6 décembre 2020 – 907

DIMANCHE.                   

Vie informatique. Midi, l’heure des notules. Au moment d’envoyer le numéro du jour, fausse manœuvre, celui-ci disparaît dans les entrailles de l’ordinateur. Impossible de le récupérer. Que faire ? Envoyer un message pour annoncer son absence, ce qui serait une première en vingt ans d’existence ? Rester silencieux et voir si ce silence suscite des réactions, bon moyen de tester l’attention des notuliens, l’équivalent d’une interrogation écrite surprise ? Finalement, je recompose le numéro à la hâte, j’en ai le squelette en tête, tant pis pour les commentaires de lecture, ce n’est pas une grosse perte, et je réussis à l’envoyer sans encombre – mais sans doute pas sans coquilles.    

LUNDI.           

Courriel. Coquilles ou pas coquilles, la sanction est immédiate : une demande de désabonnement aux notules.

MERCREDI.                   

Éphéméride. “2 déc. 2007. Il est bon que le nom des objets nous éclaire aussi sur leurs propriétés et leurs usages. C’est ainsi qu’il suffit effectivement d’une toute petite poussée pour envoyer rouler la poussette sous les roues d’un camion.” (Éric Chevillard, L’Autofictif)                     

Lecture. Le Publicateur du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 9e série, n° 23 (15 mars 2020, 80 p., 15 €).                             

L’esprit de l’escalier C.    

JEUDI.          

Lecture. La 13e Marche (Thirteen Steps Down, Ruth Rendell, Hutchinson, 2004 pour l’édition originale, Éditions des Deux Terres, 2007 pour la traduction française, rééd. Librairie Générale Française, coll. Le Livre de poche n° 35048, 2008, traduit de l’anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj; 448 p., 6,95 €).                         

Il y a des hauts et des bas dans l’œuvre de Ruth Rendell, tout n’est pas passionnant mais là, il faut bien dire qu’elle tutoie les sommets atteints par son meilleur titre à mes yeux, Véra va mourir. On a ici affaire à un pauvre type qui a à peu près tout raté dans sa vie et que sa passion pour un tueur en série amène à vivre dans le quartier de Londres où celui-ci a sévi. Sa tentative d’imitation du maître va lui montrer qu’il n’a pas le niveau : encombré de cadavres dont il ne sait comment se débarrasser, empêtré dans une autre passion, sentimentale celle-ci, qu’il nourrit à l’égard d’un inaccessible mannequin, viré de son boulot, l’homme s’enfonce dans une mouise d’autant plus extraordinaire qu’il n’en a pas conscience. Croyant toujours à une rebond certain, il multiplie les initiatives désastreuses sous la plume goguenarde de l’auteure et sous l’œil gourmand du lecteur, ravi.    

VENDREDI.                 

Le cabinet de curiosités du notulographe. Ferronnerie dard.  

  Semur-en-Auxois (Côte-d’Or), photo de Thierry Vohl, 2 novembre 2016 / Metz (Moselle), photo de Caroline Didion, 29 février 2020    

SAMEDI.              

Films vus.

  • Le Mort en fuite (André Berthomieu, France, 1936)                               
  • Les Monstres (I mostri, Italie – France, 1963)                               
  • Les Histoires d’amour finissent mal… en général (Anne Fontaine, France, 1993)                               
  • Serial Mother (Serial Mom, John Waters, É.-U., 1994)                               
  • Vivarium (Lorcan Finnegan, Irlande – Belgique – Danemark – Canada, 2019)                               
  • Un jour (One Day, Lone Scherfig, É.-U. – R.-U., 2011)                               
  • Ad Astra (James Gray, 2019, Chine É.-U. – Brésil, 2019).           

L’Invent’Hair perd ses poils.  

  Vagney (Vosges), photo de l’auteur, 9 octobre 2011 /Marseille (Bouches-du-Rhône), photo de Jean-Damien Poncet, 29 décembre 2016                

Poil et plume. “Ce jour-là, il était d’une humeur de rêve. Il avait écrit une lettre de remerciement pleine d’effusion à un homme qui l’avait aidé, s’était rassuré avec des gestes propitiatoires comme mettre la chemise mauve à rayures qu’elle aimait, boire de l’eau au déjeuner, aller chez le coiffeur de l’hôtel. Il avait espéré que, quand il entrerait dans sa chambre, elle lui tomberait dans les bras. Au lieu de cela, elle lui donna un baiser des plus rapides et lui lança un regard, pas méchant, mais qui disait : que les hommes sont ridicules quand ils sortent de chez le coiffeur !” (Harry Mathews, Cigarettes)     

Bon dimanche,  

Philippe DIDION    

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