6 novembre 2022 – 989

N.B.

Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 20 novembre 2022.

DIMANCHE.

Lecture.

Maus: Un survivant raconte. 1re partie : Mon père saigne l’histoire (Maus: A Survivor’s Tale. My Father Bleeds History, Art Spiegelman, Pantheon Books, 1986 pour l’édition originale, Flammarion, 1987 pour la traduction française, rééd. in “Maus : L’Intégrale”, Flammarion, 2019, traduit de l’américain par Judith Ertel; 296 p., 30 €)                   

Vie musicale.

Encore une journée épouvantable sur le plan parental – mais c’est peut-être la dernière, du moins je l’espère. Je suis à bout de forces, j’abandonne, je laisse ma place, je coupe les ponts. Un fils ne peut être un “aidant”, pour utiliser le vocabulaire du siècle, c’est ce qu’on m’a dit, un peu tard peut-être car j’ai laissé pas mal de plumes dans l’aventure. On m’a dit aussi que dans des cas semblables, à l’intérieur d’une fratrie, c’est le plus proche sur le plan géographique qui prend les coups. C’est normal, il est au front. Les actes des autres, rendus logiquement plus rares par l’éloignement, sont considérés comme plus méritoires et plus précieux. J’ai donc tout accepté, tout encaissé sans moufter : les appels incessants, les convocations répétées, les exigences vertigineuses, l’égoïsme forcené, l’absence de gratitude, tout, jusqu’aux injures ahurissantes. À force de me heurter au mur de la démence sénile, je me suis vu obligé de fréquenter à nouveau les salles d’attente et je n’ai pas envie de m’y attarder, ni de voir le reste de la Didionnée servir de cible. Car aujourd’hui, c’est Caroline qui s’est trouvée dans le viseur, ce qui, pour moi, constitue le point de non-retour : je me retire sous ma tente, je ne lèverai plus le petit doigt. Je suis soulagé, même si le nœud peut se resserrer d’un moment à l’autre. Aussi le concert du quintet d’Éric Seva, plein de trouvailles et d’inventivité, est-il ce soir le bienvenu, du moins quand j’arrive à faire le vide dans mon esprit pour l’écouter.

MERCREDI.                  

Éphéméride.

“2 nov. 2009. On reconnaîtra à la Réalité cette propriété de n’être jamais que la Réalité, froidement, platement, de s’appliquer à être et demeurer la Réalité, sans aucun débordement ni repli, toujours tendue dans son cadre. Que l’on s’y plaise ou pas, que l’on y trouve ou non son compte, cela est une autre affaire impossible à considérer seulement puis à traiter, hélas, à défaut d’une marge, d’un bas-côté, d’un talus où s’étendre, d’une cellule de temps mort où se retirer pour concevoir de nouveaux plans.” (Éric Chevillard, L’Autofictif père et fils)

Lecture.

À se tordre (Alphonse Allais, Ollendorff, 1891, rééd. in “Œuvres anthumes”, Robert Laffont, coll. Bouquins, 1989; 1188 p., 150 F).                                

On a beau dire que Molière est éternel, certaines formes d’humour ont du mal à passer l’épreuve du temps. Aussi craignais-je, en ouvrant ce recueil, de tomber sur des écrits un rien poussiéreux, un humour un peu désuet. Les propos et aphorismes rassemblés dans Alphonse Allais en verve, m’avaient laissé cette impression. Il n’en est rien avec ces “histoires chatnoiresques” qui, à l’exception de quelques-unes, ont gardé toute leur saveur. S’étendant sur une longueur d’une à trois pages, elles sont encore brillantes de légèreté et de fantaisie. Allais s’y entend à merveille pour camper en quelques lignes une situation et des personnages qu’il amène tambour battant à un final parfois attendu mais toujours amusant. Ce n’est peut-être pas “à se tordre” mais ‘”à faire sourire” sans aucun doute.

“Orphée rue Blondel” (Pierre Véry, in La Revue européenne, 1929, rééd. in « Les Intégrales du Masque », tome 2, 1994; 980 p., s.p.m.).

Nouvelle.

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe.

Usages détournés de la baignoire, photos de l’auteur.

Ajain (Creuse), 29 juillet 2018

Le Val-d’Ajol (Vosges), 17 février 2017

SAMEDI.

Vie technologique.

J’élargis mon empreinte sur les réseaux en ajoutant une troisième corde à mon arc socio-virtuel. J’entreprends aujourd’hui de dévoiler ma collection d’avis de décès. À l’origine, je pensais en faire une rubrique pour les notules, en remplacement de l’IPAD une fois celui-ci mené à son terme, mais le temps passe et risque de manquer au bout du compte. J’en suis donc à trois supports, l’un pour les couvertures de livres, l’autre pour les photos d’insectes, le dernier pour les nécrologies. À raison d’une publication par semaine, on peut ne plus parler de présence mais d’envahissement. Exceptionnellement, comme je l’avais fait pour les autres domaines, je livre à la notulie la première photo publiée.

Vosges Matin, 6 octobre 2022

Football.

SA Épinal – US Créteil 0 – 1.             

Lecture.

Les Monts Analogues de René Daumal (Collectif, Gallimard, 2021; 232 p., 35 €).            

Films vus.

  • Le Sommet des dieux (Patrick Imbert, Luxembourg – France, 2021)
  • Indochine (Régis Wargnier, France, 1992)
  • Âmes perdues (Anima persa, Dino Risi, Italie – France, 1977)
  • Les Violons du bal (Michel Drach, France, 1974)
  • Rose (Aurélie Saada, France, 2021)
  • Un beau matin (Mia Hansen-Løve, France – R.-U. – Allemagne, 2022)                             
  • Brigadoon (Vincente Minnelli, É – U., 1954)                             
  • Zig Zig (László Szabó, France – Italie, 1975).            

Invent’Hair, bilan d’étape.

Bilan établi au stade de 5 500 salons, atteint le 27 février 2022.

Bilan géographique.

Classement général par pays.

  1. France : 4 597 (+ 86)
  2. Espagne : 180 (+ 1)
  3. Royaume-Uni : 110 (=)
  4. Belgique : 82 (=)
  5. Italie : 64 (+ 1)
  6. Suisse : 47 (+ 7)
  7. États-Unis : 45 (=)
  8. Portugal : 38 (+ 1)
  9. Allemagne : 36 (=)
  10. Danemark : 34 (=)

La Suisse dépasse les États-Unis, seul changement notable.

Classement général par régions (France).

  1. Rhône-Alpes : 759 (+ 28)
  2. Île-de-France : 734 (+ 4)
  3. Languedoc-Roussillon : 371 (+ 16)
  4. Provence-Alpes-Côte-d’Azur : 352 (=)
  5. Lorraine : 346 (+ 9)
  6. Midi-Pyrénées : 245 (+ 2)
  7. Bretagne 186 : (+ 2)
  8. Pays de la Loire : 182 (=)
  9. Centre : 179 (=)
  10. Bourgogne : 171 (+ 2)

La menace que faisait peser l’Île-de-France sur la 1re place de Rhône-Alpes semble s’éloigner. Les 14 salons supplémentaires enregistrés en Franche-Comté permettent à cette région de passer de la 12e à la 11e place.

Classement général par départements (France).

  1. Seine (Paris) : 583 (+ 3)
  2. Rhône : 343 (+ 2)
  3. Vosges : 185 (+ 4)
  4. Loire-Atlantique : 135 (=)
  5. Hérault : 128 (+ 16)
  6. Alpes-Maritimes : 103 (=)
  7. Meurthe-et-Moselle : 102 (+ 2)
  8. Loire : 100 (+ 2)
  9. Pyrénées-Orientales : 96 (=)
  10. Bouches-du-Rhône : 92 (=)

La meilleure progression concerne l’Isère avec 21 salons et un gain de 2 places (11e).

Classement général par communes.  

  1. Paris : 583 (+ 3)
  2. Lyon : 163 (+ 2)
  3. Nantes : 68 (=)
  4. Nice : 59 (=)
    “. Barcelone : 59 (+ 1)
  5. Nancy : 56 (+ 2)
  6. Épinal : 52 (+ 4)
  7. Montpellier (+ 16)
  8. Marseille : 32 (=)
  9. Dijon : 28 (=)

Montpellier entre dans le top 10 et en expulse Strasbourg. Notons les 21 salons de Grenoble, avec un bond de la 195e à la 14e place.

Bilan humain.

  1. Jean-Damien Poncet : 648 (+ 65)
  2. Philippe Didion : 418 (+ 8)
  3. Pierre Cohen-Hadria : 394 (+ 3)
  4. François Golfier : 348 (+ 5)
  5. Jean-Christophe Soum-Fontez : 170 (+ 1)
  6. Sylvie Bernasconi : 158 (=)
  7. Hervé Bertin : 147 (+ 1)
  8. Bernard Cattin : 133 (=)
  9. Jean-François Fournié : 115 (+ 1)
  10. Benoît Howson : 88 (=)

Pas de changement dans le top 10.

Étude de cas. Coiffure lyrique.

Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne), photo de Bernard Cattin, 2 mars 2017

Paris (Seine), rue Gustave-Goublier, photo de François Golfier, 3 juillet 2017

Vevey (Suisse), photo de Richard Aix, 15 mars 2022

L’Invent’Hair perd ses poils.

Craponne-sur-Arzon (Haute-Loire), photo de Christophe Hubert, 26 juillet 2012

Penmarc’h (Finistère), photo de Sibylline, 2 novembre 2013

Poil et plume.

“Dans l’engourdissement de la sieste, le ratissage des allées pour demain me donne la sensation d’être peigné avec un peigne aux dents édentées.” (Edmond et Jules de Goncourt, Journal de la vie littéraire, 29 juillet 1893)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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