8 mai 2022 – 970

LUNDI.

Lecture.

Les Papillons (Barcello, Le Cherche Midi, 2021; 224 p., 18 €).                        

Roman sélectionné pour le Prix René-Fallet 2022.

MARDI.           

Lecture.

Paroles juives (Albert Cohen, G. Crès et Cie, 1921, rééd. in “Œuvres”, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 402, 1993; 1438 p., 66 €).                         

Curiosité. Dans les remerciements adressés par les responsables de cette édition à diverses personnes et institutions, on trouve “la bibliothèque municipale d’Épinal”. Je me demande bien pourquoi.           

MERCREDI.

Éphéméride.

“4 mai [1916] –  Je n’ai pas été au cinéma; j’ai beaucoup marché mais je n’ai rien remarqué d’important.” (Raymond Queneau, Journal du  Havre, 1914-1920)                  

Lecture.

Schnock n° 37 (La Tengo, décembre 2020; 368 p., 19,50 €).

Alain Delon.                                

Temps Noir n° 21 (Joseph K., 2019; 352 p., 19,50 €).

Le roman policier sous l’Occupation.

Les Apprenties Détectives (Boileau-Narcejac, magazine Elle, 1967, rééd. in « Quarante ans de suspense » vol. 2, Robert Laffont, coll. Bouquins, édition établie par Francis Lacassin, 1988; 1314 p., 120 F).

Nouvelles.

Curiosité. On peut lire, dans la nouvelle intitulée “Certain vendredi soir” : “Au loin, une radio jouait une rengaine disco et Michel se trémoussa en chantonnant.” De la musique disco en 1967 ? Boileau et Narcejac étaient-ils des visionnaires ?

JEUDI.

Brève de trottoir.

Lecture.

La Mue (Pierre Bergounioux, Gallimard, coll. Blanche, 1991; 136 p., 12,90 €).

La mue, c’est celle que connaît le narrateur au tournant de ses dix-sept ans, lorsqu’il passe de l’enfance à l’adolescence, de la campagne à la ville, du cocon familial à l’internat, de la torpeur à l’éveil politique. Deux événements déclencheurs sont à l’origine de ce tournant : la guerre du Viêt Nam et le tourbillon de Mai-68. Seulement, on est chez Bergounioux et c’est au lecteur de deviner ces événements qui ne sont jamais nommés mais évoqués au sein d’un réseau complexe d’allusions et de métaphores. Le propos est clairement autobiographique, mais clairement seulement pour ceux qui connaissent le bonhomme à travers ses Carnets de notes, dans lesquels il est souvent revenu sur son parcours. Et l’on en vient à se demander comment ce livre, et ceux qui précèdent, ont pu être accueillis au moment de leur parution, quand on ne connaissait rien de Bergounioux. C’est tellement obscur, difficile, que cela a dû en décourager plus d’un et l’on admire d’autant plus l’éditeur d’avoir laissé l’auteur conduire ainsi son œuvre de la manière qu’il l’entendait.

VENDREDI.                 

Lecture.

Dans l’œil du démon (Hakuchû kigo,Jun’ichirô Tanizaki, 1918 pour l’édition originale, Picquier, 2019 pour la traduction française, rééd. Picquier coll. poche, 2021; 142 p., 7 €).

“Trois poèmes parus dans La Tribune des jeunes” (Robert Desnos, 1918, rééd. in “Œuvres”, Gallimard, coll. Quarto, 1999; 1400 p., 27 €).                               

Spéculations. Viridis Candela, 10e série, n° 1 (15 septembre 2021, 80 p., 15 €).

Les mobilités douces.

La dénomination est récente et fort à la mode chez les responsables politiques de tout poil. Cependant, le concept n’est pas neuf, comme le montre ce dossier qui présente des véhicules parfois venus du fond des âges et n’offrant aucun risque pour l’environnement : chaise à porteur, vélocipède à glace avec roue arrière munie d’un patin, landau-corbillard (pour enfant mort en bas âge), tricycle amphibie, canot à voile pour chemin de fer, bicyclette rouleau-compresseur, galère, etc. Il y manque toutefois ce moyen de locomotion déniché dans l’Encyclopédie des farces et attrapes de François Caradec et consorts parue chez Jean-Jacques Pauvert en 1964 :

Le cabinet de curiosités du notulographe.

Papillons fakiristes, collecte d’Alice Didion.

Nancy (Meurthe-et-Moselle), 31 octobre 2020

Metz (Moselle), décembre 2021

SAMEDI.            

Films vus.

  • Jenny (Marcel Carné, France, 1936)
  • Les Canons de Navarone (The Guns of Navarone, Jack Lee Thompson, R.-U. – É.-U., 1961)               
  • Maestro (court métrage, Illogic, France, 2019)                             
  • Vortex (Gaspar Noé, France – Belgique – Monaco, 2021)                             
  • Les Passagers de la nuit (Mikhaël Hers, France, 2022).            

L’Invent’Hair perd ses poils.

Golbey (Vosges), 1er mai 2012

Saulcy-sur-Meurthe (Vosges), 22 décembre 2013, photos de l’auteur

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental).

28 mars 2021. 78 km. (40 446 km).

128 habitants

   Un monument de pierre blanche se dresse à côté de l’église. Il est lourdement chargé en bas-reliefs représentant des gerbes, des médailles, des macarons, des armes, des drapeaux, un coq, une croix…

Senonges à ses enfants

Morts pour la France

1914-1918

Hommage de la commune

Et de ses habitants

Face :

SUPRIN Marcel

SUPRIN Eugène

BERTRAND Léon LT

BLANCHARD Roger

BOULANGE Georges

MARON Marius

GAUDÉ André

PARISOT Alexandre SOF

VALENTIN Alphonse SOF

SUPRIN Louis

BLANCHARD Gaston

BARTHELEMY Marc

FRANQUIN Charles

Gauche :

Jean BARBIER Brigadier chef

Guy EPPLÉ Sous/lieutenant

Abel NOËL Déporté

Louis GEORGES Déporté

Poil et plume.

“Aglaia n’a-t-elle pas imaginé, il y a six mois, de couper sa magnifique chevelure ? (Mon Dieu ! mais je n’en avais même pas une aussi belle dans mon jeune temps !) Elle avait déjà les ciseaux en main; il a fallu que je la supplie à genoux pour qu’elle renonce à sa lubie… Et encore ! admettons que celle-là ait voulu se tondre par malice, rien que pour faire enrager sa mère, car, c’est une fille méchante, volontaire, gâtée, mais surtout méchante, oui, méchante ! Mais est-ce que ma grosse Alexandra n’a pas été sur le point de l’imiter et de se couper les cheveux ? Chez elle, ce n’était pas de la malice ni du caprice, mais de la simplicité; Aglaia avait fait accroire à cette sotte qu’en se rasant la tête elle dormirait mieux et n’aurait plus de migraines ! Et Dieu sait combien de partis convenables se sont présentés à elles depuis cinq ans ! Il y en a eu qui étaient vraiment très bien, même magnifiques ! Qu’attendent-elles donc, et pourquoi ne se marient-elles pas, si ce n’est pour fâcher leur mère ? Elles n’ont pas, absolument pas, d’autre raison !” (Fiodor Dostoïevski, L’Idiot)

Bon dimanche,

Philippe DIDION