3 juillet 2022 – 977

DIMANCHE.

Lecture.

Les Trois Mousquetaires (Alexandre Dumas, Baudry, 1844, rééd. in “Les Trois Mousquetaires – Vingt ans après”, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 159, 1962; 1742 p., 65 €).

Curiosité. Où Alexandre Dumas apparaît comme un précurseur de l’Oulipo : “Depuis lors, continua Aramis, je vis agréablement. J’ai commencé un poème en vers d’une syllabe; c’est assez difficile, mais le mérite en toutes choses est dans la difficulté. La matière est galante, je vous lirai le premier chant, il a quatre cents vers et dure une minute.”                                

“Le Molosse” (“The Hound”, Howard Phillips Lovecraft, 1922, Denoël pour la traduction française, rééd. in “Œuvres I”, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1991, traduit de l’américain par Yves Rivière; 1172 p., 31 €).

Nouvelle.

LUNDI.          

Lecture.

Histoires littéraires n° 83 (Du Lérot éditeur, juillet-août-septembre 2020; 184 p., 25 €).

Paul Verlaine – Eugène Vermersch – Alphonse Allais – Jacques Prévert – Alain-Fournier – René Crevel et Alberto Giacometti – Julien Gracq.

MARDI.           

Lecture.

Les Trois Roses jaunes (Where I’m Calling From: New and Selected Stories, Raymond Carver, 1988 pour l’édition originale, Payot, 1988 pour la traduction française, rééd. Points P 3100, 2013, traduit de l’américain par François Lasquin; 192 p., 6,50 €).

En bon maître de la nouvelle, Carver présente des intrigues sous forme de nœuds fictionnels, ceux-ci tournant toujours chez lui autour du couple : la mère du narrateur de “Cartons” déménagera-t-elle ? La femme qui réveille chaque nuit le narrateur de “Débranchés” au téléphone est-elle son ex-épouse ? Le narrateur de “Menudo” quittera-t-il sa femme pour sa voisine ? et ainsi de suite. L’originalité de Carver tient au fait que les nœuds qu’il présente ne sont jamais défaits, et que les questions qu’il pose restent sans réponses. On pourrait se sentir frustré, taxer l’auteur de paresse, mais on reste délicieusement interdit devant cette suspension qui ne dit rien d’autre que rien n’est figé et que tout est toujours possible.

MERCREDI.                 

Éphéméride.

“29 juin [1918]

Je suis un peu mieux installé qu’hier avec table, chaise, un joli bouquet de roses dans un vase. Il paraît que c’est la rose de Dijon. Je n’y connais rien, mais c’est le vieux civil qui m’en a fait cadeau qui me l’a dit. J’ai à te remercier pour deux grandes lettres du 22 et du 23 que Martin m’a apportées hier dans la soirée. Je les ai relues plusieurs fois tout en regardant dans ma lunette si aucun boche ne se montrait.

Ma Jeannette fait la cueillette des groseilles, et j’aime bien son idée de dire des prières en attendant le fouet. C’est une bonne fifille quand même, hein !” (Albert Viard, Lettres à Léa)                 

Lecture.

Leconte fait son cinéma (Nicoby / Joub, Dupuis, coll. Aire libre, 2021; 144 p., 19 €).

La première partie de cette bande dessinée est un résumé de la carrière de Patrice Leconte, où l’on apprend, surprise, qu’il a débuté comme dessinateur dans Pilote. La seconde est une sorte de documentaire sur la fabrication de son dernier film, Maigret, du montage financier au début du tournage. Les auteurs ont donc accompagné le réalisateur pendant une assez longue période, une sorte de complicité s’est établie entre eux. Ils se mettent eux-mêmes en scène et poussent régulièrement des cris d’admiration qui finissent par être un peu lassants. Autre bémol : le traitement infligé aux noms propres, régulièrement déformés : qui sont donc Christian Flechner, les frères Cohen, et Francis Weber ? Patrice Leconte, qui est un type gentil, avait soutenu, jadis, Luc Besson qui avait déclaré, en réponse à de méchantes critiques, qu’un film est “un objet gentil”. Nicoby et Joub lui consacrent un livre gentil, et plaisant.

JEUDI.

Lecture.

Les Contrerimes (Paul-Jean Toulet, Éditions du Divan, 1921, rééd. in “Œuvres complètes”, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1986; 1534 p., 32 €).

“La contrerime est cette pièce formée le plus souvent de trois quatrains, construits d’après le schéma 8-6-8-6, rimant a-b-b-a, de sorte que le grand vers rime avec le petit”, telle est la définition que l’on trouve dans les traités de poésie. S’il n’a pas inventé cette forme qui crée un déséquilibre séduisant, Toulet lui a donné ses titres de noblesse avec ce recueil posthume. Mais celui-ci ne contient pas que des contrerimes : le poème le plus célèbre de l’auteur, “Dans Arle, où sont les Aliscams…” appartient à une rubrique “Chansons” et on trouve à la suite une section “Dixains” et une section “Coples”, qui rassemble des poèmes courts, distiques et quatrains, alternés. C’est l’œuvre d’une vie, qui évoque les souvenirs d’amitié, d’amour, de voyages avec humour et nostalgie et, forme courte oblige, un soin remarquable dans le choix de chaque élément.

VENDREDI.

Lecture.

Les Trois Claude (Pierre Véry, Gallimard, 1936, rééd. in « Les Intégrales du Masque », tome 2, 1994; 980 p., s.p.m.).                 

Le cabinet de curiosités du notulographe.

Les animaux et la signalisation routière, photos de Jean-François Fournié.

CD 04 (Haute-Marne), 22 octobre 2005

Châteauvillain (Haute-Marne), 12 septembre 2021

SAMEDI.            

Films vus.

  • Incroyable mais vrai (Quentin Dupieux, France – Belgique, 2022)
  • Le Gang des pianos à bretelles (Gilles de Turenne, France, 1953)
  • La Mort d’un tueur (Robert Hossein, France – Italie, 1964)
  • Moonlight (Barry Jenkins, É.-U., 2016)                             
  • Les Jeux dangereux (Pierre Chenal, Italie – France, 1958)                             
  • Greenfields (c.m., Luis Betancourt, Joseph Coury, Michel Durin, Charly Nzekwu, Benjamin Vedrenne, France, 2013)                             
  • En roue libre (Didier Barcelo, France, 2022).            

L’Invent’Hair perd ses poils.

Nancy (Meurthe-et-Moselle), photo de l’auteur, 30 mai 2012

Metz (Moselle), photo de Jean-Damien Poncet, 3 septembre 2019

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental).

15 août 2021. 66 km. (41 093 km).

270 habitants

Au milieu du cimetière haut perché, une plaque est accolée à un conglomérat de moellons surmonté d’une croix et flanqué d’un mât à drapeau.

La commune de Socourt et les souscripteurs

Reconnaissance

À nos héros tombés pour le droit et la liberté

L. ROYER mort à Morhange 20 août 1914

E. CUGNIEN id. Haraucourt 8 7BRE 1914

H. THIRION disparu à Camp de Mailly 10 7BRE 1914

A. GÉRARD mort à Suippes 24 avril 1916

Ch. GRANGE id. Cléry 13 7BRE 1916

Ch. STER id. Louvemont 25 XBRE 1916

A. THIRION id. Chézy-Vinly 7 juin 1918

C. THOMASSIN id. Matougues 1er août 1918

A. EURY id. La Malgrange 2 août 1918

A. MARCHAL id. Vauxaillon 16 7BRE 1918

G. MARTIN mort à Kassel (Allgne) 23 mai 1943

J. BARBE id. à Hat-Lot (Tonkin) 8 Novbre 1951

Poil et plume.

“Après le musée, j’erre dans les rues à pavés pointus. Je ne vois rien que de laid et que de grossier. Si je rentre chez moi, je m’endors. J’entre dans une belle boutique de coiffeur dans la belle rue Saint-Rome, je crois, au nord-ouest du Capitole.
Grossièreté étonnante et curiosité des deux petits barbiers.
En sortant de leur maison, je vais prendre du café à l’un des trente cafés qui bordent la place du Capitole : c’est le meilleur, le café Lissençon. Un peu ranimé, malgré le pavé pointu, je vais à Saint-Sernin.” Stendhal, Voyage dans le Midi de la France)

Bon dimanche,

Philippe DIDION