30 octobre 2022 – 988

LUNDI.

Lecture.

Neuf histoires et un poème (Short Cuts: Selected Stories, Raymond Carver, Vintage, 1993 pour l’édition originale, Éditions de l’Olivier, 1994, rééd. coll. Bibliothèque de l’Olivier, 2022, traduit de l’américain par Jean-Pierre Carasso, Simone Hilling, François Lasquin et Gabrielle Rolin; 208 p., 10,90 €).

Ce volume rassemble les neuf nouvelles choisies par Robert Altman pour son film Short Cuts. Le réalisateur a pioché dans différents recueils pour trouver des histoires qui tournent toutes autour du couple. Cela permet de voir que Carver ne varie pas de style d’une époque à une autre : c’est toujours le même fil narratif tendu, sans fioritures (pas une métaphore, pas une comparaison sur 200 pages), la même tristesse diffuse, le même mur d’incompréhension auquel se cognent ses personnages, la même jubilation du côté du lecteur. Un vrai coffre à bijoux.

MARDI. 

Lecture.

François Truffaut (Noël Simsolo, Marek, Glénat, coll. 91/2, 2020; 176 p., 22 €).

MERCREDI.                 

Éphéméride.

[vers le 19 octobre 1948]

“Cher Dubuffet,

J’ai vu l’autre jour presque à la sortie des essarts, route de Ste cécile, toute une ménagerie, jusqu’à un berger qui joue de la flute. C’est en végétal et dans le modeste jardin d’un particulier. C’a m’a paru être en ajonc épineux taillé.

J’avais déjà vu dans des jardins de rupins des statues en verdure mais ça c’est de l’art brut ou je m’y connais pas. Et Si c’est susceptible de t’interesser pour l’almanach de l’art brut tu pourrais bien demander à Mr Meneux photographe aux essarts de te photographier cette ménagerie là. […]

Amitiés.

chaissac” (Gaston Chaissac, Jean Dubuffet, Correspondance 1946-1964)

JEUDI.

Vie de château.

Je passe de Truffaut au tuffeau à l’occasion d’une incursion dans le Loir-et-Cher, à Romorantin et environs. Au programme, visite de cave, de champignonnière, de château (Valençay, dans l’Indre) et surtout plaisir des retrouvailles avec de solides poteaux exilés volontaires dans le pays. J’y retrouve des endroits fréquentés lors de l’été 2003, alors que la nature succombait sous les coups d’un soleil caniculaire et Marie Trintignant sous ceux de Bertrand Cantat.

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe.

Assurances : contrats jaunis, photos de l’auteur.

Aubusson (Creuse), 27 juillet 2017

Paris (Seine), boulevard de Sébastopol, 22 août 2021

SAMEDI.            

Films vus.

  • Eggs (Bent Hamer, Norvège, 1995)
  • Next Door (Nebenan, Daniel Brühl, Allemagne, 2021)
  • La Femme de ma vie (Régis Wargnier, France – R.F.A., 1986)
  • La Troisième Guerre (Giovanni Aloi, France, 2020)            

L’Invent’Hair perd ses poils.

Enseignes basiques.

Noyers-sur-Serein (Yonne), photo de Patrick Chartrain, 26 mai 2012

Embrun (Hautes-Alpes), photo de Vincent Garcia, 17 août 2014

Poil et pellicule.

Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages (Michel Audiard, France, 1968)

LUNDI.

Lecture.

“La Cafetière” (Théophile Gautier, in Le Cabinet de lecture, 1831, rééd. in “Romans, contes et nouvelles I”, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade n° 488, 2002; 1584 p., 71 €).

Nouvelle.

MARDI.           

Lecture.

“Azathoth” (Howard Phillips Lovecraft, 1922, Belfond pour la traduction française, rééd. in “Œuvres I”, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1991, d’après la traduction de Paule Pérez; 1172 p., 31 €).

Nouvelle.

MERCREDI.

Éphéméride.

“Le 26 octobre 1972

À Monsieur Raymond Queneau

Monsieur,

Voici, avec retard, le manuscrit que vous avez accepté de lire.

Si je n’ai pu me passer d’écrire ces 270 pages, j’ai dû, en revanche, me forcer à les corriger.

J’aimerais m’adresser à vous non en tant que lecteur de M. Gallimard, mais en tant qu’écrivain que j’ai lu (vous vous en apercevrez) et que je sais capable de discerner mes intentions, de me dire si la réalisation est à la hauteur de ces intentions et de me conseiller soit de persévérer, soit tout bonnement de poser ma plume.

Pour moi, aujourd’hui, je me sens incapable de juger ces quelques pages. Je m’en suis lassé, je les trouve même légèrement ridicules. Mais je pense qu’elles peuvent donner une idée de ce que j’ai à dire.

Mais, sans plus chercher d’excuse, je vous laisse la parole…

Avec mes sentiments respectueux,

P.-S. Après correction, j’ai deux regrets :

1. Avoir trop expliqué, me semble-t-il.

2. Quelques longueurs. En particulier p. 100-104 et p. 234-239.” (Dominique Charnay, Cher Monsieur Queneau : Dans l’antichambre des recalés de la littérature)

JEUDI.                          

Brève de trottoir.

Lecture.

Le Répondant du répondeur (Jean-Michel Pochet, les éditions de l’heure, 2008; n.p., s.p.m.).

Dans cette mini-plaquette cousue main, feu Jean-Michel Pochet, redoutable quenien et notulien de la première heure, a rassemblé une série de messages d’accueil enregistrés au fil du temps sur son répondeur téléphonique. Messages ludiques, poétiques, absurdes, intrigants qui ont dû semer une bonne dose de perplexité chez ses interlocuteurs.

La Lettre écarlate (The Scarlet Letter, Nathaniel Hawthorne, Ticknor, Reed & Fields, 1850 pour l’édition originale, La Nouvelle Édition, 1945 pour la première traduction française, rééd. Gallmeister, coll. Totem n° 197, 2021, traduit de l’américain par François Happe; 320 p., 10 €).

Dans la longue introduction qui raconte les circonstances dans lesquelles il a trouvé les éléments de l’histoire de La Lettre écarlate, Nathaniel Hawthorne, en parlant de lui, fait un constat qui pourrait avec profit être médité par les écrivains ayant tendance à se surestimer : “Pour un homme qui a rêvé d’accéder à la gloire littéraire et de se faire ainsi une place parmi les dignitaires de ce monde, c’est une leçon salutaire, bien que souvent un peu dure, que de sortir du cercle étroit où ses prétentions sont reconnues et de s’apercevoir qu’en dehors dudit cercle, tout ce qu’il a accompli, ainsi que tout ce qu’il ambitionne, n’a plus la moindre importance.”

VENDREDI.                 

Obituaire.

J’apprends la mort de Maurice Olender, un homme aux multiples casquettes, notamment celle d’éditeur responsable au Seuil de La Librairie du XXe puis du XXIe siècle. C’est grâce à cette collection que beaucoup, moi le premier, ont pu découvrir ou retrouver les “petits” textes de Perec parus en revues ou sur supports confidentiels (L’Infra-ordinaire, Je suis né, L.G., une aventure des années 60 et bien d’autres).

Maurice Olender, Journée “Génération Perec”, Paris (Seine), photo de l’auteur, 20 mai 2017

Le cabinet de curiosités du notulographe.

Fin de la pénurie d’essence, photos de l’auteur.

Anzême (Creuse), 6 août 2021

Saint-Remimont (Vosges), 5 janvier 2020

SAMEDI.            

Films vus.

  • Voilà (c.m., Bruno Podalydès, 1994)
  • Eugénie Grandet (Marc Dugain, France – R.-U. – Belgique, 2021)
  • Blow-Up (Blowup, Michelangelo Antonioni, R.-U. – Italie, 1966).            

L’Invent’Hair perd ses poils.

Paris (Seine), rue du Château-Landon, photo de l’auteur, 29 juillet 2012

Marville (Meuse), photo de Jean-François Fournié, 26 mars 2017

Poil et eau bénite.

Bon dimanche,

Philippe DIDION

Publicité