22 novembre 2020 – 905

MERCREDI.                  

Éphéméride.Mercredi 18 novembre [1942]  

“La stupidité de mes condisciples m’atterre… c’est eux qui sont la majorité.” (Jacques Brenner, Journal, tome I : Du côté de chez Gide 1940-1949)    

JEUDI.          

Obituaire. Je n’ai pas vu passer la nécrologie de Nelly Kaplan, décédée le 12 de ce mois, dans Le Monde. Je l’ai peut-être ratée, elle a peut-être été réservée à l’édition en ligne du quotidien. Ce n’est pas bien grave, j’en sais assez sur la vie de Nelly Kaplan pour l’avoir entendue souvent évoquer l’un ou l’autre de ses épisodes (le tournage de La Fiancée du pirate, ses liens avec Soupault, Mandiargues ou Breton) au cours des différentes éditions du Colloque des Invalides. Le Colloque des Invalides s’est tenu chaque année à Paris de 1997 à 2016, j’y ai participé en tant que spectateur à partir de 2005, je crois, avant d’y prendre la parole pour sa dernière édition. La règle du colloque : un thème et cinq minutes, pas plus, pour le traiter, ce que les intervenants s’appliquaient à faire avec érudition et fantaisie. Nelly Kaplan était une habituée des lieux, elle y venait toujours accompagnée de Claude Makovski avec qui elle avait partagé beaucoup d’aventures cinématographiques. Claude Makovski était un homme très discret, il restait toujours dans les rangs du public mais il prenait parfois la parole quand il était question de cinéma. Un jour, il avait soufflé tout le monde en élevant la voix, pour une fois, pour s’écrier : “François Truffaut n’était qu’une petite frappe !” Claude Makovski est mort, lui, en août dernier, et sa mort est passée inaperçue : Wikipédia, d’habitude très réactif dans ce domaine, a mis des semaines avant de l’afficher. J’ai plein de souvenirs des Invalides, l’irruption de Frédéric Beigbeder qui flanqua une oratrice à bas de l’estrade, le pistolet factice d’Alain Chevrier, la dégustation d’absinthe, les communications hilarantes d’Alain Zalmanski, plein d’autres mais ceux-ci sont de plus en plus peuplés de fantômes : Claude Makovski et Nelly Kaplan ont rejoint Jean-Jacques Lefrère, Jean-Louis Debauve, Paul Braffort, Marc Dachy, Christian Biet, Dominique Noguez, François Caradec, Bernard Magné, Paulette Perec… Le pire, c’est que j’en oublie sans doute.

Lecture. Meurtre dans un fauteuil (The Black Tower, P.D. James, Faber & Faber, 1975 pour l’édition originale, Mazarine, 1986 pour la traduction française, rééd. Librairie Générale Française, coll. Le Livre de poche n° 6457, 1988, traduit de l’anglais par Lisa Rosenbaum; 416 p., s.p.m.).                        

Pour cette cinquième enquête de l’inspecteur Dalgliesh, P.D. James le fait évoluer dans un cadre qui se situe à mi-chemin de ses deux milieux préférés : le médical et le religieux. Comme le déclare un personnage, on se demande si le lieu dans lequel le meurtre a été commis est “une clinique, une communauté, un hôtel, un monastère ou un asile d’aliénés particulièrement bizarre”. Bizarre, c’est le mot, mais ça ne fait pas tout : P.D. James prend tout son temps avant d’en arriver à l’emballement final qui réveille en sursaut le lecteur assoupi depuis un bon moment.    

VENDREDI.                  

Le cabinet de curiosités du notulographe. Histoires d’eau.  

  L’Île-d’Yeu (Vendée), photo de Bernard Bretonnière, 28 juillet 2017 / Châtelus-Malvaleix (Creuse), photo de l’auteur, 30 juillet 2017    

SAMEDI.              

Lecture. Les Temps Modernes n° 700 (Gallimard, octobre-décembre 2018, 224 p., 22,50 €).                            

Contrairement aux responsables du Débat qui annonçaient la fin de leur revue dans leur livraison de septembre dernier, ceux des Temps Modernes ne se doutaient pas que ce numéro allait être le dernier. Des revues publiées chez Gallimard, il ne reste donc que L’Infini, dont on peut penser qu’elle restera en vie tant que Sollers fera de même, et la N.R.f. La mort de Claude Lanzmann aura sans doute été fatale aux Temps Modernes qui auront eu tout de même le nez de publier un inédit de Sartre, leur fondateur, pour ce numéro d’adieu.                

Films vus.

  • Chanson douce (Lucie Borleteau, France, 2019)                               
  • Rush Hour (Brett Ratner, É.-U., 1998)                               
  • Liza (Marco Ferreri, Italie – France, 1972)                               
  • Le Déjeuner sur l’herbe (Jean Renoir, France, 1959)
  • Réveillon chez Bob (Denys Granier-Deferre, France, 1984)       
  • Le Détour (téléfilm, Pierre Salvadori, France, 2000)                               
  • Chéri, fais-moi peur (Jack Pinoteau, France, 1958).                

L’Invent’Hair perd ses poils.  

Paris (Seine), rue Ramey, photo de Pierre Cohen-Hadria, 3 octobre 2011                

Poil et plume.  

Grand Central (Rebecca Zlotowski, France – Autriche, 2013)    

Bon dimanche,  

Philippe DIDION    

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