21 juin 2020 – 887

MARDI.
            Lecture. Des gens comme eux (Samira Sedira, Éditions du Rouergue, coll. la brune, 2020; 144 p., 16,50 €).
                          Qu’est-ce qui a poussé Constant à tuer ses voisins, les cinq membres d’une famille venue s’installer dans son village ? On ne le saura pas vraiment, au bout de ce petit polar d’excellente facture : c’est une accumulation de petits faits, de vexations minuscules, de choses incontrôlables qui sont relatées dans une écriture d’une simplicité bienvenue. On retient le nom de Samira Sedira, auteure à suivre.
MERCREDI.
                   Éphéméride.
                                      « 17 juin  [1904]
« M. Georges Desvallières m’a conduit au haut de Montmartre, au-dessus du moulin de la Galette, chez Bloy, qui habite un modeste rez-de-chaussée, entouré d’un modeste jardin.
Bloy m’a crié sa misère, trop peut-être. Il a conscience de son talent, trop peut-être. Il vocifère contre les catholiques qui ne l’ont pas utilisé contre les Pères de l’Assomption, en particulier. Ce moi du mendiant choque les délicats. Il a lu, avec déclamation parfois, la préface de son futur livre qui est, sous ce titre : Mon Journal, la continuation du Mendiant ingrat. C’est son séjour en Danemark.
Il ne croit pas aux douleurs des riches. Pour Bloy, il n’y a qu’une douleur, c’est de manquer d’argent. Il écrira un livre sur l’argent qu’il intitulera : Le Sang des pauvres.
Physiquement, l’homme, qui est gris, ne déplaît pas. Sa voix non plus n’est pas désagréable. Il a une femme très grande et laide, et deux filles.” (Abbé Mugnier, Journal 1879-1939)
                   Lecture. Dans un mois, dans un an (Françoise Sagan, Julliard, 1957, rééd. in “Œuvres”, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2019; 1494 p., 30 €).
                                 Troisième roman de Sagan, première déception. Sa brièveté est son atout majeur, car jamais on ne parvient à s’intéresser à ce chassé-croisé amoureux qui mêle des personnages fades, bobos avant l’heure, issus du monde de l’édition et du théâtre. La simplicité dans la peinture des sentiments, qui était jusque là l’atout majeur de la romancière, a totalement disparu.
JEUDI.
          Lecture. Clavier universel (Pierre Véry, Gallimard, 1933, rééd. in « Les Intégrales du Masque », tome 2, Librairie des Champs-Élysées, 1994; 980 p., s.p.m.).
                        Après s’être essayé dans différents genres, Pierre Véry semble, avec ce titre, s’orienter vers le roman policier, mais à sa manière : multiplication des fausses pistes, abandon d’intrigues secondaires en cours de route, personnages dont l’originalité confine au loufoque. C’est très bien construit, écrit avec légèreté et on a plaisir à voir Véry s’acheminer tranquillement vers le chef-d’œuvre qu’il livrera, deux ans plus tard, avec Les Disparus de Saint-Agil.
VENDREDI.
                  Le cabinet de curiosités du notulographe. Les cabines du cabinet.
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Mont-Saxonnex (Haute-Savoie), 10 juillet 2017 / Châtelus-Malvaleix (Creuse), 29 juillet 2018, photos de l’auteur
Le temps que je me décide à les photographier, ces vestiges téléphoniques avaient tous disparu et je n’ai que ces deux exemplaires à ranger dans le cabinet. Ils suffiront pour que reviennent en mémoire les douloureuses contorsions qu’il fallait exercer pour s’y insérer et pour s’en extraire. C’était un temps où les architectes de la communication s’ingéniaient à préserver des oreilles indiscrètes la teneur de nos conversations à distance, sans imaginer qu’un jour celles-ci, claironnantes et impudiques, envahiraient les espaces ouverts par le biais du téléphone de poche.
SAMEDI.
              Films vus. Goodbye, South, Goodbye (Nan guo zai jian, nan guo, Hou Hsiao-Hsien, Taïwan – Japon, 1996)
                               La Vertu des impondérables (Claude Lelouch, France, 2019)
                               Nos plus belles années (The Way We Were, Sydney Pollack, É.-U., 1973)
                               Le Crime de Monsieur Lange (Jean Renoir, France, 1936)
                               Rocky V (John G. Avildsen, É.-U., 1990)
                               Le Parfum – Histoire d’un meurtrier (Perfume : The Story of a Murderer, Tom Tykwer, Allemagne – France – Espagne – É.-U., 2006)
                               Radio Days (Woody Allen, É.-U., 1987).
              L’Invent’Hair perd ses poils.
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Chamblet (Allier), 30 juillet 2011 / Châtenois (Vosges), 6 octobre 2013, photos de l’auteur
            
              Poil et photographie.
man ray, 887-min
Man Ray, Autoportrait
Bon dimanche,
Philippe DIDION

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