8 novembre 2020 – 903

DIMANCHE.                   

Vie des morts. Dans une récente notule, il était question du Jarry spinalien, prénommé Henry, immortel auteur entre autres du Catéchisme gymnastique (1876). En cherchant à me documenter sur le loustic, j’ai appris par la notice que lui consacre Albert Ronsin dans Les Vosgiens célèbres qu’il était inhumé au cimetière d’Épinal. En ce jour de Toussaint, les cimetières restent accessibles malgré le confinement. C’est donc l’occasion de partir à la recherche de sa sépulture, que je trouve sans trop de mal. Vue de profil, la stèle semble piquer un peu du nez mais on sait l’homme gymnaste et capable de se rétablir après un éventuel gadin. De face, l’ensemble n’apparaît cependant pas en grande forme.  

    Sur les trois plaques prévues à l’origine, une seule, celle de droite, reste lisible et permet d’identifier la tombe. Une autre posée sur deux espèces de madriers de pierre, est devenue presque illisible.  

    Il est bien loin le temps où Henry Jarry enseignait le coup de pied de flanc et autres mouvements militaro-gymniques aux jeunes recrues des Vosges et d’ailleurs…  

  Documents transmis par Christophe Didion qui remarque, à juste titre, qu’on n’est pas loin de Plonk & Replonk                     

Lecture. Vamireh (J.-H. Rosny aîné, Éditions Ernest Kolb, 1892 pour l’édition originale, rééd. Robert Laffont, coll. Bouquins, “La Guerre du feu et autres romans préhistoriques”, 1985; 722 p., 21,20 €).                                

Vingt ans avant La Guerre du feu, Rosny inventait le roman préhistorique. On imagine la jubilation qu’il a pu connaître en s’attaquant à un territoire totalement vierge sur le plan de la fiction. Comment inventer une histoire dans un monde sans civilisation, sans langage, sans géographie répertoriée, sans construction… ? Faire la place belle à la nature bien sûr, et à l’instinct. Aussi lance-t-il son personnage dans un voyage où, après avoir quitté sa tribu, il en rencontre d’autres situés à des degrés différents sur l’échelle de l’évolution. Il se bat contre les éléments, contre les hommes, contre les bêtes, trouve une compagne, s’adonne à la sculpture – car Vamireh est artiste… Tout cela sans trop se soucier de la chronologie, ce qui a dû faire pousser les hauts cris chez les spécialistes de la préhistoire. Qu’importe, on peut saluer l’inventeur qui parvient à mener un récit d’aventures dans ces conditions. Malheureusement, Rosny cède à la mode naturaliste de l’époque et alourdit son propos par le vocabulaire choisi, qu’il veut savant et qui est devenu indigeste : que penser aujourd’hui de ces hommes pertinaces occupés à prendre un repas soiral par les tiédeurs firmamentaires

LUNDI.           

Lecture. Temps Noir n° 20 (Joseph K., 2017; 352 p., 19,50 €).                         

« La Revue des Littératures Policières »    

MERCREDI.                  

Éphéméride.  

Dimanche 4 novembre [1979]  

Retour de trois jours à Paris avec K., sorties diverses, films, et visite du Père-Lachaise où je n’étais jamais venu : ce fut de l’émotion. Mesrine s’est fait descendre tandis que nous arrivions. Cela n’a qu’un temps de tourner en ridicule police et justice, sauf à être protégé par un réseau. Ceux qui ont la fibre anarchiste accuseront le coup, comme ce fut le cas pour Baader. Mais enfin, c’est la loi entre flics et truands, la règle du jeu : à celui qui tire le premier.” (André Blanchard, Un début loin de la vie)                      

Lecture. Abracadavra (Abarcadaver, Peter Lovesey, 1972 pour l’édition originale, Librairie des Champs-Élysées, coll. Le Masque no 2046, 1991 pour la traduction française, traduit de l’anglais par Francine Siety; 224 p., s.p.m.).                                

Peter Lovesey, que je découvre avec ce titre, a rencontré un beau succès avec sa série mettant en scène le sergent Cribb, de Scotland Yard, dans des enquêtes situées dans l’Angleterre des années 1870. L’humour léger dont il fait preuve est son meilleur atout : l’intrigue ici proposée n’est pas très palpitante, même si elle donne lieu à une description amusante du milieu du music-hall à l’époque victorienne.    

VENDREDI.                  

Le cabinet de curiosités du notulographe. Belles devises.  

  Lille (Nord), photo de Jean-Damien Poncet, 22 février 2019 / Épinal (Vosges), photo de l’auteur, 1er novembre 2019  

SAMEDI.              

Films vus.

Mais vous êtes fous (Audrey Diwan, France, 2019)                               

Bartleby (Maurice Ronet, France – R.-U., 1976)                               

Si c’était à refaire (Claude Lelouch, France, 1976)                               

Thank You For Smoking (Jason Reitman, É.-U., 2005)                               

Calmos (Bertrand Blier, France, 1976)                               

Le Temps du massacre (Le colt cantarono la morte e fu… tempo di massacro, Lucio Fulci, Italie, 1966)                               

Edmond (Alexis Michalik, France – Belgique, 2018).                

L’Invent’Hair perd ses poils.  

  Ruoms (Ardèche), photo d’Élisabeth Chamontin, 16 septembre 2011 / Le Grau-du-Roi (Gard), photo de Sylvie Mura, 1er juillet 2012                

Poil et pellicule.   

Doctor Strange (Scott Derrickson, É.-U., 20016)      

Bon dimanche,  

Philippe DIDION    

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