13 février 2022 – 960

LUNDI.

Vie de convalescent.

L’enseignante en activité physique adaptée, c’est son titre, qui préside à mes exercices gymniques au sein de Prescri’mouv a convoqué ses troupes en lisière d’une forêt locale pour une balade au grand air. Tout le monde sont là, mes voisins de tatami et bien d’autres issus d’ateliers différents, au sein desquels j’ai plaisir à retrouver une ancienne de l’âge d’or châtellois. C’est une belle bande de bras cassés, en proie à des soucis médicaux qui font passer les miens pour d’aimables bobos, qui part à l’assaut des sentes forestières. Bientôt, il faut procéder à un rapatriement sanitaire pour les moins valides, le reste clopine et ahane jusqu’au bout. On parle de toute autre chose que ce qui nous a conduits là et le moment se révèle agréable, me faisant découvrir des lieux où je me promets de revenir en compagnie plus réduite, avec ma boîte à insectes et mon filet à papillons.

MARDI.

Lecture.

“Katina”(“Katina”, Roald Dahl, in Ladies’ Home Journal, mars 1944 pour l’édition originale, in À tire-d’aile, Julliard, 1976 pour la traduction française, traduit de l’anglais par Jean Malignon, rééd. in “Contes de l’inattendu : nouvelles, romans, récits”, Gallimard, coll. Quarto, 2021; 1568 p., 32 €).   

Nouvelle.                          

Pas de Matilda ni de Charlie et la chocolaterie dans ce volume uniquement consacré aux textes pour adultes, moins connus, de Roald Dahl. Celui-ci se met à l’écriture pendant la guerre, qu’il passe sous l’uniforme de la R.A.F. et c’est naturellement ce qu’il est en train de vivre qu’il met en scène. Ici, la rencontre avec une jeune fille grecque, orpheline à la suite des bombardements de son village, qui devient la mascotte de l’escadrille à laquelle appartient le narrateur.

“La Révolte des jouets” (“The Little Movement”, Philip K. Dick, in The Magazine of Fantasy & Science Fiction, novembre 1952, traduit de l’américain par Pierre Billon et révisé par Hélène Collon, in “Nouvelles complètes I 1947-1953”, Gallimard, coll. Quarto, 2020; 1280 p., 28 €).

Nouvelle.

MERCREDI.                  

Éphéméride.

9 février [1915] – Écrit un peu hier et aujourd’hui. Histoire du chien. Je viens de lire le début. C’est laid et cela provoque des maux de tête. En dépit de toute sa vérité, le récit est méchant, pédant, mécanique, c’est un poisson échoué sur un banc de sable et ne respirant plus qu’à peine. J’écris mon Bouvard et Pécuchet bien prématurément. Si les deux éléments qui sont le plus fortement marqués dans Le Soutier et dans La Colonie pénitentiaire ne parviennent pas à s’unir, je touche à ma fin. Mais cette union a-t-elle des chances de se faire ?” (Franz Kafka, Journaux)                  

Vie printanière (ou presque).

Apparition du premier Citron. Mais c’est à Talence (Gironde), et c’est Lucie qui nous le signale. Pour ici, il faudra encore attendre un moment.

JEUDI.

Lecture.

Hygiène de l’assassin (Amélie Nothomb, Albin Michel, 1992, rééd. Librairie Générale Française, coll. Le Livre de poche n° 30238, 2004; 224 p., 5,60 €).

Je n’étais pas encore membre du jury quand le Prix René-Fallet fut attribué à Amélie Nothomb en 1993 pour ce premier roman. Je le regrette car j’aurais bien aimé le découvrir comme l’œuvre d’une inconnue et connaître l’effet qu’il faisait dans la production de l’époque. Aujourd’hui, même à distance, on comprend qu’il ne soit pas passé inaperçu car il conserve une bonne dose d’originalité. On y découvre Prétextat Tach, un écrivain universellement connu et reconnu, Prix Nobel de littérature qui, au soir de sa vie, accueille des journalistes pour sa dernière interview. L’homme est un monstre, misogyne, misanthrope, imbu de lui-même et méprisant. Le texte est composé presque uniquement de dialogues entre l’écrivain et les journalistes qui finissent par abandonner la partie, écœurés, à l’exception de la dernière qui se montrera plus coriace. Au-delà de cette construction et de ce personnage qui sortent de l’ordinaire, il est intéressant de relever quelques éléments qui, par la suite, feront partie de la légende Amélie Nothomb : “Mes tiroirs sont tellement pleins, dit Tach, que l’on pourrait éditer un nouveau roman de moi chaque année pendant la décennie qui suivra ma mort” (on prête à Nothomb des tiroirs aussi remplis). Les titres des romans de Tach sont aussi intrigants que ceux qui suivront dans l’œuvre de Nothomb : La Prose de l’épilation, Crever sans adverbe, Apologétique de la dyspepsie, cela vaut bien Métaphysique des tubes, Cosmétique de l’ennemi ou Hygiène de l’assassin… qui est le titre d’un roman de Tach. Celui d’Amélie Nothomb n’est pas parfait, il contient des facilités, des longueurs, mais il montre la patte d’une auteure hors du commun.

VENDREDI.

Lecture.

Un papa, une maman : une famille formidable (la mienne !) (Florence Cestac, Dargaud, 2021; 60 p., 14,50 €).                 

Le cabinet de curiosités du notulographe.

Recto verso.

Bordeaux (Gironde), photos de l’auteur, 24 octobre 2020

SAMEDI.             

Films vus.

  • Pas de repos pour Billy Brakko (c.m., Jean-Pierre Jeunet, France, 1984)
  • Une jeune fille qui va bien (Sandrine Kiberlain, France, 2021)
  • Après le mariage (After the Wedding, Bart Freundlich, É.-U. – R.-U., 2019)
  • Charlot à la plage (By the Sea, Charles Chaplin, É.-U., 1915)                              
  • Charlot à la banque (The Bank, Charles Chaplin, É.-U., 1915)
  • Charlot veut se marier (A Jitney Elopement, Charles Chaplin, É.-U., 1915)                              
  • Charlot dans le parc (In the Park, Charles Chaplin, É.-U., 1915)
  • Les Traducteurs (Régis Roinsard, France – Belgique, 2019)
  • La Toile d’araignée (The Cobweb, Vincente Minnelli, É.-U., 1955)
  • 1917 (Sam Mendes, R.-U. –  É.-U. – Inde – Espagne, 2019).              

L’Invent’Hair perd ses poils.

L’Isle-Adam (Val-d’Oise) photo de Philippe de Jonckheere, 26 mars 2012

Berck (Pas-de-Calais), photo de Jean-Damien Poncet, 20 juin 2020             

Poil et pellicule.

L’Amant double (François Ozon, France – Belgique, 2017)

Bon dimanche,

Philippe DIDION