5 décembre 2021 – 950

LUNDI.           

Vie inclusive.

Je reçois aujourd’hui pour correction la maquette du Bulletin Perec. L’éditorial débutait ainsi : “Covid, vaccination, coronavirus, contagion, manif antivax, soignants applaudis aux balcons, pangolin chinois, distanciation, propagation du virus, Raoult, Macron… Confiné au Moulin d’Andé en 2021, Georges Perec n’aurait pas manqué de noter ces termes en vue de l’écriture d’une Disparition à la mode d’aujourd’hui.” La metteuse en page, une militante, a modifié le début de la première phrase qu’elle réécrit ainsi : “Covid, vaccination, coronavirus, contagion, manif antivax, soignantes et soignants applaudi(e)s aux balcons…” Ce qui, bien sûr, ne tient pas debout au vu de la référence au roman lipogrammatique de Perec. Je m’y attendais, les notules 795 du 3 juin 2018 l’avaient prévu : “éditrice de Perec à son époque, elle aurait fait ajouter des “e” féminisants à La Disparition”. C’est fait. Il suffisait d’être patient.    

MARDI.            

Lecture.

Les Dents du tigre (Maurice Leblanc, Éditions Pierre Lafitte, 1921, rééd. in « Les Aventures extraordinaires d’Arsène Lupin » vol. 2, Omnibus 2004, 1240 p., 23 €).                          

Pour cette aventure, Arsène Lupin revient sur le devant de la scène alors que dans les épisodes précédents (on parle des épisodes lus dans l’ordre de cette édition qui ne correspond pas à l’ordre de parution, la chronologie lupinienne n’étant pas facile à suivre), Maurice Leblanc se contentait de l’utiliser comme un deus ex machina, en le faisant apparaître au dernier chapitre pour résoudre une énigme. Car Lupin, la guerre de 14 est passée par là, n’est plus le cambrioleur des débuts. S’il pratique toujours plus ou moins son art, ce n’est plus à des fins personnelles mais au service de plus nobles causes, patriotiques entre autres. Il se démène ici pour démêler une histoire complexe d’héritage convoité par de bien méchantes gens au détriment d’une femme dont Lupin est amoureux. Cet amour lui donne des ailes et devient le thème principal de cette histoire menée tambour battant, passionnante de bout en bout avec énigmes, rebondissements, révélations et coups de théâtre à chaque chapitre. C’est du meilleur Leblanc, qui fait avaler sans problème les invraisemblances  de son récit. À l’issue de celui-ci, Lupin, ayant éliminé les méchants et conquis l’amour, se retire sur ses terres et prend sa retraite. Personne n’y croit, bien sûr.

MERCREDI.                  

Lecture.

Le Publicateur du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 9e série, n° 26 (15 décembre 2020, 112 p., 15 €).                                

Hommage au T.S. Thieri Foulc.                                  

Chevreuse (Patrick Modiano, Gallimard, coll. Blanche, 2021; 176 p., 18 €).                                

“Et il se rappela le titre d’un film italien qu’il avait vu à la Cinémathèque de Chaillot : Les enfants nous regardent.” Tout est dit. En mentionnant, page 35, ce vieux film de Vittorio De Sica (I bambini ci guardano, Italie, 1944), Modiano dévoile la mécanique de ses livres : comme bien d’autres de ses prédécesseurs, le narrateur de Chevreuse a assisté, enfant, à des scènes, entendu des conversations qui ne le concernaient pas, qu’il ne comprenait pas, et dont il retrouve des indices (noms de lieux, de personnes, agendas, numéros de téléphone) à une époque ultérieure de sa vie. Commence alors une enquête qui est aussi une plongée dans le passé pour retrouver le sens de ces actes ou de ces paroles. Cette mécanique mémorielle est celle qu’il utilise dans la majorité de ses romans comme en attestent quelques titres (Du plus loin de l’oubli, Souvenirs dormants, Vestiaire de l’enfance…), celle qui permet d’entretenir l’ambiance floue, incertaine, qui les caractérise et qui fonctionne ici, une fois de plus, admirablement.

Éphéméride.

“1er décembre [1947]. Mais la lutte s’engage ! Les Nouvelles littéraires sortent un très bon papelard. Dans un écho, on prétend que Carco me donnera sa voix au Goncourt. Rien n’est perdu !

Encore une semaine à tirer pour ce scénario. Je m’entends excellemment avec René, boulot intéressant, mais ces levers à 6 h 30 m’arrosent de désespoir…

Ce soir à la gare rencontre avec Minou. Elle froide et moi aussi. J’attendrai donc ses prochaines lettres de douleur (Ah ! Ah!).” (René Fallet, Carnets de jeunesse 3 : 9 septembre 1948 – 25 décembre 1950)  

JEUDI.          

Brève de trottoir.  

Lecture.

Patrick Dewaere : À part ça la vie est belle (LF Le Bollée, Maran Hrachyan, Glénat, coll. 9 1/2, 2020; 132 p., 22 €).    

VENDREDI.                  

Le cabinet de curiosités du notulographe.

Décoration moderne.  

  Abbeville (Somme), photo de Jean-Damien Poncet, 20 juin 2020

Lyon (Rhône), photo de Caroline Didion, 27 décembre 2018

Lecture.

Trois poèmes dans la NRF (Jean Tardieu, 1927, rééd. in “Œuvres”, Gallimard, coll. Quarto, 2005; 1598 p., 27,50 €).    

SAMEDI.              

Lecture.

Ultima ou La Dernière Heure d’Edmond de Goncourt (Alphonse Daudet, Revue de Paris, 1896, rééd. Mille et une nuits n° 616, 2013; 72 p., 3 €).                

Films vus.

  • Intrigo : chère Agnès (Intrigo: Dear Agnes, Daniel Alfredson, Allemagne – Suède – R.-U., 2019)                             
  • The Shanghai Gesture (Josef von Sternberg, É.-U., 1941)                               
  • Retour à Zombieland (Zombieland: Double Tap, Ruben Fleischer, É.-U., 2019)                               
  • Ma famille t’adore déjà ! (Jérôme Commandeur, Alan Corno, France – Belgique, 2016)    
  • L’Amour flou (Romane Bohringer, Philippe Rebbot, France, 2018).                               
  • La Chanson du passé (Penny Serenade, George Stevens, É.-U., 1941).                

L’Invent’Hair perd ses poils.  

Mirecourt (Vosges), photo de Francis Pierre, 10 mars 2012

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental).

30 août 2020. 150 km. (39 343 km).  

101 habitants

L’église est imposante pour un village de cette taille. Le monument se trouve sur le côté du parvis, un obélisque de granit poli assez récent apparemment. Il est cerné d’une chaîne métallique aux anneaux rectangulaires, est adossé à une haie de thuyas. À l’avant, un pot de fleurs, à l’arrière un mât à drapeau.  

  À la mémoire

Des enfants de Sartes

Morts pour la France

1914-1918  

MORDAING René

LARCHÉ Louis

PERRIN Léon

MOUGIN Robert

DEVILLARD Léon

DEVILLARD Paul

MILLOT Albert

RAVIER Ernest

PFLAUM Ernest

MAGE Léon     

Droite :  

LIEBAULT Roger

MORDAING André

RENAUD Hubert

1939-1945

Poil et plume.  

Bon dimanche,    

Philippe DIDION    

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