6 février 2022 – 959

LUNDI.

Lecture.

Stupeur et tremblements (Amélie Nothomb, Albin Michel, 1999, rééd. Librairie Générale Française, coll. Le Livre de poche n° 15071, 2001; 192 p., 4,42 €).

C’est avec stupeur et tremblements qu’il convient de s’adresser à l’empereur du Japon, nous apprend la narratrice. Ce que celle-ci ignore, au moment où elle intègre la compagnie Yumimoto, c’est que dans le monde de l’entreprise japonaise, chacun est en quelque sorte l’empereur ou le sujet de l’autre. Cette ignorance des convenances hiérarchiques l’amène à commettre bourde sur bourde et à dégringoler un à un les degrés de l’échelle sociale pour finir préposée aux toilettes de l’étage où elle avait commencé par occuper un bureau. Cette immersion dans un monde inconnu et infiniment cruel est relatée avec talent et humour et donnera lieu à une composition saisissante de Sylvie Testud dans le film réalisé par Alain Corneau.

MERCREDI.                  

Éphéméride.

Jeudi 2 février [1961]

Je commence à travailler l’article sur Massis. Je sens que cette fois-ci ma force va donner.” (Jean-René Huguenin, Journal)

Lecture.

Notes d’un oisif (Alcide Mara, Collège de ‘Pataphysique, coll. Bibliothèque optimatique n° 4, 2012; 64 p., hors commerce).

JEUDI.

Brève de trottoir.

VENDREDI.

Lecture.

Battues (Antonin Varenne, Éditions Écorce, 2015, rééd. Points Policier P 4393, 2016; 312 p., 7,40 €).

La présentation de l’auteur nous apprend que celui-ci, né à Paris, est désormais installé dans la Creuse. À partir de là, quand on connaît un peu le coin, il est facile de deviner que la ville qui se trouve au centre de son histoire, désignée sous l’initiale R., n’est autre qu’Aubusson. On ne sait ce que les habitants du lieu et de ses alentours auront pensé de cette promotion littéraire mais il est rare qu’une ville ou qu’une région choisies pour cadre d’un polar soient décrites sous des dehors idylliques. Battues ne fait pas exception : politiciens véreux, notables pourris, industriels, chasseurs, forestiers et paysans malhonnêtes, la Creuse est peuplée de gens fort peu recommandables et on n’y passerait pas ses vacances. Heureusement, un garde-chasse vient sauver la situation et débusquer les scandales écologiques et financiers qui ont cours. Cette histoire assez classique ne renverse pas les lois du genre mais c’est solide et bien écrit. Dommage que l’auteur ait voulu se démarquer en embrouillant l’ordre chronologique des faits, ce qui n’apporte strictement rien à son affaire, sinon de la confusion.                 

Le cabinet de curiosités du notulographe.

Home sweet home, photos de Jean-François Fournié.

Chauffourt (Haute-Marne), 1er novembre 2020

Dieppe (Seine-Inférieure), 10 juillet 2020

SAMEDI.

Films vus.

  • Superintelligence (Ben Falcone, É.-U., 2020)
  • Une sale histoire (Jean Eustache, France, 1977)
  • Les Filles du Docteur March (Little Women, Greta Gerwig, R.-U. – É.-U., 2019)
  • Sometimes Always Never (Carl Hunter, R.-U., 2018)
  • Mon oncle (Jacques Tati, France – Italie, 1958)             

L’Invent’Hair perd ses poils.

Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), photo de Philippe de Jonckheere, 26 mars 2012

Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), photo d’Élisabeth Chamontin, 27 décembre 2015

Poil et plume.

“La boutique du coiffeur était située à la limite du café des Miroirs, au bord d’un terrain envahi par les flaques d’urine et les détritus. Elle servait la nuit de repaire à la faune des petits mendiants et ramasseurs de mégots qui venaient y dormir, entassés là comme des bêtes dans une tanière. Chaque matin, le barbier, rendu furibond, devait les chasser à coups de pied et de menaces sanglantes. Il aurait dû mettre une porte à sa cahute, mais c’était une entreprise au-dessus de ses moyens. Gohar avait découvert cet endroit un soir où il cherchait la tranquillité et, depuis, il s’y installait souvent pour goûter une paix idéale. Ce fauteuil de coiffeur était vraiment fait pour la méditation.” (Albert Cossery, Mendiants et orgueilleux)

Bon dimanche,

Philippe DIDION