Janvier 2014

5 janvier 2014 – 607 

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi le dimanche 19 janvier 2014.

DIMANCHE.

Courriel. Une demande de désabonnement aux notules.

MERCREDI.

Bilan annuel 2013.

* 106 livres lus (- 7 par rapport à 2011)

* 244 films vus (+ 4)

* 387 abonnés aux notules version électronique, sans oublier les irréductibles abonnés papier de l’Aveyron (+ 8)

Chantiers littéraires :

* 5522 Souvenirs quotidiens notés (+ 365, le compte est bon)

* 448 volumes étudiés dans L’Atlas de la Série Noire (+ 17)

* 294 communes visitées (+ 42) d’Ableuvenettes (Les) à Mandray dans le cadre de L’Itinéraire patriotique alphabétique départemental

* 214 photos de Bars clos commentées (+ 9)

* 1141 tableaux commentés dans la Mémoire louvrière (+ 126)

400 publicités murales peintes photographiées (+ 52)

* 488 numéros de téléphone récoltés dans des films en vue d’un travail à venir (+ 29)

* 1785 photographies de salons de coiffure pour l’Invent’Hair (+ 451)

* 156 frontons d’école photographiés pour un Aperçu d’épigraphie républicaine (+ 7)

* 71 Lieux où j’ai dormi retrouvés ou ajoutés et photographiés (+ 9)

 Parutions :

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 62, juin 2013

* Bulletin de l’Association Georges Perec n° 63, décembre 2013

* « Le fonds Ernest de Gengenbach à la bibliothèque de Saint-Dié-des-Vosges ou Le come back de Gengenbach », Histoires littéraires n° 55, juillet-août-septembre 2013

* « Quand René Fallet fait l’article », Histoires littéraires n° 55, juillet-août-septembre 2013

* Notes de lecture, Histoires littéraires n° 53, 54, 55, 20

* Nouvelles en une ligne, Les Refusés n° 15

* « La chronique du voisin », catalogue librairie Quai des mots n° 2, décembre 2013

Appel :

* Le début de l’année est généralement propice aux bonnes résolutions. Si parmi ces résolutions figure celle de ne plus vous laisser importuner par des messages électroniques pesants, inutiles, creux, mal écrits, pompeux, j’en passe, et si vous vous apercevez tout à coup que les notules correspondent à l’une des catégories précitées, inutile d’engorger les tuyaux pour rien : un simple mot « stop » en réponse à ce numéro mettra fin à votre abonnement.

JEUDI.

Soldes. Je prends le 12 heures 20 pour Saint-Dié, histoire d’aller solder mon compte à la bibliothèque locale avec Ernest de Gengenbach, qui aura bien occupé mon année 2013. Je donne les documents que j’ai amassés histoire d’enrichir le fonds dont je retire quelques dossiers, manière de dire au revoir au père Ernest. Mais il n’est pas dit qu’il ne viendra pas me chatouiller les orteils au cours d’une nuit de pleine lune et que je ne me pencherai pas à nouveau sur son cas.

Lecture. Clairs de lune et autres textes (Camille Flammarion, 1894 pour l’édition originale, rééd. aux éditions des Grands Champs, 2012; 288 p., 18,50 €€).

Camille Flammarion (1842-1925) était un savant principalement versé dans l’astronomie et aussi ce que l’on appelle un vulgarisateur scientifique, toujours prêt à livrer au grand public des éclairages sur ses recherches, découvertes et connaissances. C’est ce qu’il fit au fil de nombreuses chroniques réunies dans des volumes comme Rêves étoilés, Excursions dans le ciel ou ces Clairs de lune aujourd’hui réédités. Il y parle bien sûr de sa spécialité, l’astronomie, mais aussi de botanique, d’entomologie, d’ornithologie… ou de Victor Hugo. Et c’est merveille que de le suivre dans ses excursions, où il se montre toujours prêt à s’émerveiller devant les trésors de la nature, au moyen d’une plume qui montre que le savant cachait un poète peut-être brimé. Et je ressens, face à cette lecture, un regret que j’ai déjà connu en lisant quelques confrères de Flammarion : celui de n’avoir pas su m’intéresser assez ou assez tôt à la science sous ses formes les plus accessibles. La spécialisation des études fait que, de bonne heure, on est amené à délaisser une partie de savoir que l’on ne récupère ensuite que par un travail et une curiosité personnels. Ce travail, cette curiosité m’ont trop souvent manqué, comme elles manquent à la plupart des littéraires. L’inverse est moins vrai : je connais des médecins lettrés, des ingénieurs férus de littérature, des chercheurs qui ont su ne pas se contenter de leur discipline de prédilection. Lamarck, Darwin, Pline l’Ancien, Buffon et d’autres m’attendent toujours sur mes étagères. Il serait peut-être temps que je m’y mette.

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Aptonymie florale à Aigues-Mortes (Gard), photo de Joël Lambolez, 13 mai 2013.

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SAMEDI.

Football. SA Spinalien – Chamois Niortais 1 – 4.

 IPAD. 9 décembre 2012. 136 km. (21122 km).

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40 habitants

   Pas de monument aux morts visible.

L’Invent’Hair perd ses poils.

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Aubusson (Creuse), photo de l’auteur, 5 août 2009

             Poil et plume. « Le cheval s’arrêta brusquement dans une rue déserte, devant la boutique d’un coiffeur. D’un côté de la boutique il y avait un magasin de vaisselle, de l’autre une petite cour. Gaspard sauta à bas du cheval. Aussitôt il se trouva en présence du coiffeur qui venait de sortir de son officine. C’était un homme affreux, à la chevelure noire et qui avait des sourcils d’une épaisseur considérable. Gaspard le considéra, non sans effroi. L’homme lui faisait signe d’entrer, et lui indiquait la petite porte vitrée où était inscrit en lettres d’or : BAISEMAIN, COIFFEUR DIPLÔME. Gaspard ne savait que faire ni que dire. […] Le coiffeur le pria de s’asseoir dans un fauteuil, et Gaspard obéit.
– Je vais vous couper les cheveux, Monsieur Fontarelle, dit-il, et nous parlerons de choses et d’autres pendant ce temps, sans que personne puisse y trouver à redire. […] Quelle bonne surprise vous me faites que de venir vous faire coiffer par mes soins. […] Il y a un mois, jour pour jour, et à peu près vers la même heure, j’ai donné un shampooing à un garçon aussi blond que vous, mais dont la chevelure était beaucoup plus abondante. Il avait des yeux coupants comme l’acier et purs comme la Meuse. » (André Dhôtel, Le pays où l’on n’arrive jamais)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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19 janvier 2014 – 608

LUNDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Jeffrey Lord, Les Lions ailés de Janthor (Vauvenargues, coll. Blade, 2012). Au vu de la couverture, ça m’a l’air assez mouvementé. Le type assis en face du lecteur en ôte d’ailleurs sa prothèse, la pose sagement dans l’allée et se masse le moignon en bas du genou à travers la toile de son pantalon devenu tout mou.

Vie officinale (fin). La pharmacie Didion, celle qui avait eu l’honneur d’entrer en littérature dans le Tumulte de François Bon (page 314 exactement), n’est plus. Après plusieurs tentatives avortées, Caroline a réussi à vendre la pharmacie du Char-d’Argent et la passation de blouse a eu lieu ce matin. Les personnes mises au courant s’inquiètent, l’inactivité intrigue : que va-t-elle faire désormais ? Prendre une autre officine ? S’employer chez les autres ? Se lancer dans un autre métier ? Dormir sur son tas d’or ? C’est que l’opération ne va pas sans un certain profit : nous sommes, et ce n’est qu’un exemple, désormais assis sur un stock de trente-neuf brosses à dents.

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Montpellier (Hérault), photo de Joël Lambolez, 14 mai 2013

          Lecture. Dark Tiger (William G. Tapply, 2009 pour l’édition originale, Gallmeister, coll. Noire, 2010 pour l’édition française, traduit de l’américain par François Happe; 256 p., 22,70 €€).

Ici s’acheva la carrière littéraire de William G. Tapply, mort en 2009 au moment de la sortie de ce Dark Tiger. Une carrière qui, sur la fin, fut consacrée à un personnage plutôt intéressant, héros de ses trois derniers livres. Stoney Calhoun, guide de pêche dans le Maine a été, dans une vie antérieure qu’il a oubliée suite à un accident, une sorte d’agent du gouvernement. Lequel, lui, ne l’a pas oublié et lui envoie de temps à autre un représentant pour lui donner une nouvelle mission. C’est le cas ici où il doit enquêter sur la mort d’un de ses collègues aux abords d’un gîte de pêche. On regrettera que Tapply n’ait pas eu le temps de prolonger cette série dans laquelle il savait à merveille allier son goût pour la nature et son habileté de romancier. Sans être un anti-héros, Calhoun était un homme simple, droit, qui savait faire face avec efficacité et sans esbroufe aux situations les plus compliquées. Ses enquêtes étaient menées comme ses parties de pêche, avec soin et bienveillance. On ne saura jamais – et Tapply n’en avait sans doute pas la moindre idée – ce que fut sa vie d’avant.

MERCREDI.

Presse. Un coiffeur lègue des millions à son village. Un village de 850 habitants a hérité de 2,5 millions d’euros de titres et de biens légués par un ancien coiffeur enrichi à la Bourse. « C’était un ancien coiffeur, passionné de bourse, qui vivait très modestement à Paris dans un 20 m2 au 5e étage sans ascenseur, raconte Danièle Mary, maire de Saint-Germain-de-la-Coudre, en Normandie. Raymond Bru laisse à la commune 2,15 millions d’euros issus de la vente de ses titres et de son assurance-vie, soit trois fois le budget de fonctionnement de la commune. Il lègue aussi deux maisons dans la région et son petit appartement à Paris, où son corps a été découvert en 2012, quelques jours après son décès à 93 ans. » (Vosges Matin du jour).

JEUDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Jaona Ramiandrisoa, La méthode Arthur, Pocket, 1990.

Courriel. Une demande de réabonnement aux notules.

SAMEDI.

Vie parisienne. J’assiste à l’Assemblée Générale de l’Association Georges Perec qui se tient, comme chaque année, à la Bibliothèque de l’Arsenal. A l’issue de la réunion, D.C., notulienne canal historique, me fait part de ses regrets concernant la disparition des notules cinématographiques de ma lettre hebdomadaire. Pendant plusieurs années, j’ai en effet tenu la notulie au courant des films que je voyais en assortissant chaque titre de quelques notes critiques, une pratique abandonnée par manque de temps et de confiance en mes capacités de critique. Cependant, pour répondre à une demande qui m’a été formulée à plusieurs reprises, je remets à l’honneur la chronique cinématographique, sous la forme d’une simple liste des films vus pendant la semaine qui sera établie chaque samedi. De l’Arsenal, je regagne le quartier de la gare de l’Est où Caroline, libérée de ses obligations professionnelles, doit me retrouver. C’est accompagnée de quatre jeunes gens qu’elle arrive au rendez-vous : victime d’un malaise dans le métro, elle a été prise en charge par ce quatuor serviable qui l’a fait sortir de la rame, puis de la station avant de la déposer à la porte de l’hôtel.

              Films vus.

                            De l’autre côté du périph (David Charhon, France, 2012)

                            La grande horloge (The Big Clock, John Farrow, E.-U., 1948)

                            Pauline et François (Renaud Fely, France, 2010)

                            Augustine (Alice Winocour, France, 2012)

                            Charlot fait une cure (The Cure, Charles Chaplin, E.-U., 1917)

                            Charlot policeman (Easy Street, Charles Chaplin, E.-U., 1917)

                            Charlot pompier (The Fireman, Charles Chaplin, E.-U., 1916)

L’Invent’Hair perd ses poils.

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Decatur (Texas, E.-U.), photo de Benoît Howson, 6 août 2009 / Paris, rue du Temple, photo de Jean-Christophe Soum-Fontez, 18 février 2012

DIMANCHE.

Vie ferroviaire. Le 12 heures 13 nous ramène at home. A peine le train a-t-il démarré qu’un couple, le genre sûr de lui et dominateur, quitte la place qui lui avait été allouée pour fondre sur le « carré » situé devant nos sièges. Monsieur et Madame se livrent à un ballet bruyant qui consiste à s’échanger les différents cahiers du Monde du jour. Plus loin, la femme entreprend la lecture d’un pavé qu’elle abandonne au bout de deux pages pour se consacrer à sa correspondance manuscrite. L’homme, lui, ligote d’un oeil distrait un fort volume intitulé Les Recteurs d’académie en France de 1808 à 1940 (ce n’est que le tome I), publié par l’Institut National de Recherche Pédagogique, qu’il manipule avec ostentation. Je n’aime pas l’ostentation, du moins une certaine forme d’ostentation : je lis L’Equipe et France Football à pages déployées mais je parcours les Actes de la recherche en sciences sociales dans le secret de mon cabinet. Le couple lève le camp à Nancy, ce qui ne fâche personne, après un coup d’oeil circulaire empli de commisération pour les pauvres ploucs qui doivent continuer en direction des Vosges. Je récupère Le Monde abandonné, mon exemplaire n’arrivera que demain par la poste. Je découvre que Madame s’adonne au sudoku – et qu’elle fait des fautes. Mais je suis intrigué par la lecture de Monsieur. Qui peut bien se colleter à un thriller de cet acabit ? J’ai un doute que je lèverai une fois rendu à l’ordinateur en consultant quelques photos sur Internet. La femme n’est autre que Madame G., rectrice de l’Académie de Nancy-Metz depuis septembre 2012, retour, qui sait, d’un brunch chez Vincent Peillon. Eh bien Madame la Rectrice, avec tout le respect auquel ma fonction et mon éducation m’obligent et le peu de considération que je conserve à votre égard après cette première et j’espère dernière rencontre, sachez que quand on est rectrice d’Académie, chancelière des universités, agrégée de grammaire, ancienne élève de l’ENA, officier de la Légion d’honneur, commandeur des Palmes académiques et sans doute bien d’autres choses encore, quand on est tout cela, donc, et qu’on est dans un train, on enlève ses godasses avant de poser ses pieds sur le siège d’en face.

LUNDI.

Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.

JEUDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Gilles Legardinier, Demain, j’arrête (Pocket, 2013) à l’aller et Jean-Marc Souvira, Le Magicien (France Loisirs, 2013) au retour.

 Lecture. La Vénus hottentote : entre Barnum et Muséum  (coordonné par Claude Blanckaert, Publications scientifiques du Muséum d’histoire naturelle, coll. Archives, 2013; 480 p., 35 €€).

Il n’est pas question dans cet ouvrage de reconstituer la vie, peu documentée, de la Vénus hottentote. On sait juste qu’elle s’appelait Sarah Baartman, qu’elle fut embarquée au Cap en direction de Londres en 1810 par deux Anglais qui la vendirent ensuite à un montreur forain de Paris où elle mourut en 1815 après avoir ébahi les foules par sa stéatopygie remarquable. Pour ce, on se tournera, si on en a le courage, vers le film criard d’Abdellatif Kechiche qui, curieusement, n’humanise pas la Vénus mais animalise toute une époque. Le travail de Claude Blanckaert et de ses collaborateurs concerne la vie posthume de Sarah Baartman et commence au moment où Georges Cuvier entreprit de disséquer son cadavre pour en étudier et conserver les particularités anatomiques. C’est un travail pointilleux, scientifique, merveilleusement illustré par quantité de documents d’époque, qui examine les enjeux moraux, racistes, scientifiques, médiatiques et politiques symbolisés par ce personnage. Le parcours muséal des restes de la Vénus hottentote (squelette, moulage, organes génitaux, cerveau) fait en particulier l’objet d’une étude fouillée qui concerne ses changements de statut induits par ses changements de lieu d’exposition : de la galerie d’anatomie comparée à la galerie d’anthropologie puis au Musée de l’Homme, pour finir par la restitution de certains d’entre eux à l’Afrique du Sud en 2002.

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Enseigne rustique à Lemmecourt (Vosges), photo de l’auteur, 21 juillet 2013.

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SAMEDI.

Lecture. Carambolages (Fred Kassak, Editions de l’Arabesque, coll. Crime parfait ? n° 25, 1959 pour l’édition originale, rééd. in « Fred Kassak 1 », Le Masque, coll. Intégrales, présentation de Paul Gayot, postfaces de Fred Kassak, 1998; 642 p., s.p.m.).

 Films vus.

                            L’Emigrant (The Immigrant, Charles Chaplin, E.-U., 1917)

                            Charlot s’évade (The Adventurer, Charles Chaplin, E.-U., 1917)

                            Charlot fait du ciné (Behind the Screen, Charles Chaplin, E.-U., 1916)

Le Tombeur de ces dames (The Ladies Man, Jerry Lewis, E.-U., 1961)

Paulette (Jérôme Enrico, France, 2012)

La Loi du désir (La ley del deseo, Pedro Almodovar, Espagne, 1987)

Charlot patine (The Rink, Charles Chaplin, E.-U., 1916)

Charlot musicien (The Vagabond, Charles Chaplin, E.-U., 1916)

Charlot rentre tard (One A.M., Charles Chaplin, E.-U., 1916)

Une femme est une femme (Jean-Luc Godard, France, 1961)

Invent’Hair, bilan d’étape. 1800 salons composent à ce jour l’Invent’Hair, ce qui nous permet d’examiner l’évolution du chantier dans sa dernière centaine.

Bilan géographique. 83 salons français ont été ajoutés, 8 canadiens, 5 espagnols, 2 belges, 1 irlandais et 1 italien, il n’y a donc pas de nouveaux petits drapeaux à piquer sur la mappemonde. Au total, la France compte 1585 entrées, devant l’Espagne (58), le Royaume-Uni (33), les Etats-Unis (25) et le Canada (15) qui dépasse la Belgique (11) et le Maroc (8). 16 régions sur 26 progressent et c’est Rhône-Alpes qui prend la part du lion (+ 31), devant l’Île-de-France (+ 17), positions que l’on retrouve au classement général avec un total de 362 contre 229, devant le Languedoc-Roussillon (134, + 2), la Lorraine (120, + 5), Midi-Pyrénées (111, + 4) et PACA (89, + 6). Le département qui a connu la plus forte augmentation est la Loire (+ 14), devant Paris (+ 13), le Rhône (+ 8) et l’Ain (+ 7). Ce dernier gagne ainsi 6 places, passant de la 18e à la 12e d’un classement toujours dominé par Paris (188), le Rhône (167) et les Vosges (75) désormais sérieusement menacées par la Loire (74). La meilleure nouvelle cependant est en provenance du Cher qui fait enfin son entrée dans l’Invent’Hair avec un salon, ce qui ne laisse, sur le territoire métropolitain, que quatre taches de pelade : l’Eure, le Gers, l’Indre et le Territoire de Belfort. 36 communes font leur apparition, les plus remarquables étant celles de Pont-de-Vaux et de Tournus qui placent d’entrée 3 salons. Paris en ajoute 13 à son total déjà impressionnant (188) devant Feurs (+ 5), Barcelone et Millau (+ 4). Au classement général, Paris est premier devant Lyon (70, + 1), Barcelone (41), Nantes (27) et Epinal (20). Les bonds en avant les plus marqués sont ceux de Montréal (+ 3) qui passe de la 50e à la 22e place, Feurs (de la 246e à la 28e), Millau (de la 247e à la 40e) et Montrond-les-Bains (de la 248e à la 58e).

Bilan humain. Marc-Gabriel Malfant est de retour aux affaires et signe 39 photos, ce qui porte son total à 651. Derrière lui, au classement général, on trouve le notulographe (179, + 5), Pierre Cohen-Hadria (149, + 7), Benoît Howson (65, =), Jean-Christophe Soum-Fontez (46, + 11), Hervé Bertin (51, + 10), François Golfier (41, + 1), Philippe de Jonckheere (40, =) et Sylvie Mura (33, + 4) qui gagne une place, le top 10 étant complété par Christophe Hubert (32, =).

Etude de cas. Salons modifiés après travaux.

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Saint-Nabord (Vosges), 29 mars 2009 / 21 octobre 2012, photos de Francis et Michèle Henné

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Paris, rue Ramey, 3 octobre 2011 / 7 mars 2013, photos de Pierre Cohen-Hadria et de l’auteur

IPAD. (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental).  23 décembre 2012. 69 km. (21191 km).

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487 habitants

    Je suis venu plusieurs fois à Housseras pour y saluer la famille Döblin, qui repose au cimetière local. A chaque fois, je me suis bien gardé de m’’intéresser au monument aux morts, réservant son étude au jour où mon chantier me commanderait de visiter ce village. Pas facile, car Döblin et le monument du village sont étroitement liés : Vincent figure parmi les noms inscrits au monument, celui-ci est situé sur un palier de l’’escalier qui mène à l’’église – – face à une plaque dédiée à sa famille -– ceinte par le cimetière où il repose auprès de ses parents. Le monument est composé d’’une stèle et d’’une base large découpée en trois faces. Au sommet, une Croix de Guerre et l’’inscription 1914 – 1918. Sur les trois faces de la base, trois plaques de granit rose qui portent les inscriptions. Un spot est inséré dans le sol dallé, un drapeau flotte au sommet d’’un mât blanc. Au sol, une gerbe défraîchie achève de pourrir. Sur le mur de grès, deux plaques, l’’une des sapeurs pompiers (« A nos camarades disparus »), l’’autre « en reconnaissance au Lieutenant Earl B. Railsback et à ses camarades du 157e Régiment d’’Infanterie de la 45e Division Américaine, tombés pour notre libération de l’’occupant nazi le 25 octobre 1944″.

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Aux enfants de Housseras

Tombés au champ d’’honneur

La commune et les anciens combattants

1939-1945

FFI         CONRARD Paulette

Requis         CHARPENTIER Gilbert

Victimes civiles         BANNEROT Alfred

                                 BENOIT Edouard

                               JACQUEL Marie

                                 SALFRANC Gilles

Mil.         DOBLIN Vincent

    Gauche :

MAITRE André

JACQUEL Ch.

JACQUEL Rayd

CHARPENTIER J.

BRETON Calle

MONIATTE Calle

JANOT Paul

VALTER André

MENGIN Jph

GENAY Ch.

   Droite :

HATON Jph

CHENAL Elie

PETITDEMANGE Jh

PETITJEAN Léon

DELAITE Emile

DEMANGE Mcel

PIERRE René T.O.E.

   J’’ai menti tout à l’heure en disant que j’’avais pris garde, lors de précédents passages, de ne pas m’’intéresser aux traces commémoratives du village. J’’avais tout de même photographié, en 2009, la plaque de l’’église, alors ouverte. Heureuse initiative, puisque je trouve aujourd’hui le portail fermé.

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             L’Invent’Hair perd ses poils.

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Boyd (Texas, Etats-Unis), photo de Benoît Howson, 6 août 2009 / Yellville (Arkansas, Etats-Unis), photo du même, 25 juillet 2012

 Poil et plume. « Avait-il [le duc d’Angoulême] les cheveux plats, ou bien crépus, à moins qu’il ne poussât la coquetterie jusqu’à se faire friser ?

Question grave, suivant Pécuchet. Car la chevelure donne le tempérament, le tempérament l’individu. » (Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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26 janvier 2014 – 609

DIMANCHE.

Courriel. Deux demandes d’abonnement aux notules.

MARDI.

Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.

Vie professionnelle. Au collège, le principal fait le tour de la salle des professeurs pour recruter des volontaires désireux de s’inscrire à un stage consacré à l’utilisation de Power Point. C’est un signe : si l’Education nationale cherche à former ses personnels à l’utilisation d’un tel engin, c’est, d’une part, que tout le monde sait s’en servir, et d’autre part que ledit engin est en sérieuse voie d’obsolescence.

MERCREDI.

Courriel. Une demande d’abonnement aux notules.

JEUDI.

Courriel. Une demande d’abonnement aux notules. Quatre et un font cinq, donc, pour cette semaine. L’exposition d’une partie du dernier numéro sur un réseau social très fréquenté, la preuve, y est sans doute pour quelque chose. Situation inconfortable pour le notulographe qui est heureux d’accueillir de nouveaux notuliens appâtés par un contenu qu’il faut croire séduisant mais auquel succède un numéro absolument transparent. C’est qu’il ne faut pas se priver du plaisir de ne rien écrire quand on n’a rien à dire. Les novices vont se trouver face à un fatras de tombes, de salons de coiffure, de titres de livres et de films agrémenté de niaiseries dont ils pourront légitimement estimer qu’ils auraient pu faire l’économie. Qu’ils sachent qu’ici on se désabonne aussi facilement qu’on s’abonne.

VENDREDI.

Lecture. Le Correspondancier du Collège de ‘Pataphysique. Viridis Candela, 8e série, n° 23 (15 mars 2012, 128 p., 15 €€).

Un numéro bordé de noir, car annonçant la disparition du quatrième Vice-Curateur du Collège, Sa Magnificence Lutembi. Cette nouvelle est peut-être signe de remous à venir dans le marigot collégial. Le numéro est d’ailleurs très nécrologique, avec un hommage dense et appuyé à Stanley Chapman, disparu en 2009, à qui l’on doit une bonne part de la conversion des Îles Britanniques aux vertus pataphysiques et de longues considérations, ici reproduites, sur la façon de traduire « merdre » en anglais.

Mon village à l’heure allemande (Jean-Louis Bory, Flammarion, 1945, rééd. J’ai lu, 2009; 352 p., 7,10 €€).

Comme à chaque anniversaire, ce devait être cette fois le cinquantième, France Inter a ressorti les vieux enregistrements du Masque et la Plume, ceux qui donnaient lieu à de féroces et réjouissantes empoignades entre Georges Charensol et Jean-Louis Bory. Mais ce dernier ne fut pas toujours critique de cinéma. Il commença sa carrière publique comme romancier avec cette chronique de l’Occupation écrite quasiment en temps réel de mai à juillet 1944 et couronnée par le Prix Goncourt 1945. C’est d’ailleurs le mérite de Bory d’avoir, si l’on peut dire, tiré le premier car son livre a depuis été décliné sous de multiples formes, littéraires, télévisuelles et cinématographiques. Il y décrit minutieusement la vie d’un village français à l’aube du débarquement avec ses trafics, ses dénonciations, ses compromissions, ses actes d’héroïsme et de veulerie. Du Père tranquille à Lacombe Lucien, les successeurs de Bory ne feront que répéter son propos, avec parfois des formes narratives plus riches et plus novatrices car il faut bien dire que sur le plan stylistique, Mon village à l’heure allemande n’a rien de renversant – mais ce n’est pas ce qu’on demandait à l’époque.

Films vus.

Un vrai cinglé de cinéma (Hollywood or Bust, Frank Tashlin, E.-U., 1956)

Le Roi du curling (Kong Curling, Ole Endresen, Norvège, 2011)

Petits meurtres entre amis (Shallow Grave, Danny Boyle, G.-B., 1994)

Charlot chef de rayon (The Floorwalker, Charles Chaplin, E.-U., 1916)

Charlot chez l’usurier (The Pawnshop, Charles Chaplin, E.-U., 1916)

Amour (Michael Haneke, France-Allemagne-Autriche, 2012)

Stars 80 (Frédéric Forestier & Thomas Langmann, France 2012)

 Le cabinet de curiosités du notulographe. Allégorie : « L’Orthographe vaincue par la Douleur », cimetière de Madecourt (Vosges), photo de l’auteur, 3 novembre 2013.

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SAMEDI.

IPAD (Itinéraire Patriotique Alphabétique Départemental). 30 décembre 2012. 79 km. (21270 km).

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596 habitants

    Devant l’’église se dresse une stèle courtaude de granit gris. Derrière le monument, un mât surmonté d’’un drapeau et un gros buisson de houx. Le carré qui entoure le tout est ceint d’’une chaîne peinte en couleur bronze retenue par des piquets qui représentent des torches allumées. En décoration, une Croix de Guerre, une palme, des branches de chêne et d’’olivier en métal.

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Aux enfants de La Houssière

Morts pour la France 1914-1918

    Gauche :

PIERRIN Lucien

MICHEL Joseph

FRANTZ Gaston

THOMAS Alban

SIMON Léopold

CUNIN Paul

COBT Albert

ROUSSEL Adrien

SITTLER François

THIRIET Auguste

ROUSSEL Louis

CUNIN Henri

LEJAL Albert

CULY Jules

MARCOT Albert

DESJEUNES Joseph

BERTRAND Paul

LEONARD Eli

    Droite :

ANTOINE Del

DROUOT Adrien

GENIN Albert

VILLAUME Léon

THOMAS Romain

MATHIEU J Bte

BERTRAND Marcel

MARTIN Adrien

VIROT Auguste

HERBE Paul

THIRIET Paul

AUBRY Paul

SIMON Charles

DANIEL Albert

VALANCE Jules

VILLAUME Henri

CHRISTAL Léon

HAMMERER Edouard

    Sur une marche est fixé un cadre métallique vide (« Regrets ») qui a dû contenir une photo.

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   L’’église est ouverte et contient une plaque fixée sur le mur du fond.

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Aux enfants de la Paroisse de La Houssière

Morts pour la Patrie

1914-1918

    36 noms sont inscrits, soit autant que sur le monument extérieur. Mais un examen attentif permet de relever quelques différences :

– Del ANTOINE, dont le prénom m’’intriguait et pas qu’’un peu, est devenu Auguste ANTOINE, ce qui est tout à coup plus banal.

– Eli LEONARD est devenu Elie LEONARD.

– Albert COBT est devenu Albert COLET.

– Auguste THIRIET a été remplacé par Léon MARANDE.

L’Invent’Hair perd ses poils.

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Pont-Aven (Finistère), photo d’Hervé Bertin, 6 août 2009

             Poil et plume. « Ce jour-là même, Philéas Fogg avait donné son congé à James Forster – ce garçon s’étant rendu coupable de lui avoir apporté pour sa barbe de l’eau à quatre-vingt-quatre degrés Fahrenheit au lieu de quatre-vingt-six… » (Jules Verne, Le Tour du monde en quatre-vingts jours)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

 

 

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