1949 pour l’édition originale, Gallimard, coll. Série Noire n° 106, 1951 pour la traduction française, rééd. coll. Quarto, “Underworld : romans noirs”, 2019, traduit de l’américain par Jeanne-G. Marquet, révisé par Marie-Caroline Aubert; 1120 p., 28 €).
                         J’ai découvert W.R. Burnett il y a bien longtemps, en 1983, par l’intermédiaire d’un roman mineur, Dark Hazard, qui se déroulait dans le milieu des courses de lévriers. Roman mineur, peu connu, qui m’avait donné envie d’en lire et d’en savoir plus sur Burnett. Ses grands romans avaient été publiés en Série Noire mais je n’y ai pas retrouvé ce qui m’avait tant plu dans Dark Hazard. Quarto fait aujourd’hui le pari de dépoussiérer Burnett en révisant les traductions et en redonnant à ses romans leurs titres originaux. The Asphalt Jungle, c’est Quand la ville dort, adapté au cinéma un an après sa publication. John Huston, scénariste et réalisateur, n’a pas eu beaucoup d’efforts à faire pour la transposition : le roman est découpé en courts chapitres qui sont autant de séquences avec multiplication des points de vue et montage parallèle. Ce qui a dû être plus gênant, c’est le refus de Burnett de faire dans le spectaculaire. Il est bien question d’un braquage, celui d’une bijouterie effectué par une bande assez hétéroclite, mais les détails de la préparation sont passés sous silence et le cambriolage lui-même est expédié en quelques paragraphes. En fait, comme le dit à peu près un des participants, “les alarmes se déclenchent toutes seules et il y a des coups de feu qui partent n’importe comment.” Laissant cela de côté, l’auteur se concentre sur la traque qui verra chacun des malfrats se faire rattraper par son point faible : le goût de l’un pour les très jeunes filles, le désir de l’autre de retrouver ses racines rurales, le penchant d’un troisième pour le luxe, etc. Pas de jugement moral pour autant chez Burnett : comme dans toute bonne tragédie, les personnages se précipitent vers leur perte sans rien maîtriser.
MARDI.
            Vie professionnelle. Retour aux affaires scolaires, sans les élèves pour l’instant, qui permet de constater un effet inattendu du travail à distance sur l’épiderme enseignant : on peut, c’est indéniable, bronzer à la lumière des écrans d’ordinateur, écrans que chacun jure n’avoir quittés que pour se nourrir et dormir – et encore. On se croirait à une assemblée générale de copropriétaires à Palavas-les-Flots.
            Lecture. Globalisation (Pierre Bergounioux, Gallimard, coll. Tracts de crise n° 5; 5 p., offert en période de confinement).
                          Carnet d’adresses de quelques personnages de la littérature (Didier Blonde, Gallimard, coll. L’arbalète, 2020; 256 p., 19 €).
                          Cela fait un moment que Didier Blonde exploite le filon des adresses littéraires. Il a commencé par faire l’inventaire de celles de Baudelaire avant de se tourner vers celles des personnages avec un premier Carnet d’adresses paru en 2010, suivi de deux éditions d’un Répertoire des domiciles parisiens de quelques personnages fictifs de la littérature. le tout ici “corrigé, augmenté, retouché et en partie réécrit”. Recopié, surtout, car il y a peu de différences avec ses textes précédents. C’est le genre de livre qui est certainement plus intéressant à faire qu’à lire mais l’amateur de répertoires et d’inventaires y trouve de quoi faire son miel. À travers la sélection effectuée par l’auteur se dessine son portrait en lecteur : un grand amateur de Balzac, Modiano et de tout le roman populaire du XIXe : Ponson du Terrail, Souvestre et Allain, Gaston Leroux et Eugène Sue occupent plusieurs pages de son carnet auquel, bien sûr, chaque lecteur est tenté d’ajouter ses propres trouvailles.
MERCREDI.
                  Éphéméride. Vendredi 3 juin 1983
À partir de midi, une migraine ophtalmique différente de celles déjà subies. Inquiétude. Oh ! et puis, merde !
Après-midi, visite d’Isabelle Saïd et de sa copine Carolyne Franck. Très agréables filles. Projet radio.” (Léo Malet, Journal secret)
JEUDI.
          Brèves de trottoir.
885-min
          Lecture. Le Sourire du scorpion (Patrice Gain, Le mot et le reste, 2020; 210 p., 19 €).
                        Recommandé par l’excellent Bernard Poirette (Le Polar de Poirette, chaque samedi sur Europe 1), Le Sourire du scorpion montre tout d’abord qu’il n’y a pas que les Américains de chez Gallmeister qui savent parler de la nature. Patrice Gain fait preuve en effet d’un réel talent pour raconter une histoire dans laquelle le cadre géographique (le canyon de la Tara au Monténégro puis le Causse aveyronnais) joue un rôle primordial, avec la même précision dans le vocabulaire botanique et zoologique que celle de Manchette dans le domaine des armes à feu. Partant d’un accident de rafting au cours d’une expédition calquée sur le modèle de Délivrance, l’histoire aboutit aux séquelles de la guerre de Yougoslavie au terme d’un parcours très bien mené. Patrice Gain s’y entend pour créer une ambiance inquiétante qui vient autant de la nature sauvage que de la psychologie complexe de ses personnages en évitant les longueurs et les clichés.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Aperçu d’une collection de boucheries chevalines, photos de l’auteur.
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Paris (Seine), rue de la Glacière, 10 décembre 2016 / Troyes (Aube), 27 octobre 2019
SAMEDI.
              Films vus. Rocky III, l’œil du tigre (Rocky III, Sylvester Stallone, É.-U., 1982)
                               Le Saut de l’ange (Yves Boisset, France – Italie, 1971)
                               La Veuve joyeuse (The Merry Widow, Ernst Lubitsch, É.-U., 1934)
                               Mischka (Jean-François Stévenin, France, 2002)
                               Zouzou (Marc Allégret, France, 1934)
                               Fripouillard et Cie (I tartassati, Steno, Italie – France, 1959)
                               Selma (Ava DuVernay, R.-U. – É.-U. – France, 2014).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Paris (Seine), rue Parrot, photo de Pierre Cohen-Hadria, 23 juillet 2011 / Nantes (Loire-Inférieure), photo de Christophe Hubert, 22 août 2012
              IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 24 février 2019. 90 km. (36 583 km).
885 (5)-min
81 habitants
   Le monument, surmonté d’un coq, s’élève sur un ensemble de maçonnerie remis à neuf. La pierre elle-même a été nettoyée, le gravier et le sable du terre-plein sont tout blancs. Sur la face avant de la flèche à base carrée, une croix de Lorraine, deux canons entrecroisés et des ramures en bas-relief.
885 (6)-min
Aux morts
Pour la Patrie
1914-1918
Eugène GRANDCLERC
Antoine ANDRÉ
Charles DUFAYS
Marcel ERBA
René DEROUX
Paul LIÉGEOIS
Ernest CONROUX
Gustave LIÉGEOIS
Charles LENNERET
Henri DITGEN

   Henri Ditgen a sa tombe dans le cimetière situé au sommet du village, tout comme René Deroux, avec quelques détails pour ce dernier.

885 (7)-min

Poil et pellicule.
885 (8)-min
Coup de torchon (Bertrand Tavernier, France, 1981)
Bon dimanche,
Philippe DIDION

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