10 janvier 2021 – 911

LUNDI.           

Lecture. L’Inimitable Jeeves (The Inimitable Jeeves, P.G. Wodehouse, 1923 pour l’édition originale, U.G.E., coll. 10/18, 1982 pour la traduction française, rééd. in « Jeeves », Presses de la Cité, coll. Omnibus, 1990, traduit de l’anglais par Dominique Haas; 1280 p., 145 F).                         

Je me suis nourri de Wodehouse et des aventures de Jeeves dans les années 1980, quand 10/18 se mit à en sortir des volumes à la pelle. J’y retrouvais l’humour anglais que j’avais aimé dans mon enfance à la lecture des aventures de Bennett, écrites par Anthony Buckeridge et traduites à l’époque par Olivier Séchan, le père de Renaud, dans la Bibliothèque verte. Bennett était un collégien espiègle, Jeeves est un butler impassible et dévoué à son employeur, Bertram Wooster, qui n’a pas son pareil pour se mettre dans des situations impossibles. Affaires de cœur, affaires de famille, affaires d’honneur, affaires d’argent, Jeeves parvient à résoudre avec efficacité et discrétion tous les problèmes auxquels peut être confronté le jeune écervelé qui lui tient lieu de maître. Les recettes du comique de Wodehouse sont faciles à lister : absurde des situations, opposition des personnages, opposition des registres (épique et familier), outrance, originalité des images, choix de l’adjectif inattendu. Tout cela se retrouve chez d’autres auteurs anglo-saxons, de Robert Benchley aux frères Grossmith, mais Wodehouse y ajoute un goût marqué pour l’adverbe. J’ai encore en mémoire cette phrase de Bonjour, Jeeves par laquelle Wodehouse décrit un personnage maladroit, “garçon gauche et empoté constitutionnellement incapable de traverser le grand désert de Gobi sans renverser quelque chose. » Du coup, j’ai utilisé deux fois l’adverbe constitutionnellement, qui n’est pas le plus fréquent de la langue française, dans les notules. Léautaud, je crois que c’est lui, détestait les adverbes : si un écrivain se sentait obligé d’en utiliser un, disait-il, c’est qu’il n’avait pas choisi le bon verbe. M’en fous. J’adore l’adverbe, j‘en use, comment dire, immodérément, j’adore ceux (Wodehouse mais aussi Desproges) qui savent utiliser sa force comique. Un des premiers textes que j’ai publié en revue s’intitulait « La force de l’adverbe » : il prenait comme point de départ l’épitaphe qui figure sur la tombe de Roger Bontems, condamné à mort et guillotiné, dont l’adverbe ouvre sur l’abîme.  

Aydoilles (Vosges), photo de l’auteur, 16 novembre 2008    

MARDI.            

Courrier. Je reçois le volume 1 de La Nouvelle Gazette fortéenne que je n’ai pu trouver en librairie. La chose n’est pas donnée mais l’annonce, dans le sommaire, d’un article intitulé “Le statut juridique de l’extraterrestre” me fait déjà saliver.    

MERCREDI.                  

Éphéméride. “6 janvier [1921]   Il comprend avec désespoir que ce n’était que par amour pour lui qu’elle s’intéressait à ces choses (art, musique, poésie) qui demeurent pour lui l’occupation suprême de sa vie. Elle a cessé d’y prendre plaisir et d’y croire en même temps qu’elle a cessé de l’aimer.” (André Gide, Journal)    

VENDREDI.                 

Le cabinet de curiosités du notulographe. Dites-le avec des fleurs.  

  Langres (Haute-Marne), photo de Jean-François Fournié, 14 février 2017

Saulieu (Côte-d’Or), photo de l’auteur, 13 avril 2019    

SAMEDI.              

Films vus.

  • Les Nuits de Cabiria (Le notti di Cabiria, Federico Fellini, Italie – France, 1957)                               
  • Karnaval (Thomas Vincent, France – Allemagne – Belgique – Suisse, 1999)                               
  • Furie (Olivier Abbou, France – Belgique, 2019)                               
  • La Traque (Serge Leroy, France – Italie, 1975)                               
  • Donne-moi des ailes (Nicolas Vanier, France – Norvège, 2019)                               
  • L’Auberge du sixième bonheur (The Inn of the Sixth Happiness, Mark Robson, É.-U., 1958).                

L’Invent’Hair perd ses poils.  

              Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-du-Rhône), photo d’Anne-Marie Emery, 19 octobre 2011

Compiègne (Oise), photo de Jean-Damien Poncet, 28 avril 2018                

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 6 octobre 2019. 99 km. (37 708 km).  

1 902 habitants   

Le monument est sur les hauteurs du bourg, dans un enclos grillagé dont les coins sont marqués par des conifères taillés en boule. Deux crapouillots veillent, la gueule tournée vers le ciel. Sur un socle de granit gris, une figure féminine drapée dans une robe toge tient dans sa main gauche un drapeau, dans sa main droite une couronne de lauriers. Un macaron du Souvenir français est entouré d’une guirlande métallique. Par ailleurs, deux Croix de guerre, un mât à drapeau, quatre prunus.  

  St Michel sur Meurthe

À ses héroïques enfants

Morts pour la France

1914-1918

Ils ont bien mérité de la Patrie     

Face : 8 noms de victimes civiles de BRIOT Charles Alphonse à VILLAUME Jean-Baptiste et une plaque pour les morts de 1939-1945 et d’AFN.     

Droite : 22 noms de BEJOT René 1895-1915 à MOPEL André 1897-1917 (dont un DIDION Henri 1893-1915, je crois que c’est le premier que je rencontre).     

Gauche : 22 noms de MUNSCH Constant 1896-1917 à THOMAS Lucien 1891-1916 (dont un prénommé Materne, là aussi une nouveauté).                

Poil dessiné.  

Willem, “Scalp”    

Bon dimanche,  

Philippe DIDION

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