23 janvier 2022 – 957

DIMANCHE.                    

Courriel.

Une demande d’abonnement aux notules.                      

Vie sanitaire.

J’apprends de source notulienne la disparition de la Clinique du rasoir dont la photo figurait dans le numéro du jour. Ainsi, en pleine crise sanitaire, on continue à fermer des lits dans les établissements de santé.                      

Lecture.

Maigret (Georges Simenon, Arthème Fayard, 1934, rééd. Rencontre, 1967, in “Œuvres complètes Maigret” V; 552 p., s.p.m.).                                  

On pouvait s’y attendre : la retraite de Maigret, annoncée dans le roman précédent, L’Écluse n° 1, n’aura pas duré longtemps. Le voilà obligé de quitter sa thébaïde des bords de Loire pour venir en aide à son neveu, accusé du meurtre d’un mauvais garçon de Pigalle. Son retour à la P.J. n’est pas vu d’un bon œil par tout le monde, ce qui ajoute une motivation à son enquête non officielle : il faut montrer que même éloigné des affaires, il reste le meilleur pour les résoudre…    

MARDI.            

Lecture.

Battling le ténébreux (Alexandre Vialatte, Gallimard, 1928; rééd. coll. L’Imaginaire, 1982; 208 p., 8,90 €).

Dans le dossier Vialatte figurant dans un récent numéro de la revue Europe, Pierre Jourde consacre un bel article à Battling, premier roman d’une courte série puisque l’auteur n’en publia que trois de son vivant. C’est un roman de souvenirs scolaires comme il y en a tant (odeurs de craie, tristesse des dortoirs, incompréhension des adultes, etc.) qui se rapproche du Grand Meaulnes sur plusieurs points. Il y a d’abord l’âge de son auteur : Vialatte a vingt-sept ans au moment de la publication du livre et prouve, comme Alain-Fournier, que la nostalgie n’est pas réservée aux hommes faits. La position du narrateur ensuite, position de retrait, en observateur des autres, du camarade admiré, Meaulnes chez l’un, Battling chez l’autre, deux personnages en quête d’un amour idéal empêché, autre point commun. Ce qu’ajoute Vialatte, c’est une ironie dans la peinture des mœurs de province qu’il saura développer plus tard dans ses chroniques pour La Montagne. Cette ironie rend l’ensemble moins amer, même si c’est l’impression de gâchis qui domine, gâchis des vies de tous ces jeunes gens qui depuis “sont entrés dans la tombe étroite, dans le garde-à-vous solennel de l’au-delà.”                 

Fable d’Acadème (Simon Leys, Collège de ‘Pataphysique, coll. Bibliothèque optimatique n° 5, 2017; 16 p., hors commerce).    

MERCREDI.                  

Éphéméride.

“19 janvier [1892] : J’ai opéré ces jours-ci mon déménagement de l’atelier de la rue Saint-Marc donné par Ropz [sic] à la maison de Bloy. J’avais là quelques tableaux notamment le meurtre d’après Kees Dorik de Eckhoud.

Je suis donc l’hôte de la rue Blomet, l’hôte de Bloy; je suis logé dans son propre bureau tout en haut de la maison, où se trouve un petit lit de fer, en face du grand bureau en bois de buis jaune, ayant appartenu au père de madame Bloy, le poète Christian Molbech.

C’est Bloy qui qui fait lui-même chaque jour la toilette de ce meuble, gardé religieusement et entretenu avec un soin inouï; l’ordre qui règne sur ce pupitre est un véritable sujet d’admiration.” (Henry de Groux, Journal)    

VENDREDI.                  

Le cabinet de curiosités du notulographe.

Grand banditisme, Le Journal de la Haute-Marne, documents transmis par Jean-François Fournié.  

  3 juillet 2018 / 31 août 2018    

SAMEDI.              

Films vus.

  • Killer Inside (The Cloverhitch Killer, Duncan Skiles, É.-U., 2018)                               
  • Circonstances atténuantes (Jean Boyer, France, 1939)                               
  • Disparition à Clifton Hill (Clifton Hill, Albert Shin, Canada, 2019)                               
  • Reservoir Dogs (Quentin Tarantino, É.-U., 1992)                               
  • La Loi de Téhéran (Metri Shesh Va Nim, Saeed Roustayi, Iran, 2019)                               
  • Chaplin (Richard Attenborough, R.-U. – France – Italie – Japon – É.-U., 1992)                               
  • Don’t Look Up : Déni cosmique (Don’t Look Up, Adam McKay, É.-U., 2021).                

L’Invent’Hair perd ses poils.  

  Chaumont (Haute-Marne), photo de Jean-François Fournié, 26 février 2016

Pierrelatte (Drôme), photo d’Hervé Bertin, 29 mars 2012

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental).

20 décembre 2020. 97 km. (39 810 km).  

2 691 habitants

Je ne sais comment appeler cette sorte de socle, de coffre de granit entouré d’une balustrade : un cénotaphe ?  Ses quatre coins sont marqués par des colonnes à la mode antique et il est orné d’un haut-relief représentant une femme se recueillant sur la tombe d’un soldat. La végétation, sur le tertre qui soutient la construction, est remplacée en cette saison par des copeaux de bois. Plus loin, sur cette grande esplanade, un kiosque à musique.  

  Saulxures

À ses

Morts glorieux

1914-1918

1939-1945     

Droite : 2 colonnes de noms, d’ADAM F. A. 158e R.I. à GÉRARD N. Adjtchef 5e R.T., 2 noms pour l’Indochine, 2 noms pour l’Algérie.     

Dos : 2 colonnes de noms de FRÉCHIN E. 149e R.I. à MICHEL H.F. 176e R.I.     

Gauche :  2 colonnes de noms de MICLOT G.A. 5e R.I.C. à WERER J.S. 18e B.C.P., 3 colonnes de noms pour 1939-1945.                

Poil et plume.

“Plus jeune, elle avait, avec la prescience du gestionnaire avisé, rassemblé au fur et à mesure tous les cheveux qu’elle perdait dans une petite bourse brodée qu’elle gardait sur la table de toilette. Une fois qu’elle en eut assez, elle en fit un petit chignon qu’elle enferma dans un tiroir avec ses bijoux. Quelques années auparavant, quand ses cheveux avaient commencé à se clairsemer et à s’argenter, elle s’était mise à porter son chignon d’un noir de jais, qu’elle fixait avec des épingles sur sa petite tête grisonnante. Suivant son code à elle, il s’agissait là d’une solution parfaitement recevable, puisque ces cheveux étaient bien les siens.” (Arundhati Roy, Le Dieu des petits riens)    

Bon dimanche,    

Philippe DIDION