4 décembre 2022 – 992

DIMANCHE.

Lecture.

L’Ennemi des lois (Maurice Barrès, Perrin, 1893, rééd. in « Romans et voyages », Robert Laffont, coll. “Bouquins”, édition établie par Vital Rambaud, 1994; 1508 p., 179 F).

Comme dans Le Culte du moi, la forme romanesque n’est pour Barrès qu’un prétexte pour habiller la description de ses préoccupations idéologiques et philosophiques. Celles qui sont abordées ici peuvent surprendre quand on connaît l’évolution politique de l’auteur puisqu’il n’y cache pas un certain attrait pour Fourier et Marx et va même jusqu’à s’écrier “Les morts ! Ils nous empoisonnent”, lui qui deviendra le chantre de la terre et des morts. Mais c’est bien là le seul intérêt de ce texte, devenu aujourd’hui, par la minceur de son fil romanesque et la lourdeur ampoulée de son style, terriblement poussiéreux.

MARDI.           

Lecture.

Balle perdue (Journey into Terror, Peter Rabe, Fawcett, 1957 pour l’édition originale, Presses de la Cité, coll. “Un mystère” n° 394, 1958 pour la traduction française, traduit de l’américain par Gilles Morris-Dumoulin, rééd. in « Polars années 50 », vol. 3, Omnibus, 1997; 1096 p., 145 F).

La balle perdue, c’est celle qui tue la fiancée de John Buntling à la veille de leur mariage, au cours d’un règlement de comptes entre truands. Buntling intègre la bande de malfrats qui abrite l’assassin dans l’intention de se venger. Malgré la ressemblance qu’on peut trouver avec La Mariée était en noir, on est loin de William Irish, le suspense ne fonctionne pas. On l’a déjà constaté, la collection “Un mystère” accueillait tout, le bon et le moins bon. L’anthologie d’Omnibus aurait pu faire l’économie de ce titre.

MERCREDI.

Éphéméride.

À Théodore de Banville

“[Paris], mardi matin [30 novembre 1869].

Mon très cher de Banville,

Je cherche comment vous remercier ? et je ne trouve pas de termes. Voilà le vrai…

Je vous assure que les suffrages de l’Académie ne me feraient pas autant de plaisir que me fait le vôtre. Comme vous êtes bon ! aimable et généreux !

Mille poignées de main, encore une fois, et tout à vous.” (Gustave Flaubert, Correspondance)  

Vie littéraire.

Je boucle le Bulletin de l’Association Georges Perec n° 81 et l’envoie à la mise en page.

JEUDI.

Lecture.

Les Folies bourgeoises (Paul Gilson, Éditions du Rocher, 1957; 130 p., s.p.m.).                       

En septembre 2021, le numéro de Spéculations, revue du Collège de ‘Pataphysique, était consacré aux mobilités douces. C’est là que j’ai découvert ce livre, dont j’ai fini par dénicher un exemplaire qui sent bon ses années de cave, dans lequel Paul Gilson présente et commente un nombre incalculable de machines et de dispositifs issus de l’imagination on ne peut plus fertile des inventeurs de la seconde moitié de XIXe siècle. Ces trouvailles, toutes brevetées et expérimentées, ont trait aux transports donc (différentes formes de bicyclettes, de trains, de navires…) mais aussi à l’ameublement, à l’habillement, à l’armement, à la musique. La plupart, totalement farfelues, n’ont pas été plus loin que le prototype, certaines se sont affinées et ont survécu : on trouve dans ces pages les ancêtres du pédalo, du gyropode, du distributeur de journaux, de la radio. Le texte enthousiaste de Paul Gilson est un brin ampoulé mais les nombreuses illustrations qu’il propose sont un régal.

 Tricycle aquatique de M. Terry (http://www.lesmotosaustral.fr/

Machine à nager de M. Richardson (New York Public Library / Science Photo Library)

VENDREDI.

Lecture.

Tintin au pays des Soviets (Hergé, Casterman, 1930, rééd. Casterman/Moulinsart pour l’édition colorisée, 2017: 140 p., 14,95 €). 

Le cabinet de curiosités du notulographe.

La revanche du turfiste. Aperçu d’une collection de boucheries chevalines, fiction et réalité.

Poly (Nicolas Vanier, France – Belgique, 2020)

Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), photo de Lucie Didion, 10 août 2021

SAMEDI.             

Films vus.

  • Egō (Pahanhautoja, Hanna Bergholm, Finlande – Suède, 2022)                              
  • Green Zone (Paul Greengrass, R.-U. – France – Espagne – É.-U., 2010)                              
  • Les Miens (Roschdy Zem, France, 2022)                              
  • La Joyeuse Suicidée (Nothing Sacred, William A. Wellman, É.-U., 1937)                             
  • Supernova (Harry Macqueen, R.-U., 2020)                             
  • Chicago (Rob Marshall, É.-U. – Allemagne – Canada – R.-U., 2002).             

Lecture.

Histoires littéraires n° 85 (Du Lérot éditeur, janvier-février-mars 2021; 184 p., 25 €).

Albert Glatigny – Jules Verne – “Manon Fin-de-siècle” – Dumas dans Nous Deux – Jérôme Lindon – Jean-Claude Yon.             

L’Invent’Hair perd ses poils.

Bretteville-sur-Odon (Calvados), photo de Pierre Cohen-Hadria, 29 juillet 2012

Brive-la-Gaillarde (Corrèze), photo de Bernard Cattin, 23 décembre 2019

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental).

30 janvier 2022. 92 km. (41 637 km).

1 543 habitants

Le premier monument rencontré est celui de la Seconde Guerre mondiale, proche de la Mairie où une plaque est aussi accrochée. Pour 14-18, il faut monter jusqu’à l’église à côté de laquelle le monument, signé A. Zimmermann, se dresse au milieu d’un parterre d’herbes folles entouré d’une grille basse avec ogives d’obus aux quatre coins. Le Poilu, fauché en pleine course, n’a pas lâché son drapeau.

Pro Patria

1914-1918

Ce

Monument a été érigé

Par la commune de

Taintrux en souvenir

De ses héroïques enfants

Morts pour la France

Gauche : 36 noms sur 2 colonnes, d’ANDRÉ Mie Jn Brd à JACQUEL Eugéne, dont 6 GROSGEORGE.

Droite : 34 noms sur 2 colonnes, de LESAING Filn Clt à VILLAUME Aimé, dont un prénommé Sérazin.

Dos :

Civils fusillés par les

Allemands

TRABACH Constant Jn Bte

MOREL Théophile

Civils tués par le

Bombardement

ANDRÉ Auguste

FERRY Jean

GAUDEL Marthe

VOIGNIER René Ferdinand

Poil et pellicule.

La Nuit américaine (François Truffaut, France – Italie, 1973)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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