9 janvier 2022 – 955

DIMANCHE.                   

Courriel.

Une demande de désabonnement aux notules.    

MERCREDI.                  

Éphéméride.

“5 janvier [1870]

Insomnieux cette nuit et me retournant dans mon lit, j’essayais, pour me distraire, de revenir par le souvenir à la mémoire lointaine de mon enfance. Je me suis rappelé Ménilmontant, le château donné par le duc d’Orléans à une danseuse d’opéra, devenu une propriété de famille, habité par mon oncle et ma tante de Courmont, M. et Mme Armand Lefebvre et ma mère, entre l’amitié de ces deux femmes. Je revoyais l’ancienne salle de spectacle, le petit bois plein de terreur, où étaient enterrés le père et la mère de ma tante, l’espèce de temple grec où les femmes attendaient le retour de leurs maris, du ministère des Affaires étrangères ou de la Cour des comptes; enfin Germain, le vieux brutal de jardinier, qui vous jetait son râteau dans les reins, quand il vous surprenait à voler du raisin.” (Edmond et Jules de Goncourt, Journal : Mémoires de la vie littéraire)                    

Lecture.

Lire aux cabinets (Reading in the Toilet, Henry Miller, New Directions, 1952 pour l’édition originale, Gallimard, 1957 pour la traduction française, traduit de l’américain par Jean Rosenthal, rééd. Allia, 2000; 62 p., 6,20 €).    

VENDREDI.                  

Bulletin de santé.

Dernière séance de rééducation cardiaque ce matin à l’hôpital d’Épinal. Le test d’effort subi hier au même endroit a montré que l’expérience a été bénéfique, le cœur a bien supporté la charge de travail et, mieux, augmenté ses capacités. Je remercie l’équipe en charge de ce programme que j’aurai suivi avec intérêt et profit. Il me reste à voir le chirurgien lundi et je devrais alors être libéré momentanément de mes obligations sur le plan thérapeutique. Il y a encore à régler la partie administrative, sur laquelle je me suis penché ces dernières semaines, pour obtenir auprès des autorités rectorales le congé de longue maladie auquel je suis éligible.                    

Lecture.

Lettre sur l’anthropofilouterie (Latis, Collège de ‘Pataphysique, coll. Bibliothèque optimatique n° 1, 2006; 16 p., hors commerce).                                 

Histoires littéraires n° 80 (Du Lérot éditeur, juillet-août-septembre 2019; 190 p., 25 €).                                Charles Nodier – Charles Baudelaire – Jack Thieuloy – Jan Baetens – Louis de Gonzague Frick – Albert Savine.                               

Contributions du notulographe à ce numéro : une note de lecture sur les Cahiers Georges Perec n° 13, une autre sur Jean Genet. Je crois que je n’ai rien donné depuis à la revue, je me contente de sélectionner et de commander les services de presse pour les autres recenseurs, ce qui est suffisamment accaparant.

Décapage n° 62 (Flammarion, automne-hiver 2020; 172 p., 16 €).                               

Philippe Djian.                    

Vie musicale.

Sanseverino donne un concert ce soir dans une salle locale non menacée par les jauges de remplissage puisqu’elle ne peut accueillir que soixante personnes. Cet homme est une éponge : il a tout écouté et sa technique lui permet de tout reproduire à la guitare, laid back à la J.J. Cale, funk à la Chic, hillbilly, fado, boogie sudiste, il n’est jamais meilleur que dans ces exercices proches du pastiche. Il en donne ce soir un aperçu, après quelques reprises de François Béranger, mais finit par succomber au travers de bien des virtuoses : au bout d’un moment, il s’écoute, lâche son public et finit par s’amuser tout seul.                    

Le cabinet de curiosités du notulographe.

Ferronnerie dard.  

 Coimbra (Portugal), photo de Jean-Jacques Gonand, août 1993

Nantes (Loire-Inférieure), photo de Christophe Hubert, 10 janvier 2021

SAMEDI.              

Films vus.

  • Cette sacrée vérité (The Awful Truth, Leo McCarey, É.-U., 1937)                               
  • Les Chaussures de Louis (c. m., Jean-Géraud Blanc, Théo Jasmin, Kayu Leung, Marion Philippe, France, 2020)                               
  • Lamb (Valdimar Johansson, Islande – Pologne – Suède, 2021)                               
  • L’Enfant rêvé (Raphaël Jacoulot, France, 2020)                               
  • Une femme sous influence (A Woman Under the Influence, John Cassavetes, É.-U., 1974)                            
  • The Rental (Dave Franco, É.-U., 2020)                               
  • Les Hommes de l’ombre (Mulholland Falls, Lee Tamahori, É.-U., 1996)                               
  • An American Pickle (Brandon Trost, É.-U., 2020).                

L’Invent’Hair perd ses poils.  

  Épernay (Marne), photo d’Anne-Marie Emery, 27 mars 2012

Nanterre (Hauts-de-Seine), photo de Pierre Cohen-Hadria, 24 mars 2018

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental).

11 octobre 2020. 119 km. (39 713 km).  

251 habitants

Adossé au mur qui entoure l’église, l’obélisque de granit gris est cerné d’obus de pierre plantés le long d’un parterre riche en buis et autres végétaux. Une composition florale défraîchie a été déposée devant l’écusson tricolore RF.  

  La commune de Saulxures lès Bulgnéville

À ses enfants

Morts pour la France

1914-1918  

1939-1945  

ROYER Paul

ROBINET Roger

DURAND Edmond     

Gauche :  

COLLIN Juste

PÉTELOT André

RENAUD Just

HUSSON Charles

CHEVALIER Henri

DURAND Edmond

MARCHAL Paul

MERCIER Charles

CHEVALIER Louis

GARILLON Abel

RENAUD Arthur

CHAILLY Jean

GOYER Marcel     

Droite :  

LAMIREL Maurice

BARROIS Lucien

FLÈDRES Albert

THIRIOT Henri

LECLERC Henri

MOUGENOT Camille

CHAILLY Marcel

DOUILLOT Charles

MATRY Jules

ROY Auguste

HUMBLOT Gaston

HENRY Lucien Médaille militaire

HENRY Rémi Légion d’honneur  

ALGÉRIE

Serge DUGRAVOT

Un peu plus loin, difficilement lisible, une stèle gravée, surmontée d’une hélice de Thunderbolt P47, rend hommage “Aux aviateurs canadiens et britanniques tombés glorieusement à Saulxures le 29 [illisible, en réalité juillet 1944] – La commune reconnaissante”.  

À la sortie du village, près d’un plan d’eau, un autre monument est dressé pour les aviateurs tombés dans la forêt voisine.

Poil et plume.

“Le lendemain, les tramways ne marchaient pas. Mme Leterrand dit que le collège était trop loin, sans transports, et Denis resta au lit. Vers neuf heures, il fit sa toilette et sortit pour aller chez le coiffeur. Il y en avait un au coin de sa rue. Dans la boutique, il prit un magazine et se mit à lire en attendant son tour. C’est à ce moment que l’alerte éclata. – Ça y est, dit le coiffeur, petit et chauve. Voilà que ça recommence. – T’en fais pas, dit un client, c’est encore de la foutaise. – Je m’en fais pas, mais ça m’énerve, les sirènes. Ça me fait trembler. Je peux pas m’en empêcher quand je les entends, ça me fait trembler. Denis continuait de lire. L’alerte durait. On lui coupa les cheveux. Denis se regardait dans la glace et il écoutait les hommes.” (Sébastien Japrisot, Les Mal-Partis)

Bon dimanche,    

Philippe DIDION