Juin 2014

8 juin 2014 – 626

DIMANCHE.

Lecture. Sous la neige (Im Schnee, Stefan Zweig, 1901, traduit de l’allemand par Nicole Taubes, in « Romans, récits et nouvelles I », Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade n° 587, 2013; 1462 p., 65 €).

MARDI.

Lecture. La Forêt de marbre (The Marble Forest, Theo Durrant, 1951, Presses de la Cité, coll. Un mystère n° 138, 1953, rééd. in « Polars années 50 », vol. 1, Omnibus, 1995, traduit de l’américain par G.-M. Dumoulin; 1182 p., 145 F).

Theo Durrant n’existe pas. C’est un pseudonyme collectif utilisé par une dizaine d’écrivains membres de l’association Mystery Writers of America désireux d’utiliser un procédé mis à l’honneur dans les années 30 par les Anglais du Detection Club. Mais là où ces derniers offraient les noms d’Agatha Christie et de Dorothy L. Sayers, leurs imitateurs ne brillent pas par leur renommée. Certains ont tout de même émargé à la Série Noire, comme William Worley, mais la plupart sont restés très obscurs. Le résultat, d’ailleurs, n’est pas fameux. L’idée intéressante – l’action se déroule en grande partie dans un cimetière – de faire parler les morts de leur vie passée et de ce qui les a conduits à la tombe est vite gâchée par une histoire centrale très embrouillée. Au bout du compte, le meilleur auteur du lot est peut-être Darwin L. Teilhet qui se contenta de fournir le titre, plutôt réussi.

MERCREDI.

Lecture. Rêves oubliés (Vergessene Traüme, Stefan Zweig, 1900, traduit de l’allemand par Marie-Ange Roy, in « Romans, récits et nouvelles I », Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade n° 587, 2013; 1462 p., 65 €).

SAMEDI.

Vie littéraire. Depuis quatre ans, le séminaire Perec, devenu journée d’études annuelle, avait quitté Jussieu et son ambiance amiantée pour se tenir à Lille. Trop loin, trop cher, trop compliqué, je n’y ai jamais pris part. Son retour à Paris me permet aujourd’hui de renouer avec la Perecquie sous un jour neuf et printanier. Depuis quatre ans en effet, je ne voyais plus que des perecquiens emmitouflés dans des cache-nez et engoncés dans des canadiennes, en novembre, au Colloque des Invalides, ou en décembre et janvier lors des réunions statutaires de l’Association Georges Perec. Pour l’occasion, j’entre pour la deuxième fois de ma vie à la Sorbonne où se déroulent les causeries. Celles-ci tournent autour de choses peu lues (la poésie), dévoilent quelques aspects de la genèse de La Vie mode d’emploi et permettent de découvrir Thomas Clerc, l’auteur de Paris, musée du XXIe siècle : Le dixième arrondissement (lu) et d’Intérieur (pas lu) qui a choisi de parler essentiellement de lui-même, ce qui est loin d’être inintéressant.

Vie tabagique. Lu sur le bandeau déroulant d’une chaîne d’informations en continu : « La journée mondiale sans tabac, qui fait 6 millions de morts par an, s’est déroulée aujourd’hui. » On est heureux d’être passé à travers cette année encore.

Films vus. 

Blue Valentine (Derek Cianfrance, E.-U., 2010)

                            Panic sur Florida Beach (Matinee, Joe Dante, E.-U., 1993)

                            Un condé (Yves Boisset, France – Italie, 1970)

                            Hitchcock (Sacha Gervasi, E.-U., G.-B., 2012)

Psychose (Psycho, Alfred Hitchcock, E.-U., 1960).

 L’Invent’Hair perd ses poils.

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Fès (Maroc), photo de Denis Garcia, 16 septembre 2009

MARDI.

Lecture. Assassins (Philippe Djian, Gallimard, 1994, rééd. Folio n° 2845, 1996; 288 p., 2 € sur un stand du marché de Mandelieu-La Napoule).

J’ai eu en mains, il y a bien longtemps, un livre de Philippe Djian pendant un temps assez court. Ce devait être au cours d’un voyage en auto, je m’ennuyais, j’avais déniché ce livre dans un coin et j’en avais parcouru quelques pages. Il datait des débuts de Djian, quand celui-ci était publié chez Bernard Barrault et disait vouloir faire des livres ressemblant à des chansons de Lou Reed. C’était peut-être 37° 2 le matin ou Bleu comme l’enfer. J’avais été frappé par une écriture qui ne ressemblait à rien de connu – de moi tout au moins à cette époque – mais que je ne saurais définir aujourd’hui, j’ai oublié. Depuis, Djian est devenu une valeur sûre de Gallimard où il aligne des volumes qui se vendent très bien. Assassins fut un de ses premiers titres pour cette maison et je l’ai lu, cette fois, in extenso… sans rien y retrouver de ce qui m’avait frappé dans le fragment lointain que j’avais découvert. Djian me semble ici écrire sans originalité, mais sans travers, sans fausse note. On devine, à suivre son récit, un auteur extrêmement à l’aise, qui jubile à l’idée de noircir des pages, parce que c’est son métier et qu’il aime ça. D’où des choix parfois déroutants pour la bonne saisie du récit : les préliminaires l’intéressant peu, Djian les expédie à toute vitesse sans grand souci de cohérence pour mieux s’étendre sur ce qui lui plaît, un huis-clos concernant une demi-douzaine de personnages enfermés dans un chalet de montagne menacé d’être emporté par des pluies torrentielles. La fin est, de même, bâclée en deux temps trois mouvements et laisse le lecteur un brin étourdi et admiratif devant un savoir-faire aussi consommé.

MERCREDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Andrzej Sapkowski, Sorceleur 1 : Le dernier voeu, Milady, 2011.

VENDREDI.

Lecture. Catherine (Pierre Bergounioux, Gallimard, coll. nrf, 1984; 158 p., 16,90 €).

Reconnaissance à Pascal Quignard qui sut reconnaître, sous le personnage qui « porta un fer impartial dans le poil rebelle qui lui poussait la nuit » un homme en train de se raser et décida de publier le premier livre de Bergounioux.

                              Printemps au Prater (Praterfrühling, Stefan Zweig, 1900, traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre, in « Romans, récits et nouvelles I », Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade n° 587, 2013; 1462 p., 65 €).

 Le cabinet de curiosités du notulographe. Liste de courses ramassée dans la boutique Orange d’Epinal (Vosges) le vendredi 28 février 2014. On remarquera que l’avant-dernier item a donc été respecté.

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SAMEDI.

 Vie littéraire. Quand je vais à Jaligny-sur-Besbre (Allier), fief de René Fallet, ma journée est réglée comme du papier à musique. Quatre heures de route, je pars à 9 heures, j’atteins à 13 heures mon coin de croûte et de sieste, près de Saint-Léon (Allier aussi), loin de tout et de la folie des hommes. C’est encore le cas cette année. Il fait beau, ça aussi c’est tous les ans la même chose. Je cherche l’ombre, et commence à m’assoupir béatement quand des bruits étranges me tirent de ma torpeur et me poussent à ouvrir les yeux. Il y en a qui sont comme au spectacle.

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J’essaie de me rendormir, bernique, ces choses-là font trop de barouf et puis j’ai peur de finir brouté. Je salue la compagnie, parcours les quelques kilomètres qui restent jusqu’à Jaligny (Allier toujours), abandonne l’auto et accomplis mon habituel tour de bourg, chaque année plus déprimant. Le coiffeur est fermé, l’Hôtel de France est devenu une étude notariale. Je passe ensuite l’après-midi dans la salle surchauffée où se déroulent les Journées littéraires du Bourbonnais. Je salue les connaissances, pas de Raymond Poulidor cette année, pas d’Agathe Fallet non plus, malade, alitée, dommage nous nous étions promis de parler de mon dernier écrit sur René, dans lequel elle avait relevé certaines inexactitudes. Je vote pour un livre (Station Rome, de Vincent Pieri) mais c’est un autre qui emporte le Prix René-Fallet, La Silencieuse, d’Ariane Schréder.

Films vus. L’Amour, c’est mieux à deux (Dominique Farrugia & Arnaud Lemort, France, 2010)

                             Adieu Bonaparte (Youssef Chahine, Egypte – France, 1985)

La Revanche de Frankenstein (The Revenge of Frankenstein, Terence Fisher, G.-B., 1958)

                             Habemus papam (Nanni Moretti, Italie-France, 2011)

                             Harvey Milk (Milk, Gus Van Sant, E.-U., 2008)

                             Les Bidochon (Serge Korber, France – Portugal, 1996). 

 IPAD. 20 mai 2013. 135 km. (22714 km).

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322 habitants

   Le village est séparé par la route départementale entre Landaville-Haut et Landaville-Bas. Je sillonne le bas, puis le haut sans succès, avant de trouver mon bonheur à mi-chemin, au milieu du cimetière. La stèle de pierre blonde est dressée entre deux hauts conifères, sur un parterre de graviers. Sur le fût, une torche et des rameaux en bas-relief, sur la base les dates 1914-1918, au pied une gerbe détrempée.

La commune de Landaville

Aux morts pour la Patrie

BARROIS Valentin

BICHON Alix

BOULERET Lazare

DURAND Lucien

MAILLARD Aimé

MOUTON René

MULOT Joseph

PERU Marius

PETELOT Georges

CLASQUIN Henri

             L’Invent’Hair perd ses poils.

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Paris, rue Frémicourt, photo de Laurence Bessac, 27 septembre 2009 / Paris, rue Biot, photo de Pierre Cohen-Hadria, 25 septembre 2013

             Poil et plume.

CLEANDRE (alias CHAMPAGNE)

Quoique chacun ait ses desseins

Je fais toujours que ma méthode

Est le modèle de la mode.

Sur tout je donne des leçons.

Je sais natter en cent façons,

Je coiffe en coquette, en Diane,

En impératrice, en sultane,

En cheveux longs, en cheveux courts,

Selon la taille et les atours.

Je sais prendre l’air du visage,

Selon les traits et selon l’âge.

Je sais taper, je sais friser,

Je sais posticher et raser,

Je tourne la boucle à merveille;

Bref, mon adresse est sans pareille.

En Pologne j’ai réussi,

Et dedans le sérail aussi,

Si bien que je prétends encore

Vous coiffer mieux que n’est l’Aurore.

(Champagne le coiffeur, comédie en un acte et en vers de Boucher, représentée pour la première fois en 1662 au Théâtre du Marais. Monsieur Champagne fut un des plus célèbres coiffeurs du XVIIe siècle, il se dit que le terme « coiffeur » fut inventé pour lui).

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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15 juin 2014 – 627

MARDI.

Lecture. Un redoublant (Ein Verbummelter, 1901, traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre)

Deux solitudes (Zwei Einsame, 1901, traduit de l’allemand par Marie-Ange Roy)

Le Voyage (Die Wanderung, 1902, traduit de l’allemand par Bernard Banoun)

L’Amour d’Erika Ewald (Die Liebe der Erika Ewald, 1904, traduit de l’allemand par Nicole Taubes) Stefan Zweig, « Romans, récits et nouvelles I », Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade n° 587, 2013; 1462 p., 65 €.

De cette incursion sur la pointe des pieds dans le monde de Stefan Zweig, on tirera comme première remarque que celui-ci se montre plus convaincant dans le format court que dans le récit développé. Les nouvelles qui tiennent en trois ou quatre pages contiennent sans difficulté l’univers d’un ou de plusieurs personnages alors que L’Amour d’Erika Ewald, qui s’étire sur cinquante pages, se perd dans une psychologisation répétitive et lourde. Mais l’édition de la Pléiade suit l’ordre chronologique de parution et l’on n’en est ici qu’aux premiers textes d’un jeune homme d’une vingtaine d’années. Poursuivons donc, sans émettre de conclusions hâtives.

VENDREDI.

Le cabinet de curiosités du notulographe. Voisinage sulfureux à Malzéville (Meurthe-et-Moselle), photo transmise par Gérard Viry, 9 octobre 2013.

SAMEDI.

Films vus. L’Incruste (Alexandre Castagnetti & Corentin Julius, France, 2004)

                            La piel que habito (Pedro Almodovar, Espagne, 2011)

                            L’Aigle des mers (The Sea Hawk, Michael Curtiz, E.-U., 1940)

                            Comme des frères (Hugo Gélin, France, 2012)

                            Les Gamins (Anthony Marciano, France, 2013)

IPAD. 2 juin 2013. 54 km. (22768 km).

185 habitants

    En contrebas de la route qui mène à Portieux, on a ménagé une minuscule esplanade avec deux bancs, une allée dallée et quelques arbustes. Au fond s’élève une colonne torsadée surmontée d’un crucifix, qui ressemble davantage à un pilori portugais qu’à un monument aux morts.

Morts pour la France

*

1914-1918

Joseph DELUNG

Capitaine

Paul DELUNG

Lieutenant

Henri HOEL

Sergent

Jules CHEVALIER

*                           *

             L’Invent’Hair perd ses poils.

Paris, rue Gramme, photo de Danielle Constantin, 11 avril 2010

             Poil et plume. « Il y avait quelques-uns de ces « moi » que je n’avais pas revus depuis assez longtemps. Par exemple (je n’avais pas songé que c’était le jour du coiffeur) le moi que j’étais quand je me faisais couper les cheveux. » (Marcel Proust, La Fugitive)

Bon dimanche,

Philippe DIDION

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22  juin 2014 – 628            

N.B. Le prochain numéro des notules sera servi un dimanche de juillet.

MERCREDI.

Lecture. Petit éloge du cinéma d’aujourd’hui (Jean-Jacques Bernard, Gallimard, coll. Folio n° 5290, 2011; 128 p., 2 €).

Parfois, une offre promotionnelle nous vaut de recevoir gracieusement, l’espace de quelques semaines, les chaînes de CanalSat auxquelles nous ne sommes pas abonnés. Je me précipite alors sur Ciné + Classic, histoire de voir s’il n’y a pas quelques vieilleries à gratter et que je n’aurais pas vues, ce qui se produit immanquablement. C’est sur cette chaîne que j’ai fait la connaissance de Jean-Jacques Bernard, préposé à la présentation des films diffusés. Sa silhouette et sa voix rondes, la précision de ses commentaires, sa connaissance de l’histoire du cinéma et son goût pour les anecdotes de tournage font de lui un précieux passeur qui attire immédiatement l’intérêt et la sympathie, et son petit livre correspond parfaitement à l’image qu’il donne sur l’écran. Il y parle bien sûr de son rapport à la cinéphilie mais quitte régulièrement le côté autobiographique pour parler du statut des intermittents, des nouvelles technologies ou des rencontres que l’on peut faire dans les files d’attente. Je m’y suis trouvé à plusieurs reprises en accord avec ses positions : sur le refus de la nostalgie (il y a autant de bons films aujourd’hui qu’avant), sur la primauté de l’acteur sur le réalisateur, sur le refus de lire autre chose que le résumé de Pariscope avant d’aller voir un film, et surtout sur la volonté de ne pas hiérarchiser. J’ai toujours vu des films à la pelle, regardé tout ce qui passait à portée de mes yeux : des Murnau comme des Oury, des Buster Keaton comme des Michaël Youn, des Tati comme des Gendarmes, et toujours avec le même intérêt, sinon le même plaisir. Comme tout bon cinéphile, Jean-Jacques Bernard a commencé par établir des fiches sur tout ce qu’il voyait. Ce que j’ai fait également, jusqu’au début des années 80. Des milliers de fiches, par acteur, réalisateur, film, année, rangées dans des classeurs qui ont disparu je ne sais où. Quand l’ordinateur s’est invité à domicile, j’ai tenté de retrouver tous les films que j’avais vus et les ai répertoriés à nouveau sur le mode informatique. Récemment, le hasard a voulu que je remette la main sur un de ces classeurs et découvre un certain nombre de titres que je ne me rappelais pas avoir vus. La plupart – pas tous – sont des films mineurs, ce qui explique leur disparition de ma mémoire, tous vus à la télévision avant l’âge de vingt ans. En voici la liste :

Vera Cruz, Sous les yeux d’occident, Comédie érotique d’une nuit d’été, M.A.S.H., Le Bourgeois gentil mec, Y’a un os dans la moulinette, Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines, Un pont trop loin, Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas mais elle cause, Comment réussir… quand on est con et pleurnichard, L’Affaire du courrier de Lyon, Le Joueur, Goupi mains rouges, Antoine et Antoinette, Rendez-vous de juillet, Les Aventures d’Arsène Lupin, Tartarin de Tarascon, Le Coupable, Nuit de décembre, Le Pistonné, Menace dans la nuit, L’Homme au chapeau rond, Ces dames préfèrent le mambo, Les trois mousquetaires, Le Chevalier de Pardaillan, Un condamné à mort s’est échappé, La Poudre d’escampette, Julie pot de colle, L’Africain, La folle histoire du monde, Jody et le faon, l’Île d’amour, La Mort d’un bûcheron, Les Enfants du paradis, Le Pays d’où je viens, La merveilleuse visite, Une femme sous influence, La Chamade, Le Dossier noir, Justice est faite, Le Glaive et la Balance, Le beau Serge, La Ligne de démarcation, Juste avant la nuit, Une vie de chien, Jean de la lune, Les Dégourdis de la 11e, Destinées, Ma femme est une sorcière, C’est arrivé demain, Les Belles de nuit, Les grandes manœuvres, Le Château de verre, L’Assassin habite… au 21, Les Espions, Les Baroudeurs, Tarzan et sa compagne, Le Fils de Spartacus, La Malédiction d’Arkham, L’étrange passion de Molly Louvain, Passage to Marseille, Le Roi du tabac, Maître après Dieu, La Bigorne, caporal de France, Houla-Houla, La Loi, Représailles, Nick Carter va tout casser, Macao, l’enfer du jeu, Le Majordome, Pas folle la guêpe, Flic Story, Mon curé chez les riches, Mon curé chez les pauvres, Le Portrait de Jennie, Blanche Neige et les sept nains, Bambi, Les 101 dalmatiens, Tiens bon la rampe, Jerry, Les sept voleurs de Chicago, Ben et Bénédict, Les Loups entre eux, Ho !, Histoires extraordinaires, La Kermesse héroïque, Le voyage fantastique, Tora ! Tora ! Tora !, Don Angelo est mort, Du sang dans la poussière, Tarzan et les sirènes, Les deux cavaliers, Le Massacre de Fort Apache, Qu’elle était verte ma vallée, Les Yeux sans visage, Grand Prix, C’est dur pour tout le monde, Le Gagnant, Monsieur le Président Directeur Général, Le Juge, Le Permis de conduire, Le Concierge, L’Intrépide, Le Rouge est mis, Trois jours à vivre, Le Fils, Le Train, La Cage, L’Homme aux yeux d’argent, La plus grande aventure de Tarzan, Le Pont de Remagen, King Kong, Ils étaient neuf célibataires, Les trois lanciers du Bengale, La glorieuse aventure, L’Attaque de la malle-poste, 5 cartes à abattre, Le grand Sam, Hatari, Le Port de l’angoisse, Les Hommes préfèrent les blondes, Correspondant 17, Le grand alibi, Le faux coupable, Le Vampire de Düsseldorf, Taxi, Roulotte et Corrida, La Reine africaine, Juge et Hors-la-loi, La Lettre du Kremlin, Reflets dans un œil d’or, La Brigade des cowboys, Les Russes arrivent les Russes arrivent, Caprices, Le Défroqué, Les Arnaud, Les Hussards, Un tramway nommé désir, Un homme dans la foule, Jamais plus jamais, Ursule et Grelu, La Chaîne, Un monde fou, fou, fou, fou, Devine qui vient dîner, Leguignon guérisseur, Le dernier des six, L’Idiot, Le Flic se rebiffe, La Femme au portrait, Le Diabolique Docteur Mabuse, Les Seins de glace, Ils sont fous ces sorciers, Les Motards, La bonne année, A nous deux, Les Chiens verts du désert, La Légion des damnés, Le Bon, la Brute et le Truand, Et pour quelques dollars de plus, Les Oubliés, Une allumette pour trois, Le Zinzin d’Hollywood, Forfaiture, Adrienne Lecouvreur, Le mystérieux docteur Clitterhouse, Le Couteau dans la plaie, Modesty Blaise, Monsieur Klein, Serpico, M. 15 demande protection, La Route de l’Ouest, Black Moon, Le Voleur, L’Affaire Cicéron, Les Héros de Télémark, Winchester 73, La Vallée de la poudre, Le Choc des mondes, Passion sous les tropiques, Le Souffle de la violence, Celui par qui le scandale arrive, Quinze jours ailleurs, Melinda, Un drôle de paroissien, La Bourse et la Vie, Le Témoin, L’Ironie du sort, Cause toujours… tu m’intéresses !, Les nouveaux monstres, L’Adolescente, Un été 42, Charly, La Colère de Dieu, Le Clan des irréductibles, L’Arbre aux sabots, Merlusse, Regain, Manon des sources, Les Lettres de mon moulin, Pat Garrett et Billy le Kid, Bonnie et Clyde, Alice’s Restaurant, Un meurtre est un meurtre, Un si joli village…, Cerf-volant du bout du monde, Comptes à rebours, Trois milliards sans ascenseur, La Boum, L’Ordinateur des pompes funèbres, Le mystérieux docteur Korvo, L’adorable voisine, La Forêt interdite, Les Diables de Guadalcanal, Le troisième homme, Toni, Les Bas-fonds, La grande illusion, La Règle du jeu, Providence, C’est pas moi, c’est lui, Monnaie de singe, Salut l’artiste, Les Centurions, La Passante du Sans-Souci, L’Etat de grâce, Butch Cassidy et le Kid, Belfagor le magnifique, 36 heures avant le débarquement, Mariage à l’italienne, L’Or de Naples, Sept fois femme, Le Renard s’évade à trois heures, Les trois mousquetaires, Bye Bye Birdie, Les Tueurs, Le grand jeu, Paramatta, bagne de femmes, 747 en péril, Les Naufragés de l’espace, Un homme est passé, La grande évasion, Cendrillon aux grands pieds, Padre padrone, La Nuit de San Lorenzo, Barocco, Le Lieu du crime, Les Zozos, Passeur d’hommes, Tarzan s’évade, La Mission du commandant Lex, Enfants de salauds, La Flèche et le Flambeau, Impasse des Deux Anges, Une journée bien remplie, Vivement dimanche, Château en Suède, Tarzan, l’homme singe, L’Affaire d’une nuit, L’Homme de marbre, La grande évasion, Le Cri de la victoire, La Vallée de la peur, La Pantoufle de verre, La Splendeur des Amberson, Beau Geste, Au-delà du Missouri, Les Hauts de Hurlevent, La Maison des otages, Seule dans la nuit, Mayerling, Bête, mais discipliné, Le Train sifflera trois fois, Au risque de se perdre, Le Professeur.

JEUDI.

 Lecture. L’Etoile au-dessus de la forêt (Der Stern über dem Wald, 1904, traduit de l’allemand par Isabelle Kalinowski), Stefan Zweig, « Romans, récits et nouvelles I », Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade n° 587, 2013; 1462 p., 65 €.

VENDREDI.

Epinal – Châtel-Nomexy (et retour). Au dixième jour de grève SNCF, on s’est habitué au trajet que l’on effectue désormais en bus. Après avoir consacré son temps à regarder le paysage neuf et à se demander si l’on arriverait à l’heure au boulot, on s’est remis doucement à la lecture. Levant le nez de Stefan Zweig, j’aperçois sur ma gauche Le Moine et le Vénérable de Christian Jacq (Pocket, 1999) et à l’avant La Femme parfaite est une connasse d’Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard (J’ai lu, 2013).

Le cabinet de curiosités du notulographe. Pignon sur rue à Paris, avenue de l’Opéra, photo de l’auteur, 15 décembre 2013.

SAMEDI.

Films vus. Bouge pas, meurs, ressuscite (Zamri, umri, voskresni !, Vitali Kanevski, U.R.S.S., 1989)

                            Divorce à l’italienne (Divorzio all’italiana, Pietro Germi, Italie, 1961)

                            Têtes de pioche (Block-Heads, John G. Blystone, E.-U., 1938)

                            Drôles de locataires (Another Fine Mess, James Parrott, E.-U., 1930)

                            Oeil pour oeil (Big Business, James W. Horne, E.-U., 1929)

                            Arbor Day (Fred C. Newmeyer, E.-U., 1936)

                            Dent pour dent (The Awful Tooth, Nate Watt, E.-U., 1938)

                            La Jungle (Matthieu Delaporte, France – Luxembourg, 2006).

 IPAD. 9 juin 2013. 55 km. (22823 km).

643 habitants

      Devant l’église se dresse un grand monolithe gris taillé irrégulièrement. On y accède par un double escalier circulaire encadré de pierres grises. A l’arrière, deux mâts porte-drapeau, deux thuyas et des pierres levées, à l’avant, quatre ogives d’obus enchaînées et deux jardinières de géraniums. La plaque porte les noms des victimes de Fays qui correspondent à ceux relevés sur le mur de la Mairie de ce village, recopiés le 13 février 2011. Seule variante : Laurent Balland est devenu P. Balland.

1914-1918

Gloire à nos héros

FAYS

E. BRECHIN                   M. SEVREIN

E. BOMBARDE*                         C. BROUILLER

J. ROY                   R. FETET

E. SONRIER                   E. SERGENT

P. BALLAND                   P. CLAUDEL

A. BEROUAND                  C. CLAUDEL

LAVAL

H. DEMANGEAT                   P. BONTEMPS

H. LASSE                   G. BONTEMPS

A. PIERRAT                   P. FOURNIER

P. AUBERT                   L. FERZELLE

F. GERARDIN                   C. HOUBRE

C. LAURENT                    E. POIROT

A. HENRY                   G. INGRET

F. HAMMERER                   E. CHAMPION

F. DEMANGE                     L. MOULIN

M. FERZELLE                   E. MARION

G. LAUMON                   A. BLAIN

E. MAUBRE                   A. GREMILLET

C. FERRY                     R. LECOLE

A. BERTRAND                   A. LAUVILLE

A. RENARD                     E. HAMMERER

P. MONNIN                   E. ROSEE

E. CUNY

Morts pour la France

    En bordure, une plaque :

1939-1945

LAVAL     FAYS

A nos glorieux martyrs

    Les noms sont répartis selon les rubriques habituelles : Déportés, Prisonniers, Morts au champ d’honneur, Victimes civiles. Une autre petite plaque porte les noms de deux morts en Indochine.

* Le B initial a disparu.

  L’Invent’Hair perd ses poils.

    

Fayl-Billot (Haute-Marne), photo de Régis Conraud, 19 juillet 2009 / Arles (Bouches-du-Rhône), photo de Philippe de Jonckheere, 9 juillet 2011

             Poil et plume. « J’avais de superbes cheveux blonds, et quand ça a été la mode de les couper en 25, j’ai beaucoup hésité. Et puis, pendant un déjeuner, mon mari n’a pas cessé de faire des compliments à des jeunes femmes qui avaient coupé leurs cheveux. Au dessert, je me suis levée en demandant de quitter la table un moment. Je suis allée chez le coiffeur de l’hôtel où nous déjeunions, et j’ai dit « coupez ». Le coiffeur a refusé d’abord, « Vous n’y pensez pas, madame, une aussi belle chevelure ». J’ai tenu bon. « Mon mari est le propriétaire de l’hôtel, vous devez m’obéir. » Il a coupé. J’ai pris mes cheveux, je suis revenue dans la salle à manger et je les ai jetés sur les genoux de mon mari en disant : « Tenez, prenez, ils sont à vous. » Franck n’a jamais pu oublier ce geste. Il m’en parlait encore à la veille de sa mort. » (Jean Chalon, « Florence Jay-Gould ou La dernière sirène », in Florence et Louise les magnifiques, éd. du Rocher, 1987)

Bon dimanche,

Philippe DIDION