5 septembre 2021 – 940

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi à une date indéterminée.    

DIMANCHE.                   

Vie culturelle. Nouveau passage à Metz pour bricoler (ma spécialité) dans l’appartement d’Alice. Nous finissons assez tôt pour nous rendre au Centre Pompidou, tout proche, et visiter en coup de vent l’exposition Chagall qui ferme demain ses portes. Il faut bien sûr montrer son passe sanitaire, c’est devenu la routine. Tout le monde dégaine son téléphone de poche, ce que je serais bien en peine de faire. Il faut donc, comme à chaque fois, que je sorte de mon portefeuille la photocopie du bazar, que je la déplie, que le préposé scanne les hiéroglyphes, une fois sur deux ça ne marche pas, ça prend un temps fou, ça piaffe derrière, j’enquiquine tout le monde, j’adore ça. Nous sommes surpris et heureux de retrouver, au bout du parcours, le travail que Chagall effectua au Plateau d’Assy, dans l’église que nous avions découverte par hasard au cours d’un séjour aux Alpes. J’achète à la boutique la récente réédition des Chants de Maldoror illustrés par Magritte.  

MARDI.            

Lecture. La Pierre du remords (Tregasteinn, Arnaldur Indridason, Forlagid, 2019 pour l’édition originale, Métailié, coll. Bibliothèque nordique/Noir, 2021 pour la traduction française, traduit de l’islandais par É ric Boury; 352 p., 21,50 €).                          

Indridason a laissé de côté le personnage d’Erlendur, qui l’a rendu célèbre, et entamé un nouveau cycle autour d’un nommé Konrad, flic en retraite qui ne renâcle pas à donner un coup de mains à ses collègues actifs. Konrad est le fils d’un escroc qui finit assassiné dans des conditions encore non élucidées et ce crime passé l’occupe autant que l’affaire qui l’intéresse aujourd’hui : le meurtre d’une femme qui l’avait contacté pour qu’il retrouve son enfant, abandonné à sa naissance cinquante ans plus tôt. Le passé et le présent sont mêlés dans une construction complexe qui renouvelle avantageusement l’univers d’Indridason. On a laissé passer les deux premiers volets de cette nouvelle série mais on ne ratera pas le prochain.    

MERCREDI.                  

Éphéméride. À Robert Ross  

“Samedi 1er septembre [1900]

[Paris]

  Mon cher Robbie, Mes remerciements pour le chèque. Votre lettre est vraiment enrageante : pas un mot sur vous-même, aucun détail et pourtant vous savez que j’aime les tragédies bourgeoises et les petites chamailleries qui constituent la vie de famille en Angleterre. J’ai pourtant reçu de vous jadis de charmantes lettres tout à fait du style de Jane Austen. Vous êtes, je le sais, le Cendrillon de vos parents et leur avez fait une vie infernale, semblable à votre prototype de Märchen. Vous avez transformé en citrouille la voiture de votre chère mère, mais ne permettez pas à vos sœurs de porter vos pantoufles et prenez toujours la meilleure place au coin du feu, sauf en été où vous y ferez asseoir le pauvre Aleck. […]  

OSCAR.” (Oscar Wilde, Lettres)                    

Lecture. Portrait de Max en accordéon (Guy Goffette, in Max Jacob : “Œuvres”, Gallimard, coll. Quarto, 2012; 1824 p., 29,50 €).                                

Poème.                                  

Nyarlathotep (Howard Phillips Lovecraft, The United Amateur, 1920, Belfond, 1986 pour la première traduction française, rééd. in “Œuvres I”, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1991, traduit de l’américain par Paule Pérez; 1172 p., 31 €).                                

Nouvelle.    

JEUDI.           

Vie professionnelle. Pas de rentrée des classes pour moi cette année. Si ma demande de retraite aboutit, ç’aurait dû être la dernière, j’en suis privé sans être dévoré par le chagrin. En juin dernier, quand tout ce bazar s’est enclenché, je m’étais alarmé d’avoir à manquer une demi-journée de boulot pour aller subir mes premiers examens cardiaques. Aujourd’hui que l’on compte en semaines et en mois, je suis beaucoup plus serein. Je serai remplacé par quelqu’un qui fera le boulot beaucoup mieux que moi, certains élèves seront déçus, d’autres sauteront de joie. J’aurais pu, avant l’échéance opératoire de la semaine prochaine, assurer une heure de cours par-ci par-là mais j’ai encore trop de rendez-vous à honorer pour faire quoi que ce soit de suivi et d’acceptable. Et puis, je l’avoue, je n’ai pas la tête à ça. J’y garde une place toutefois pour une pensée à l’égard des collègues et des élèves qui reprennent aujourd’hui le collier dans des conditions toujours aussi peu réjouissantes.    

VENDREDI.                  

Tourisme médical. Au CHU de Brabois pour une échographie des vaisseaux sanguins du cou et autres éléments de tuyauterie. C’est qu’il ne s’agit pas de partir en claquant l’aorte.                    

Le cabinet de curiosités du notulographe. Difficultés de l’acheminement postal.  

  Paris (Seine), avenue Charles-Floquet, photo d’Alain Hardebolle, 1er juin 2020

Lépinas (Creuse), photo de l’auteur, 3 août 2020                    

Lecture. Le Mont Analogue (René Daumal, Gallimard, 1952, rééd. coll. L’Imaginaire n° 72, 1981; 190 p., 8,50 €).                               

Cet été, Le Monde a consacré un feuilleton en six épisodes à l’étonnante postérité de ce livre. Sans l’avoir lu, je le connaissais et l’avais en rayon, je l’avais acheté car René Daumal et ses amis du Grand Jeu, Roger Gilbert-Lecomte et Roger Vailland, apparaissaient souvent dans les publications du Collège de ‘Pataphysique. Le Monde révélait que Le Mont Analogue était l’objet d’un véritable culte de la part d’écrivains, bien sûr, mais aussi de philosophes, de navigateurs, d’alpinistes, de scientifiques, de plasticiens, de musiciens, et même d’hommes politiques puisque c’était le livre fétiche de Mitterrand qui l’offrait à tour de bras. Le roman, inachevé, raconte la quête d’une montagne au sommet invisible, située sur une île du Pacifique elle-même indécelable, censée faire le lien entre le monde connu et l’inconnu, entre l’humain et le divin. Un groupe de huit personnes se lance à la recherche de cette montagne, parvient à la trouver, s’installe à son pied, part en expédition… et le roman s’interrompt. On aura eu le temps, pendant la centaine de pages qu’occupe le texte de Daumal, d’aborder un récit de voyages à la Jules Verne, de rencontrer des traits d’humour voisins de l’absurde, de côtoyer la physique et la métaphysique (tendance Gurdjieff), de découvrir une civilisation aussi effrayante que celle dépeinte par Perec dans W ou le souvenir d’enfance. L’inachèvement fait beaucoup pour l’intérêt indéniable qu’éveillent ces pages : on est obligé de relire pour chercher des indices permettant de deviner la suite que Daumal pensait donner à son histoire. On comprend l’engouement pour le livre : Le Mont Analogue n’est jamais fini, c’est une œuvre unique qui peut se relire indéfiniment, offrant des promesses de richesses sans cesse renouvelées.    

SAMEDI.              

Films vus.

  • Effacer l’historique (Benoît Delépine, Gustave Kervern, France – Belgique, 2020)                               
  • Le Carnaval des âmes (Carnival of Souls, Herk Harvey, É.-U., 1962)                               
  • The Singing Club (Military Wives, Peter Cattaneo, R.-U., 2019)                               
  • Le Plein de super (Alain Cavalier, France, 1976)                               
  • Les Apparences (Marc Fitoussi, France – Belgique, 2020)                               
  • La isla mínima (Alberto Rodríguez, Espagne, 2014)                               
  • Les Créatures (Agnès Varda, France – Suède, 1966).               

Invent’Hair, bilan d’étape.

Bilan établi au stade de 5 200 salons, atteint le 24 octobre 2020.  

Bilan géographique.  

Classement général par pays.  

  • 1. France : 4 336 (+ 90)
  • 2. Espagne : 179 (=)
  • 3. Royaume-Uni : 106 (+ 9)
  • 4. Belgique : 77 (=)
  • 5. Italie : 61 (=)
  • 6. États-Unis : 45 (=)
  • 7. Suisse : 38 (=)
  • 8. Portugal : 37 (=)
  • 9. Allemagne : 35 (=)
  • 10. Danemark : 34 (=)  

Classement général par régions (France).  

  • 1. Rhône-Alpes : 718 (+ 9)
  • 2. Île-de-France : 699 (+ 9)
  • 3. Languedoc-Roussillon : 347 (+ 3)
  • 4. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 345 (+ 3)
  • 5. Lorraine : 318 (+ 7)
  • 6. Midi-Pyrénées : 238 (+ 1)
  • 7. Bretagne 179 : (+ 4)
  • 8. Pays de la Loire : 173 (+ 12)
  • 9. Bourgogne : 161 (+ 1)
  • 10. Centre : 155 (+ 5)  

Classement général par départements (France).  

  • 1. Seine (Paris) : 556 (+ 6)
  • 2. Rhône : 340 (+ 4)
  • 3. Vosges : 172 (+ 5)
  • 4. Loire-Atlantique : 130 (+ 7)
  • 5. Hérault : 104 (=)
  • 6. Alpes-Maritimes : 100 (+ 1)
  • 7. Meurthe-et-Moselle : 97 (+ 2)
  • 8. Pyrénées-Orientales : 96 (=)
  • 9. Loire : 93 (+ 1)
  • 10. Bouches-du-Rhône : 89 (=)  

La Meurthe-et-Moselle passe devant les Pyrénées-Orientales, seul mouvement notable.  

Classement général par communes.  

  • 1. Paris : 556 (+ 6)
  • 2. Lyon : 160 (+ 2)
  • 3. Nantes : 67 (+ 5)
  • 4.  Barcelone : 58 (=)
  • 5. Nice : 57 (+ 1)
  • 6. Nancy : 54 (+ 1)
  • 7. Épinal : 47 (+ 1)
  • 8. Marseille : 32 (=)
  • 9. Strasbourg : 26 (=)
  • 10. Toulouse : 25 (+ 1)
  • “. Villeurbanne : 25 (+ 1)  

Copenhague et Le Havre disparaissent du top 10. Dieppe passe de la 78e à la 35e place grâce à 5 salons supplémentaires pour un total de 13.  

Bilan humain.  

  • 1. Jean-Damien Poncet : 543 (+ 4)
  • 2. Philippe Didion : 392 (+ 8)
  • 3. Pierre Cohen-Hadria : 377 (+ 33)
  • 4. François Golfier : 318 (+ 1)
  • 5. Jean-Christophe Soum-Fontez : 168 (+ 2)
  • 6. Sylvie Bernasconi : 158 (=)
  • 7. Hervé Bertin : 143 (+ 4)
  • 8. Bernard Cattin : 120 (+ 10)
  • 9. Jean-François Fournié : 94 (+ 10) 
  • 10. Benoît Howson : 88 (+ 6)  

Étude de cas. Coiffure et modestie.  

  Troyes (Aube), photo de Jean-François Fournié, 14 janvier 2018

Paris (Seine), avenue du Général-Leclerc, photo de Jean-Damien Poncet, 27 avril 2016  

    Strasbourg (Bas-Rhin), photo de Jean-Christophe Soum-Fontez, 19 mai 2018

Paris (Seine), boulevard Voltaire, photo de Jean-Damien Poncet, 4 mars 2017                

Poil et pub.  

Dinard (Ille-et-Vilaine)    

Bon dimanche,  

Philippe DIDION    

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